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On serait toujours sans nouvelle de Aboubacar Chérif Diakité alias Toumba, aide de camp de Moussa Dadis Camara qui a failli lui ôter la vie, en lui tirant dessus suite à une violente altercation qui a opposé les deux hommes, jeudi dernier au camp Koundara. Après avoir annoncé son arrestation, la junte s’est vite rétractée, en déclarant que Toumba était retranché dans un quartier de la capitale.
Le mystère continue de planer sur la destination prise par l’aide de camp du chef de la junte, après la fusillade du camp Koundara, au cours de laquelle Dadis fut blessé et son chauffeur personnel, le lieutenant Sankaran Kaba, tué sur le champ. Comment Toumba Diakité a-t-il pu échapper à la puissance de feu de la garde rapprochée de Moussa Dadis Camara, qui en surnombre aurait riposté aux tirs ‘’ ennemis ‘’, après que le président fut atteint à la tête et au coup ? Voilà une énigme qui aux yeux de bien des gens parait difficile à déchiffrer. A moins que Toumba et ses hommes aient profité de la panique provoquée dans les rangs de la garde prétorienne pour disparaître dans la nature. Pendant que l’on transportait le chef de l’Etat vers la clinique médicale du camp Samory Touré située dans la même commune de Kaloum, théâtre des affrontements.
Autre zone d’ombre qui entoure cette disparition, c’est l’empressement du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) à annoncer l’arrestation de l’aide de camp de Dadis Camara, par la voix du commandant Kèlèti Faro. Qui va se rétracter plus tard, en feignant ne pas savoir où serait passé Toumba. Ce qui a contribué à entretenir la confusion autour de la cavale de l’officier, rappelant ainsi le scénario du commandant Gbago Zoumanigui, qui avait disparu après le bombardement du palais des Nations lors de la mutinerie des 2 et 3 février 1996. De nombreux guinéens avaient cru alors à l’élimination physique de Gbago Zoumanigui par les forces loyalistes.
Un journal de la place s’était hasardé toutefois a révélé la fuite de Gbago, en décrivant les circonstances de cette cavale. D’après le journal, le mutin s’était enfuit avec la mallette du président Conté qui contenait des numéraires, et qu’il avait pu quitter le pays. Cela avait valu la prison aux deux responsables du canard qui avaient été contraints à un repos forcé à la Maison d’arrêt de Conakry. Le commandant Gbago avait bel et bien quitté le pays, et ce n’est qu’après la mort de Lansana Conté, survenu le 22 décembre 2008 qu’il fera son retour au pays. Ce bref rappel vaut son pesant, dans l’affaire Toumba qui alimente la chronique. Et certains observateurs n’hésitent pas à penser que l’aide de camp du président pourrait avoir été arrêté par la junte. Qui pour des raisons qu’on ignore, se garderait d’en informer l’opinion. Des sources concordantes indiquent toutefois que son domicile a été vandalisé au camp Alpha Yaya Diallo. Plusieurs de ses proches seraient également arrêtés, rapportent les mêmes sources. Le lieutenant Olié Makambo, adjoint de Toumba a été lui tué, lors de la fusillade.
Une prime à la délation
Pour capturer Toumba Diakité, le CNDD déploie de grands moyens. C’est ainsi qu’il a lancé un appel à témoin, promettant une forte récompense à quiconque aidera à retrouver le fugitif.
En attendant de tester l’efficacité de cette prime à la délation, l’aide de camp de Dadis dit être en lieu sûr. C’est du moins ce qu’ont révélé nos confrères de RFI, citant l’AFP, qui serait entrée en contact téléphonique avec l’aide de camp de Dadis. Les mêmes sources indiquent que dans sa cavale, Toumba serait accompagné d’une dizaine d’hommes armés. Le CNDD dit avoir mis main sur le sergent chef Mohamed 2 Camara, alias Beugré, Commandant du camp de Koundara, le sous-lieutenant Mohamed Soumah, le lieutenant Mabinty Sylla et un certain Alpha Baldé, vers Pamalap, frontière sierra léonaise.
Aboubacar Toumba Diakité, médecin de formation, titulaire d’un diplôme en cardiologie, a été enrôlé dans l’armée en 2001. Sa maîtrise des arts martiaux lui a valu d’être retenu au niveau du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), corps d’élite de l’armée guinéenne.
Toumba qui aurait des liens étroits avec Sâa Alphonse Touré, membre du CNDD, commandant adjoint du régiment commando, détenu sur l’île de Kassa pour « tentative de complot » ne tardera pas alors à se forger une réputation de « leader »au sein du BATA. On lui prête aussi des pouvoirs occultes, ce qui selon de mauvaises langues a permis à Toumba de se retrouver à la tête de la garde rapprochée de Dadis.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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