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Cet autre fils du défunt Président Lansana Conté est bien connu dans son milieu ambiant où la loi du permis était érigée en devise. Les pérégrinations de ce petit Pablo Escobar tropical, aujourd’hui aux abois, en disaient long sur la complicité que ce commandant de l’armée guinéenne jouissait jusqu’au-delà des frontières guinéennes.
Ce signe évident de mauvais garçon, propre à plusieurs autres fils de présidents africains, qui filent du mauvais coton avec leurs frasques, est aujourd’hui interprété par l’opinion comme étant l’autre garçon sacrifié d’une nombreuse famille.
L’effet de contagion est perceptible jusqu’au Tchad avec Brahim Déby, au Togo avec Ernest Gnassingbé, en Libye avec Khadafi junior, etc. Mais qui s’inspire de qui ? On ne le saura peut être jamais. Malheur du temps oblige.
Ce qui est sûr, Ousmane Conté apparaît comme « un génie maudit », qui est en train de récolter ce qu’il a semé, depuis les massacres d’innocentes personnes, dont il s’est rendu coupable aux yeux des nombreuses victimes.
Aujourd’hui malade et forçant un sourire au petit écran, pour balayer d’un revers de main les folles rumeurs sur son décès, Conté junior a l’air de suivre les traces de son père, souvent lui aussi donné pour mort : maladie évolutive grave, folles rumeurs de disparition et démenti laconique.
Cette maladie avérée ne le dédouane pas pour autant. Certaines mauvaises langues évoquent un mauvais sort que lui aurait jeté une communauté proche de Conakry, et avec laquelle, la canaille présidentielle n’a pas eu des relations tendres. Il serait accusé d’atteinte aux mœurs et à la pudeur collective. Info ou intox ? La question reste posée.
Et le commandant continue de drainer ses casseroles, dont il a fait sa marque de fabrique. Bref, Conté junior a forgé en lui, l’image même d’une star tristement célèbre, se muant en petit Pablo Escobar tropical.
Aujourd’hui, il souffre d’une maladie. Son frère Ansou aussi. C’est à se demander si ce ne sont pas les 24 ans de spoliation dont s’est rendu coupable son père et les siens, qui ne sont pas en phase de le punir, lui et sa maisonnée ? Une simple médisance peut-être, diront certains. Mais ce qui est sûr, l’usage de la fatiha dans les mosquées du pays, « pour la santé et la longévité du Président et de sa famille », a été autrement fait, mais contre ce mauvais garçon, à cause de ses déviations qui heurtent, dit-on, la pudeur communautaire.
La démarche commence à peser donc lourd chez les Conté. Sinon qu’est-ce qui empêcherait cet Ousmane à remplacer son père, alors que son nom était souvent cité dans la perspective d’une succession à l’image du Togo ? Les raisons sont multiples : manque de formation adéquate, défaillance morale, absence d’adhésion de la troupe, etc.
Le laisser-aller auquel s’adonnait le commandant, était tel, que l’homme ne saurait être un Karim Wade, un Faure Gnassimgbé ou un Kabila fils. Fils de Président n’est pas forcément fils de Président, ironise-t-on : tous les moutons marchent ensemble, mais n’ont pas toujours les mêmes prix, disent les amis ivoiriens.
Cet Ousmane Conté a plutôt préféré emprunter un autre chemin, parce que pensant comme Jules Supervielle (1884-1960) que : « Quand on est riche, toutes les gaffes sont permises; elles sont même recommandées, si l'on veut avoir le sentiment de sa puissance ».
Pourtant, l’aube ne dure pas toute la journée. Cette vie-là a toujours trompé. En mettant donc aujourd’hui le jouisseur playboy présidentiel au plus bas de l’échelle, alors qu’il paraissait proche l’un de l’autre, Dadis a estimé que son ex-compagnon a dû faire la sourde oreille, arguant que le nouvel homme fort de Conakry doit beaucoup à son père. Par conséquent, à son entendement, tout est permis. Grosse erreur de calcul. Car l’heure est plus que venu de ‘’décontéiser’’ tout le système mis en place depuis 24 ans.
Pour y arriver, le chef de la junte, par mesure de prudence, a jugé bon de commencer par sa maisonnée. Comme pour suivre les recommandations de El hadj Biro Diallo : « Commencez par balayer votre propre maison », lançait le vieux.
C’est pourquoi, ce 24 février restera longtemps gravé dans la mémoire collective. Et ce n’est qu’un début car, militaires, policiers, agents ou proches de la Présidence, constituent on ne peut mieux, le véritable terreau du narcotrafic. Du moins, c’est ce que laisse entrevoir une partie des auditions publiques. Bien que taxées de folkloriques par certains.
Mais, faut-il encore rappeler que « Pouvoir exceptionnel est actuellement égale à mesures exceptionnelles ». De toute évidence, à chaque occasion, la junte demande d’une façon subtile, clémence aux uns et aux autres.
A chacun de l’accepter ou de le réfuter. Cela ne change tout de même pas, l’offensive de charme des nouvelles autorités de Conakry, qui sont en face d’une course contre la montre. Pour frapper fort et compromettre à jamais la bien meilleure assurance vie que s’étaient tapé les nombreux narcotrafiquants et autres fossoyeurs de l’économie nationale. Lesquels avaient certainement oublié qu’ "Il n'y a pire suicide que de se tuer à l'ouvrage."
Thierno Fodé SOW pour www.guineeactu.com
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