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Bien que besoin n’en soit, je tiens à introduire le présent texte en rappelant aux lecteurs, qu’un grand nombre de Guinéens aimeraient intervenir assez souvent dans les différents débats d’intérêt national, tels qu’organisés régulièrement sur le net par « les maîtres penseurs » mais un emploi de temps sursaturé les en empêche. Je suis de ceux là.
Pour nous donc, la perspective d’une intervention ne peut être entrevue que dans la fenêtre d’instants de répit que nous nous accordons occasionnellement dans nos différentes besognes. C’est d’un tel instant que je profite pour faire des observations, utiles, d’autant qu’elles peuvent porter sur des thèmes aussi sensibles et torrides que l’héritage controversé de Sékou Touré, l’agent du schisme de l’opinion publique guinéenne sur bien des aspects de son régime.
Ajoutons aussi avant de continuer que la présente intervention ne se donne pas pour objectif, l’expression d’opinions plus ou moins subjectives. Loin de là. Elle vise à analyser avec vous, chers lecteurs, des faits qui, je crois, ont chacun, une incidence positive sur la nature des relations sociales et interhumaines qui régissent le bon fonctionnement d’une nation aussi diversifiée que la Guinée. Ces relations intéressent avant et après tout, les rapports de bon voisinage, de cohabitations de tolérance, d’égalité et de respect mutuel établis entre les différentes communautés qui la composent depuis des temps immémoriaux. Et, au vu de ce qui s’y produit aujourd’hui, ce n’est pas exagérer que d’affirmer que le mode relationnel, naguère harmonieux, prend une direction outre celle que toute bonne âme souhaiterait pour sa patrie. Précisons de passage que les vicissitudes sociopolitiques au sein de la nôtre sont en cause.
Dans une telle donne, toute œuvre qui contribuerait à l’amélioration de nos rapports sociaux doit être noté, félicité et encouragé. C’est partant de cette considération que je fais observer dans un mélange de joie et de soulagement, que notre approche au débat a beaucoup changé dernièrement. C’est un changement d’autant plus tangible que je ne suis pas le premier, ni ne serais le dernier à le souligner. D’autres m’ont déjà précédé dans le constat. Il s’agit entre autres du très révérencieux Ibrahima Kylé Diallo et de la généreuse Madame Barry Baud, à qui j’adresse mes hommages pour une cogestion efficiente de guineeactu.com, site qui, de l’entendement de tous, est devenue une référence à coté d’autres sites, hautement appréciés.
Il y’a en effet, peu de temps, nos débats sur le Net restaient dans l’ensemble très embrasés. Une brouille, la même, apparaissait et disparaissait sur la toile, dans une périodicité rythmée par des dates repères de l’histoire de notre pays. Et, la passion et l’émotivité en étaient, les principales expressions. On passait plus de temps à se disputer sur certains sujets au lieu de les discuter, et surtout, on se perdait dans des analyses surabondamment sentimentalisées. Ce qui n’avait de cesse d’embrouiller des observateurs constamment noyées au milieu d’articles étoffés de propos creux, désinformant et/ou injurieux. Lesquelles avaient fini d’ailleurs par forcer certains échanges dans un engrenage ethnique fait de polémiques, d’escarmouches, de ressentiments et de nargues. Manifestement, les débats se muaient en « foires » aux variations d’humeur. Heureusement qu’aujourd’hui cette tendance s’inverse !
Oui, la tendance est à la baisse depuis un moment. Les débats sur la toile redeviennent sains et se corsent en rhétoriques qui sortent de l’irrationnel pour redevenir discursives, avec emploi de termes qui courtisent l’élégance. Et déjà, entre hier et aujourd’hui, le temps est court, le glissement rapide mais l’échelle de différence connaît une vastitude illimitée. Il faut s’en féliciter.
Dans le brouhaha qui prévalait, nos problèmes demeuraient insolubles du moment que toute solution envisagée était maintenue en état de perspective par le divorce entre les différents acteurs de nos débats. Quoi qu’il en soit, ce changement opéré en un temps record participera au choix et à la mise en application de solutions adaptées à nos problèmes. Pourvu qu’il soit pérennisé de par l’entremise de résolutions consensuelles ou compromissoires entre les adversaires présentement irréconciliables !
Par ailleurs, si vous êtes d’avis que nos débats jadis infestes se sont à présent reconvertis à l’esprit du dialogue conciliant, vous seriez aussi confondus dans l’opinion que cette reconversion est l’œuvre de personnes érigées malgré elles, en modérateurs ou pacificateurs de nos houleux échanges. Ce sont elles qui à travers une plume consciente ont permis à nos débats de suivre le cours souhaité. Quoi que très providentielle, l’actuelle observance de l’approche saine et cérébrale, sage et policée à nos débats, n’est ni fortuite ni un fait du hasard. C’est le résultat d’une culture, passivement administrée. C’est peut être une œuvre tacite, mais c’est tout de même une œuvre qui a permis d’expurger nos échanges des sentiments de colère et de haine. C’est infiniment utile pour consolider la paix et la concorde nationales. Soyons redevables envers les auteurs.
Ce sont là, des mérites qui placent les Fodé Tass Sylla, Ansoumane Doré, et Sidoux Barry, les frères Amadou Damaro, Kylé Diallo, Dr Diallo A. et Makanéra Sory, Oumar Cissé BMA et bien d’autres, haut dans l’estime des internautes. Leur plus grand exploit est d’avoir séduit sans efforts, le groupe des séditieux du Net qu’on croyait irréductibles à jamais, mais qui, désormais, abandonnent la virulence au profit de la succulence dans les propos. Il y’a surtout de l’habileté dans la formulation de ces propos d’objectivité dans l’argumentaire, substantiellement élaboré et raisonné, comme pour dire que les analyses récupèrent en raisonnement, ce qu’ils ont perdu en émotion et en passion. C’est tant mieux pour tout le monde.
On tient certains traits de leur caractère, des écrits qu’ils font car, qui écrit dresse aussi le portrait de sa personnalité. Leurs plumes, en général, leurs attirent éloges et compliments. Ayant eu des échanges directs avec Kylé, Doyen Ansoumane Doré, Ibrahima Sory Makanéra, je puis vous assurer qu’ils demeurent simples, modestes et approchables.
Ansoumane Doré, Fodé Tass Sylla et Sidoux Barry
Avec la puissante verve et la rigoureuse impartialité qu’on leur connaît, ce trio a su se tailler une place de choix dans l’estime de la jeune génération. Grâce à une rectitude morale et politique moulée dans un savoir immense, ces ainés ont toujours produit des analyses conciliantes qui désethnisent (pardonner le néologisme) nos débats et appellent à l’unité. Même sur des sujets enflammés par la passion, ces sages observent un neutralisme plus ou mois absolu. Mieux, en les lisant, on sent que l’univers intellectuel a été savamment scruté. C’est là un bel exemple qu’on aimerait voir émulé.
Les frères Ibrahima Kylé Diallo, Amadou Damaro Camara, le Dr Thierno Abdoulaye, Cissé Oumar Bma, Ibrahima Sory Makanéra et d’autres, tiennent plus ou moins, des opinions conflictuelles sur Sékou Touré. Il peut paraître très incommode de les assembler ici, alors qu’ils sont loin de se ressembler dans leurs opinions. Toutefois, puisque pour l’instant, leurs opinions ne nous intéressent pas, faisons abstraction de leurs âcres divergences et parlons plutôt de la communauté de leur approche au débat.
S’il est vrai que ces intervenants se distinguent les uns des autres par leur style, force est de reconnaître que leurs analyses présentent dans l’ensemble quelques caractéristiques communes. De leurs écrits, se dégagent une espèce d’aisance communicationnelle, style plaisant, avec tendance à décrire avec humour ce que d’autres retraceraient au gré de leur humeur. Notons tout de même, un gout un peu plus prononcé et un sens plus développé de l’humour chez le sieur Kylé et le Dr Thierno A Diallo. Pour nous autres, qui vivons chez Shakespeare, l’humour est un ingrédient essentiel de la vie sociale, paisible et harmonieuse. Cet humour est typiquement anglais. Et nous en raffolons.
Dans l’exercice de leur droit à la libre expression, ces messieurs ont souvent été des cibles d’attaques écrites de la part de certains, qui ne supportent pas que soient émis des avis contraires aux leurs. Admirablement gardant une impassibilité impériale, ils brossent régulièrement les attaques de côté avec l’habileté de leurs plumes. C’est là une autre de leurs particularités.
Qu’à cela ne tienne, ma seule petite remarque négative mais corrigible ira à l’endroit du sieur Oumar Cissé BMA et au Dr T. A Diallo qui tous deux, le second un peu moins que le premier, me donnent l’impression que leurs ethnies seraient menacées et que c’est de leur plein droit de les défendre. Sincèrement, c’est une vaine entreprise qui ne peut les honorer. A mon avis, ceux qui attaquent les ethnies de leurs prochains, sont des petits d’esprit, des êtres complexés et le silence doit être leur seule réponse.
Ceci dit, j’aimerais conclure mon article par les observations et conseils suivants :
Première observation :
· Une plume bien élaborée a le pouvoir de charmer. Elle peut faire adhérer à n’importe quelle cause, si bonne
· ou si mauvaise qu’elle soit. Si elle n’est pas utilisée à bon escient, elle risque d’aliéner les âmes paisibles.
· Servons-nous d’elle pour éduquer et informer, rassembler et cultiver l’esprit d’amitié et de la fraternité,
Deuxième observation :
La plume renseigne aussi sur la personnalité de son auteur. Elle permet à un lecteur avisé de saisir certains traits des qualités et défauts de son auteur. Dans bien des cas, elle donne des indications sur nos principes, nos convictions. Veuillons à ne transcrire dans nos articles que nos qualités, pour qu’elles soient les seules à être éventuellement calquées.
Nous avons, chacun, nos défauts. Soyons-en conscients et cherchons à nous parfaire. L’irritabilité et la discourtoisie sont des exemples de défauts. L’expression directe de l’irritabilité est une colère répétitive. Elle est nuisible à notre santé et à nos relations avec nos collègues. Pire, elle est susceptible de dégénérer en haine et nous pousser aux réactions agressives. Or, agir dans la haine, c’est faire un pas dans le crime.
C’est l’injustice et le préjudice continus qui font naître cette haine dans l’esprit. Pour déloger cette dernière, le tort causé doit être d’abord réparé dans l’esprit de la Justice. Dédions nos plumes à cette cause. Ce sera utile pour la nation.
Dans un débat
· apprenons à observer et à rendre la courtoisie même lorsque le contraire nous est prêté,
· faisons montre de flegme, de pondération, de patience et de tolérance envers les adversaires d’opinion,
· acceptons de discuter les idées et évitons de nous disputer sur elles,
· évitons de mépriser, d’humilier ou de frustrer, d’insulter, même lorsqu’on est face au pire des débateurs.
Tout ceci n’est pas chose facile, bien évidemment, mais avec un peu de volonté, on réussira. Car, « à cœur vaillant, rien d’impossible » dit l’adage.
Dr A. Modibo Traoré, UK pour www.guineeactu.com
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