mercredi 17 février 2010
Où sont passés les commandants Sâa Alphonse et Abdoulaye Kéïta ?
Sâa Alphonse Touré

Comme le disait l’autre, l’histoire des grandes nations s’est toujours bâtie sur de grandes tragédies. Les événements « non souhaités » survenus le 28 septembre puis le 3 décembre 2009 en Guinée en sont une illustration éloquente de tragédie humaine qui est en train d’influer radicalement sur le cours de l’histoire de notre pays et de son peuple vers l’ancrage d’une véritable nation démocratique.

Les mêmes événements s’ils ont été porteurs d’espoir pour les populations civiles, dans les bagnes, c’est une véritable manne du ciel pour certains militaires détenus pour aspirer et recouvrer leur liberté de mouvement, leur dignité tout court. C’est le cas, entre autres, des Commandants Sâa Alphonse Touré, Abdoulaye Kéïta et Aïdor Bah, du sous lieutenant Alpha Oumar Barry (AOB), du capitaine Issiaga Soumah… Deux mois après leur élargissement, nous nous sommes intéressés aux circonstances qui ont prévalu pendant l’arrestation de certains parmi eux. Notamment les cas de Sâa Alphonse Touré, d’Abdoulaye Kéïta qui sont des plus récents. Leurs conditions de détention dans les geôles, celles de leur libération ainsi que leur devenir au sein de la grande muette guinéenne, voilà aujourd’hui autant de zones d’ombre sur lesquelles nous essayons de porter une lumière dans ce dossier exclusif.

C’est une grande délégation présidentielle qui s’apprête à débarquer à Tripoli, la capitale libyenne avec un contingent important de journalistes de la presse cooptés la veille sur le tas. Vers 9 heures, les réacteurs du gros porteur se mettent en branle en attendant l’arrivée à l’aéroport du capitaine Dadis. Déjà les journalistes qui s’étaient déjà confortablement que majestueusement installés à bord, eux, se voyaient, dans leurs chimères, en train d’arpenter les belles rues de Tripoli. Soudain, un membre du protocole vient leur arracher brutalement à leur rêve en les interpellant de débarquer immédiatement. Cette réaction inattendue est ébruitée et se répand à la capitale comme une traînée de poudre. La nouvelle reçoit moult commentaires, les uns différents des autres. Dans l’après midi, un communiqué laconique vient enfin dissiper officiellement mais provisoirement la confusion qui avait gagné la cité. En annonçant le report sine die de la visite du président du CNDD sur Tripoli. Raison invoquée dans les coulisses, on parle de préparation d’un ‘’coup d’Etat» visant à renverser le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Aussitôt Conakry se couvre d’incompréhensions, de méfiance et de soupçon. Dans les garnisons comme chez les civils l’on commence à se rappeler des douloureux souvenirs de la complotite du temps de la révolution Sékoutouréenne et du régime de Lansana Conté. Dans l’armée et plus précisément dans le cercle immédiat de la présidence, des soupçons commencent à se focaliser sur certains militaires. Ce moment semble être une opportunité inouïe pour certains militaires de procéder à une purge pour anéantir et se débarrasser d’autres qu’ils considèrent à tort ou à raison comme un véritable obstacle à vaincre. C’est cette guéguerre de positionnement qui va conduire le 22 avril à l’arrestation de deux éléments proches de Dadis pour, a-t-on dit, tentative de putsch. C’est le cas du capitaine Abdoulaye Kéïta et du capitaine Sâa Alphonse. Ils étaient respectivement commandant adjoint du bataillon Commando chinois et commandant adjoint du régiment commando. Selon nos sources, les deux officiers ont été mis aux arrêts le même jour au camp Alpha Yaya Diallo.

Après leur arrestation, ils ont été conduits, pour une escale de trente minutes, à l’ex camp Koundara, actuellement baptisé camp Joseph Makambo Loua. Puis ils seront transférés sur l’île de Kassa aux larges du quartier Boulbinet, dans la commune de Kaloum. Dans cette prison « Guantanamo » guinéen où aucune norme carcérale classique ne serait observée, ils seront détenus avec d’autres pendant près de 9 mois. A en croire nos informations, ils y subiront des sévisses corporels, des tortures de tout acabit afin de leur faire extorquer des aveux quant à leur implication dans ce complot que certains observateurs considèrent imaginaire. Quatre mois plus tard, des rumeurs spéculaient sur la vie ou la mort du capitaine Sâa Alphonse Touré. Pour les unes, il aurait succombé aux maltraitances qu’il a subies pendant son incarcération et pour les autres, il aurait perdu l’usage de ses membres. C’est ainsi qu’au mois d’août, il va être admis au Centre Hospitalo-universitaire de Ignace Deen pendant 3 semaines. Il réussira miraculeusement, nous apprend une source médicale, l’usage de ses doigts qui étaient frappés de paralysie. Les deux officiers ont été plus tard rejoints du fond de leur bagne par d’abord le commandant Aîdor Bah qui était à l’époque le chef du régiment commando, cette fois pour une autre raison. Ce dernier ne passera qu’un mois à Kassa avant d’être ramené sur la terre ferme, à la prison de l’ex-camp Koundara. Ensuite le peuplement de la prison de Kassa va grossir avec l’arrivée d’autres officiers comme le sous lieutenant AOB, Issiaga, Vivas Sylla qui étaient détenus pendant 7 mois dans les geôles du Camp Alpha Yaya Diallo. Dans la foulée de l’attentat manqué dans la soirée du 3 décembre contre le capitaine Dadis, certains détenus militaires de Kassa dont les capitaines Ablo Kéïta et Alphonse Touré ont pu s’échapper pour se mettre à l’abri à Conakry. Quelques jours après, le général Sékouba Konaté qui venait de prendre les rênes du pouvoir par intérim va se pencher sur leur cas. La suite, ils bénéficieront d’une grâce qui leur permettra de retrouver après 9 mois de détention passées l’humidité, les tortures de cette prison souterraine de Kassa. Si dans l’imaginaire populaire cette tentative de coup d’Etat est un pseudo complot, il n’en demeure pas moins qu’il consistait une aubaine pour l’ex-aide de camp de Dadis de se défaire définitivement des officiers qui pouvaient lui porter ombrage dans l’atteinte des lugubres ambitions qui le nourrissaient. Pour un témoin qu’on a contacté, le trio Pivi-Sâa Alphonse-Ablo Kéîta formait une véritable forteresse dressée sur le chemin de Toumba qu’il voulait voir démolie à tout prix. Dans les analyses de ce témoin, ce trio ne pourrait être décapité tant que Sâa Alphonse considéré comme l’artificier du CNDD et de Pivi est en vie et libre de ses mouvements de même que le capitaine Ablo. Selon lui, Toumba qui, dans ses calculs caressait le rêve d’avoir sous emprise les « Rangers » et tout le régiment commando, digérait mal des officiers comme Sâa Alphonse qui avait la main mise sur ce régiment et qui jouissait d’une certaine popularité auprès de ses hommes.

Il est membre du CNDD. Selon des informations concordantes, cet officier bilingue qui parle et écrit français et en anglais serait l’une des meilleures formations en Topographie militaire en Guinée. En outre, cet officier aurait fait plusieurs fronts au compte des forces d’interposition de l’ONU et de la CEDEAO en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée Bissao, nous apprend-on.

 En cela il était devenu une cible potentielle à abattre pour l’envahissant aide de camp qui était également le chef de la protection rapprochée de l’homme du 23 décembre 2009, nous a confié notre interlocuteur. Quand au capitaine Abdoulaye Kéïta, comme Alphonse, il sera victime de la même « jalousie » du lieutenant Toumba Diakité. Pour, a-t-il dit, le fait qu’Ablo, qui était le chef des rangers chinois à Kindia, a été pressenti à la prise du pouvoir pour être l’aide de camp du capitaine Dadis à cause de son parcours militaire. Il est formateur militaire et a bénéficié de plus de 3 stages de formation en France.

Mais Dadis qui avait une certaine préférence pour Toumba décidera de garder ce dernier à ses côtés. « C’est pourquoi après ce coup imaginaire, ils sont tous les deux tombés dans le collimateur de Toumba. », renchérissait notre interlocuteur. Et Toumba depuis, était devenu à la fois l’aide camp de Dadis, le chef de sa protection rapprochée et le commandant du régiment Commando. Et c’est Pivi qui restait seul à être liquidé dans l’entourage du capitaine Dadis.

Mais celui-ci ayant vite compris les velléités et autres plans machiavéliques de Toumba va commencer à prendre ses distances et à même demander à Dadis pour mettre à l’écart Toumba, affirme-t-on dans certaines sources proches de la Présidence. Ayant résisté tant bien que mal à ces entreprises de liquidation physique programmée que deviennent aujourd’hui ces officiers.

Pour beaucoup d’observateurs et à l’heure où se pose l’impérieuse nécessité de la restructuration de la grande muette, il sera judicieux de mettre à profit ces valeurs et les connaissances de cet officier comme Idi Amin, Sâa Alphonse, Abdoulaye Touré, et tant d’autres que l’on a tendance à sacrifier sur l’autel des intérêts du système. Il est temps, comme le général Sékouba aime à le rappeler, qu’on se départisse, tant au sein de l’armée qu’au sein des populations civiles, de la démagogie pour récompenser les plus méritants.


Camara Moro Amara
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
   

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Vos commentaires
Habib Diallo, samedi 20 février 2010
“No justice No peace” autrement “Sans justice il n’y a pas de paix”.
Sékou Oumar Camara, jeudi 18 février 2010
Comme l`indique le posting de FIDEL, on pourra accuser Toumba de tous les pêchés d`Israël mais personne ne pourra dire que cet "phénomène" n`a pas de c...
dannkoun, jeudi 18 février 2010
« La vaillante armée guinéenne et ses valeureux officiers » … le journaliste veut-il nous faire prendre des vessies pour des lanternes? Si lui est capable de choisir entre la peste (Toumba) et le choléra (Pivi et sa clique), de grâce qu’il nous épargne cet exercice. Pour le civil guinéen moyen, tous ces militaires sont des chacals d’une même tanière. Aucun parmi ces « valeureux officiers » ne s’est distingué par une quelconque action en faveur de la démocratie et de la justice sous les « règnes » de Sékou Touré, Lansana Conté, voire Dadis Camara.
GilBlack, jeudi 18 février 2010
Toumba avait liberé ses camades dont ceux que vous aviez cités avant de comettre son acte le 3Decembre 2009.il se peut donc que ces elements soient avec lui en cachette.Mais dans tous les cas,demandez a RFI qui en sait plus que nous.
FIDEL, jeudi 18 février 2010
Dire que Toumba n`honore pas sa lignée c`est mal connaitre le Wassolon. Toumba descend d`hommes vaillants, qui meprisent le mensonge et la trahison. C`est un simbon qui ne connait que ses fetiches et jure tjrs par la droiture de ses ancetres. Des ancetres qui n`ont jamais menti, jamais trahi, qui n`ont jamais connu une autre femme que les leurs. Il s`est bien expliqué apres son acte sur Dadis. Il y a bien des hommes qui detiennent des armes à feu mais nombreux sont ceux qui ont la peur au ventre pour l`utiliser au bon endroit comme Toumba. De son vivant comme apres sa mort, il merite qu`on joue le bolon pour lui et son morceau fetiche demereura le Konkon dodon. Telle est la regle dans le wassoulou pour les hommes courageux. Fidel comme son nom
Sékou Oumar Camara, mercredi 17 février 2010
PS: On écrit "régicide". Et je suis surpris de constater que Dadis avait une couronne et qu`il est ad patres!
Sékou Oumar Camara, mercredi 17 février 2010
Monsieur Barry, je vous remercie de me souhaiter l`enfer. Moi, je vous souhaite le paradis. Je reconnais que j`ai été excessif, même si ce que vous pensez de moi m`importe peu. La relaxe par mon for me suffit! Ceci dit, les individus dont il est question sont en vie et en liberté, d`après ce que je sais. C`est la question du journaliste qui pose problème. Il a fait un long papier...pour pas grand chose. Et, quand entre les lignes, il jette la pierre sur Toumba et jette des fleurs sur les autres (au conditionnel!), c`est à se demander où il veut nous conduire...Mais je vois que comme lui vous comptez sur ces "valeureux officiers" pour "reformer" notre "vaillante armée". Je vous souhaite du plaisir. Pour ce qui est de mon ethnocentrisme éventuel, je rassure: sauf à appartenir à plusieurs ethnies, je n`appartiens à aucune ethnie.
ALPHA OUMAR BARRY, mercredi 17 février 2010
Mr. SEKOU OUMAR CAMARA,vous faîtes montre avec brillance d`un manque total de compassion, d`empathie et de coeur à travers l`expression que vous mettez en exergue dans le traitement de ce délicat dossier. La population martyre de Guinée dont les fils ont subis dans leurs chaires les affres malhonnêtes de DIAKITE TOUMBA qui n`honore pas son appartenance loin sans faut ne vous tiendra pas rigueur.Vous ignorez le droit de la personne de travailler et de vivre libre .Vous n`avez pas la profondeur de connaissnace ni la rectitude de jugement nécessaire pour évaluer une situation , en l`occurance le cas qui nous ais exposé.Je vous souhaite de subir le même sort. A l`image de ce que vous proposez comme analyse, nombreux ont été les Guinéens qui ont applaudis les pendaisons, les exécutions publiques, les mises en terre dans les fosses communes et les exactions politiques , policières et militaires. Ils seront érigés au rang de martyre n`en déplaisent aux négationnistes et affabulateurs de tout poils.L`histoire a fini par donner raison à ceux là qui ont versé leur sang pour la démocratie et ses valeurs porteurs. Ils ont été sacrifié sur l`autel des ambitions des hommes sans scrupules et sans conscience nationale. Ils ont eux avec courage dénoncés les tares et insuffisances de modèles de gouvernances en opposition avec les aspirations de notre pays. Sans ses massacres , la Guinée au niveau de l`apport intellectuel serait à ce jour dans le peloton de tête des nations démocratiques. La nation les réhabilitera et ils auront leurs places dans nos coeurs. SAA ALPHONSE TOURE; ABDOULAYE KE:TA ALPHA O:BARRY et bien d`autres ont subit par le biais d`intrigues la lâcheté, malhonnêteté sous-tendant les ambitions sans conscience de DIAKITE TOUMBA le REGISIDE qui n`honore pas sa lignée.Bien au contraire , ses hommes doivent recouvrer la réhabilitation et intégrer leurs unités au service de la Guinée nouvelle .J`espere que ce ne sont pas les connsonaces ethniques de ses hommes qui vous font rebondir auquel cas, je vous assure une place dans la chaîne d`union des fils et filles de la Rep. Démocratique de Guinnée . qu`ils
diallo pellel, mercredi 17 février 2010
monsieur camara vos copains sont dans les mains de pivi au camp je vous demande de nous donner les nouvelles des victimes des années passées sans oublier les victimes de 2009 si vous etes assistant social aller au camp alpha yaya
Sékou Oumar Camara, mercredi 17 février 2010
Où sont passés les commandants Sâa Alphonse et Abdoulaye Kéïta ? Réponse: On sait pas et on s`en fout!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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