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Comme nous le disons tous couramment et banalement, rien ne sera plus comme avant en Guinée. En effet il y a un an environ, la Guinée entrait en campagne électorale pour la première fois de son histoire, pour une élection présidentielle libre, contradictoire et pluraliste ; cela a été une expérience enthousiasmante ouvrant de belles perspectives pour les populations, surtout pour les jeunes qui se sont tant battus pour un vrai changement démocratique et un état de droit. Tout le pays avait de l’espoir et rêvait de ce changement. Ce qui a permis la naissance d’une dynamique unitaire de toutes les forces politiques et sociales. Mais la confrontation électorale aura été une dure épreuve ayant occasionné de graves blessures et un réel traumatisme pour les populations. Notre pays a failli basculer dans la guerre civile. Fort heureusement, la sagesse et la modération ont pris le dessus, ce qui a permis une sortie de crise.
Aujourd’hui les blessures post-électorales cicatrisent petit à petit. Les populations déplacées ont retrouvé leurs anciennes bases et se sont remises au travail. Mais les difficultés sont très grandes, dans ce contexte de crise mondiale ; cependant l’immense majorité des gens garde l’espoir. Il règne dans le pays un climat de paix et de sérénité, les graves secousses postélectorales semblent derrière nous ! C’est pour cela qu’il est non seulement inutile mais dangereux de mettre de l’huile sur le feu. La Guinée a besoin de la paix sociale et de son unité pour sortir définitivement de la misère socio-économique afin de bâtir un Etat-nation pour le bonheur de tous. Nous venons de traverser tout le pays (du 23 au 29 Avril 2011), de Siguiri à Conakry en passant par Kankan, Kouroussa, Dabola, Mamou et Kindia sans rencontrer aucun barrage. Il n’y a aucun barrage en Guinée, même pas au kilomètre 36 contrairement à certaines informations du début du mois d’Avril. Du point de vue des forces de sécurité, les militaires et gendarmes sont rentrés dans les casernes, et dans les rangs. La Guinée se remet doucement au travail, le carrefour de Tombo est en chantier au niveau du pont du 8 Novembre pour la construction d’un échangeur qui permettra de désenclaver la presqu’île de Kaloum.
La route nationale et internationale Conakry - Bamako est dans un état de dégradation très avancé dans sa portion entre Mamou et Kouroussa ; à tel point que la portion Dabola - Kouroussa risque d’être rapidement impraticable avec l’arrivée de la saison des pluies ! Il y a donc une vraie urgence vitale pour l’arrière pays à refaire ce tronçon.
Il serait intéressant de s’inspirer de l’exemple du Mali qui, après avoir restauré les routes internationales de Bamako à la frontière de la Côte d’Ivoire et Bamako - Siguiri, a instauré un système de péage. Nous lançons un véritable S.O.S. pour cet axe routier qui est en danger de mort et qui met en danger la vie de beaucoup de Guinéens. Cette route nationale et internationale Conakry - Siguiri - Bamako reste l’épine dorsale de l’économie du pays. Car c’est la seule route qui relie la Basse Guinée à la Moyenne Guinée, à la Haute Guinée et à la Guinée Forestière. La Guinée qui a beaucoup souffert de la mal gouvernance et de la division, vient de négocier un virage très dangereux de son histoire. Elle a besoin aujourd’hui plus que jamais de l’unité d’action et de la mobilisation de tous les Guinéens pour la construction d’une nation civique dont le ciment reste et demeure notre engagement citoyen à tous. C’est dans cette perspective que nous nous situons. Ne nous perdons pas dans nos contradictions mineures, ne perdons plus notre temps et notre énergie dans la surenchère et les invectives. Nous avons plutôt besoin de bâtir sur le socle solide d’une CITOYENNETE guinéenne, une Nation civique qui sera la manifestation d’une identité commune sur les plans juridique, politique, historique, culturel et national. En Démocratie seule la Citoyenneté est source de légitimité !
Vive la Guinée !
Docteur Bakary DIAKITE Président AURGUINEE
www.guineeactu.com
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