lundi 7 mars 2011
Parité entre hommes et femmes : Où en sommes-nous en Guinée, en ce 8 Mars 2011 ?
Adama Rabi Youla

A l’occasion de la journée internationale de la femme, il est important de faire un point sur la parité Hommes/Femmes en politique et dans les postes de décision.

Mais avant toute chose, permettez-moi d’adresser mes vives félicitations à toutes ces braves femmes de Guinée qui travaillent durement pour faire bouillir la marmite dans des conditions difficiles et qui élèvent, éduquent nos enfants, parfois sans aucune assistance. Comme toujours, ces félicitations vont particulièrement à ces braves femmes qui travaillent plus de 16 heures de temps dans nos débarcadères de Boulbinet, Teminetaye aux marchés de Nyenguèma, Niger, Madina, dans nos plaines et rizières de la basse Guinée, au Foutah et en Forêt, aux teinturières et à ces commerçantes de la Haute- Guinée. Ces femmes sont pour moi le véritable moteur du développement de la Guinée.

Pour ce qui est de la question parité hommes et femmes, malheureusement, force est de constater que notre pays est en retard même par rapport à ses voisins immédiats, comme le Sénégal. Ce dernier a à travers son assemblée nationale adopté, il ya quelques mois, une loi forçant tout parti politique à avoir la parité 50 hommes pour 50 femmes lors des prochaines élections législatives, faute de quoi la candidature du Parti sera annulée.

Malgré les textes, lois et beaux discours tenus en Guinée depuis 1958 sur l’émancipation de la femme, le retard reste criard. La formation du gouvernement d’Alpha Condé est un exemple pour nous prouver cette inégalité entre les hommes et les femmes. Représentant plus de 51 % de la population et occupant une place importante dans la vie sociale et économique, leur grande absence dans le nouveau gouvernement est plus que remarquable. Si ma mémoire est bonne, sur les 42 ministres du gouvernement mis en place, seulement 6 femmes ont fait leur rentrée. Elles occupent le plus souvent des postes réservés aux femmes comme pendant les régimes précédents. C’est ainsi que nous avons : Mme Nantenin Cherif comme ministre des Affaires sociales et la promotion de l’enfance, Mme Rama Bah aux PME, Hadja Mariama Baldé à l’hôtellerie et à l’enfance, Mme Fatoumata Tounkara au travail et à la fonction publique, Mme Diaka Diakité aux affaires sociales encore, mais comme ministre déléguée et enfin Mme Rougui Barry Kaba chargée des Guinéens de l’extérieur. Ici les chiffrent parlent d’eux mêmes.

Les dirigeants politiques ne sont pas les seuls à prendre le blâme dans le débat sur la question sur la plus grande représentativité des femmes dans les pouvoir de décision. Il ya surtout aussi nos dirigeants religieux qui ne voient pas d’un bon œil la promotion féminine. Pour nos talibans guinéens, la promotion et l’émancipation de la femme bafoueraient nos valeurs traditionnelles. Cependant, il faut reconnaitre que les dirigeants religieux Guinéens ont toujours été acquis à la cause des dirigeants politiques guinéens depuis l’indépendance. En Guinée ce sont les religieux qui courent derrière les politiques, contrairement au Sénégal où ce sont les dirigeants politiques qui cherchent souvent le ralliement des puissants chefs religieux. Donc si cela a été possible au Sénégal, rien ne justifie son non application en Guinée. Il suffit seulement de bonne volonté politique et du gros bon sens.


Dre Adama Rabi Youla MD, Msc


www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Ansoumane Doré, mercredi 9 mars 2011
On ne peut que vous approuver Dre Adama Rabi Youla,la parité hommes/femmes est une des conditions essentielles du développement humain, économique et social d`une société.Courage!
Camara Boubacar, mercredi 9 mars 2011
En Guinée, nous pensons qu`être effronté c`est une émancipation du modernisme. Ce n’est pas pour rien notre pays est sous développé. Nos esprits et nos moralités ne sont pas bien éclairés pour être irrigués des réalités de ce qui fait de l’homme moteur du progrès et le développement positif.
Saïdou Nour Bokoum, mardi 8 mars 2011
Au tableau d’honneur des femmes guinéennes, ne figurent pas seulement des actes de déshonneur de certains hommes. On connaît bien le défi triomphal des femmes du 27 août 1977 contre la police économique d’AST qui courba l’échine. Mais l’ère Conté a connu de sombres journées où les femmes, des Hadja ou pas, reçurent des coups de cravaches comme de vulgaires bagnards des temps coloniaux, en compagnie des Ba Mamadou, Siradiou Diallo et Ahmed Tidiane Cissé lors des manifestations du "trio infernal" UNR-RPG-PRP de Ba, Alpha et Siradiou. Plus récemment, pendant les années 2000, allez donc chercher à déguerpir les Femmes d’Avaria, Mbemba l’aboyeur de Conté a su de quel mouchoir rouge elles se chauffaient. Et les femmes du petit marché de mon quartier à Lambanny soldé à Sadakadji, là encore jusqu’à l’avènement du "président démo.."(RTG) aucun pandore n’avait osé remettre les tôles qui prétendaient les en expulser. En une marche jusqu’à Kaloum, elles avaient prouvé que leurs matos n’avaient rien à redouter d’un pantalon, elles chantaient : « Vous voulez ke dra na ka pan, on va tout dire et pantalon dira ce kil a dedans même ! ». Ce fut pareil à Coyah avec un Conté encore lucide qui recula à propos de je ne sais quelle affaire de bonga ou de soumbara. La femme n’a pas dit son dernier mot.
Abdoulaye Barry, mardi 8 mars 2011
Attention! Nous sommes le 08 Mars 2011 et non 2010. Merci pour la correction.
Nabbie Ibrahim Baby SOUMAH, mardi 8 mars 2011
« La femme est l’avenir de l’Homme ; elle est la couleur de son âme ! » clamait hier le poète Louis Aragon. La femme est sacrée dans notre société ; elle donne la vie et, d’après le Coran, c’est aux pieds de sa mère que se trouve le Paradis pour son enfant méritant ! « Qui viole une femme souille toute l’humanité ! » : le capitaine Moussa Dadis Camara a appris à ses dépends, actuellement en convalescence à Ouagadougou, la gravité de cette axiome et du carnage du 28 septembre dernier qui trace une ligne rouge dans l’absolu de notre conscience et de celle de toute la communauté internationale qui est venue à la rescousse de notre pays ; notamment avec le rapport accablant et nominatif onusien de Mohamed Bedjaoui du 15 décembre 2009 qui est un tournant contre l’impunité. Si la femme guinéenne est en réalité un soutien économique déterminant de la famille, la part qu`elle prend aux activités de gestion et de décision demeure cependant très restreinte, voire inexistante. Elle est sous-représentée dans la vie publique, notamment dans les partis politiques, les structures gouvernementales, dans la haute administration. Malgré ces handicaps précités, un vulnérable et dégradant statut, on assiste depuis un certain moment, à l’émergence des femmes dans le débat et l’action publics et politiques ; ceci est très salutaire pour leur promotion sociale et pour que la démocratie devienne enfin une réalité vivante dans notre pays. Une nécessaire et urgente réforme de nos institutions, notamment la parité que ma cousine chérie résidant au Canada réclame à juste titre, s’impose pour accorder à la femme guinéenne la place de choix qu’elle mérite. Avec leur grande capacité de mobilisation, les femmes ont toujours joué un rôle déterminant pour l’avènement de notre indépendance et le combat politique dans notre pays ; elles étaient en première ligne : - Avant l’indépendance : lors de la mise en place de l’assemblée territoriale au lendemain de la seconde guerre mondiale et pour l’application de la loi-cadre Gaston Defferre du 23 juin1956 relative à l’autonomie des territoires d’Outre-mer qui furent l’objet d’âpres empoignades et de violence politiques. - La lutte pour l’indépendance a offert au monde féminin une occasion inespérée de réaliser ses vœux d’émancipation contre une situation injuste d’infériorité et de sujétion, de contribuer à la naissance de la conscience politique et à la construction de la nation. Elles participèrent aux meetings, soutinrent les grèves notamment l’héroïque grève de 73 jours, furent bastonnées et humiliées dans la puanteur des geôles. - La révolte du 27 août 1977 contre la police économique, corrompue, violente et « racketteuse » du PDG. - Les mouvements sociaux sous fond de crise économique et politique en février, mars et juin 2006, en janvier et février 2007. - Les douloureux événements du 28 septembre 2009 au cours desquels de nombreuses femmes furent violées et tuées. La Guinée est actuellement en proie au fléau de l’ethnocentrisme qui risque d’altérer sérieusement la cohésion sociale ; mais les femmes constituent le meilleur rempart contre l’éthnicité et les mariages endogamiques : dans l`action publique et dans la vie personnelle, elles sont les plus affranchies de la tutelle familiale, ethnique, régionale et confessionnelle. Grosses bises cousine et mes salutations à toute la famille Patriotiquement!
diallo boubacar, lundi 7 mars 2011
Apparemment les femmes n`étaient pas ciblées par le slogan de campagne du Professeur :Ensemble nous allons changer la Guinée .

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011