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L’un des traits les plus caractéristiques du débat actuel des Guinéens sur leur pays est l’omniprésence de la compromission. Alors qu’un débat sérieux est celui qui porte attention aux détails, qui impliquent de la discipline et de l’objectivité, ce qui sous-entend le respect visant à bannir le populisme, le coup de tête et le caprice. Mais lisez les sites guinéens pour illustration, ils abondent de nombreux articles parfois anonymes et incendiaires. C’est de la pure noyade dans une compromission morale, à laquelle nous assistons depuis quelques temps. Ce genre de débats malhonnêtes mettent en péril la cohésion nationale, ils sont indésirables, désagréables, ils m’inspirent des mauvaises sensations, par ce que déconnectés de tout souci de vérité. Cette façon de débattre est incompatible avec la description que je me fais d’un débat responsable entre guinéens.
Oui ! Une fois de plus, de ma table d’observation, je continue d’observer un tsunami d’insupportables bavardages frivoles, des articles insignifiants et ennuyeux des soi-disant intellos porte-paroles des ressortissants de ceci ou de cela, ils sont animés d’un patriotisme de clan qu’on ne peut exprimer en mots, et, promettant de bonheurs chimériques à sa propre communauté ou région.
En effet, se réclamer d’être ressortissant de tel endroit ou de telle région, quoi de plus banal. Ce qui l’est moins, c’est si on laisse pressentir une philosophie d’un univers de communautarisme sectaire, une doctrine de non respect de l’autre dans sa différence, ou lorsqu’on est animé par un esprit revanchard.
Le mot ressortissant est une expression assez vague, lequel se défini comme l’ensemble des individus habitants ou issus d’un territoire donné. Selon moi, aucun contingent de ressortissants ne peut s’auto-déclarer une autorité de coercition se mettant au-dessus d’une communauté ou d’une région. Donc on relève une contradiction flagrante, lorsque des individus ou un nombre défini de ressortissants prétendent, sans mandat explicite, de parler au nom d’une communauté donnée. Selon l’approche ci-dessus et pour une exigence de la vérité, chez nous, il n’existe pas du tout une vague, à plus forte raison un tsunami de ressortissants crédibles, mandatés pour parler au nom de toute une communauté, à plus forte raison de parler pour toute une région.
En tout cas moi, je m’interroge par exemple sur le contenu représentatif et la validité de l’affirmation de NOUS, les « Ressortissants de ...» :
Sur quels éléments se base une telle affirmation ? Quelles sont les forces mobilisées ? Existe-t-il de sympathies populaires pour corroborer cette assertion?
Il ne m’apparait pas évident, que ces soi-disant «Ressortissants de…» bénéficient de sympathies populaires pour leurs visés de communautarisme sectaire. Dans le cas où ils me contredissent, où tirent-t-ils cette évidence de parler au nom d’une communauté ou d’une région, comment établissent-t-ils cette certitude ?
Je suis donc autorisé d’affirmer que, bon nombre de prises de positions et appels sur le net ne brillent que par leurs caractères sectaires. Ils n’apportent point d’idée construit dans les débats ; plutôt ces prises de positions et appels non-conçus compliquent la donne du débat national sur nos problèmes. Je suppose que, la conscience des instigateurs de ces polémiques devrait le leur reproché en raison de l’autodiscipline et du sérieux, d’abord des contradictions engendrées par ces contributions tendancieuses, en suite par la bonne raison d’interrogations sur tel ou tel point des prises de positions et d’analyses approfondies de tels appels du communautarisme primitif. Je dis, il s’agit tout simplement que de nauséabonds débats menés par d’emmerdeurs, d’égoïstes, de haineux, d’empêcheurs de cohésion nationale ; c’est de la mise en scène d’une fourberie qui vise au conditionnement des communautés, pour masquer et protéger des privilèges usurpés, ou pour introduire doucement et adroitement des visés oligarchiques.
Bon, des débiles, des dindons de la farce et des ethnocentristes incurables vivent équitablement rependus en forêt, en montagne, dans la savane et sur les côtes. Mais delà crier à la menace génocidaire d’une communauté ou d’une région par d’autres, c’est se pencher un peu trop à la fenêtre.
Je dis, effectivement qu’aucune de nos communautés nationales n’a le besoin d’être mise sous le conseil de tutelle des communautés menacées. Soulever de tels débats n’est que de la pure fourberie, c’est du faux-fuyant, qui consiste à nous opposer les uns aux autres. Je pense que la plupart des guinéens ont confiance dans leur aptitude de repérer de tels subterfuges et à éviter d’en être dupes.
Je souhaite quand-même que ces prises de positions et appels tendancieux sur le net suscitent des débats, qu’ils soulèvent de remarques et des objections sans invectives. Je souhaite des discussions bienveillantes sans concession. Mon souhait de débats n’est plus l’invitation à l’enthousiasme à des débats débordants et destructifs, mais plutôt, je pense que ceux-ci nous permettrons d’approfondir considérablement la réflexion sur le devenir de notre pays comme un tout indivisible.
Ce n’est pas un abus d’idéalisme de croire qu’il est possible d’arriver, en Guinée, à un consensus sur les principes démocratiques. Le consensus démocratique va permettre au citoyen guinéen à s’épanouir pour son bien-être social et économique. Nous devons nous donner tous les efforts pour instaurer une société guidée par les valeurs démocratiques et qui se repose sur les principes de vivre en parfait harmonie.
Que vive une Guinée démocratique et unie
Moussa Bella Barry, Berlin, Allemagne
www.guineeactu.com
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