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Je commence ainsi une série d’articles sur nos aînés dont l’action ou les actions ont affecté l’histoire de notre pays et à la fin, lancer un débat pour qu’ensemble l’on recherche nos vérités historiques.
Avant de commencer, permettez moi de condamner les violences de Yomou et de présenter mes condoléances aux familles meurtries ; comme ce fut le cas de Siguiri et Kouroussa que j’avais condamné, peu importe les auteurs et le lieu, nous devons dire non à la violence en Guinée ; je n’ai pas suffisamment d’éléments pour parler des faits.
Les institutions républicaines qui n’avaient pas levé le petit doigt aux violences précitées, sont aujourd’hui dans l’embarras ; pauvre Guinée.
Notre aîné dont je vais parler ici est le doyen James Soumah.
Alors une petite présentation, il est allé en France à l’age de 10 pour le grand séminaire de Montpellier ; un an avant son ordination, il perdit sa mère et alla en Guinée pour les condoléances d’usage ; c’est en ce moment qu’il changea d’avis ne se voyant pas la vocation de prêtre, pour se mettre au service de son pays.
Très vite, il désapprouva le régime de Sékou Touré et profitant d’une mission, il resta en France. C’est étudiant à Poitiers, qu’il adhéra au parti socialiste français du temps de Guy Mollet donc bien avant François Mitterrand.
Il y a quelques années, j’avais sollicité l’interview de Monsieur André Lewin, ancien ambassadeur de France en Guinée et grand ami de Sékou Touré ; pour différentes raisons, je n’avais pas eu son accord et l’année dernière en 2010, Monsieur Lewin me donna son accord et m’envoya ses différents écris sur la Guinée et Sékou Touré pour y puiser mes questions ; c’est ainsi que je lu pour la première fois le nom de James Soumah.
Plus tard, un oncle me donna le no de tel du doyen Soumah et lui à son tour me donna celui du Prof Kapet de Bana.
Les faits : comme je n’ai pas toutes les dates sous la main, je préfère m’en passer pour éviter des polémiques inutiles.
Le parti socialiste français devait tenir son congrès annuel et Sékou Touré, grand ami de Mitterrand envoya une délégation conduite par Louis Lansana Béavogui ; entre temps ; un journaliste français publia un article, du genre un ancien ministre de Sékou Touré parle, avec les critiques de James Soumah.
Sékou Touré, informé, s’énerva et demanda à Lansana Béavogui d’aller à sa seconde mission dans un autre pays sans participer au congrès ; lors du dit congrès, James Soumah critiqua sévèrement le régime de Sékou Touré.
Colère de ce dernier, qui convoqua le lendemain, un meeting pour dire que James Soumah, n’a jamais été son ministre, qu’il est fils de pêcheur, que François Mitterrand était un franc maçon et que le parti socialiste était le parti de la souillure française.
James Soumah répliqua à son tour au Sénat français que lui au moins, il connaissait son père et son grand père mais que Sékou Touré ne pouvait pas dire autant et qu’il était pour un débat d’idée mais pas de personnes car son père n’est pas responsable de ses actions.
Ainsi, fut le divorce entre François Mitterrand et Sékou Touré ; des amis de longues dates, plus que je ne l’imaginais car notre compatriote Mamadou Saliou Bah, me signifia, il y a quelques jours, que Mitterrand entre autres, aida Sékou Touré à être élu conseiller territorial de Beyla.
Résultat de mon enquête :
Il était convenu d’une rencontre entre Monsieur Lewin et moi à paris début janvier pour son interview ; selon son dernier message, une fois à paris, il était en province et devait me joindre dès son retour ; pour des raisons de j’ignore, je n’ai plus reçu de message pour la suite ; par contre j’eu un long entretien avec le doyen James Soumah, qui reprocha à Mr Lewin d’avoir écris son tome 7 en tenant compte uniquement de la version des faits de Sékou Touré sans demander la sienne.
Alors voilà le résultat ; c’est le journaliste français qui indiqua que James Soumah avait été ministre de Sékou Touré, effet de sensation certainement, sans consulter le doyen Soumah.
Selon ma source, Mitterrand n’a jamais été franc maçon et n’était pas informé à l’avance du discours de James Soumah qui était élu local.
James Soumah avait décidé de profiter du congrès du parti pour critiquer le régime de Sékou Touré, il voulait envoyer son discours à Mitterrand avant de le prononcer mais un de ses amis le lui déconseilla en disant que Mitterrand soutenait malgré tout, le régime de Sékou Touré.
Le père de James Soumah, Christophe Soumah, n’était pas pêcheur mais engagé dans l’armée française ; il y démissionna plus tard pour suivre Félix Eboué.
Sékou Touré qui voulait depuis longtemps déjà un rapprochement avec la France, profita de cet événement pour rompre avec Mitterrand et se rapprocher de Giscard D’estain et celui-ci qui voulait aussi tourner la page gaulliste, avait son homme, André Lewin, qui travaillait dans l’ombre pour le rapprochement.
En conclusion, Giscard D’estain effectua une visite officielle en Guinée signe du rapprochement et André Lewin fut nommé ambassadeur de France en Guinée. La suite on la connaît.
Voilà en bref un pan de notre histoire.
Contributions de lecteurs ;
Des témoignages des aînés, je sollicite aussi ceux des lecteurs ;
· Sur l’agression du 22 novembre 1970 ; Le prof Kapet de Bana dit que Sékou Touré s’était caché sous le lit de Mme Loffo Camara ; pour le doyen James Soumah, sous le lit de Mr Barry III ; ALORS QUI DIT MIEUX ?
· Selon le prof Kapet, Ismaël Touré, voulait avec l’aide des américains, renverser le régime de son frère ; selon James Soumah, il n’y avait pas intérêt et selon l’information parvenue de Conakry, récemment, André Lewin qui y présentait son livre, aurait déclaré que Ismaël Touré l’avait avoué son intention de renverser son frère ; QUI DIT MIEUX ?
Le débat est ouvert
Cette dernière partie sur Ismaël Touré est très importante, nous y reviendrons, car des antécédents entre lui et d’autres guinéens, tous étudiants à Paris, eurent des conséquences dramatiques en Guinée ; notamment sa relation avec Diallo Telli.
Ensemble recherchons les vérités historiques de notre pays.
Paul THEA
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