Harcelé par la logique internationale du pouvoir, bousculé par une certaine frange de Guinéens qui trouvent satisfaction dans la désinformation, le CNDD semble tenir promesse. Le voilà déjà, allumant les réverbères qui éclaireront le chemin de la démocratie guinéenne.
En deux mois, la Guinée commence à respirer, même si l’air reste encore chargé de particules très polluantes. Chaque jour qui passe, les assassins de la République sont, tour à tour, débusqués.
Hier, ce furent des Chinois, fabricants de faux médicaments, auxquels Asmaou, l’une des femmes du harem du feu Président, avait accordé bénédiction et cachette. Pendant des années, ceux-ci ont inondé les marchés de la Guinée (sûrement ceux de la sous-région ouest africaine) de fausses ampicillines et autres antibiotiques qui inoculaient le virus des maladies dans le corps, que de le préserver ou le guérir. Combien de nos compatriotes ont péri des conséquences de cette mercantiliste activité qu’une mère guinéenne, de surcroît épouse du Président de la République, avait choisi comme l’une des nombreuses sources de ses revenus ? Après cette bande, des pirates pécheurs de nos poissons ont été, eux-mêmes, péchés dans nos eaux territoriales en flagrant de délit.
Aujourd’hui, c’est le tour de ceux qui avaient cultivé et entretenu l’Etat criminogène, que je n’ai cessé de dénoncer depuis des années. Et dire que ce sont eux, qui étaient chargés de la surveillance du pays contre toutes activités illicites (stupéfiants, contrefaction, banditisme, bref de la criminalité) ! Ils étaient devenus le cœur et les poumons de l’Etat narcotrafiquant qu’a été notre pays, jusqu’au 22 décembre 2008.
Ces célèbres, parmi les assassins de la République, étaient pourtant en contact avec l’Occident, via leurs diplomates et autres organismes représentatifs du dieu-argent en Guinée. Ils appartiennent, pour certains, à Interpol, pour d’autres à l’ORDEF. Qui peut croire, dans ce contexte, que ces représentants de nos trop respectueuses puissances économiques n’avaient pas été au courant de ce réseau de malfaiteurs institutionnels? Qu’ont-ils fait, eux qui savent observer, décrypter, pour permettre à leurs gouvernants de dresser le portrait des Etats, pour les enregistrer en bons ou mauvais élèves ?
Il eut simplement un silence qui permit la prolifération de toutes les variétés de drogue et la facilitation de l’implantation de divers réseaux en Guinée : Colombiens, Nigérians, Ghanéens et d’autres nationalités, seraient indexés de nos jours.
Les hauts cadres de la police, complices de ce trafic, organisaient même, semble-t-il, la fuite de ceux qu’ils ne voulaient plus voir sur le territoire (ou qui leur avaient versé des sommes faramineuses pour faciliter leur évasion). Avec ces gains, certains ont investi des milliards de gnf dans l’ouverture des gargotes, ici, « boîtes de nuit.» Ils étaient passés maîtres en chantage contre des cibles auxquelles il fallait extorquer de l’argent.
Des langues se délient facilement maintenant et racontent que lorsque le réseau des fameux hauts cadres de la police manquait de la marchandise, ils s’attaquaient à leurs concurrents. A grand tapage, l’opération était médiatisée, quand les quantités saisies sur ceux-là, étaient recyclées après qu’elles aient été déclarées détruites dans du brasier. Or, ce n’aurait été que simple stratégie pour tromper l’opinion guinéenne.
Mais ce n’est pas fini, car les auteurs des planches à billet sont encore en liberté. Ils sont parmi nous, inscrits dans le cercle des anciens barons de la hiérarchie militaire, rétorque plus d’un Guinéen. Egalement, d’autres éléments nocifs seraient incrustés dans les rangs de la haute sphère de l’ancienne Administration, tout comme chez les marchands d’avaries et autres produits de contrefaction de certains opérateurs économiques.
Ces milliardaires qui le sont devenus grâce au trafic de la drogue, avaient transformé l’économie guinéenne en marché hautement ouvert aux réseaux internationaux des narcotrafiquants. Ousmane Conté en était devenu le parrain.
Maintenant, soutenons davantage le CNDD pour qu’il réussisse la lutte, dont la victoire redonnera à la patrie, la fierté qui fut la sienne dans les premières années de l’indépendance. Et notre pays pourrait créer sa démocratie.
La Guinée doit, par l’œuvre salvatrice du CNDD, se débarrasser de toute cette pourriture qui avait fini par la gangrener et l’atrophier, si bien qu’elle était incapable de tenir debout face au défi, dont le relèvement aurait pu lui donner la puissance et la grandeur des nations dites développées.
Deux mois passés prouvent que seuls les militaires peuvent assainir la Guinée. Mais ils ne doivent pas agir seuls. Chaque Guinéen s’impliquerait dans ce « nettoyage », mieux notre pays se relèverait plus tôt. C’est pourquoi la Guinée n’a plus qu’à oser le sursaut, en lançant les grands travaux de l’édification de la nation.
Pendant ce temps, le CNDD poursuivra, inlassablement, l’éradication du mal endémique qui a figé notre pays. Alors Guinéens au travail !
Jacques KOUROUMA
pour www.guineeactu.com