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Ousmane Kaba est ce banquier et ancien ministre des Finances sous le gouvernement Sidya Touré. Au vu de son CV, cet ancien ministre et ex-membre influent de l’UFR n’a jamais été auditeur dans sa carrière – ce qui devrait le disqualifier de facto –, mais a été approché par la junte pour étoffer une équipe d’auditeurs, alors mise en place pour secouer le cocotier. Après des mois de dur labeur, on nous dit que cette équipe a déposé les résultats, mais jusque-là non encore publiés. « De l’hypocrisie », dénonçait, Ousmane Kaba au micro de nos confrères d’Africaguinee.com. Simultanément, le patron du complexe de Koffi Annan crée son PLUS, un parti politique, à la veille de la présidentielle.
Parler sans convaincre
Tempête d’indignation et levées de boucliers au niveau des autres grandes formations politiques estimant que l’auditeur qu’est Ousmane Kaba ne peut plus être impartial. «Les audits ne seront pas une chasse aux sorcières, ni un règlement de comptes, encore moins une arme pour éliminer des concurrents politiques. Notre équipe sera neutre. Les procédures seront contradictoires, publiques et transparentes. On procède aux audits pour éradiquer la mal gouvernance, en finir avec l’impunité et restaurer la crédibilité ou l’autorité de l’Etat. On ne fait pas les audits des anciens Premiers ministres, ou des chefs de cabinet ou d’un professeur. Mais on audite des dossiers. Alors, si en le faisant, une personne est concernée, elle répondra », tentait de convaincre Ousmane Kaba, presque acculé. Suite donc à la pression intenable, l’homme a, nous dit-, démissionné pour s’occuper de son parti naissant. Ce choix pourra-t-il exempter ou blanchir l’ancien ministre des Finances ? Peut-être non.
Ancien ministre comme les autres
Ousmane Kaba ancien économiste au FMI à Washington (1983-1986) était-il donc le mieux indiqué à appartenir à un comité d’audit, alors que des langues fourchues parlent depuis des lustres de nombreux possibles avoirs de l’ex-ministre des Finances : une villa à Nongo d’environ 4,5 milliards au bord de la mer, un complexe privée Koffi Annan de 8 milliards au début du lancement, etc. Info ou intox ? Difficile à vérifier.
De toute évidence, Ousmane Kaba, aujourd’hui coopté par Alpha Condé, est un ancien ministre et fonctionnaire de la Banque centrale, donc de l’administration guinéenne. Il doit être en principe audité lui aussi car en Guinée, c’est un rituel de s’enrichir quand on est dans le gouvernement ou à quelque niveau que ce soit au niveau de l’administration. Environnement favorable aidant, y a-t-il alors vraiment ce ministre de Lansana Conté qui n’ait pas été associé à la mangeoire ? Nous voulons le savoir. Tous ou presque ont accepté de manger à la table de leur patron, prendre des pots-de-vin, etc., sans jamais crier gare.
La Guinée ne va plus continuer à faire fertiliser des présumés criminels économiques ou supposés comme tels sur la misère implacable du contribuable plutôt happé encore aujourd’hui plus qu’hier, par les soucis et la cruauté du quotidien. Autant donc épouser de nouvelles habitudes, censées contribuer au développement de la démocratie et de la bonne gouvernance. Pour y arriver, il est question de débarrasser de la Guinée de tous les cerveaux absorbés par des préoccupations quotidiennes d’enrichissement illicite ou de recherche des petits bonheurs privés. On les connait tous ou presque.
Le peuple, toujours abusé
Après leur disgrâce (NDLR, anciens hauts cadres de l’Etat) et en désirant nous (re)gouverner, ce sont les mêmes qui dénoncent aujourd’hui les anciennes pratiques à partir desquelles eux-mêmes se sont fertilisés. Ils ont été comptables à certains endroits de la déchéance morale et matérielle du peuple. Conséquence, l’Etat a été toujours cannibalisé, la Présidence rudement phagocytée et le peuple inexorablement affamé, englouti dans une misère sans fin.
En désespoir de cause, c’est le même peuple, dans une incapacité à tirer les leçons du passé pour mieux comprendre le présent afin de mieux s’organiser pour la victoire du bien sur le mal qui applaudit derrière des partis politiques ou ce qui y ressemblet.
Des dossiers en souffrance
En attendant d’y voir plus clair, il est important de rappeler que beaucoup d’audits ont été commandités sans réellement connaître les résultats. Il suffit de se rappeler les 20 dossiers identifiés par la junte: Friguia (Usine de Fria), Futurelec (Mamadou Sylla), Air Guinée (Cellou Dalein ?), Rails Conakry-Niger, Banque centrale (Fodé Soumah et consort), fonds koweitien (Idrissa Thiam ancien proche de Conté), SGP (carburant) , investissements routiers, fonds d’entretien routier, Santullo (Guido Santullo, fuyant les fiscs italiens), Sociétés des Télécommunications, SMD (Société minière de Dinguiraye), SOGEAG (Aéroport Gbessia), SAG (société aurifère de Guinée), Guinomar, Société navale guinéenne, Enco5, Projet coton (LK ?).
Certains voudraient voir la liste s’allonger avec l’entrée dans la danse d’EDG, de la SEEG, de la caisse nationale de sécurité sociale, de la Douane, des impôts, de la Pharmacie centrale de Guinée, du Port autonome, du Trésor, de l'Intendance militaire, de l'Assemblée nationale, … Et les spécialistes évoqueront le crédit revolving, etc.
TFS pour www.guineeactu.com
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