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samedi 9 février 2008 |
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Notes de lecture: « L’enfant noir » |
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Il y a des livres qu’on ne finit pas de lire, on y revient maintes fois pour y puiser, comme dirait Georges Duhamel « du plaisir, peut-être du savoir et qui sait de la sagesse ». « L’enfant noir » de Camara Laye est de ceux-là. Si vous êtes comme moi de la génération des Africains qui ont vécu leur enfance dans un village à l’époque où nos communautés vivaient largement de leurs valeurs propres, où la culture tapageuse de nos cités nouvelles ne les avait pas inondées encore, vous serez, plus que tout autre lecteur, comblé par ce roman autobiographique. Deux dominantes me retiennent l’attention : le thème de l’éducation et la beauté littéraire de l’œuvre. L’éducation en ces temps-là était caractérisée par le sérieux dans le travail et par la rigueur dans la conduite morale ; l’enfant scolarisé ou non faisait l’objet de soins permanents aussi bien de la part de sa famille que de la part de la communauté. Et cet enfant devenu adulte est encore aujourd’hui le modèle du citoyen accompli. Quant à la qualité littéraire de l’œuvre, je laisse la parole à une voix plus autorisée, celle de Senghor qui a écrit : « Le plus grand mérite de Laye Camara est d’avoir fait, de son roman, un long poème, comme les conteurs négro-africains. Poème il est par son rythme symphonique et par sa puissance de nomination. Il lui suffit de nommer les êtres et les choses pour qu’ils jaillissent en images suggestives et participent de la vie surréelle, leur vraie vie ». Le livre a survécu allègrement à la hargne des mauvais critiques qui lui contestaient toute valeur littéraire ou sociale. Il continue de conquérir le cœur de millions de lecteurs à travers le monde et c’est un lieu commun que d’affirmer qu’il est devenu un des classiques de notre temps. Walaoulou Bilivogui L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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