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Le trafic de stupéfiants fait des victimes, ruine des pays et porte atteinte au respect de la loi et aux institutions publiques, souligne le nouveau rapport du département d'État sur ce trafic à travers le monde.
« Les États-Unis fournissent des ressources importantes afin d'aider les États à créer les services de police et les institutions judiciaires qui sont nécessaires pour empêcher que les stupéfiants et la criminalité parviennent jusqu'à notre pays », a déclaré le secrétaire d'État adjoint chargé de ce dossier, M. David Johnson, lors de la conférence de presse qu'il a donnée 27 février.
Il faut faire en sorte que l'accès à l'appareil judiciaire d'un pays donné devienne plus universel et que l'impunité dont jouissent actuellement certains trafiquants cesse, a-t-il dit en ajoutant qu'il fallait aussi s'attaquer à la corruption croissante afin de la réduire.
De l'autre côté de la frontière sud des États-Unis, le Mexique a pris des mesures importantes en vue de réformer son appareil judiciaire et ses services de police. Le gouvernement du président Felipe Calderón agit avec courage pour s'opposer aux réseaux de trafiquants de stupéfiants et pour les empêcher de poursuivre leur trafic. Malheureusement, a-t-il dit, cette action a eu pour effet une augmentation importante de la violence dans ce pays.
Ce problème est grave aussi bien pour le Mexique que pour les États-Unis. Ceux-ci sont résolus à appuyer les mesures prises par le Mexique, notamment les nouvelles mesures destinées à démanteler les réseaux de trafiquants qui font entrer en contrebande la plupart de la cocaïne, de l'héroïne et de la méthamphétamine consommées aux États-Unis.
Par ailleurs, le trafic des stupéfiants en Afghanistan est encore important bien qu'il y ait eu des progrès l'année dernière, a dit M. Johnson. En 2008, « la culture du pavot a diminué de 19 % après deux années d'une production record, et le nombre de provinces où cette culture n'existe pas est passé de 13 en 2007 à 18 en 2008 ».
Toutefois, l'Afghanistan demeure le plus grand producteur de pavot à opium du monde, a-t-il fait remarquer. « Il sera nécessaire que le gouvernement afghan, au niveau tant central que provincial, fasse preuve d'une plus grande autorité et qu'il déploie de plus grands efforts pour lutter contre les effets corrosifs du trafic des stupéfiants, qui alimente aussi bien l'insurrection que la corruption qui sévit de plus en plus. »
Selon le rapport du département d'État, « dans les provinces qui ne cultivent plus le pavot ou qui continuent de ne pas le cultiver, la grande autorité des responsables afghans, la sécurité intérieure et des mesures d'incitation constituent les facteurs qui ont poussé les cultivateurs à chercher d'autres moyens de subsistance. Il importe de souligner ce qui a été fait, en particulier par les Afghans, pour réduire cette culture. »
Parmi les pays andins d'où provient toute la cocaïne, a indiqué M. Johnson, la Colombie a pris de nouvelles mesures en vue de consolider les progrès réalisés au cours des dix dernières années. Elle a renforcé ses moyens nécessaires à l'éradication de la culture du coca, à la destruction des laboratoires fabriquant la cocaïne et à l'interception des envois de cocaïne.
En 2008, les autorités colombiennes ont saisi plus de 220 tonnes de cocaïne, ce qui constitue un chiffre record, et détruit 301 laboratoires de production de chlorhydrate de cocaïne et 3.238 laboratoires de production de pâte de coca qui subit un traitement élémentaire.
« En Bolivie, les décisions du gouvernement au cours de l'année dernière ont limité la coopération et ont empêché de faire tout ce qu'on pouvait contre le trafic international de stupéfiants », a dit M. Johnson en ajoutant que les États-Unis espéraient pouvoir améliorer cette coopération.
Le rapport indique cependant que les efforts collectifs des pays andins ont permis d'empêcher que des centaines de tonnes de cocaïne parviennent aux États-Unis et ont privé les réseaux internationaux de trafiquants de milliards de dollars de bénéfices.
Pour ce qui est du Venezuela, la coopération de ce pays avec les États-Unis dans ce domaine a été minime, a précisé M. Johnson en exprimant l'espoir d'une coopération plus robuste. En 2008, le Venezuela a indiqué avoir saisi plus de 54 tonnes de cocaïne, mais le gouvernement vénézuélien n'a pas autorisé les États-Unis à faire le nécessaire pour confirmer ces saisies.
Merle Kellerhals Rédacteur, Section des Affaires culturelles et de Presse Ambassade des Etats-Unis
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