lundi 15 décembre 2008
Opposition guinéenne : Une division qui profite au PUP
Lansana Conté

Ils sont nombreux aujourd’hui, les observateurs de la scène politique guinéenne qui pensent, non sans raison, que le sempiternel désaccord des partis politiques de l’opposition finira une nouvelle fois par profiter au Parti de l’unité et du progrès (PUP, au pouvoir) lors des prochaines élections. Une analyse objective de la situation qui prévaut actuellement dans le pays permettrait de s’en rendre compte avec un certain regret.

Le Parti de l’unité et du progrès (PUP), depuis sa création en 1992 à Mamou, peut vraiment se targuer d’avoir acquis le statut très convoité de « Parti champion de Guinée », au nez et à la barbe de toutes les autres formations politiques qui se réclament de l’opposition plus ou moins radicale. Le PUP, tout le monde le sait, n’a jamais fait mystère de son indéfectible soutien aux actions du chef de l’Etat, le général Lansana Conté, qu’il a régulièrement présenté lors des différents scrutins présidentiels qui se sont tenus en Guinée de 1993 à nos jours. Au lieu d’harmoniser leurs stratégies de conquête du pouvoir, pour faire de l’alternance démocratique une réalité tangible dans le pays, les partis politiques de l’opposition et leurs leaders ont curieusement préféré jusqu’ici briller par leur désaccord et les querelles de leadership à l’approche des élections, qu’elles soient présidentielles, législatives ou municipales. Ce qui a fait dire à Jean Marie Doré, le très médiatique secrétaire général de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG, opposition) que l’opposition guinéenne est la plus bête d’Afrique. Et en s’intéressant bien à la stratégie adoptée par les leaders politiques guinéens qui se présentent à tout bout de champ comme des opposants irréductibles au régime du Général-président Lansana Conté, l’on ne peut que donner raison à Jean Marie Doré, un homme politique réputé pour son franc-parler. Aujourd’hui comme hier, il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la division de l’opposition guinéenne est un fait qui crève les yeux. Aux opposants traditionnels (Alpha Condé, Bâ Mamadou, Bah Ousmane, Jean Marie Doré) se sont ajoutés deux anciens Premiers ministres du président Lansana Conté (Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo) pour animer les débats sur la scène politique guinéenne et se lancer, le moment venu, dans une passionnante course à la succession de l’homme du 3 avril. Mais le moins qu’on puisse dire est que les rivalités et autres querelles de leadership au sein de l’opposition finiront par profiter une nouvelle fois au parti présidentiel, le PUP. Depuis l’arrivée de Cellou Dalein Diallo sur la scène politique, dans les circonstances que l’on connaît, l’on assiste de plus en plus à ce que l’on pourrait qualifier de véritable guerre de tranchée entre l’UFDG (une formation fondée par Bah Oury et dont l’ancien Premier ministre a pris la direction le 15 novembre 2007) et l’UPR fondée par feu Siradiou Diallo et présidée actuellement par Bah Ousmane. De l’avis des observateurs, cette guéguerre entre deux partis revendiquant le même électorat, finira, à n’en pas douter, par faire le bonheur du parti présidentiel, le PUP auquel on reproche souvent d’être le ‘’favori’’ des sous-préfets, des préfets et des gouverneurs de région lors des consultations électorales. En formant son gouvernement dit de large ouverture, le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré a jugé nécessaire de faire appel aux représentants des partis politiques, majorité et opposition confondues. L’UFDG de Cellou Dalein Diallo, l’UPR de Bah Ousmane et l’UPG de Jean Marie Doré, pour des raisons qui leur sont propres, ont accepté la main tendue du nouveau locataire de la primature tandis que le RPG du Pr.Alpha Condé et l’UFR de l’ancien Premier ministre Sidya Touré ont simplement décliné cette ‘’offre’’ qu’ils trouvent peut-être ‘’empoisonnée’’. Et depuis lors, les mauvaises langues ne cessent de parler, ouvertement, de la scission de l’opposition en deux camps : celui des radicaux et celui des modérés (ou collabos). Dans l’un ou l’autre cas, il est à parier que c’est le PUP qui, en cas d’élection, tirera profit de ce qu’il convient d’appeler, sincèrement, l’éternelle division de l’opposition guinéenne.

Mamy Dioubaté
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
alphasdiallo, lundi 15 décembre 2008
Parlons plutot d`associations de personnes qui sont dirigés par de personnes a vie.Un parti politique incarne une vision de societé.Aucune de ses associations ne nous a proposé un modele de societé.Plutot elles passent leur temps organiser des mamayas dans toutes les rues de conakry comme si la Guinee se resumait a la ville de conakry.Arretons de nous tromper.Reclamons plutot la creation de reels Partis politiques qui vont nous proposer de programmes succeptibles de nous sortir de cet ambarcadaire en naufrage.
Issiaga DANSOKO, lundi 15 décembre 2008
Beaucoup d`analystes, y compris ceux qui sont considérés comme les plus avertis, imputent l`échec de l`alternance démocratique en Guinée aux partis d`opposition. Je ne partage absolument pas cette analyse. Les partis de l`opposition ne sont pas obligés de coordonner, encore moins, unifier leurs stratégies de lutte, tant leurs visions des choses et du rôle de l`Etat sont différentes. C`est cela le sens du pluralisme démocratique. Je suis convaincu seulement que les causes principales du maintien du général Conté au pouvoir s`appellent fraude, intimidation, financement de ses campagnes par l`argent public, monopole des médias et brutalité à l`encontre des partis de l`opposition et de leurs membres. On ne peut parler de dispersion de voix en Guinée. Car Conté a "gagné" toutes les élections haut la main. Il n`a jamais été contraint à un deuxième tour. En 1993 et 98, il "eu plus de voix" que tous ses concurrents réunis. Comment peut-on dire alors que la "division de l`opposition" profite au PUP? Pour moi, le PUP n`est pas un parti politique-au sens politologique des termes- et ne l`a jamais été. C`est un club de bandits dont les victoires sont assurées par les gouverneurs, Préfets, ministres, cadres de l`administration publique et l`armée et la police. Quel haut fonctionnaire ne reçoit pas l`ordre d`aller obligatoirement faire campagne dans sa préfecture d`origine pour le PUP au moment des élections? N`a-t-on pas vu Fodé Soumah monter dans un hélicoptère pour lancer les billets de notre Banque centrale aux gens au nom du PUP? Conté s`attribue le score qu`il veut. Parfois, les cadres zélés lui confèrent plus qu`il n`en demande. Regardez les élections municipales de 2000. Il n`a officiellement demandé que les 5 communes de Conakry, mais on lui donné toutes communes du pays, à quelques exceptions près! C`est cela un parti politique? Exigez et obtenez la neutralité de l`administration et des forces de l`ordre, vous verrez ce qui restera de PUP. Une chose reste certaine, tant que les donnes actuelles sont en vigueur, Conté gagnera toutes les "élections" organisées en Guinée, même si toute l`opposition s`accordait à présenter un seul candidat contre lui. Je n`en ai pas le moindre doute.
Bangaly Traore, lundi 15 décembre 2008
Mon Frere,nous sommes a un point,la division n`a plus de placer.IL faut donner la chance a l`opposition,pour un changement positif dans notre pays.Mon frere le probleme,le pup n`a pas de candidat et il y a une division qui ne dit pas sont nom a la presidence,pour nu changement credible et dans l`unite nationale,c`est de opter pour ces trois partis.UFDG,RPG,UFR.
Bangaly Traore, lundi 15 décembre 2008
Mon Frere,nous sommes a un point,la division n`a plus de placer.IL faut donner la chance a l`opposition,pour un changement positif dans notre pays.Mon frere le probleme,le pup n`a pas de candidat et il y a une division qui ne dit pas sont nom a la presidence,pour nu changement credible et dans l`unite nationale,c`est de opter pour ces trois partis.UFDG,RPG,UFR.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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