jeudi 13 mars 2008
N’Zérékoré, le berceau des taxi-motos
Taxis motos au Bénin

Les taxis motos, appelés communément Zémidjans au Bénin, pays où ce mode de transport a vu le jour sur le continent, ont envahi la Guinée ces trois dernières années. Tout est parti de N’Zérékoré, où un jeune aventurier a osé braver ‘’l’interdit’’, en faisant du transport à l’aide d’une moto, avec un dossard, sur lequel était mentionné l’écriteau ‘’Taxi moto’’. Traité de fou par une frange de la population, notre pionnier a fini par avoir des adeptes.  Et à ce jour, N’Zérékoré compte 1286 taxis motos. Et l’effet de contagion s’est propagé jusqu’aux portes de Conakry.

Pour se déplacer à N’Zérékoré les populations ont dorénavant un  éventail de choix. Avec des automobiles qui rallient les principaux points de cette agglomération de plus de 200 mille habitants, mais aussi des taxis motos qui eux, peuvent se hasarder à travers les dédales des ruelles pour conduire le client jusqu’à son domicile. Ce mode de transport est jugé plus pratique et mieux adapté aux besoins de la population. Selon M. Laye Diakité président de l’Union des transports des taxis motos, il y a environ 1286 conducteurs de taxis motos à N’Zérékoré.

Le phénomène aurait fait son apparition dans la capitale forestière, il y a trois ans. « C’est un jeune Guinéen venu du Burkina Faso qui a lancé les taxis motos à N’Zérékoré. Au début ça n’a pas été facile mais les gens ont fini par s’y habituer et aujourd’hui les conducteurs de taxis motos ont pris le dessus sur les automobilistes » explique notre interlocuteur. Ce qui aurait conduit de nombreux propriétaires de taxis à les revendre pour se convertir en conducteurs de taxis motos. L’Union des transports de taxis motos qui compte 11 membres veille attentivement sur le fonctionnement de ce type de transport qui est resté longtemps méconnu des Guinéens. « Tout propriétaire doit s’acquitter de la somme de 163 mille francs guinéens. Ce qui donne droit à une carte grise et à une plaque d’immatriculation » souligne Laye Diakité. Qui ajoute que près de 50 bénévoles recrutés par ses services assurent la police derrière les motos taximen. Une façon d’avoir à l’œil les réfractaires qui opèrent sans plaques et refusent de payer la taxe journalière qui s’élève à 500fg. Une somme répartie entre l’union et la Mairie qui perçoit 200 fg du dit montant. Ces clandestins une fois interpellés voient leurs engins immobilisés. Une confiscation qui vise à mettre un frein aux activités du taxi moto pris en infraction, qui n’aura plus sa recette journalière oscillant entre 15.000 et 20.000 fg. Pour le préfet de N’Zérékoré, les taxis motos répondent aux besoins des transports des populations. Mais le phénomène, comme toute médaille a bien ses revers à en croire M. Brama Condé qui cite entre autres la non maîtrise du code de la route par les usagers, le non respect des mesures de sécurité… Selon lui il a fallu les contraindre au respect des mesures disciplinaires pour minimiser  les accidents. C’est ainsi que la couleur unique (le jaune ) a été imposée à tous les conducteurs de taxis motos et l’achat d’une plaque d’immatriculation. L’interdiction des cortèges intempestifs de motos durant les cérémonies notamment les mariages, fait partie de ces mesures. Le nombre de motos a été limité à six par cortège. Comme on le voit, les taxis motos ont permis de créer de l’emploi dans cette cité. Mais ils risquent aussi de compromettre le parcours scolaire de nombreux étudiants et élèves qui, tout en joignant les deux bouts, à travers cette activité, ont bien fini par abandonner le chemin qui mène aux amphithéâtres.

Mamadou Dian
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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