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A la rencontre du Premier Ministre guinéen, chef du gouvernement, Lansana Kouyaté, avec les partis politiques et les partenaires au développement, le 13 mai au Novotel, la principale formation de l’opposition parlementaire a été représentée par son leader, Ousmane Bah. Le ministère de l’Intérieur et de la sécurité, pour ce faire, avait adressé le 9 mai 2008, une correspondance officielle à l’ensemble des invités, signée de Mamadou Bo Kéïta, le patron du département, portant le N° 519 MIS/CAB/. Pour un cadre du département, qui a requis l’anonymat, cette démarche explique clairement la ligne de conduite qui guide les autorités administratives, seules qualifiées par la loi à la régulation du fonctionnement des formations politiques. Ce qui, du coup, met aux antipodes les partisans de Mme Assiatou Bah, que nous avons vainement tenté de joindre au téléphone, au terme de cette rencontre des partis avec le Premier Ministre, pour connaître sa réaction. En attendant la réaction de ces éléments du parti, qualifiés de frondeurs par plus d’un observateurs, de facto, cette invitation signée du Ministre Bo Kéïta anéantit dans le camp de Mme Assiatou Bah le rêve de s’emparer des symboles officiels du parti. Rappelons que le camp de Mme Assiatou Bah avait déposé une lettre signée de sa main, réclamant du département de l’Intérieur, la destination de toutes les correspondances concernant le parti. Mais cette correspondance, dont le but était de barrer le chemin au leader de l’UPR, Ousmane Bah, a été un coup d’épée dans l’eau, sans effet aucun, même si la sortie médiatique de Mme Bah a soutenu le contraire et déversé une boule de feu sur les journalistes qui avaient donné la nouvelle du rejet de sa demande. La pensionnaire de la revue d’Amina avait qualifié l’auteur de l’article annonçant la nouvelle, pourtant bien vraie, d’alimentaire. Finalement, la raison semble avoir gagné sur la passion, puisque la vice-présidente de l’UPR n’a pas fait le déplacement du Novotel, où la rencontre s’est tenue en présence de l’ensemble des représentants des formations politiques agréées en Guinée. Comme on le voit, ni les militants de l’UPR, ni les autorités compétentes n’ont accepté d’entériner le complot ourdi contre le leader de l’UPR, Ousmane Bah, en mission de son parti à l’intérieur du pays au moment des faits. Maintenant, la question qui se pose, après cet échec cuisant de la veuve du Président fondateur du parti, subitement devenue la bête noire de l’héritage politique de son mari, est celle-ci : les auteurs de la fronde accepteront-ils de réviser leur position, en revenant à de meilleurs sentiments ? Ceci dans le but de rejoindre les rangs de leur formation politique et, derrière leur Président de parti, en attendant au moins l’organisation d’un congrès, qui leur permettra de proposer légalement leur candidate à la tête de l’UPR. Ou bien, vont-ils déposer leurs bagages chez leur commanditaire ? Rien n’est moins sûr. Bien entendu, si leur mission, comme le notent certains, n’est pas d’usurper ce parti, solidement implanté en Guinée comme à l’étranger, la situation qui s’impose à eux est celle, logiquement, d’abandonner le chemin de la division. En tout état de cause, le pardon ne pourrait leur être accordé, affirment quelques observateurs, que s’ils renoncent à leur tentative de sape et de division du parti, pour se consacrer avec leurs collègues à la préparation des prochaines joutes électorales. Abdallah Baldé pour www.guineeactu.com Conakry, le 14 mai 2008
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