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L’on ne pourrait mieux qualifier la pauvreté guinéenne. Des indigents qui se meurent sur des trésors enfouis à portée de main. Des gouvernants inconscients qui roulent en voiture de luxe sous le regard impuissant de leurs victimes. C’est la triste image qui, quotidiennement, nous est servie. Le décès du président Conté diversement perçu, sera-t-il le déclic d’une nouvelle ère de développement ou va-t-il tout simplement nous réserver d’autres surprises ? C’est l’embarrassante question, malgré tous les optimismes et autres espoirs nourris. Ce qu’il faudrait ne pas perdre de vue, c’est le sous-développement du pays et la précarité des moyens financiers dont dispose l’Etat pour amorcer ce changement qui a besoin d’être défini de façon claire, pour ne pas désabuser les populations nourrissant des rêves persans. Le traumatisme infligé aux Guinéens durant tout ce temps ne leur fera retenir que trois besoins essentiels dont la satisfaction, à leurs yeux, suffirait pour les combler dans leur pauvreté. Quelle déconcertante sobriété ! Et dire que ce sont là, les revendications, entre autres, qui ont entraîné des citoyens dans la rue, pour braver les armes de la mort. Pour combattre la pauvreté endémique de notre pays, les mines d’or, de bauxite et autres ressources cruellement exploitées par des sociétés étrangères, jouissant d’agréments fantaisistes et autres licences de complaisance délivrées, ne profitant qu’à une poignée d’individus, doivent désormais, être soumises à une nouvelle réglementation. L’agriculture devenue une activité comique qui aura permis aux différents ministres qui l’ont gérée de détourner tous les fonds destinés à ce secteur, doit être restructurée de façon conséquente. Il ne s’agit plus de contenter les Guinéens à travers des actes ponctuels et séduisants, il faut aller à l’essentiel, avec autant de détermination que de sincérité.
Pour ce faire, les nominations aux différents postes de responsabilité doivent être fondées sur des critères à la fois objectifs et justes. La rupture avec les anciennes pratiques doit être totale, pour éviter le favoritisme et le clientélisme qui caractérisaient l’ancien système.
La transition enclenchée aura la lourde responsabilité de poser la base de la nouvelle société. Le futur gouvernement sera l’artisan du changement demandé. Sa composition ne doit pas être fondée sur les affinités. Autrement, le bilan attendu en pâtirait.
Thierno Dayèdio Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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