mercredi 26 mai 2010
Parité et égalité des droits entre hommes et femmes : l’exemple venant du Sénégal
Nene Hawa

L´adoption par la majorité des députés de la loi sur la parité femme-homme le 14 mai 2010 au Sénégal, est une vraie révolution en Afrique toute entière. Exception faite pour le Rwanda où il y a déjà 45 femmes députés sur 80. Une situation très peu médiatisée et sûrement justifiable par la proportion très élevée de morts chez les hommes pendant le génocide et la guerre civile de 1994.

La femme sénégalaise peut aujourd’hui se projeter un avenir radieux et plein d´optimisme. Toutes les ambitions professionnelles, politiques et sociales, même les plus audacieuses, lui sont désormais officiellement permises.

Qu´elles aient égalité de chance avec les hommes et partageant avec eux, à parts égales les postes de travail au sein de tous les secteurs de l’administration est une grande victoire. D’autant plus que le pays compte une population féminine à plus de 50 % analphabète. La nouvelle législation permettra aux femmes instruites, intellectuelles, savantes de s’épanouir au même titre que leurs homologues males et avec plus de chance de se retrouver au sommet.

Mais d’ici que cela ne devienne une réalité, elles ont une dernière bataille à livrer, celle de s’assurer que La loi s´applique vraiment, que les multiples ordonnances qui prônent l´égalité soient effectivement respectées. A commencer par le droit à l’éducation et à la gratuité de l´enseignement primaire et secondaire.

Les femmes sénégalaises peuvent déjà se targuer d’avoir une alliée sûre – les Nations Unies dont l´initiative « Pays pauvres très endettée et l´exploit 2015 du millenium de l´ONU pour la réduction de la pauvreté et contre les maladies élémentaires » peut leur être d’un soutien inestimable dans la consolidation de leur acquis. Cela commence par la lutte contre la pauvreté surtout féminine et contre la pandémie du siècle : le VIH/SIDA.

Cette victoire de la femme sénégalaise est envisageable en Guinée. La prévision des 30% de places pour femmes dans la constitution Guinéenne permet en tout cas d’espérer.

Le prochain combat juste après les prochaines élections présidentielles, législatives et communales devrait s’axer sur la réclamation de la parité 50-50. C´est un impératif vital.

Le Sénégal à donné le ton et nous ne devrions avoir aucun complexe à lui emboîter le pas.

Que la Guinée reste bénie.


Nene Hawa

 

www.guineeatu.com

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Vos commentaires
Fo pa tro y croire, jeudi 27 mai 2010
Hé, je ne suis en rien contre la parité mais il faut être réaliste. Faut savoir que wade est la quête d`une virginité politique, présidentielles 2012 en vue. a défaut de pouvoir imposer son fils aux sénégalais, il se verrait bien rempiler pour 5 ans de plus. Alors on fait tout tout pour attirer les voix de nos amis de la téranga. hi hi hi
Modibo Traore, UK, jeudi 27 mai 2010
Nenen Bobo, c’est bien et noble ce combat, mais il y’a une démarche préalable, c’est la promotion de l’éducation des femmes. Ce n’est qu’en ayant une forte proportion de femmes instruite qu’on peut rééquilibrer le rapport homme/femme dans tous les secteurs vitaux du développement du pays. En tout cas bon courage et bonne chance.
BALDE, jeudi 27 mai 2010
Bjr mesdames. Nous devons continuer le combat mais, si vous le permettez, j’ai juste quelques observations, constructives j’espère, à faire sur l’article : c’est vrai que le Sénégal vient de le faire, c’est une bonne chose mais j’aimerais dire que, pour ceux qui le connaissent, c’est plus un coup de com du président wade qu’autre chose (il fêtait ses 10 ans au pouvoir, donc c’est bizarrement après 10 ans qu’il a compris l’urgence !!! mais bon mieux vaut tard que jamais c’est vrai). Depuis 1993 (plateforme de beijing qui ne visait que 30% au parlement pourtant, sans parler ensuite des constitutions nationales qui garantissent la parité, des déclarations et actes de l’UA), les pays africains doivent le faire. A côté du rwanda (très bon élève), on a aussi l’afrique du sud, le mozambique, etc. mais en afrique de l’ouest on a encore du travail même si des progrès sont en cours au ghana par exemple ou même au burkina. Le sénégal n’a même pas 25% de femmes au parlement. En guinée, c’est le futur code électoral qui prévoit au moins 30% (et non la constitution), ce qui est quand même grave, on fait comme récemment en zambie. Décreter la parité est une bonne chose mais comme vous dites, se mettre au travail est autre chose. Espérons donc que nos leaders actuels vont s’y mettre pck le travail est immense mais nécessaire, et comme le dit Mme Yombouno leur contribution, actuellement sous-évaluée, est très importante et personnellement, suis convaincu, pour de nombreuses raisons que je ne peux pas développer ici, que c’est par elle, la femme guinéenne, que la Guinée s’en sortira. Merci pour cet article. Jeune guinéen sensible à cette question.
Traore, jeudi 27 mai 2010
Cette parite n`a aucune importance,car pour la gestion d`une nation,il faut la competence,la capacite et le niveau,nous voulons la parite de la competence,mais pas la parite de sex.Le Senegal d`aujourd`hui n`est plus avec le PDS et le pouvoir n`a plus de SOLUTION.
Marie José Yombouno, jeudi 27 mai 2010
Merci ma sœur Nènè Hawa pour cette réflexion. En effet l’émancipation de la femme en plus d’être un impératif, s’impose au processus de développement car le sexisme compromet ce dernier même si, je préfère parler en termes de complémentarité que d’égalité hommes-femmes. Les femmes jouent un rôle important dans les domaines économique et social, mais cette contribution est mal évaluée et pas assez reconnue du fait qu’elles n’aient pas accès aux pouvoirs décisionnels et aux services existants comme le crédit bancaire. Elles jouent aussi un rôle particulier dans la transmission des valeurs et la prévention puis résolution des conflits. Que « Dieu » bénisse la Guinée ! www.agfdh.org

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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