lundi 8 mars 2010
Panel sur un Cinquantenaire - Quelques anciens gouverneurs se souviennent

Il y a 50 ans, jour pour jour, que la monnaie guinéenne fut créée. Et c’est à travers l’ordonnance No 009/PRG du 29 février 1960 que les autorités politiques d’alors avaient concrétisé cet acte de création. Le 1er mars de la même année, ladite monnaie se substitue en tant que seule monnaie ayant cours légal. Depuis 50 ans donc, que de parcours, que des hauts et des bas. Voici les souvenirs de quelques anciens Vice-gouverneurs et anciens Gouverneurs de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).

 

EH Hadji Saidou Diallo, ancien Ministre, ancien vice Gouverneur

«Qu’est-ce qu’on peut faire pour rectifier le tir, afin que la monnaie recouvre sa santé»

«La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui, je pense qu’elle est la bienvenue, parce qu’un anniversaire ça se fête toujours, à plus forte raison un cinquantenaire. Ça fait 50 ans que la monnaie guinéenne existe. A travers toute l’histoire qu’elle a connue, il était important qu’on célèbre le cinquantenaire et qu’on passe en revue certaines choses. Je pense notamment aux difficultés qui ont jalonné notre marche. Depuis 1960 jusqu’à maintenant, il y a eu des difficultés, il y a aussi des atouts. Donc, c’est toujours bon de se retrouver en pareilles circonstances pour faire une rétrospective. Pour savoir ce qui s’est passé, quelles sont les séquelles que nous avons rencontrées et qu’est-ce qu’il faut par rapport à cette période de la mondialisation. Mieux, qu’est-ce qu’on peut faire pour rectifier le tir, afin que la monnaie retrouve sa santé. »

El Hadji Mohamed Lamine Touré, ancien gouverneur de la Banque Centrale

«La monnaie est un instrument dans l’émancipation économique d’un pays»

«J’ai été Gouverneur de la Banque centrale et je suis quelqu’un qui a passé toute sa vie, toute sa carrière à la banque. J’ai franchi tous les échelons de la banque et ce, de 1964 à 1984. Je suis le dernier Gouverneur de la banque de la Première République. S’agissant de la célébration de ce cinquantenaire, je dois avouer qu’entant que pionnier dans ce domaine, c’est pour moi un sentiment de fierté et surtout de réconfort aujourd’hui. On est fier de constater que l’enfant qu’on a vu naître, dont on s’est occupé continue de servir. C’est une fierté aussi pour nous de savoir que le peuple de Guinée n’a pas renoncé à cette monnaie là, qui est sans conteste la clé même de l’indépendance d’un pays. Dans le cas particulier de la Guinée, mieux que tout autre, la monnaie symbolise la souveraineté de l’Etat. Ceux qui ont créé cette monnaie ont compris très tôt que la monnaie est un instrument dans l’émancipation économique d’un pays. Je me permets de vous dire que la Guinée est le seul pays en 1958 qui, après avoir dit NON a décidé de créer sa monnaie. A cette époque, vouloir créer sa monnaie était quelque chose d’impensable et d’intolérable de la part des puissances étrangères. C’est pourquoi nous avons eu toutes les difficultés pour faire aboutir cette monnaie là. Le Gouverneur français de l’époque Pierre Mechkner a lui-même écrit qu’il avait reçu des instructions de mettre par terre l’indépendance de la Guinée. Et pour cela, il fallait passer par des procédés. Et la France savait pertinemment que la meilleure méthode pour saboter l’économie d’un pays était de saboter sa monnaie. En termes de perspective comme je l’ai toujours dit, compte tenu du marché économique très faible de notre pays, il faut nécessairement et absolument qu’on aille à l’intégration monétaire et économique. C’est-à-dire avoir un espace économique plus large. A notre temps, lors de la première réunion de la CEDEAO, on a toujours milité pour que l’Afrique se détache de ces puissances coloniales et crée sa monnaie. Si tu vois qu’on dit que le F CFA est stable c’est à cause de leur union. Notre conviction est que la porte de sortie demeure nécessairement cette intégration. »

Momory Camara, ancien Gouverneur

« Nous devons travailler pour exporter ce qui est
exportable et enrichir notre banque centrale»

«Je me nomme Momory Camara. J’ai commencé à travailler à la Banque Centrale le lundi 9 mars 1960, soit huit jours après la création de la monnaie guinéenne. Je suis entré à la Banque Centrale comme chef de Cabinet de El hadji Moussa Diakité, paix à son âme, le premier ministre gouverneur de la Banque Centrale. Apres le Cabinet, j’ai fait l’Inspection, l’office de change, en 1965 j’ai été affecté comme Directeur général de la société nationale d’assurance. En 1972, je suis revenu à la Banque centrale comme Vice- gouverneur. J’étais l’adjoint de N’Faly Sangaré. En 1976, j’ai été nommé comme gouverneur et en 1977 ministre gouverneur. Et je suis parti de la Banque en 1979. Mes sentiments aujourd’hui sont des sentiments de satisfaction de voir la relève à l’œuvre accomplie. Je dis donc que la Guinée à des piliers qui feront qu’elle ne tombera jamais. Ce que je peux dire en termes de conseils, c’est de demander aux Guinéens de travailler. Tous ceux qui cherchent 100 dollars par-ci par-là pour aller à Dubai chercher des marchandises, qu’ils cherchent d’abord de quoi exporter, qu’ils produisent d’abord de quoi exporter. Quand ils auront suffisamment à exporter, la Banque centrale sera à l’aise et on pourra avoir des importateurs et des exportateurs. Nous devons travailler pour exporter ce qui est exportable et enrichir notre banque centrale. Car la banque n’est pas un producteur de devise, mais une caisse. Tout le monde doit travailler pour remplir cette caisse. Et en ce moment, on aura des exportateurs et des importateurs.»

En Hadji Alpha Bank Baldé, ancien Directeur de Banque

«Nous pensons qu’avec cette nouvelle lancée la monnaie retrouvera sa valeur réelle dans le pays »

« C’est un réconfort moral pour nous, de penser d’abord qu’on est en vie et de nous inviter à cette cérémonie. Nous avons été les premiers à se substituer aux Blancs à l’indépendance.

Personnellement, moi qui vous parle, c’est au début du mois de janvier 1962 que j’ai commencé de travailler en tant que cadre et directeur de la banque de N’Zérékoré, de 1971 à 1976 directeur de la Banque de Madina, coordinateur de la Comptabilité, inspecteur à la Banque Centrale et chef de Division à la Banque Commerciale de Guinée où les fermetures des banques nous ont trouvés.

Sincèrement, nous avons fait notre mieux à l’époque parce que nous savions que la Banque était le Baromètre de l’économie et la monnaie est le symbole de l’indépendance d’un pays. Nous avons fait ce que nous pouvions faire et nous avons toujours été cités parmi les meilleurs. Dieu le sait et les hommes en témoignent. Nous invitons les nouveaux venus à faire leur mieux pour faire de notre monnaie une monnaie réelle et répondant aux aspirations du peuple de Guinée.

Ce n’est pas facile de parler des difficultés que cette monnaie a connues au cours de son évolution. Parce qu’à notre temps, je me rappelle quand je suis allé à Moscou, les 100 dollars étaient à 2.200 sylis. Si aujourd’hui nous nous retrouvons avec plus de 500.000 fg pour les 100 dollars, ça c’est une aberration. Et c’est dû à la libération du commerce, à la libération de change.

Mais, nous pensons qu’avec cette nouvelle lancée la monnaie retrouvera sa valeur réelle dans le pays. Parce que si vous entendez le développement d’un pays c’est d’abord sa monnaie. »

Mme Sow Faly Kesso Bah, ancienne vice gouverneur

«Je pense qu’on ne peut pas évoluer en vase clos »

«Je suis professeur de mathématique de fonction. J’ai évolué à la Banque centrale comme chef service change, directrice de la caisse centrale de devise. De 1981 à 1984, j’ai été Vice gouverneur. Donc, c’est pour moi un honneur et une fierté d’avoir occupé ce poste et jusqu’à présent comme seule femme Vice gouverneur de la Banque Centrale. Mais, ce n’est pas une singularité chez moi. Je mets la modestie de coté. Pendant tout le cycle universitaire, j’étais la seule femme qui ait fait mathématiques à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Donc, étant qu’ancien Vice gouverneur, ce que je peux dire c’est que c’est une fierté qu’on ait maintenu notre monnaie pendant 50 ans sur ses deux pieds. Parce que ça a été pour nos aînés un choix difficile, mais un choix qui a ses mérites aujourd’hui. Avec la conjoncture économique, avec la mondialisation et tout, je pense qu’on ne peut pas évoluer à vase clos. Mon sentiment personnel, c’est qu’on intègre une zone monétaire qui regroupe plusieurs pays, pour pouvoir développer notre économie. On ne peut pas être en reste. C’est l’union qui fait la force.»


Propos recueillis par Lansana CAMARA
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
FIDEL, mercredi 10 mars 2010
Je me demande bien ce que ça vous fait si je me fais appelé: Kéléfa Sané, kalagban, nankoumandouwa, Namandjan, Koumantiobakary, Kouloumba, Manga Frigui, Kolet, Dantily, Guiramba, Naroumba, Kèlèba, Kèkoura, balawoulen, Safrin, Kombi Diallo, Foula Morro Sangaré, Foula kali Diakité, Kèlèti, Noukounkan Balla, Guémori, Noumori. Le dit reste le meme, alors il est où le probleme??? Je peux etre de Tourékounda, cissekounda de la Casamense, comme Sinani du wasoulou, je peux etre du macina comme du djallokadougou, ça change quoi à mes dits????? Soyez objectifs dans les critiques et arretez de dire des choses sans aucune valeur. Fidel comme Castro
FIDEL, mardi 9 mars 2010
C`est quoi meme ta democratie là Mr soidisant kaba??? Que Fidel arrete de parler de Sekou Touré et que Kaba le traite de tous les noms. Ta democratie s`est interdire à Fidel d`emprunter le pseudo qu`il aime, de dire les choses comme elles se sont reellement passées. Quel crime ai-je commis??? Au moins j`ai un merite sur toi: je te laisse apparaitre sous le nom que tu souhaites, tu ments comme tu veux je te laisse faire. Mr Kaba, dans une democratie tous les hommes sont libres de leur pensée, tu l`ignores. C`est pourquoi il est impossible de dialoguer avec vous sur ce site. Je prefere vous mettre en face les propos des temoins et intigateurs des complots. Autrement vous etes prets à contredire meme le Coran et la Bible reunis. Vous vous enervez quand on vous affiche la verité, dites moi que Pierre Messmer ment! qu`il a dit ça parceque sekou Touré lui a donné de l`or ou du diamant. Mes positions sont rationnelles non pationnelles comme les votres. Je peux aussi changer de nom si ça peut vous faire admettre la verité, mais prouvez moi le contraire de ce que je sais pour me faire changer de position. je reste avec la verité. Mr Kaba, les regles de la democratie veulent que je defende mes idées, j`ai le meme droit que toi sur ce site. Tu ne peux pas m`interdire de dire ce que je pense de la vie politique de mon pays. Donc les detracteurs du PDG peuvent aller se faire pendre haut et court. Fidel comme Castro.
karifa, mardi 9 mars 2010
Mr Lounceiny Kaba sortez du marasme en disant votre nom.
FIDEL, mardi 9 mars 2010
Lounceyni Kaba, ces propos ne viennent nullement de moi mais de Pierre Messmer. Peu importe mon nom, mes origines. Il faut admettre les choses comme elles sont. Tu me traites de tout ce que tu veux, merci mais essaye d`etre veridique au moins. Tu t`enerves quand tu lis la verité, tu es contre la verité. Qui subit la malediction alors, MR KABA ??? Fidel comme son nom
Lounceiny Kaba, lundi 8 mars 2010
A Fidel. Decidemment tu nous sors par les yeux a force de vouloir polluer le net en defendant ton diable de Sekou Toure. Tu tiens coute que coute a reveiller un vampire qui durant 26 ans de mensonges, d`arbitraires et de folklore a plonge son peuple dans la misere absolue. Mais avec ton nom, tu ne me surprends guerre. Comme ton idole le sanguinaire Sekou, tu as honte de tes origines, de ta famille, de ton passe et de ton nom au point d`emprunter des sobriquests comme Fidel. Remarque que comme le tyran la punition de Dieu a deja commence pour toi. Se regarder tous les matins dans un mirroir et recevoir le reflet d`un chien, c`est de la malediction. Alors continue a aboyer, la caravane de la democratie ne s`arretera pas pour autant.
FIDEL, lundi 8 mars 2010
GUINEE : Un Homme à abattre Désormais, tout sera mis en œuvre pour se débarrasser de Sékou Touré. Les premières mesures punitives sont monétaires. Avant même le referendum, le haut commissaire de l’A-OF, Pierre Messmer, organise une veritable opération de commando pour récupérer les milliards de francs CFA qui se trouvent dans une succursale de la Banque centrale à Conakry. Ce hold-up est opéré par des parachutistes et des marins français. Sékou Touré fait le gros dos. En fait, il a une idée derrière la tête et va essayer de rouler la France. Tout en affirmant haut et fort après le referendum, et donc la rupture, qu’il veut rester dans la zone franc, il pense déjà à créer sa propre monnaie. Toute fois, ça demande du temps. Il faut créer une banque d’émission, imprimer des billets, les mettre en place. Par conséquent, Sékou Touré essaie donc d’endormir provisoirement les autorités françaises afin de gagner du temps. Les billets sont imprimés très discrètement en Angleterre. Mais du coté français, la riposte est déjà prête. Les services secrets sont chargés de fabriquer des faux francs guinéens. Dès que la nouvelle monnaie est mise en circulation, cette masse de faux billets est envoyée là-bas ! Résultat, la monnaie de Sékou Touré est rapidement dépréciée ! Et les conséquences sur une économie déjà fragile sont particulièrement graves. Quoi qu’il en soit, cette opération de faux monnayage démontre que la France bénéficie sur place de nombreuses complicités et que les services secrets disposent d’un véritable réseau d’agents coordonnés et commandés par l’Elysée, via Jacques Foccart. Les dessous de la françafrique, page 95 Fidel comme Castro
GilBlack, lundi 8 mars 2010
Apres tout c`est le flic qui s`envole!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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