dimanche 17 janvier 2010
Pardonnons-nous!

Comment peut-on pardonner dans un pays au passé douloureux?

Comment peut-on pardonner dans un pays dont les auteurs des crimes ne regrettent rien ?

Comment peut-on pardonner dans un pays dont les crimes ne sont pas élucidés ?

Face à toutes ces questions et devant l’ampleur des crimes, nous Guinéens, sommes appelés à faire un sursaut national pour une fois de plus prouver au monde que nous sommes capables de nous unir pour sauver notre nation.

Il est clair pour nous tous que nous sommes en train de vivre les conséquences des actes posés par nos prédécesseurs.

Nous devons nous réunir pour qu’ensemble nous puissions poser nos problèmes et trouver les solutions qui nous conviennent.

Personne ne peut aimer la Guinée mieux que les Guinéens. Par conséquence nous devons prouver que nous sommes les premiers concernés et dans nos comportements de tous les jours, nous devons prouver que nous acceptons les autres même si nous ne partageons pas les mêmes visions politiques.

Obligeons nos leaders politiques, syndicaux et autres à venir participer de manière franche au débat national. Il faut rebâtir la Guinée.

Pour ce faire, il faut reconnaître que nous sommes divisés.

Divisés parce que nos adhésions aux partis politiques sont basées sur notre appartenance ethnique et non sur notre conviction politique.

Divisés parce que nos soutiens aux gouvernements successifs sont basés sur notre intérêt personnel et non sur notre engagement à servir notre pays.

Divisés parce que nous ne disons la vérité que lorsque nous nous sentons exclus du cercle de commandement et non pour sauvegarder l’intérêt de la nation.

Divisés parce que nous préférons cautionner le culte de la personnalité pour plaire au chef et non lui dire la vérité pour sauver la nation.

Faisons appel à tous et imaginons des modèles de reconstruction de la nation en ayant en vue l’intérêt de la Guinée.

Une Guinée dans laquelle les citoyens sont engagés à servir la nation au lieu de se servir.

Une Guinée dans laquelle les forces de défense et de sécurité constitueront un espoir et non une menace.

Une Guinée dans laquelle les medias cesseront des éditoriaux belliqueux et d’autres formes d’attaques pour inventer des émissions qui rassemble.

Une Guinée, dans laquelle le citoyen sera apprécié en fonction de son utilité sociale et sa compétence au lieu de son appartenance ethnique.

Une Guinée dans laquelle chaque composante jouera sa partition dans l’intérêt exclusif de la nation guinéenne.

Pendant cette période d’incertitude et de désespoir, comment pouvons-nous rebâtir notre nation ?

Tout d’abord soyons serein et ayons confiance en l’avenir.

Exigeons et obtenons la tenue d’une conférence nationale.

Pour cela, mettons en confiance ceux qui ont peur de cette conférence en leur assurant que la conférence n’aboutira pas aux sanctions, mais plutôt qu’elle sera un forum de diagnostic de notre passé pour nous permettre de poser les bases d’une vraie démocratie.

Il faut commencer quelque part et pour cela il faut que l’autorité sur place donne le ton en affichant sa volonté de résolution de la crise.

Il ne sert rien aujourd’hui d’avoir des positions d’extrémisme ou radicales.

Le pays ne pourra avoir la paix et la concorde que lorsqu’on tiendra compte de l’inspiration de chaque composante de la société guinéenne.

Bâtissons une démocratie qui renforce notre république et évitons d’utiliser notre république pour bâtir une démocratie qui nous divise.

Pour ce faire pardonnons-nous et commençons le travail.


Kabine Magassouba, Seattle –USA


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
FIDEL, mercredi 20 janvier 2010
Pardon, pardon?pardon!!! mais qui doit pardonner à qui en toute realité??? Chacun se croit victime? Ceux dont les parents ont été pendus se reclament victimes, et ceux qui ont perdu les leurs pendant l`agression se reclament aussi victimes. Alors qui a tord??? Donc il faut necessairement la conference s`il faut qu`un groupe soit reconnu coupable. Mais je suis certain qu`apres cette conference qu`il y en a qui vont la boucler pour toujours et ce sont ceux la meme qui font la grande gueule maintenant.
Mohamed CAMARA USA, lundi 18 janvier 2010
Cher leconcurrent.overblog.com, la justice ce n`est pas seulement chercher à tuer tous ceux là qui ont tués ou bien mettre à l`ombre tous les malfaiteurs. La justice c`est aussi le pardon que l`on accorde pour la reconnaissance du crime commis. La justice enfin c`est celle qui permet la cohésion de la nation, ce qui ne veut pas dire que l`on doit obligatoirement pendre ceux qui ont pendus, ou bien exécuter ceux là qui ont exécutés d`autres. L`exemple de l`Afrique du Sud eest édifiant à ce sujet. Enfin s`il faut appliquer des peines pénales méritées à tous ceux qui ont violés la loi depuis 1958, je me demande combien de personnes resteront pour savourer les fruits de la justice et surtout dans quel état sera notre nation ?
Oumar BAH, lundi 18 janvier 2010
Pardonnez sans justice,cela est utopique,voila pourquoi votre generation a echoue et que nous,nous devrons paye les pots casses pour tous les problemes que votre generation a cause a ce pays.Chaque fois,c`est la meme chose,pardonnons nous,mais pourquoi pas dire,rendons justice pour tous actes horribles qui ont ete faits dans ce pays.Ensuite le pardon viendra tout seul.Quand la victime du Cam Boiro ou de 1985 aura le coeur net,elle pourra pardonner,mais pas avant.
leconcurrent.overblog.com, dimanche 17 janvier 2010
Il n`y a jamais de pardon sans justice. Nous devons commencer par le premier mot d`ordre qui est "justice" pour tous.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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