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Il l’est, parce qu’on tourne en rond autour de cette figure encombrante d’un « Sékou Touré, père de la nation. ». Qu’est-ce que cela voudrait dire, confronté aux faits, à l’Histoire, dominée par le vote du 28 septembre ? N’est-ce pas là, la mesure de la grandeur de « l’Homme peuple », voire un test A.D.N.de paternité qui devrait clore le débat ? Oui, que dit l’Histoire ? « On a parlé d’indépendance » dès 1950, et c’était la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (F.E.A.N.F.). Alors que certains députés africains dont Sékou Touré, ne voulaient pas entendre parler d’indépendance. Ils s’acharnaient même lors d’une rencontre à leur arracher la parole. Naissance précoce du Guide… « supprime ». C’était encore en juillet 1957, au congrès annuel de l’U.G.E.A.O, (Union Générale des Etudiants de l’Afrique de l’Ouest), l’U.G.E.E.G (Union générale des élèves et étudiants de Guinée), rencontre houleuse à la maison de la jeunesse (non loin de l’ex Alliance franco-guinéenne à Kaloum), lors de laquelle, les jeunes indépendantistes ont entendu des propos du genre « vous voulez l’indépendance alors que nous ne savons même pas fabriquer une aiguille ». Et ce n’était pas grand’mère qui passait par-là, mais un envoyé de Sékou (un des membres éminents du B.P.N.) Le P.R.A., Parti du Regroupement Africain réuni à Cotonou du 25 au 27 juillet 1958 a appelé à voter contre la proposition gaullienne de Communauté, près de deux mois avant le vote historique de la Guinée. La section P.D.G. de Mamou, plus radicale que Sékou et son B.P.N., n’a pas eu le temps de se faire l’écho de cette position avancée. Elle fut suspendue et « mise au pas » (Dr Abdourahmane Bah), après s’être fait rabrouer par Sékou Touré et le B.P.N, qu’elle avait eu le toupet de critiquer pour son « embourgeoisement » précoce. C’est seulement le 14 septembre que Sékou Touré s’est résolu à voter Non, « si De Gaulle n’acceptait pas que le texte proposé, inclue la possibilité pour les territoires associés, de reprendre leur liberté quand ils le voudront ». Faut-il préciser qu’il a fallu que les membres guinéens du P.R.A : Barry Diawadou, Koumandian Keïta, Karim Bangoura, etc., et le ralliement de Barry III, réalisent la position de Cotonou pour que fût possible le vote rassembleur et massif du Non guinéen ? Que l’antériorité de la position du P.R.A., ne fait pas des ci-dessus membres guinéens du P.R.A. et Barry III des « ralliés », et qu’en pure logique, et ceci découle de l’Histoire, c’est « le père de la nation » qui serait le « rallié », contrairement à une affirmation de Galéma ? En conclusion, si Sékou Touré est père de la nation, ce serait dans les liens d’un mariage de polyandrie (voir le dernier article de I. Kylé). Il n’est qu’un des « derniers » époux de la Guinée mère. Le problème, c’est que faire, que dire de ce père « infanticide », auteur du massacre de 50 000 de ses filles et fils ? D’ailleurs, ma langue a fourché : le débat n’est pas confus, il est tout à fait clair. Car ceux qui s’échinent à réhabiliter une personne qu’on n’a pas encore jugée et donc, qu’on n’a pas encore condamné au besoin, sont à coup sûr, les mêmes qui ne veulent pas entendre parler de conférence nationale où l’on mettrait sur table les crimes de sang et les crimes économiques des deux républiques. Je respecte le Net, mais un débat sur la Toile électronique ne laissera jamais deviner les mètres cubes du sang guinéen que ces deux dictatures ont pompé hors du corps sans organes de cette mère pantelante, abandonnée à sa césarienne de 1958. Wa salam. Saïdou Nour Bokoum pour www.guineeactu.com N.B. : Que les disputeurs aillent donc refaire l’histoire d’après les archives entre les mains des cansinières qui les ont ramassées, quand elles furent vomies par les bureaux que notre « vaillante armée » a nettoyés avec des bazookas, le 3 avril 1984. Il leur faudra supporter l’odeur de nos gboflotos et allocos qui embaume l’histoire de la Guinée. Allez aussi interviewer l’honorable Ahmed Tidjane Cissé, titillez cette « autre mémoire vivante ». Il était tout jeune à l’époque de certains épisodes que je narre, mais le « sénile diaspourri », (expression empruntée à un lyncheur de site), garde toujours vivaces des séquelles de la chicotte qui nous a mis dehors. Il y a aussi et surtout « Mon combat pour la Guinée », éd. Karthala », du doyen Dr Abdourahmane Bah, qui fut acteur des séquences dont il parle.
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