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Dans la série, parlons de nos aînés, je vais parler cette fois-ci, d’un footballeur célèbre, Naby Laye Camara dit Papa Camara.
Né et grandi à Conakry, le terrain de foot de son enfance est l’emplacement de la Cathédrale ; des heures de foot entre gamins et c’est un prêtre qui lui conseilla de travailler son pied gauche pour améliorer sa technique de jeu ; le football de rue qu’il améliora pour donner ce que l’on connaît.
Membre du célèbre Hafia Football Club, il joua les cinq finales dont trois gagnées.
Alors je ne vais pas retracer la carrière de Papa Camara puisque nous travaillons sur le projet Hafia 77 ; par contre je demande souvent aux joueurs de me raconter des anecdotes ; donc voici trois de Papa Camara.
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Pour la qualification à la coupe d’Afrique des nations, la Guinée affrontait les aigles du Mali ; à l’aller, les Maliens l’emportèrent chez eux, deux buts à un et au retour, une victoire de la Guinée sur le même score ; donc à égalité parfaite, il fallait tirer une série au but ; le dernier était pour Papa Camara ; en allant à l’épreuve, Thiam Ousmane Tolo le tira derrière par le maillot « hé petit, si tu ne peux pas marquer, il faut le dire » ; ce qui l’irrita un peu « alors si c’est comme ça, je ne tire plus » ; en voulant rebrousser chemin « hé petit je te fais confiance, va tirer » ; il marqua et la Guinée fut qualifiée.
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En 1975, en finale retour des clubs champions, à Lagos, rentré sur le terrain pour les échauffements, Papa Camara raconte « j’ai levé la tête, le stade était rempli comme un œuf, j’ai eu le vertige et j’ai failli tomber ; je suis resté un temps tétanisé en regardant le public ; Thiam Ousmane Tolo me tapa dans le dos en me disant, petit ça va comme ça, allons-y ; ce qui me ramena sur terre. ». Au cours de la rencontre, il poursuit « nous avons encaissé le premier but mais nous n’avons pas paniqué ; nous avons continué notre jeu et Petit Sory égalisa ; ensuite, Jacob Bangoura fit une incursion dans la défense et obtint un penalty que Thiam Ousamne Tolo transforma et c’était la victoire ; le consulat de Guinée n’est pas loin du stade, mais il nous fallut des heures avant d’y retourner à cause de l’embouteillage.»
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En 1977, lors de la dernière finale ; le Hafia menait au départ deux buts à zéro ; ensuite l’équipe ghanéenne égalisa et Papa Camara raconte « il y avait un silence de mort, j’ai regardé le public et je me suis dis qu’il faut faire quelque chose ; j’ai pris le ballon, j’ai fait un une-deux avec Mory Koné, deux fois ; ensuite j’ai passé la balle à Seydouba Bangoura qui me l’a remis et j’ai frappé du gauche ; c’était le but libérateur ; la joie du public et les images de ma mère décédée il n’y avait pas longtemps, défilèrent dans ma tête ; j’ai coulé des larmes ; le Président Sékou Touré est rentré dans le stade, c’était le bonheur total »
Joueur doté d’une qualité exceptionnelle, il aurait pu gagné le ballon d’or africain si le Hafia avait remportée la finale de 1976 ; en tout cas il fut classé à deux reprises second.
Papa Camara eu chaud au cœur quand je l’ai informé que l’ancien président du parlement malgache avait pour surnom, Papa Camara.
C’était là, une façon de rendre hommage à un grand de Guinée.
Appel à témoignage :
Dans ma petite équipe des gamins de la Belle-Vue, nous avions l’atelier d’un menuisier comme lieu de rendez-vous appelé « l’assemblée », c’est là que la nuit tombée, nous parlions football pendant des heures et très souvent, un ancien ou un nouveau venu nous racontait les exploits sportifs d’un grand joueur surnommé Monsieur but ; à les entendre parler, j’avais l’impression qu’il était meilleur que mes héros Petit Sory, Chérif Souleymane et compagnie que je côtoyais parfois à l’internat de la Belle-Vue.
En janvier à Paris, lors d’une visite chez un tonton, notre conversation se porta sur le Hafia et tout d’un coup, il me parla de Monsieur but, qui est son ami de promotion, qu’ils ont dîné ensemble, il y a quelques années à Paris et qu’il est en Espagne.
Mes souvenirs de gamin refirent surface ; c’est vrai que l’on m’avait dit qu’il était allé en Espagne après avoir fui la Guinée.
Mon séjour initial était pour deux mois mais comme le tournage pouvait finir en un mois, comme prévu dans mon contrat, j’avais préféré payer une pénalité de 250 dollars pour retourner plus tôt et commencer le montage ; la veille de mon départ, j’eu l’honneur d’une invitation à prendre le thé avec un de nos compatriotes, qui me suggéra de ne pas me contenter de parler seulement du Hafia mais de raconter aussi l’histoire du foot guinéen et ainsi interviewer Mr But qui est dans le 13e arrondissement de Paris.
Si j’avais su que Mr But était à Paris, j’aurais tout fait pour le rencontrer ; dommage.
Je crois que les amateurs du football guinéen l’on reconnu ; Mr but n’est autre que Monsieur Kandia Diallo ; que je rêve d’interviewer.
J’aimerais avoir son contact et que ceux qui connaissent ses exploits, nous en parlent un peu.
Paul THEA
NB : J’ai réalisé une petite vidéo pour rendre hommage au doyen Ansoumane Doré dont voici le lien sur youtube.com : http://www.youtube.com/watch?v=JjhZEQS3VrY
www.guineeactu.com
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