vendredi 7 mai 2010
Notion de génétique : 5e partie
Amadou Modibo Traoré

Nous arrivons au bout de notre petite randonnée scientifique, dans les méandres de la Génétique. Au cours de notre promenade, plaisante et amusante, nous avons été amenés à explorer, partiellement, la splendeur de cette science, sous la direction d’un guide qui n’a point prétendu avoir la science infuse. Aussi soit-il rappelé en passant, le survol de la discipline et des termes connexes n’a nullement été exhaustif. Bien au contraire, il a été rapide, superficiel, incomplet et donc imparfait. Pour aller plus en profondeur et consolider les notions relatives aux concepts abordés dans notre série, il serait assez utile de consulter les ressources scientifiques, livres ques et électroniques, traitant de la science. Cela dit, c’est sur l’expression de nos gènes, donc, de nos caractères héréditaires que prendra fin, en toute beauté, notre balade exploratoire. Mais avant d’amorcer ce dernier virage, répétons certaines notions déjà examinées -une exigence de séquences pédagogiques d’enseignement.

RAPPEL SYNTHETIQUE DE QUELQUES NOTIONS

Nous avions indiqué précédemment que nous provenons tous, d’une cellule initiale, l’œuf, qui résulte de la réunion d’un ovule et d’un spermatozoïde au départ ; que ces deux cellules sont dites haploïdes, parce qu’elles ont chacune, un simple jeu de chromosome -23 au total, avec 22 chromosomes dits autosomes et un chromosome sexuel appelé gonosome -X pour l’ovule et X ou Y pour le spermatozoïde. Lorsque, à la fécondation, les noyaux des deux cellules reproductrices fusionnent, la diploïdie ou double jeu chromosomique (23+23=46 chromosomes) est reconstituée dans l’œuf (ou zygote) résultant. Les chromosomes de cet œuf qui marque le point de départ d’un nouvel individu, sont groupables par paire. Il s’agit donc de 22 paires de chromosomes homologues ou autosomes et une paire de chromosomes sexuels ou gonosomes, lesquels, selon le hasard de la fécondation, peuvent être XX désignant une fille ou XY indiquant un garçon. Inutile d’ajouter que chaque paire est formée de la réunion d’un chromosome maternel et d’un chromosome paternel (respectivement apportés par l’ovule et le spermatozoïde).

Les deux chromosomes homologues de chaque paire ont la même forme, la même taille et le même contenu génétique. Ceci signifie naturellement que chacun de nos gènes (qui portent les messages codés, relatifs à nos caractères héréditaires) est présent en 2 exemplaires (l’un sur le chromosome paternel et l’autre sur le chromosome maternel), avec une notable exception chez le garçon, comme pour confirmer la règle. En effet, chez le garçon, la 23e paire de chromosome est composée de X et Y. Ceux-ci possèdent des régions homologues et des régions différentielles et donc portant des gènes dissemblables. L’on se rappelle aussi que les gènes ne sont des segments d’ADN (localisés sur chromosomes) faits d’une séquence combinatoire de quatre unités de construction appelés nucléotides ou bases et dénotés par les lettres A, C, G et T. Encore une fois d’ailleurs, c’est la séquence combinatoire de ces bases qui constitue le code génétique. A présent passons à l’essentiel.

L’EXPRESSION DES GENES

Pour comprendre l’expression des gènes, le rappel de certaines notions élémentaires devient indispensable. La traduction biologique d’un trait donnée (le teint, le groupe sanguin…) est une protéine. Les protéines sont constituées de longues chaines d’acides aminés. Il n’existe qu’une vingtaine pour composer toutes les protéines animales et végétales que nous connaissons. Chaque acide aminé possède des propriétés particulières, qui dans leur disposition, déterminent la forme tridimensionnelle et donc la fonction spécifique de chaque protéine. Quelques exemples… La protéine appelée mélanine est le déterminant majeur de la couleur de la peau. La myosine et l’actine sont des protéines du muscle qui entrent dans le cadre de la contraction de celui-ci, l’albumine est la protéine majeure du sang etc. Le gène commande la synthèse de la protéine qui correspond à son code ou message. Le mécanisme biochimique de fonctionnement du gène est très complexe. Néanmoins, quelques détails sommaires suffiront pour se faire une bonne idée de la chose. Cela risque d’ennuyer le moins curieux !

A l’intérieur de la cellule, il y a des acides aminés isolés en attente d’être assemblés pour former des protéines selon les commandes du gène correspondant. Ainsi, au besoin, lorsqu’une protéine doit être synthétisée, l’ADN est informé dans le noyau par une cascade de réactions complexes. Et le gène qui code pour cette protéine est « repéré » sur la chaine d’ADN, puis activé. Il sera ainsi transcrit pour transmettre son code relatif à la fabrication de ladite protéine (par enchainement dans un ordre séquentiel bien précis d’un certain nombre d’acides aminés). Cela se passe comme suit. Dans le noyau, les deux brins de la portion d’ADN ou gène d’intérêt se séparent et chaque brin sert de modèle, pour fabriquer un ARN dit "messager" ou ARNm, lequel transgressera la membrane nucléaire pour entrer dans l’environnement intérieur de la cellule (cytoplasme). Une fois là, l’ARNm interagit avec un complexe protéique appelé ribosome (voir figures ci-après), et au sein duquel on note aussi la présence de quelques fragments d'ARN dit ribosomal (l'ARNr).

L’ARN ribosomal reçoit de l’ARN messager des instructions pour construire la chaine d’acides aminés. L’assemblage de ces derniers doit se faire dans un ordre précis nécessitant l’intervention d’un troisième ARN dit de transfert. Et c’est ce commis voyageur qui va assurer la correspondance entre ARN messager et les acides aminés: Dans le cytoplasme de la cellule, l’ARN de transfert existe sous forme de fragments à trois bases appelés codons, par exemple AAA, ACC, CCC, CCG, AGC etc. Et comme indiqué dans le tableau ci-dessous, à chaque codon de l’ARN de transfert, est attaché un acide aminé précis correspondant au code de ses trois bases. A préciser que chaque codon est spécifique d’un certain nombre d’acides aminés. Ainsi un acide aminé n’est capté et inclus dans la chaine protéique en formation au sein du ribosome que s’il est reconnu par le codon de l’ARN messager complémentaire du codon de l’ARN de transfert.




Lorsque le ribosome prend en charge un ARN messager et tombe sur la séquence UCG par exemple, il va utiliser l'ARN de transfert correspondant c’est à dire AGC, auquel est attaché un acide aminé précis (voir tableau ci dessus) qui va être ajouté à la chaîne de protéine en formation et le ribosome passe ensuite au codon suivant et ainsi de suite jusqu'à ce que la séquence de la protéine soit complète. Les deux figures ci-dessous montrent ce mécanisme d’expression de gènes.


 



A. Modibo Traore


Note relative au Tableau :

Comme on peut le constater sur le document 13, parmi les 64 CODONS :

– 61 désignent un acide aminé ;

– 3 commandent l'arrêt de la synthèse protéique et sont appelés codons stop ou codon non-sens.

Certains codons désignent le même acide aminé. Par exemple la leucine correspond à six codons différents.

A cause de cette particularité, le code génétique est dit redondant ou dégénéré.


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
ibrahima diallo Norvege, mardi 31 mai 2011
ca fait une fierte, mon cher , je suis tres fiere de toi, je ne pourrais ke t`encourager et te feleciter pour tout ce travail bien fait....!pour une fois les guineens sont tous inanime pour une meme idee....hahahaa...rire...:! de ton travaille bien fait....! NB: Que Dieu te benisse ton frere Ton Gabbar..
Tanou Barry, jeudi 3 février 2011
Amadou, je suis vraiment impressionné et fiert de lire ton analyse. C`est un travail très bien fait. merci pour ta contribution à notre éducation. We are proud of you brother. keep it up.
BANGOURA sekou faras, mercredi 22 décembre 2010
Mon cher Ahmadou je suis content de savoir que tu t`interesse davantage à la science. Je souhaite te lire très prochainement.
sanaba Coné, samedi 15 mai 2010
Mon frère Modibo vous avez parfaitement repondu à mes questions. C`est à nous de vous remercier non seulement de votre patience mais surtout de nous faire partager, nous amener à cette randonnée édifiante qui nous a permis de comprendre certains mécanismes de cette science si difficile. Mon frère vous êtes un bon professeur, vous nous avez tenue en haleine. Je souhaite et espère que vous reviendrez avec d`autres rubriques.Encore merci mon frère.
Modibo Traore, UK, mardi 11 mai 2010
Merci a tout le monde pour les réactions. Abraham, je tacherai de suivre votre conseil. Ibrahim de Boston, vous semblez étudier dans le domaine. Si c`est le cas c`est une bonne nouvelle pour moi. Je parle du polymorphisme génétique et de son importance dans l`étude des populations dans la série Génétique race et intelligence. Néanmoins je serais très ravi d`échanger encore avec vous sur la question. Toutefois comme vous semblez avoir une longueur d`avance sur la plupart des lecteurs. Écrivez moi a amadou.traore@cantab.net et comme ca on pourra discuter de tout jusque dans les détails techniques. Dans l`attente de votre mail, portez vous bien
Bah Ibrahima, Boston (USA), mardi 11 mai 2010
Merci mon frere de votre expose bien clair et precis. Je voudrais savoir comment peut-on distinguer une ou des erreurs sur une sequence d`un polymorphisme?
A.O.T. Diallo, dimanche 9 mai 2010
Mr Traore, je me joins a Mr Abrahame D. pour vous feliciter en montrant que nous guineens pouvons parler d`autre chose que de politiciens corrompus et de problemes ethniques crees sur mesure par eux ou immaginaires. Apres tout nous comptons aussi des intellectuels qui pouvent parler d`elements scientiques de pointe et tres utiles pour ceux qui prennent le temps de les lire.
Abraham D., dimanche 9 mai 2010
Cher Traoré, Il est parfois utile de se distancer de politique politicienne de la Guinée. Je souhaite voir un debat - comme le votre - etre entretenu dans un espace propice et favorable á la science et aux adpetes de la science. Notre pays a besoin de tete comme la votre. des tetes qui osent s`aventurer dans cette "promenade" qui est inhabituelle chez nous (Guineens en particulier). Je vous encourage et vous supporte dans votre entreprise. A vous relire tantot!
Oumou Sow, samedi 8 mai 2010
Dr Modibo Traoré, Grand merci de prendre de votre temps pour nous expliquer à nous profanes cette science. Que Dieu vous garde pour qu’un jour prochain vous mettiez ces connaissances au service de notre PAYS .
Mariame CRA, Allemagne, samedi 8 mai 2010
Merci Monsieur TRAORÉ de nous avoir initié à certains concepts génétiques. La promenade, comme vous l`avez qualifié, fut très belle et instructive, et notamment pour nous qui sommes ignorants dans ce domaine scientifique. Nous avons besoin de telle démarche scientifique, qui nous permet de prendre un peu de distance par rapport au brouhaha diffus de cette période de campagne électorale. Mariame CRA
Mamadou Saidou Diallo,Londres, samedi 8 mai 2010
Bonjour Koro, Ceci est un travail extraordinaire. Je t`en felicilite et m`en rejouis. Bien qu`imparfaite comme tu l`as si bien souligne, c`est une veritable randonne scientifique qui illumine et approfondit notre petite connaissance en genetique. Merci d`avoir partage ce savoir avec nous de facon methodique et coherente. Bien a toi.
L`auteur, vendredi 7 mai 2010
Sœur Sanaba, je vous devais une explication depuis la dernière fois. Je profite de cette occasion pour vous répondre. Concernant votre première question. La problématique de l’andropause est un débat quelque peu philosophique. L`andropause est discutable parce qu’elle est perçu pour une réalité biologique, alors qu’elle ne l’est pas au sens vrai du terme, en tout cas pas comme l`est la ménopause, qui correspond à l’arrêt chez la femme, des règles et de l’ovulation entre 45 et 50 ans, tout en présentant assez ou peu de symptômes, si elle n’est pas silencieuse. Chez l’homme il y’a généralement une diminution graduelle de la production d’hormones males notamment, les androgènes à partir d’un demi siècle de vie. Ceci s’accompagne de manifestations psychologiques et organiques notamment la baisse de l’activité génitale chez l’homme. Il y’a donc diminution progressive mais pas d’arrêt de la production des spermatozoïdes chez l’homme comme il y’a arrêt d’ovulation au niveau des ovaires chez la femme, à la ménopause. C’est pourquoi il est difficile de prendre vraiment l’andropause pour l’équivalent de la ménopause. Cela m’amène à votre deuxième question, c`est-à-dire l’atrésie folliculaire. Cette expression désigne simplement la diminution ou l`atrophie des cavités saillant à la surface de l`ovaire où se développe un ovule (ou ovocyte). Elle s’accentue à des moments précis de la vie de la femme. Il s’agit de la période fœtale avant la naissance, après la naissance, et quelques jours avant l’ovulation au cours de chaque cycle menstruel chez la femme (entre la puberté et la ménopause). Je ne sais si j’ai répondu à votre question.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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