dimanche 6 décembre 2009
Ne pas trop diaboliser la crise guinéenne au risque de passer à coté de la vraie solution!

Certains se permettent de diaboliser la crise guinéenne comme si c’est une crise insolvable. Ces gens qui ne connaissent nullement les réalités guinéennes se basent sur des faux raisonnements, sur des arguments erronés pour écarter toute solution ou toute approche de solution l’actuelle crise guinéenne. Ils disent tout sauf les vraies réalités guinéennes.

Ces analystes et politologues mal informés ou mal intentionnés le font, soit parce qu’ils veulent pour que la bande du Cndd ait une large marge de manœuvre pour se cramponner au pouvoir, soit parce qu’ils veulent voire la Guinée s’enfoncer dans cette pagaille qui leur profite, soit parce qu’ils ignorent tout simplement les réalités sur le terrain en Guinée.

Les arguments avancés de part et d’autre sont assez variés. D’aucuns disent qu’il y a risque de guerre civile parce que Dadis a recruté des miliciens issus de son ethnie et des mercenaires libériens et léonais. D’autres racontent que l’Armée est divisée, ou les Forces Vives sont divisées… Malheureusement ces démons de la division qui prennent leur rêve pour réalité ne font jamais allusion aux atouts dont la Guinée dispose et qui font que la Guinée se comporte à des moments donnés de son Histoire comme un seul Homme.

Les atouts là, ces analystes et politologues mal intentionnés les ignorent ou font sembler d’y ignorer ou refusent, à dessein, d’évoquer dans leurs différentes interventions pour semer de la confusion dans l’esprit des personnes de bonne volonté qui peuvent aider la Guinée dans sa sortie de crise.

Nous, de l’Aguisav – La Voix des Sans Voix, nous nous faisons le devoir sacré de donner notre point de vue pour élucider l’opinion publique nationale et internationale sur certaines réalités en République de Guinée. Nous ne sommes pas les seuls détenteurs de la vérité, nous le savons, mais nous sommes les Sans Voix c'est-à-dire la Majorité Silencieuse. Nous sommes bien placés pour le parler, nous pouvons nous tromper, ceux qui maîtrisent mieux le dossier peuvent nous rectifier.

En effet, nous commençons par dire que «la Guinée est une maison à 4 chambres dont le salon est Conakry». Les 4 chambres représentent les 4 régions naturelles: Basse Guinée, Moyenne Guinée, Haute Guinée, Guinée Forestière. Toutes ces régions ont leurs représentants ou leurs ambassadeurs connus sous le nom des Sages des 4 coordinations que composent les Habitants à Conakry. Ce qui fait que la Guinée est comme un serpent, et Conakry est sa tête. Il suffit de maîtriser Conakry pour que tout le reste de la Guinée suive docilement. Cet atout, il faut le dire, a beaucoup servi les différentes dictatures qui se sont succédé en Guinée. De Sékou TOURE, en passant par Lansana CONTE jusqu’à Moussa Dadis CAMARA. Allez-vous savoir et comprendre. Cela pousse certains à dire que n’importe qui peut diriger la Guinée. Qui qu’il soit, qu’il soit bon ou mauvais président, élu ou nom, il peut diriger la Guinée. Et ils ont raison.

Cet atout, il est temps de l’exploiter pour installer la Démocratie en Guinée en nous aidant à organiser des élections libres et transparentes. Aucune communauté guinéenne n’est contre l’organisation des élections libres et transparentes en Guinée, qu’elle soit de la Basse Guinée, de la Moyenne Guinée, de la Haute Guinée, de la Guinée Forestière.

En plus de cet atout le Peuple de Guinée est un peuple croyant à 100%. Soit 90% de Musulmans et 10% de chrétiens. Les 2 confessions religieuses vivent en parfaite harmonie et renforcent la paix en Guinée.

L’avènement du multipartisme a été aussi un atout pour renforcer la cohésion nationale. Quoi que l’on dise des Leaders politiques. Nous sommes des Sans Voix la Majorité Silencieuse, nous sommes bien placés pour en parler. Nous ne connaissons pas un seul leader politique en Guinée voulant créer un parti régional. Nous n’avons pas connu aussi de conflits fratricides entre les différentes formations politiques de l’Opposition ayant entraîné morts d’hommes depuis l’autorisation des partis politiques en Avril 1992. A part du Pup du Général Lansana CONTE, cet Etat-Parti qui a été créé de toutes pièces et imposé à nos populations par l’administration et l’armée dans le feu et le sang.

Oui, nous reconnaissons qu’il y a des Leaders qui passent par tous les moyens pour avoir des militants et sympathisants. Nous n’en disconvenons pas. Mais cela n’altère en rien la cohésion nationale. Les peulhs se marient en basse Guinée et s’y installent sans problème, les Malinkés se marient en Guinée Forestière et vis versa…

Il faut aussi parler de l’apport des Syndicats, de la Société Civile et de la Presse indépendante et tout récemment des radios privées dans le renforcement de la cohésion nationale.

Le problème de la discorde nationale en Guinée relève toujours de nos gouvernants qui ont été tous des dictateurs à des degrés différents. Sékou TOURE avec la ’’situation particulière du Foutah’’ en Juillet 1976, Lansana CONTE en M. BUTHELESY aux loubards avec son terme ’’Wo fata ara’’ en soussou ’’vous avez bien fait’’ en Juillet 1985. Aussi il a provoqué la Tragédie de NZérékoré en Juin 1991 et de Cosa en 2001. Dadis et ses parents forestiers en cette période de transition plus particulièrement le massacre du 28 Septembre 2009 au stade du même nom.

Dadis n’a pas fait d’exception d’avec la devise très chère aux dictateurs : «diviser et opposer pour régner».

Ce cas-ci c'est-à-dire ’’l’affaire Dadis’’ qui est à l’ordre du jour, mérite d’être débattu pour éclairer les sceptiques et pessimistes.

Nous avons toujours dit que l’affaire Dadis ne peut rien entraîner en Guinée même si l’on l’enlève par la force et organiser des élections libres et transparentes. Certains ne nous croient pas et continuent avancer des arguments fallacieux et erronés. Nous, nous sommes né et avons grandi en Guinée, il y a plus d’un demi-siècle. Nous sommes de Faranah donc de la Haute Guinée, nous connaissons parfaitement la Guinée Forestière plus particulièrement NZérékoré nous y avons séjourné pendant plus de quinze (15) dans notre carrière de médecin chirurgien. Nous avons fait aussi le Foutah et la basse Guinée. Nous connaissons assez parfaitement la Guinée. Capitaine Moussa Dadis CAMARA se réclame d’une communauté minoritaire en Guinée Forestière qui ne le reconnaît pas a part entière comme l’un des siens: l’ethnie guerzé qui ne fait pas 200.000 habitants, soit moins de 2% de la population guinéenne. Certes Dadis est né et a grandi à NZérékoré plus précisément à Koulé une des sous-préfectures cosmopolites de NZérékoré, mais sa famille n’est pas partie intégrante des autochtones de la Forêt. Sur les 33 préfectures qui composent l’intérieur de la République de Guinée l’ethnie guerzé n’occupe partiellement que les préfectures de NZérékoré et de Yomou. Deux préfectures fortement influencées par les mouvements migratoires de nos populations qui ne cautionneront jamais une quelconque rébellion. Il ne faut pas que l’on diabolise les Guerzé, cette communauté pacifique et d’une bonne hospitalité légendaire.

Nous sommes et serons toujours à port à faux contre ceux qui disent que l’affaire Dadis pourrait entraîner la guerre civile en Guinée. Or comme nous l’avons dit plus haut que la Guinée est une maison à 4 chambres, Conakry est le salon. C’est difficile que la Guinée explose ou implose. Dadis mort ou vivant n’a pas le charisme pour entraîner la guerre civile en Guinée. Dadis est important parce qu’il est au pouvoir. Il était là avant la mort du Général Lansana CONTE, il n’était rien. Dadis utilise les moyens de l’Etat pour se faire aimer. De source bien informée, maintenant, plus de 100 milliards de nos francs (soit 20.000.000 dollars Us) ont été débloqués du Trésor public pour faire la campagne de Dadis et du Cndd.

Une fois Dadis déposé, il n’a pas le charisme, il n’y aura ni la popularité, ni les arguments, ni les moyens pour entraîner la Guinée dans une quelconque guerre civile. Il recrute les mercenaires parce qu’il est au pouvoir. Une fois Dadis déposé, il est neutralisé à jamais et ne pourra plus nuire à la Guinée. Les populations guinéennes sont assez mûres maintenant, elles ont horreur de la rébellion. L’exemple libérien et sierra léonais est plus que édifiant pour les Guinéens. Surtout s’il y a une force de maintien de la paix sur le terrain pour dissuader les extrémistes de tout bord.

Autrement dit dès que Dadis quitte le pouvoir l’épiphénomène Dadis disparaît automatiquement. Cela est évident.

L’on dit aussi que l’Armée est divisée et incontrôlée.

Pour comprendre le problème de l’Armée guinéenne, il faudra remonter jusqu’au temps de la Révolution. Au temps de la Révolution, il faut reconnaître qu’à cause de la crise économique que traversait la Guinée, toutes les couches sociales souffraient au même titre que les militaires que l’on appelait à l’époque «Militants en uniforme de la Révolution». Quand même les militaires avaient certains avantages, ils étaient ravitaillés, ils ne payaient pas de transports dans les cars du Transport public… Entre temps Lansana CONTE prend le pouvoir à la mort du Responsable Suprême de la Révolution. C’est Général Lansana CONTE qui a commencé à creuser le fossé entre les militaires et les civils. En faisant comprendre aux militaires que le régime civil de Sékou TOURE ne favorisait que les civils et que lui, Lansana CONTE privilégiera les militaires. Et c’est qu’il a fait. Il disait toujours aux militaires n’acceptez pas que les civils montent au pouvoir, sinon ils vous feront comme au temps de Sékou TOURE. Sans entrer dans tous les détails: un exemple, au temps de Lansana CONTE quand les militaires prenaient dans leurs ravitaillements un sac de riz de 50 kg à 18.000 fg (soit 3,5 dollars Us), les autres achetaient la même quantité au marché à 250.000 fg (50 dollars Us). Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. C’est pour quoi dès qu’il y avait manifestation contre le régime de CONTE les militaires n’hésitaient pas à tirer à balles réelles sur les manifestants. Dadis n’a fait qu’exagérer cette politique d’injustice sociale du Général Lansana CONTE.

En plus de cela, Dadis étant d’une ethnie minoritaire, l’ethnie guerzé, il sait qu’il ne peut pas compter d’emblée sur les militaires des autres ethnies: soussou, malinké, et peulh, même des forestiers kissi, toma et autres ethnies minoritaires. C’est pour quoi Dadis a fait recours à l’ethnie guerzé dont il se réclame pour constituer sa milice au grand dam de l’Armée régulière. Général Sékouba KONATE N°2 du Cndd en a profité pour faire autant. Ainsi de suite. Capitaine Issa CAMARA gouverneur de Mamou, ancien ministre aux conflits a publiquement déclaré à Faranah lors de son voyage: «Je n’ai accepté de quitter le gouvernement et venir à Mamou comme gouverneur que quand Dadis m’a accordé un budget mensuel de 350.000.000 de fg (soit 70.000 dollars Us). J’ai plus de 80 militaires en ma compagnie… ». Voila comment l’armée est gérée par Dadis et sa bande du Cndd.

Une fois nous avons été sidérés par la déclaration d’un de nos fils qui fait 12e Année Sciences Expérimentales. Il nous dit: «Père, je voudrais quitter l’école pour être militaire. Aide-moi à me faire recruter dans l’armée». Je lui ai demandé pour quoi il veut être militaire, il me dit: « parce qu’il y a beaucoup d’argent. Mon ami, qui vient d’abandonner l’école parce qu’il ne tient pas, est payé dans l’Armée à 700.000 fg (soit 140 dollars Us)…». Or le salaire moyen d’un cadre civil de la hiérarchie A en Guinée est autour de 500.000 fg soit 100 dollars Us. Nous avons tout doucement conseillé à notre garçon de continuer les études, et qu’il peut être militaire, s’il le veut, même après les études universitaires.

Comme l’on le voit Dadis et sa bande du Cndd aggravent la situation dans l’Armée. Il est temps de les stopper avant que ce ne soit trop tard.

Malgré les quelques avantages tel que le ravitaillement en riz, l’écrasante majorité des militaires souffrent comme le reste de nos populations. Les militaires guinéens sont les plus mal payés de la sous région. C’est pourquoi certains parmi eux rançonnent, violent, volent et brigandent. Un sergent sénégalais ou ivoirien est mieux payé qu’un général guinéen.

L’Armée guinéenne mérite d’être restructurée. Beaucoup d’officiers sont d’accord pour que l’on restructure l’armée. L’Armée guinée a perdu toute sa valeur disent-ils. Ils sont mêmes jaloux et indignés quand ils voient des va-nu-pieds faire de n’importe quoi dans l’Armée.

Il suffit d’avoir les moyens financiers pour mieux préparer la retraite à nos vieux militaires, immobiliser des jeunes désoeuvrés que Dadis a recrutés pour les orienter en leur donnant des moyens, professionnaliser notre Armée… Tout ira mieux.

Le problème essentiel de notre armée nationale est l’amélioration des conditions de vie et de travail de nos militaires. Une fois cela assuré l’Armée guinéenne pourra être l’une des meilleures armées d’Afrique.

Avec les moyens et la volonté politique la restructuration de l’Armée Guinée ne posera aucun problème. Car un militaire bien payé, ses conditions de vie et de travail bien améliorées peut rester dans la caserne au tant que possible.

Le problème de l’Armée n’est pas ailleurs, c’est aussi lié à la pauvreté.

Certains parlent de la division au sein des Forces Vives de la Nation. Ceux qui le disent aujourd’hui ignorent totalement les réalités politiques en Guinée. Quand Lansana CONTE mourait le 22 Décembre 2008 il n’y avait qu’une cinquantaine de formations politiques légalisées en Guinée. Avec Dadis ce chiffre a doublé en moins de 6 mois, il y a une centaine de partis maintenant en Guinée. Nous savons que Dadis a fait cela pour mieux masquer ses supercheries et manigances. Mais cela ne passera plus. Nous, de l’Aguisav – La Voix des Sans Voix, la Majorité Silencieuse, savons bien les partis représentatifs. Les partis non représentatifs qui n’ont que leur agrément, qui font les va et vient entre le Cndd et les Forces Vives de la Nation, qui font le cheval de Troie, qui par eux le Cndd infiltre les Forces Vives de la Nation, leur départ ne signifie pas que les Forces Vives sont divisées ou que le Peuple de Guinée est divisé. Ce sont des conneries, des bobards que les gens racontent. Ces politologues aveugles, ces novices analystes, ces journalistes alimentaires en manque de sensation sont vraiment hors des réalités de la Guinée.

Le mémorandum des Forces Vives déposé au niveau de Monsieur Blaise COMPAORE est soutenu par tout le Peuple Meurtri de Guinée qui a manifesté le 28 Septembre comme un seul Homme qu’il en a marre du pouvoir militaire. Et il ne reculera pas contre vents et marées.

Ce que nous, de l’Aguisav – la Voix des Sans Voix – la Majorité Silencieuse, avons à dire à la Communauté Internationale, c’est qu’elle n’a plus le droit de rester camper dans des positions de tâtonnements, d’hésitations et d’ambiguïté. Il est temps, grand temps d’agir, de prendre le taureau par les cornes. Elle ne doit plus rester derrière une médiation qu’elle soit burkinabé ou d’ailleurs. Elle doit être plus tranchante, plus pragmatique, plus ferme et plus conséquente en s’impliquant d’avantage dans la résolution de la crise dans notre pays la Guinée, avant ce soit trop tard.

En nous aidant à faire, le plus rapidement que possible, ce qui suit:

1°) La mise en place du Comité de Salut Public. Ce nouvel organe de Transition qui aura pour mission de conduire la Transition jusqu’aux échéances électorales nommera certainement un Premier Ministre de consensus. Ce Premier Ministre de consensus aura charge de former son Cabinet de ministres qui nommera les gouverneurs, préfets et sous-préfets civils en prélude des échéances électorales. Aucun membre impliqué dans la Transition n’est éligible au cours de la période de la transition.

2°) L’envoi d’une force d’observateurs ou de maintien de paix entre les populations et les éléments incontrôlés l’Armée. L’Armée de Dadis l’assassin a failli à son rôle traditionnel de protéger les populations qui sont devenus des gibiers à abattre. Cette Force de maintien d’ordre peut nous aider à restructurer l’armée et protéger aussi des institutions de la transition.

3°) La Commission d’enquête Internationale déjà présente à Conakry doit aller jusqu’au bout de sa mission pour faire toute la lumière sur les évènements tragiques du 28 Septembre 2009 afin de traduire les coupables devant la Cour Pénale Internationale à la Hayes. L’abolition de l’impunité en Guinée en dépend.

Ce qui est d’ailleurs conforme aux recommandations des chefs d’Etat de la Cedeao réunis à Abuja au Nigéria le 17 Octobre 2009 sous la présidence de Se Umaru Musa YAR’ADUA, Président de la République Fédérale du Nigéria et Président en exercice de la Cedeao. L’on ne fera qu’appliquer la feuille de route approuvée par la Communauté Internationale elle-même. Sans autre chose.

A bon entendeur, Salut!

Que Dieu le Tout Puissant Allah sauve la Guinée. Amina.

Egalité – Patriotisme – Fraternité


Conakry, le 06 Décembre 2009

 

P/Le Bureau Exécutif de l’Aguisav – La Voix des Sans Voix
Le Président Docteur Fran Morri T. SAMMOURAH


www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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