lundi 1 décembre 2008
Partis politiques et Ahmed Tidiane Souaré : Séparation en queue de poisson, autopsie d’une situation catastrophique !

Dans le cadre de la poursuite du dialogue et de la concertation initiés par le Gouvernement de Consensus de M Lansana Kouyaté, la marionnette Ahmed Tidiane Souaré a reçu, Mercredi 24 Novembre 2008, au siège de la primature, les leaders des partis politiques. A l'ordre du jour, l'épineuse question relative à l'organisation des élections législatives.

Aujourd’hui, tout le monde est unanime que les opérations de révision de la liste électorale sont en panne. Nous n’entrerons plus dans les détails, même si jusqu’à présent, il y a des Carles qui restent clouées au sol, les travaux n’ayant pas encore démarré.

Ce sont toutes ces tares que les acteurs politiques surtout de l’Opposition ont, avec des preuves à l’appui, exposées à Ahmed Tidiane Souaré qui, au lieu de porter concrètement des mesures correctrices pour que les opérations d’enrôlement des électeurs se passent sans fausse note et en temps utile, furieux, s’est irrité et s’est mis en colère contre toute attente.

Une attitude qui était inimaginable avec le Gouvernement de Consensus sous M Lansana Kouyaté. Ah! Oui! Souaré ne peut pas faire autrement, car sa mission de ’’Marionnette’’ n’est pas pour que les élections se passent dans les conditions requises de transparence et de liberté. C’est ce que tous les acteurs politiques doivent comprendre aujourd’hui et prendre les dispositions qui s’imposent. 

La marionnette Souaré lance dans la foulée, des arguments fallacieux : « on ne peut pas aller aux élections si les conditions ne sont pas remplies ! » Pour Ahmed Tidiane Souaré, il faut d’abord restaurer l’autorité de l’Etat avant de parler d’élection. Donc pour Souaré, c’est normal que les choses traînent et retardent sur le terrain, et que les élections puissent ne pas avoir lieu. Ce n’est pas son affaire. C’est la mission qui lui est confiée par le clan Conté. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’on a précipité la chute du Gouvernement de Consensus sous M Lansana Kouyaté : reporter les élections législatives autant que possible, puis les truquer après.

Avec ces propos, on ne peut plus clairs, Souaré a dévoilé son plan d’action, que nous, de l’Aguisav, avons toujours dénoncé. Dans notre déclaration du 15 Novembre 2008, nous avons dit: «Sur les 900 Carle (Commission Administrative pour la Révision des Listes Electorales), au moins les 45% sont restées non fonctionnelles sur toute l’étendue du territoire national. Cela pour diverses raisons : par manque surtout d’agents de saisie et d’agents de maintenance, manque de carburant, mauvaise foi des autorités compétentes, etc. Les Carle qui sont fonctionnelles travaillent dans les conditions très difficiles, même, impossibles. Ce qui fait que le rythme d’enrôlement des électeurs est trop lent par rapport aux normes préétablies.

Concernant le vote des guinéens vivant à l’extérieur, jusqu’à présent, aucune disposition sérieuse n’est prise dans ce sens. Sékouba BANGOURA, le ministre chargé des élections et Sékou Ben SYLLA, le président de la Ceni, traînent curieusement les pas. Entre ces deux hommes, il y a une complicité flagrante que personne n’ose contester. Mais personne ne dénonce. Cela est d’autant plus inquiétant qu’inacceptable.

Toutes ces astuces sont sciemment et artificiellement créées et entretenues par l’équipe Souaré et le Clan du Général Lansana Conté pour ne pas que les élections législatives aient lieu, tant que toutes les conditions ne sont pas réunies pour la victoire du Pup, pour ainsi rendre possible la transmission héréditaire du pouvoir de Conté père à Conté fils ». Extrait de notre déclaration du 15 Novembre 2008 titré: ’’En Guinée, les élections législatives reportées aux calendes grecques’’

Ce n’est pas pour rien que tous les postes stratégiques de l’Administration Souaré, surtout du Matap (Ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques) chargé des élections, soient occupés par des inconditionnels du Pup, parti du Général Lansana Conté au pouvoir.

Pour brouiller la piste des élections, la marionnette Ahmed Tidiane Souaré parle d’abord de la « restauration de l’autorité de l’Etat ». Cette idée, il l’a empruntée de El Hadj Aboubacar Somparé, le président démodé de l’AN périmée, quand celui-ci déclare dans son interview dans Jeune Afrique Intelligent, nous le citons : «L’autorité de l’Etat, c’est d’abord la présence physique de ses représentants sur le terrain - des préfets, des maires… -, et des infrastructures appropriées pour que le peuple se sente en sécurité. Pour qu’il y ait commandement, et donc obéissance, l’administration doit avoir des moyens de dissuasion, ce qui n’est pas le cas actuellement. Il faut restaurer l’autorité de l’Etat pour que les partis puissent faire campagne librement ». Fin de citation.

Voici la conception erronée des deux grands fossoyeurs de la Démocratie en Guinée, que sont El Hadj Aboubacar Somparé, président dépassé de l’AN périmée et la marionnette Ahmed Tidiane Souaré.

Or, la Restauration de l’autorité de l’Etat ne relève nullement de la démagogie, comme le prétendent ces deux : Somparé et Souaré. Elle relève d’abord de l’arrêt de l’impunité et la poursuite des grands criminels et assassins qui sont les rangs de l’Administration, du respect du citoyen dans ses droits, de l’égalité devant la loi, de la bonne gouvernance, du respect la loi et de la règle du jeu démocratique par les autorités d’abord, ensuite par les administrés, la gestion dans la transparence et l’équité des deniers publics, bannir l’injustice sociale et les frustrations de toutes sortes de nos populations, etc. Sans ces conditions sino qua non de la paix sociale et du développement, çà dégénérera toujours entre l’autorité et la population. Il n’y a pas autre alternative.

Il ne s’agit pas d’armer jusqu’aux dents les membres des forces de l’ordre, pour les préparer à tirer sur la population et truquer les élections, comme le régime du Général Lansana Conté en a l’habitude de procéder, pour faire croire aux gens qu’il faut restaurer l’autorité de l’Etat. Ce n’est pas vrai ! Le Clan Conté veut berner les Guinéens en les bâillonnant, pour que le moment venu, le Pup gagne à toutes les échéances électorales qui s’annoncent, par des fraudes massives programmées par l’équipe Souaré. Il n’y a aucun problème entre les Guinéens eux-mêmes, pour qu’on nous assiège par des sbires sans foi, ni loi. Le seul problème en Guinée, c’est entre les populations meurtries et affamées d’une part, et le Général Lansana Conté et acolytes de l’autre. Et la solution de cela c’est le départ immédiat et définitif du Général Lansana Conté et de tout son système dégradant.

Le malheur pour les Guinéens est que ce plan satanique de transmission héréditaire du pouvoir de Conté père à Conté fils, mis en place par le clan Conté et en voie d’exécution par la marionnette Souaré, est entrain de réussir au vu et au su de tous les Guinéens, dans une certaine indifférence qui ne dit pas son nom : les législatives n’auront plus lieu à la date prévue, donc reportées aux calendes grecques. Toutes les dispositions sont entrain d’être prises par le clan du Général Lansana Conté pour que le Pup remporte dans toutes les futures échéances électorales : législatives, communales, communautaires et présidentielles. Les manifestations de rue, qui restent l’ultime recours des Forces Vives, sont entrain d’être ’’diabolisées’’ par ceux qui appelaient hier les populations à se soulever contre la dictature contéenne. Ils veulent faire toute possibilité pour coller la paix à la dictature, la plus féroce et la plus sauvage d’Afrique, qu’incarne le régime médiocre mais sanguinaire du Général Lansana Conté.

Naturellement, le plan d’action qui est activé, c'est-à-dire la transmission héréditaire du pouvoir de Conté père à Conté fils, reste soutenu par les leaders des partis suivants: le Pup de Sékou Konaté–El Hadj Aboubacar Somparé–Ahmed Tidiane Souaré, avec comme président d’honneur, le Général Lansana Conté, l’Ufdg de Cellou Dalein Diallo–El Hadj Bâ Mamadou, l’Upg de Jean Marie Doré, l’Upr de Ousmane Bah, l’Ufr de Sidya Touré et autres.

L’Inter Centrale Syndicale qui a été à la pointe de la Révolution sociale du 22 Janvier 2007 a succombé de ses propres contradictions internes. Exactement comme l’a souligné dans son interview sur Kibarou.com, M Abdoulaye Condé, Directeur du journal ’’la Nouvelle Tribune’’: « Par leur division, leurs tergiversations dans le soutien ou non au gouvernement dit de consensus, ils ont contribué à détruire leur propre pouvoir. Les syndicalistes pouvaient, à n’importe quel moment, convoquer, contrôler et même sermonner Kouyaté. Aujourd’hui, même si Souaré se montre coopératif, il faut dire que le nouveau Premier ministre est totalement indépendant des syndicalistes. Dans l’opinion, ils ont également perdu du terrain au point que certains syndicalistes songent à la création de nouvelles centrales ». Fin de citation.

Il ne faut plus compter sur nos syndicalistes. Ils se sont neutralisés à leur propre détriment. L’espoir n’est plus au rendez-vous avec eux, il est mort. Sauf par surprise ! Les différentes interviews faites par certains d’entre eux, nous édifient quant à leur incapacité de rééditer l’exploit de l’année 2007.

Mme Hadja Rabiatou Sérah Diallo de la CNTG déclare, entre autres, dans son interview sur Africaguinée.com: «Mon message c’est celui de la tolérance, du dialogue. Que chacun se ressaisisse. C’est le pauvre qui est toujours victime. Ceux qui sont riches, ont peu de souci à se faire. Si le peu qui existe, nous cassons cela, qu’est-ce qui reste après ? Je suis pour les revendications, les manifestants ont raison de le faire, car qui ne dit rien consent. Mais c’est la manière de faire qui est à déplorer. Il faudrait qu’on puisse discuter sans casser les biens des uns et des autres. Aujourd’hui, c’est dommage que l’armée continue de tirer sur les civils malgré les excuses qu’elle a présenté aux populations. C’est dommage qu’on règle nos problèmes par la force, par les armes, parce que au sein de l’armée, de la police, de la gendarmerie, il y a nos frères, nos sœurs. Je pense que la violence ne résout rien. Regardez aujourd’hui le Rwanda, le Congo, le Libéria, c’est pas demain qu’ils réussiront à s’en sortir. A Conakry, il y a des guinéens qui dorment dehors, qui vivent au jour le jour. Avec les troubles, ils ne peuvent pas se nourrir. Il faut protester, mais pas avec la violence. Il faut aussi qu’on arrête d’utiliser les jeunes négativement. La jeunesse, c’est une force. Il faut que les jeunes comprennent que ce pays les appartient, et sa gestion dépendra d’eux demain. S’il n'y a plus rien, je me demande qu’est-ce qu'on va leur léguer. Dans les actions positives, ils doivent se positionner, mais dans la destruction, ils n’auront rien à gagner». Fin  de Citation.

Louis M’Bemba Soumah de l’USTG, l’adjoint à El Hadj Ibrahima Fofana, dans le journal ’’Le Démocrate’’ renchérit: « …au peuple, nous leur demandons de suivre le syndicat, de ne pas suivre ses nerfs. Le dialogue vaut plus que la bagarre. La bagarre ne paie pas. Il est vrai qu’elle est l’arme ultime du peuple quand il voit un blocage majeur. C’est quand on est étranglé que l’on se défend. Mais tant qu’on peut parler, dialoguer, il y a lieu de suivre cette voie. Mieux vaut qu’on s’asseye autour d’une table pour discuter et trouver la solution aux problèmes du pays. Nous entretuer, ne sert à rien ». Fin de citation

Sans commentaire ! Ce sont des messages de démission de la part des syndicalistes. C’est vraiment dommage. Il ne faut plus compter sur eux. Avec le Général Lansana Conté, le dialogue est inutile, il n’est pas un homme de dialogue, ni un homme de parole d’honneur, il ne respecte jamais ses engagements. Il recule toujours pour mieux sauter après. Il dit d’ailleurs qu’il ne perd jamais dans un combat. Hadja Rabiatou Sérah Diallo le sait. Même contre Dieu et le peuple, Général Lansana Conté pense qu’il ne perdra pas. Bien que rongé et fini par la maladie et l’âge, le vieux général est et demeure un trouble-fête, un têtu, un perturbateur, un desperado qui aime faire la tortue. Car le Général Lansana Conté dialogue toujours pour tromper après. Il s’engage toujours pour trahir après.  Ahmed Tidiane Souaré n’est pas un interlocuteur valable et fiable, il n’est qu’une marionnette, une girouette, une poupée à la solde du Clan Conté.

Sur l’Inter Centrale Syndicale, le Général Lansana Conté a gagné le combat, bien que rongé et fini par la maladie et l’âge, il peut se frotter les mains.

La situation guinéenne est plus catastrophique que l’on le croit. Il est temps, grand temps, que les guinéennes et guinéens se donnent la main, se tiennent debout et se mobilisent pour mettre fin au régime dégradant du Général Lansana Conté pour obtenir le Changement, tant souhaité par le malheureux peuple de Guinée.

Nos regards sont tournés vers les partis politiques qui ont refusé de collaborer avec le ’’Diable’’, en refusant d’entrer dans l’équipe de Souaré. Il s’agit de l’Ufd de Mamadou BAH Baadikko, le Parti Dyama de Mohamed Mansour Kaba, le Pda du Feu Marcel Cross, le Ppg du Prof. Charles Pascal Tolno, le Rpg du Prof. Alpha Condé, pour ne citer que ceux-là.

Il ne faudrait pas que le sang, des milliers et des milliers de jeunes, morts ou blessés par les balles meurtrières des nervis à la solde du général Lansana Conté, ne soit versé pour rien. Ces partis politiques doivent resserrer dès maintenant les rangs autour d’une plate-forme de revendications qui sera, sans doute, soutenue et défendue par les Forces Vives de la Nation. Même, s’il le faut, proclamer une journée nationale pour faire cette concertation.

Déjà aux Forces du Changement, l’Aguisav – la Voix des Sans Voix - propose deux alternatives, face aux obstacles posés par des ennemis du Changement contre la tenue de ces élections législatives:

  1. Une mobilisation générale, comme le 22 Janvier 2007, pour mettre fin au régime du Général Lansana Conté et le remplacer par un Comité de Salut Public. Ce Comité de Salut Public nommera un Premier Ministre technocrate de consensus, qui formera son cabinet pour diriger les affaires de l’Etat, avant la tenue d’élections libres et transparentes dans un délai record. C’est l’alternative la plus crédible et la plus efficace.
  2. A défaut, mais d’avec la même mobilisation générale, exiger un calendrier clair et précis au gouvernement et à la Ceni, qui doit être scrupuleusement respecté pour la tenue, dans les conditions normales de transparence et de liberté, des élections législatives prochaines dont le résultat sera accepté par tous. N’est-elle pas nécessaire dans ce cas, la mise en place d’un observatoire du processus électoral en Guinée sous la houlette des Forces Vives de la Nation?

Sinon! Vive la Dynastie des Conté en Guinée ! Et l’avenir donnera raison à qui de droit.

A bon entendeur, Salut!

Dr Fran Morri T. SAMMOURAH
Président de l’Aguisav – La Voix des Sans Voix –
pour www.guineeactu.com

Faranah, le 1er Décembre 2008

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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