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Depuis le mardi 12 août 2008 et pour trois jours, la capitale guinéenne vit au rythme du forum d’une conférence dénommée « journées nationales de dialogue » initiées par les acteurs sociaux, les partis politiques et les institutions républicaines, au premier rang desquelles le gouvernement dirigé par M. Ahmed Tidiane Souaré. C’est à onze heures locales que les travaux de cette conférence ont été ouverts au Novotel de Conakry par M. Michel Kamano, président du conseil économique et social, en présence de la presque totalité des membres du gouvernement dont le chef de file était M. Almamy Kabèlè Camara, ministre de la défense nationale, assurant l’intérim du premier ministre absent du territoire national. On pouvait noter la présence des principaux leaders de partis politiques ou de leurs représentants ainsi que toutes les principales figures du mouvement syndical et du conseil national du patronat guinéen dirigé par El hadj Mamadou Sylla. Après l’allocution de bienvenue du président du conseil économique et social, cette première journée a surtout été marquée par les discours poignants de M. le représentant permanent de la CEDEAO, de Madame M’Baranga Gasabwé en sa qualité de représentante du PNUD en Guinée et de M. Almamy Kabèlè Camara sur un fait qui a retenu l’attention de tous les participants. Le premier dira en substance : « Au moment de l’indépendance de votre beau pays, j’avais moi-même onze ans. C’est un évènement qui a éclairé l’Afrique noire dans la conquête de sa souveraineté. Après cette période de gloire, la Guinée ressemble désormais à un oiseau qui s’est perché dans un arbre pour admirer son ombre sans se soucier d’abandonner l’admiration de cette ombre. Le résultat d’une telle attitude reste que la Guinée n’a point progressé ». De tels propos dans la bouche d’un diplomate qui a parlé aux Guinéens avec son cœur devraient les inciter à produire un effort de sursaut national pour circonscrire tous les freins qui entravent le développement de leur pays. Plus ahurissant fut ce passage du discours de Madame M’Baranga Gasabwé, représentante du Programme des Nations Unies pour le Développement en Guinée. « Lors de mon dernier séjour à une réunion du système des Nations Unies, j’ai eu toutes les peines du monde à plaider le dossier de la Guinée à propos de la sécurité alimentaire. Mes interlocuteurs m’ont fait observer qu’il n’y a aucune raison valable qui justifie une crise alimentaire dans ce pays si ce n’est la mauvaise gestion de ses dirigeants. Ils m’ont laissé entendre que cette année sera la dernière pour laquelle ils apporteront leur appui et leur assistance à votre pays dans ce domaine ». Enfin comme à l’accoutumée, le ministre de la défense, au nom du gouvernement, a d’abord exprimé tout l’intérêt que celui-ci attache à ces journées nationales de dialogue et d’initiatives pour citer le nom du président de la république sans qu’aucune main n’applaudisse à l’évocation du Général Lansana Conté. Et pour forcer la main aux participants, il fut obligé de se reprendre et clamer : « j’ai bien dit le Général Lansana Conté ». Tonnerre de rires ponctués de quelques applaudissements pour voir le ministre de la défense continuer son exposé. Telle est l’ambiance du début de ces journées nationales de dialogue et d’initiatives organisées à l’hôtel de l’indépendance de la commune de Kaloum, à Conakry. Sékou Chérif Fadiga pour www.guineeactu.com
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