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Maintenant que la représentation nationale par excellence qu'est l'Assemblé nationale s'est affirmée en bloc comme un seul homme en disant : « Niet ! Et Niet ! », d'une part à la tentative de lapidation de certains de ses membres, et d'autre part à ce qu'ils estiment être une volonté de clochardisation de leur statut, le bras de fer entamé entre la présidence et le parlement semble se relever d'un cran. Les élus semblent avoir adopté la posture jusqu'au-boutiste car ils estiment être dans leur bon droit.
En décidant de s'auto convoquer à une autre session extraordinaire (à la majorité des 2/3 des membres), le parlement décide d'apporter au gouvernement, la précision que c'est bel et bien le parlement qui fait les lois, que les tribunaux doivent appliquer.
Par ce mécanisme, les députés comptent revenir à la case départ, s'agissant de la contestation du montant de leur indemnités (il faut le rappeler, ce montant est l'un des plus bas de la sous région). A malin, malin et demi !
Dans ce cas, plus de crainte pour d'éventuelles inéligibilités prononcées par la cour constitutionnelle, pour Ousmane et Issoufou, à l'élection présidentielle prochaine. Et exit ! Les impossibles remboursements de 40 millions de trop perçues par les futurs ex-députés.
Même si beaucoup savent qu'ils ne pourront probablement pas être réélus lors des prochaines et hypothétiques échéances électorales, ces derniers auront l'agréable chance de se reposer chez eux et non à « Koutoukalé ».
Mais ! Et oui ! Le président a juré sur le livre saint, de ne laisser passer aucun cas de détournement avéré (ce qui n'est pas encore le cas de certains).
Et c'est donc là que l'équation parlementaire se complique. Cette technique de passe-passe juridique va-t-elle satisfaire le maitre des lieux (Niger) ?
Si oui ! « HALAS WA HALAS ! » Dans le cas contraire, il faut redouter indiscutablement la dissolution de l'Assemblé parlementaire.
Cette assemblée dissoute, aucun d'eux ne pourra se représenter à l'élection anticipée (dans un délai de 90 jours), car tout simplement, cette même cour constitutionnelle qui a été « driblée », se prononcera, en toute logique, contre la recevabilité de leurs candidatures. Entre temps des poursuites seront engagées pour crime de détournement contre tous les ex-députés, par cette main invisible.
Et si c'est ce même gouvernement sauvé du naufrage par le père fondateur, qui va organiser les élections anticipés, on peut valablement dire que les carottes sont cuites pour les pauvres ex-élus.
Pour l'heure, il n'en est rien. Gageons tout simplement que le bon sens et la bonne foi des différents acteurs, primeront sur cette ridicule gymnastique politique, sur fond de lecture élastique du droit.
Oh ! Noble Droit, tu souffres dans les mains de ceux là mêmes qui te pratiquent, mais qui t'ignorent dans l'absolu.
Ben Arik Mustapha
pour www.guineeactu.com
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