 |
De leur statut usurpé d’acteurs du changement à leur position actuelle d’observateurs muets de la scène politique, les syndicalistes ne cessent de surprendre. Plus de ‘’déclarations de guerre’’, plus de prises de positions spectaculaires, tout est rentré dans l’ordre du côté de l’inter centrale qui, curieusement, aura salué le limogeage de Kouyaté par une formule, plutôt, paradoxale : « Nous en prenons acte ! ». La nomination de Souaré, qui met fin aux accords tripartites, aura été également accueillie par la même formule, désormais consacrée. Depuis, c’est la démission. Les exigences imposées à Kouyaté dans l’application stricte des fameux accords ne sont plus d’actualité. L’inter centrale a capitulé. Les braves d’hier se sont reconvertis en pacifiques. Le gouvernement Souaré, sauf surprise des décrets, aura de beaux jours devant lui. Affranchi des contraintes d’une inter centrale trop allée en besogne et mue par l’on ne sait quel intérêt et qui, aujourd’hui, crie avec les loups, après avoir, prétendu tirer ses marrons du feu, l’équipe Souaré passera l’orage sous le préau. Les guinéens pourront ménager leur impatience, braver la pauvreté qui les malmène depuis cinquante ans, sans jamais les abandonner d’une semelle. La bonne nouvelle, c’est que tout sera comme avant, en attendant que le Dieu du changement quitte les USA pour la Guinée. Ce qui, aujourd’hui, reste une réalité évidente, c’est l’agonie du mouvement syndical. A défaut d’approuver- par une marche de soutien- le gouvernement actuel auquel elle participe de façon active, l’inter centrale opte pour le silence coupable, voire l’indifférence, devant toutes décisions prises par les gouvernants. D’ailleurs, elle n’est plus exigeante, comme par le passé et ne trouve lus nécessaire d’être associée à aucune décision officielle. Et même si elle en nourrissait le désir, très peu d’importance serait accordé à son image. Elle s’est prostituée en se mêlant de ce qu’elle avait prétendu combattre. Ce n’est plus le moment des mouvements de foule, des cris et autres vociférations à gorge déployée, pour envoyer de jeunes innocents dans les rues. C’est celui des conquérants repus. Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |