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Depuis quelque temps, les ménages de Conakry éprouvent d’énormes difficultés à accéder à l’eau potable. Parmi les quartiers qui subissent de plein fouet cette pénurie d’eau, l’on peut citer en premier lieu Dar-es-salam I, dans la commune de Matoto. Des témoignages recueillis dans ce quartier défavorisé sont vraiment pathétiques et devraient donner à réfléchir aux autorités compétentes. Mais hélas! Safiatou Camara est une respectable femme domiciliée à Dar-es-salam I, dans la commune de Matoto. Elle est mariée et mère de deux enfants. Elle fait également partie de ces pauvres ménagères qui continuent actuellement d’éprouver toutes les peines du monde à accéder à l’eau potable, avec tous les risques que cela comporte. Son témoignage est un véritable cri de cœur qui devrait amener les autorités en charge de l’Hydraulique à prendre toutes les dispositions utiles afin de soulager les populations des quartiers défavorisés. « La pénurie d’eau se passe de commentaire à Dar-es-salam I. Les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. L’eau ne vient à la pompe que deux fois par semaine. Chaque jour, je suis obligée d’aller chercher de l’eau à Dar-es-salam II, dans la commune de Ratoma. La plupart des puits de notre quartier ont tari, les uns après les autres. J’ai des habits sales entassés mais il n’ y a pas d’eau pour les laver. Se laver régulièrement est devenu un luxe que l’on ne peut plus se payer. C’est un véritable calvaire que nous sommes en train de vivre actuellement à Dar-es-salam I », nous a-t-elle confié, la main sur le cœur. Fatoumata Condé, pour sa part, a la chance, si l’on peut dire ainsi, d’avoir un puits chez elle, qui lui permet de satisfaire partiellement ses besoins en eau. Son témoignage n’est pas moins émouvant que celui de Safiatou Camara. « Tous les matins, je prépare du riz pour la vente. Je suis donc obligée de me lever très tôt pour m’atteler à mes travaux. Je vous avoue que je trouve parfois des femmes du quartier assises devant ma porte à 5 heures du matin, avec les seaux, les bassines et les bidons. Dès que je finis de puiser de l’eau nécessaire à mes travaux ménagers, elles se relayent pour remplir leurs récipients. C’est cette scène qui s’offre à moi tous les jours. Cette regrettable situation devrait attirer l’attention des décideurs », a-t-elle fait remarquer. Quant à Nènèba Kourouma, elle avoue avoir appris ces derniers temps à s’adapter à la pénurie d’eau qui tend à devenir une véritable « calamité » à Dar-es-salam I. « Cette année, la pénurie d’eau a atteint un niveau particulièrement inquiétant dans ce quartier. Même trouver de l’eau nécessaire à la cuisson devient de plus en plus un casse-tête pour les ménagères que nous sommes. L’on s’adapte de plus en plus à cette pénurie, la mort dans l’âme », se plaint-elle. Comme ces ménagères de Dar-es-salam I, nombreuses sont les femmes de Conakry et celles du pays profond qui souffrent énormément du manque d’eau dans leurs localités respectives. Le samedi 19 avril, un étranger nous a confié dans un taxi en partance pour Lambanyi qu’il se rendait à Kipé pour se laver. Car, selon lui, il n’était pas parvenu à trouver de l’eau dans le quartier où il vit depuis trois mois. Ce qui prêterait à sourire si ce n’était pas l’honneur de tout un pays qui était en jeu. Après un demi-siècle d’indépendance, les Guinéens continuent de considérer l’eau de robinet comme un luxe auquel ils n’ont pas droit. Une situation d’autant plus paradoxale que leur pays est considéré à juste raison comme le « Château d’eau » de l’Afrique de l’ouest. Il est temps de faire une prise de conscience pour mettre la Guinée et les Guinéens à l’abri du déshonneur et du ridicule. Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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