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On l’a dit et répété à l’envi, la pénurie d’eau a atteint aujourd’hui un niveau particulièrement préoccupant dans certains quartiers de Conakry. Parmi ces quartiers, on peut citer en premier lieu Dar-es-Salam I, dans la commune de Matoto. Dire que la Guinée est un pays de paradoxe serait tout sauf une exagération. De 1958 à nos jours, soit un demi siècle d’indépendance, les Guinéens continuent d’avoir du mal à accéder facilement aux services sociaux de base. L’accès à l’eau potable devient de plus en plus un casse-tête pour les populations, aussi bien dans la capitale que dans les villes et villages du pays profond. Il suffirait de sillonner certains quartiers de la haute banlieue de Conakry pour s’en rendre compte avec un réel pincement au cœur. A Dar-es-Salam I, dans la commune de Matoto, les pauvres ménagères ne savent plus à quel saint se vouer. L’eau y est devenue une rareté, avec tous les risques que cela comporte. SC est une respectable ménagère résidant dans ce quartier défavorisé. Son témoignage en dit long sur le calvaire que vivent les citoyens au quotidien. « Le problème d’eau est devenu sérieux dans notre quartier depuis un certain temps. La plupart des puits ont tari, les uns après les autres. Quant à l’eau de robinet, elle se gagne difficilement. Les femmes rencontrent actuellement d’énormes difficultés dans l’exécution des travaux ménagers : préparation des mets, lavage etc. ». Comme cette mère de famille, rares sont les femmes de Conakry qui ne se plaignent pas de la pénurie d’eau dans leurs quartiers respectifs. L’eau, c’est la vie, dit-on souvent. Mais au regard de la situation qui prévaut aujourd’hui dans les ménages guinéens, l’on peut se permettre de dire qu’elle tend également à être à l’origine de toutes les difficultés rencontrées au quotidien dans l’exécution des travaux ménagers. Une situation d’autant plus paradoxale que la Guinée est considérée par les spécialistes comme le « Château d’eau de l’Afrique de l’ouest ». Les femmes, dans les différents quartiers de Conakry, sont obligées de se lever au petit matin pour aller à la recherche de l’eau. Et Dieu seul sait qu’elles rencontrent d’énormes difficultés à trouver un puits ou une borne-fontaine pour remplir leurs bidons, leurs seaux ou leurs bassines. Il arrive parfois qu’elles se voient refuser l’accès à ces points d’eau. Ceux qui avaient habitude de se laver une multitude de fois par jour sont obligés désormais de faire usage de l’eau avec parcimonie. Nombreux sont ceux qui reconnaissent avoir fait deux ou trois jours d’affilée sans se laver, à cause de cette exceptionnelle pénurie d’eau. Toute chose qui devrait normalement attirer l’attention des décideurs dans le secteur vital de l’eau. Quand l’eau manque cruellement dans un château d’eau, il y a de bonnes raisons de s’inquiéter pour toutes celles et tous ceux qui ont choisi de vivre alentour. La Société des Eaux de Guinée, pour des raisons que tout le monde connaît, n’arrive pas à donner entière satisfaction aux populations guinéennes. Et de là à souhaiter vivement sa privatisation, il n’y a qu’un pas que bon nombre de citoyens ont déjà franchi avec un certain empressement. Les habitants de Dar-es-Salam I, Koloma Béhanzin et Lansanaya sont amenés aujourd’hui, la mort dans l’âme, à se passer de l’eau dans beaucoup de domaines de la vie quotidienne. Il serait souhaitable que l’on prenne des dispositions appropriées pour mettre fin au calvaire des populations qui n’a que trop duré. Mamy Dioubaté L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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