jeudi 11 décembre 2008
Ousmane Doré organise sa riposte : L’ancien ministre de l’Economie s’est offert les services de Me Sampil
Ousmane Doré

Interpellé par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) au lendemain de son limogeage du gouvernement, pour détournement de fonds et blanchiment d’argent, Dr Ousmane Doré rejette en bloc ces allégations.

Dans le souci de rétablir la vérité des faits, l’ancien ministre de l’Economie et des finances qui s’est offert les services de Me Dinah Sampil, après avoir remercié Me Christian Sow et son confrère Me Maurice Zogbélémou Togba, entend saisir le parquet du Tribunal de première instance de Kaloum, afin de clore une fois pour toutes ce dossier, qu’il assimile à un montage grossier.

La célébration du Cinquantenaire le 2 octobre dernier s’est soldée par un échec. Les Guinéens ont été unanimes à reconnaître ce fiasco qui a été occasionné par l’improvisation qui a caractérisé l’organisation de ces festivités. Il fallait alors situer les responsabilités autour de cette affaire qui avait des relents de malversation financière. Et le premier à faire les frais du cuisant échec du Cinquantenaire fut l’ancien ministre de l’Economie et des finances Dr. Ousmane Doré, qui assumait également les fonctions de président du Comité interministériel de l’organisation de l’événement. Après son éviction, le gouvernement a aussitôt intenté une poursuite contre Ousmane Doré pour ‘’ détournement de fonds et blanchiment d’argent.’’ Interpellé par la Direction centrale de la police judiciaire, au lendemain de son éviction pour des fins d’enquête autour du dossier du Cinquantenaire, Doré y a été retenu durant de longues heures, en compagnie de ses deux avocats, Me Christian Sow et son confrère Maurice Zogbélémou Togba. Avant de regagner nuitamment son domicile. Cette nouvelle qui avait fait le tour de la ville avait mis la communauté forestière dans tous états. En effet, les proches de l’ancien ministre de l’Economie et des finances, n’arrivaient pas à digérer l’humiliation qu’on était entrain de faire subir à un des leurs, qui pourtant à leurs yeux, avait servi ‘’loyalement’’ Lansana Conté. Pour eux, Dr.Ousmane Doré n’était qu’un bouc émissaire dans cette affaire du Cinquantenaire, qui a servi de prétexte pour l’évincer du gouvernement. Cette vague de compassion qui s’est forgée autour de l’ancien ministre a servi sans doute à freiner l’élan de la police judiciaire qui a fait profil bas. C’est du moins l’avis de nombreux observateurs, vu qu’aucune autre convocation n’a plus été émise depuis par la DPJ. Le président de la République qui fut informé plus tard de l’interpellation, dont avait fait l’objet son ancien ministre, s’était dit, semble-t-il, surpris par cette décision. Du coup, les yeux se sont tournés vers la Primature et le Secrétariat général de la présidence de la République auxquels des observateurs ont imputé la responsabilité de cette chasse aux sorcières. De peur sans doute de tomber de Charybde en Scylla, dans un pays où la justice dépend entièrement des humeurs du pouvoir exécutif, Ousmane Doré, a décidé de s’offrir les services d’un autre avocat en la personne de Me Dinah Sampil, après avoir rompu avec Me Christian Sow et son confrère Maurice Zogbélémou Togba, qui lui servaient de conseils auparavant. Pour Me Sampil, cette séparation s’explique par « un défaut de commodité qu’il y avait entre son client et ses deux anciens avocats ». Cela ne signifie nullement que « leur prestation était en déca des attentes » a-t-il précisé.

Me Dinah Sampil dit avoir adressé une lettre de constitution à la Direction centrale de la police judiciaire, afin que dorénavant il soit tenu au courant à l’avance, de tout ce qui toucherait au dossier de son client. Le Commissaire Mohamed Diakité, patron de la DPJ, aurait répondu favorablement à cette requête, en disant qu’il allait se conformer aux exigences de la loi. Notre interlocuteur trouve que les chefs d’accusation portés contre son client ne tiennent pas la route. Mettant quiconque au défi de prouver que l’ancien ministre à détourner de l’argent destiné à la célébration du Cinquantenaire. Il ne saurait avoir eu de manipulation des 17 milliards de Fg qui ont été injectés dans les festivités, étant donné que l’ordonnateur des dépenses n’était autre que le Premier ministre, a-t-il martelé. Sans oublier que ces fonds, dit-il, étaient insuffisants pour financer toutes les activités du Cinquantenaire.

Pour ce qui est du blanchiment d’argent relatif à une opération de transaction immobilière, Me Sampil tient à rappeler qu’on ne peut parler de blanchiment d’argent que dans une affaire qui s’est passée en dehors du circuit bancaire. Ce qui serait loin du cas dont fait mention l’enquête. « Dr. Ousmane Doré était un empêcheur de tourner en rond. C’est ce qui a occasionné son départ du gouvernement » a regretté son avocat. L’ancien ministre de l’Economie et des finances aurait décidé de ne pas quitter la Guinée tant qu’il n’est pas fixé sur son sort. Et s’attend à être blanchi de tout soupçon de corruption. Etant donné qu’il ne se reprocherait rien. Mais le silence qui se fait autour du dossier ne rassure pas Ousmane Doré, qui entend se tourner vers le parquet du Tribunal de première instance de Kaloum, pour qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette procédure.

Mamadou Dian Baldé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
DRAHAMANE, jeudi 11 décembre 2008
DORE A INTERET à faire vite car en guinée ce sont les voleurs qui crient au voleur.Cet argent du cinquantenaire a été piraté par tous les membres de la fameuse commission qui avait de la gueule!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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