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Depuis la semaine dernière, des opérateurs de saisie font le pied de grue devant le ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques, département chargé avec la CENI d’organiser les futures élections législatives. Ces opérateurs de saisie entre 200 et 300 personnes n’auraient pas retrouvé leur nom sur la liste générale de ventilation ou d’affectation des 2100 personnes qui a été publiée le 4 Août 2008. Les élections législatives avancent à grand pas et les organes chargés d’organiser le scrutin, à savoir le ministère de l’Administration du Territoire et la CENI, ne semblent toujours pas prêts pour le lancement officiel des opérations de recensement des électeurs. Une étape pourtant obligatoire pour favoriser un taux de participation élevé et la tenue d’élections crédibles. Tout porte déjà à croire, ce pour de multiples raisons que le calendrier des élections risque de connaître une modification. Pire, on assiste à une sorte de désordre au niveau de la gestion des résultats des opérateurs de saisie publiés en début du mois courant. Les organisateurs qui ont procédé à la ventilation ou à l’affectation des 2100 admis auraient omis les noms de 200 à 300 candidats, qui n’auraient pas retrouvé leurs noms sur la liste générale des admis. Cette omission de noms au fort relent de magouille interne orchestrée au niveau du ministère et de la CENI, a mis les opérateurs concernés dans tous leurs états. N’ayant pas compris leur exclusion de la liste générale, ils font depuis le pied de grue chaque jour devant les locaux du ministère de l’Administration du territoire pour connaître leur sort. On leur fera comprendre que le problème se situerait au niveau des services informatiques où des noms auraient été omis durant la saisie. Cette explication qui justifierait le désordre n’a toutefois pas convaincu les gens qui se sont rendus au siège de la CENI pour rencontrer le président afin de lui faire cas de leur situation. Mais Ben Sékou Sylla qui ne semblait pas disposé ne les avait pas reçus. Certains opérateurs de saisie ne cachent pas leur amertume. C’est le cas de ce jeune qui s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat. « Je ne comprends pas. Sur la liste des admis j’avais mon nom. Aujourd’hui je viens pour voir dans quelle préfecture on m’a affecté, je ne retrouve pas mon nom. Et j’ai vu beaucoup qui étaient dans la même situation que moi » dira-t-il la mort dans l’âme. Et un autre de renchérir « on veut nous faire croire qu’il y a eu des erreurs au niveau de la saisie. Moi je ne crois pas. Comment peut-on omettre jusqu’à 300 personnes ? Ça ce n’est pas possible. S’ils ont vendu nos places qu’on nous le dise. En tout cas ça ne me surprendrait pas, car c’est ainsi que le pays est géré ». Et selon certaines révélations, des gens qui n’auraient pas suivi la formation figureraient sur la dernière liste publiée par les organisateurs. « Moi je suis plus que sidéré. Je suis venu avec quelqu’un qui n’a jamais fait la formation mais qui avait son nom sur la liste. Alors que moi qui ai eu 17 de moyenne, la plus haute note attribuée durant ces évaluations, je ne retrouve pas mon nom » s’indigne un des candidats omis. Dans les couloirs du département, on nous apprendra aussi que les 2100 préalablement admis, aurait été réduits à un effectif de 1842 personnes qui seraient désormais retenues pour être déployées sur le terrain. Cette même source indique que la décision de réduire le nombre d’opérateurs de saisie fait suite au nombre de kits livrés qui semble peu par rapport au nombre d’opérateurs formés. Samory Keïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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