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J'ai suivi avec consternation et un profond sentiment de tristesse la dérive du discours politique qui a émergé à la suite des récentes élections en Guinée et au lendemain des violences qui ont été infligées à des civils sans défense. Bien que ces actes soient odieux, impardonables et déplacés, dans un pays qui voudrait se tranfromer en un Etat de Droit, nous devons aussi être inquiétés par le fait que ces événements sont en train d’être récupérés par certains individus pour filer du mauvais coton en Guinée. Chacun a le droit d’émettre son opinion dans l'interprétation des événements courants, mais nul n’a le droit de créer ses propres faits par une sélection subjective, manipulatrice et intellectuellement malhonnête à des fins purement politique.
Nous avions prédit ce risque de glissement sur cette route dangereuse il y a plus d'un an et mis en garde contre les périls potentiels associés au processus de démocratisation en Guinée:
« Cet accent excessif mis sur la course à la présidence pourrait avoir des conséquences négatives pour une transition harmonieuse et pacifique vers un régime constitutionnel. Déjà, l'intolérance des “autres” partis, l'intimidation politique et parfois la violence gagnent du terrain dans notre paysage politique. Dans un climat politique où une importance incommensurable est accordée au pouvoir exécutif, les acteurs politiques commencent à se percevoir comme des obstacles à éliminer sur la route de la présidence. Chaque parti est en train de suggérer que le seul résultat acceptable du changement politique en Guinée sera l’élection de son/sa candidat/candidate à la présidence. Une telle suggestion prématurée et irresponsable prédispose les supporteurs de chaque "présidentiable" à l’abandon du processus démocratique si leur candidat choisi perd la course à la présidence.
Compte tenu de l’idée préconçue et fausse que le prochain régime et le pouvoir, tout le pouvoir, sera contrôlé par le futur président/présidente, il n'est pas étonnant de voir que la mobilisation ethnique à des fins électorales est en cours ».
http://www.guineeactu.com/info.asp?mph=deta&ret=arM&IDA=25&ID=3431
Le discours politique actuel sur l’internet est l’illustration parfaite de notre prédiction. Une « élite intellectuelle », autoproclamée, prétend parler au nom des large masses Peuls et appelle à une nouvelle direction en ignorant les réalités historiques et les défis quotidiens auxquels sont confrontés non seulement la majorité des Peuls, mais aussi la presque totalité des autres Guinéens toute ethnie confondue. Certains de ces « intellectuels » vont jusqu'à rejeter l'idée d'une nation guinéenne (qui traverse sûrement une phase difficile de son développement mais qui reste encore jeune vue dans le prisme de la perspective historique). Le pessimisme de ces « intellectuels » et leur interprétation étroite de l'histoire aveuglent leur pensée, ce qui du moindre est leur droit. Toutefois, ils ne parlent pas pour une grande majorité des Peuls. A ce que je sache personne n’a fait un sondage scientifique ou organiser un référendum for nous dire ce que les Peuls veulent.
Et comme le dit l’adage : « Qui ne dit mot consent », c’est pour cette raison que je m'inscris en faux contre ceux qui font semblant de parler en mon nom. Compte tenu de mon expérience personnelle et de mon histoire particulière, je crois qu'il y a encore un endroit qu’on appelle la GUINÉE en dépit de ce que certains disent.
Dr. Abdoulaye Bah, né à Almamya, Mamou, République de Guinée
www.guineeactu.com
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