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Le Capitaine Moussa Dadis Camara doit revenir.
Beaucoup de Guinéens ont applaudi les accords de Ouaga, sans vraiment se soucier des répercussions.
Si dans son esprit, nous saluons une autre approche des négociations, nous regrettons la précipitation dans laquelle elle fut abordée. Nous pensons que le médiateur s’est précipité sous la pression de la France, si bien que M. Blaise a oublié “Conakry” , et s’est trompé de cible.
A notre avis il n’y avait aucun différend entre le Général Sekouba Konate, le Président par intérim et le Président Moussa Dadis Camara. D’après tous les rapports du CNDD et l’entourage du Président, les propos tenus par le General Sékouba devant l’opposition ont été décidés d’un commun accord.
Jamais, à aucun moment, nous n’avons constaté aucune divergence au sein de l’armée et jusqu’à preuve du contraire, si nous nous fions aux propos de Pivi, Tiegboro et Moussa Keita. L’armée soutient les deux hommes, chacun dans son rôle et l’Opposition aussi soutient Sekouba. Dans ces conditions, pourquoi une négociation entre le Président par Intérim et le Président Dadis à huit clos, sans associer le CNDD et l’Opposition ?
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Si c’est pour garantir un transfert de Pouvoir total dans les mains du général Sekouba, il faut que le CNDD soit engagé. Sekouba et Dadis ne sont rien sans le soutien de l’armée, disons d’une armée unie et solidaire. Toute négociation militaro-militaire qui n’impliquerait pas le CNDD ne sera pas viable. C’est pourquoi le Vice-Président et le Président sont tous bloqués à Ouagadougou.
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Le Général Sekouba Konate, même imbu des pleins pouvoirs, ne peut pas et ne doit pas négocier sans la présence de l’Opposition. Sekouba n’est pas le représentant l’Opposition. Tout ce qu’il devait faire à Ouagadougou était d’obtenir les pleins pouvoirs et avec le soutien du CNDD, rencontrer l’Opposition politique dans le cadre d’un programme de Transition ou d’un Gouvernement de Transition. En aucun cas il ne devait décider de ce programme sans l’Opposition politique. Il n’est pas le représentant de l’Opposition.
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Tout accord qui ne respecterait pas notre souveraineté nationale ne sera pas acceptable. A partir du moment où le Général Sekouba a obtenu les pouvoirs de permettre à l’Opposition de mettre sur pied son programme de transition et de se choisir un Premier Ministre, le reste doit se passer en Guinée. Ouagadougou n’est pas Conakry. Nous pouvons remercier le Président Blaise Compare d’avoir permis et encouragé le dialogue entre les Guinéens. Mais l’ultime choix d’un Premier Ministre revient à Conakry. Malgré le soutien de la Communauté Internationale et les abattages médiatiques, tout le monde est jusqu’à présent bloqué à Ouagadougou, parce que dans la précipitation, M. Blaise Compaore a oublie la Guinée : Il faut l’Opposition, le soutien du CNDD (l’armée) pour que les négociations soient viables.
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Si Dadis ne jouit d’aucun Pouvoir réel, il n’y a aucune raison qu’il n’ait pas pu entrer en Guinée. Il doit continuer sa convalescence en Guinée, avec tous les honneurs dus a son rang.
En conclusion, pour sortir de l’impasse il faut négocier avec le CNDD pour un transfert de pouvoir au Général Sekouba pendant une période bien déterminée, pour satisfaire toutes les parties. Entretemps, il appartiendra aux partis politiques de se munir de tous les garde-fous et de s’orienter vers les élections libres.
Le choix d’un Premier doit se passer à Conakry et nous ne comprenons pas pourquoi les autres partis politiques ont été mis à l’écart. Il faut inclure tout le monde pour éviter toutes les surprises possibles.
Il faut impérativement que le Président Moussa Dadis retourne en Guinée.
Si les accords stipulent qu’il est libre de choisir son lieu de convalescence, alors pourquoi lui imposer le Burkina Faso ?
Nous l’attendons à Koule ou à Dalaba … n’importe où en Guinée, mais nulle part ailleurs.
Ben Daouda Toure
www.guineeactu.com
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