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Guinéennes et Guinéens !
Depuis la prise du pouvoir par la frange républicaine de nos forces armées nationales dont nous avions souvent parlé et à laquelle nous nous sommes fréquemment adressés, voilà que des groupes politico-mafieux internationaux exhibent des menaces. Ils parlent de respect constitutionnel, de transition pacifique, de ceci et de cela…
Savent-ils que le système Conté avait dévidé leur constitution de référence de toute sa substance et qu’il n’en restait plus qu’une coquille vide non expressive de notre volonté en tant qu’êtres humains et citoyens?
Savent-ils que toutes les institutions guinéennes étaient devenues illégitimes et illégales, à commencer par la présidentielle dont la mandature avait été taillée à la mesure de la personne du monstre mort : Lansana Conté ?
Pour rappel : les citoyens guinéens, dans leur Constitution, disaient qu’aucun président ne devait faire plus de deux mandats. Lansana Conté, aidé de Lamine Sidimé et l’ancien milicien zélé du défunt PDG, Aboubacar Somparé, avec appui du système Conté, avait tripatouillé la loi fondamentale pour devenir Président à vie. Sans cette manipulation, Lansana Conté serait dans l’honneur et la Guinée aurait continué à respecter l’ordre constitutionnel. Les membres doivent dans ce contexte récolter ce qu’ils ont semé. Tant pis pour eux et leur coach du lobbying international et mafieux
Depuis plus d’un an, l’Assemblée nationale ne représentait plus les Guinéens. Somparé rêvant de devenir président à vie à la mort de l’assassin de nos enfants, Lansana Conté, s’était accroché à ce système législatif mort vivant. Il n’existait plus qu’une caisse à résonnance et d’enregistrement de la volonté du système conté.
Dans une complicité assassine, Somparé et Lamine Sidimé ont refusé d’appliquer la Loi fondamentale en ce qui concerne la vacance du pouvoir par incapacité ou maladie ou mort de Lansana Conté. Et l’on raconte des contes de fée en exhibant l’ordre constitutionnel devenu désordre constitutionnel depuis longtemps ?
Les groupes d’intérêt politico-mafieux internationaux ne savaient-ils pas que le Guinéen souffrait de la famine, de la privation des libertés et droits élémentaires jusqu’à mourir des maladies les plus bénignes ? Qu’ils se rappellent de Yaguine, ce jeune guinéen qui ne voulait que vivre comme les enfants de son âge. Les ogres du système conté l’en avaient empêché si bien que dans sa quête, il mourut de froid dans le train d’atterrissage d’un avion. Combien de nos enfants sont-ils morts du fait du système conté ? S’ils nous avaient aidés à régler ces questions, il aurait de l’ordre constitutionnel !
J’entends le syndicat des présidents, cette classe de véreux qui font honte au continent noir, qu’il veut suspendre la Guinée parce que leurs camarades sont empêchés de poursuivre l’œuvre d’humiliation des populations guinéennes. Alors qu’il sache que la Guinée depuis 50 ans a vécu sans leur soutien !
L’Union Européenne, devant laquelle nous avons déposé des documents concernant les atteintes répétées des droits humains en Guinée, condamne les militaires. Pourquoi ? Parce que la mafiaguinée est leur usine de fabrique des richesses dont chacun de ses Etats membres est bénéficiaire. La rupture qui se profile à l’horizon du ciel guinéen ne peut que leur faire peur. Alors ils veulent prendre le devant. Voilà, Guinéens, pourquoi toutes ces condamnations. Elles n’ont aucun rapport avec l’intérêt de nos populations meurtries, affamées, humiliées et réduites à vivoter sur la terre ancestrale pendant des aventuriers ramassent toutes nos richesses (voir le film du reportage « Tout l’or du monde »).
Cette montée des voix restées jusqu’à présent muettes pendant la souffrance entretenue de connivence avec le système conté doivent nous être inaudibles. Aucun de ces organismes n’a daigné lever le doigt pour dire à Lansana Conté de respecter la Constitution au moment où il buvait son contenu pour nourrir son pouvoir. Aucun Etat, y comprise la France, n’a jamais dit que les droits de l’Homme sont universels et donc les Guinéens pouvaient en être aussi des bénéficiaires. Pourquoi ce rêve brute ? Leurs intérêts sont en jeu !
J’entends Oumar Konaré crier « au scandale à l’inacceptable. » Qu’il dise aux Guinéens comment le Mali s’est débarrassé de la tyrannie de Moussa Traoré ? Quelle mémoire courte !
Guinéennes et Guinéens,
Nous l’avons souvent écrit et il n’est pas inutile de le répéter encore en ce moment historique : personne ne fera le bonheur à notre place. Ces voix qui s’élèvent viennent de ceux qui veulent continuer à s’enrichir sur notre malheur en maintenant des apatrides et incapables à la tête de notre pays comme ils l’ont fait avec les membres du système conté. Sinon ou étaient-elles depuis 26 ans quand les crimes économiques, politiques s’orchestraient contre les Guinéens ? Où étaient-elles lorsque Lansana Conté et son système tiraient à bout portant sur nos enfants à mains nues pendant les événements de juin 2006, janvier et février 2007 ? Qu’ont-elles fait lorsque Diarra Traoré et ses compagnons ont été assassinés ? Et toute cette jeunesse guinéenne laissée pour compte alors que les enfants des Hommes au pouvoir ont accès aux meilleures écoles, donc permis de rêver et d’espérer pendant que les nôtre s’interrogeaient sur la raison de leur existence?
Que faut-il ? Quelle attitude adoptée face à ces cris lointains de nos propres intérêts ?
De la résistance, de la résistance ! De la solidarité, de la solidarité ! Du patriotisme et encore du patriotisme ! Nous sommes les seuls acteurs de ce que la patrie peut être et devenir !
Si nous avons réussi à traverser ces moments difficiles infligés savamment pat le système Lansana conté, c’est parce que nous avons toujours été au côté de nos compatriotes.
Ensemble, unis et solidaires, nous pouvons donner un nouveau souffle à l’Etat mourant que nous laissent Lansana Conté et son système. Ensemble, mais pas sous la dictée des voix extérieures que nous entendons en ce moment, nous pouvons réaliser le rêve de 1958 dont la gestion n’a été que malheureuse par les successifs gouvernants.
Appelons simplement nos jeunes officiers, qui demeurent aussi des citoyens avant d’être militaires, à de la clairvoyance de la conduite des affaires. Invitons-les à placer l’intérêt supérieur de nos populations au-dessus de tout. Qu’ils créent les conditions de l’expression du génie individuel et collectif pour arrimer désormais le pays au train du progrès permanent.
Alors nous conduirons, tous, dignement le pays la vraie liberté qui appelle la justice sociale, la sécurité pour tous, le travail au mérite pour tous dans un climat d’unité nationale et de paix durable.
Restons quand même vigilants Guinéens !
Paris, le 24 décembre 2008
Jacques Kourouma pour www.guineeactu.com
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