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Très tôt ce mercredi matin du 19 mai, un jeune conducteur de taxi moto de la ville a succombé vers six (6) heures 15 minutes à l’Hôpital régional de N’Zérékoré, causant ainsi un désarroi total dans la cité. Sur les circonstances de l’affaire, les versions se délient selon les positions des intervenants.
Le jeune dont il s’agit s’appellerait Mamadou Oury. Il serait âgé de 35 ans et vit dans cette ville depuis belle lurette. Selon certaines versions, le taxi motard aurait été déplacé dans la nuit du mardi dernier, dans le cadre du transport urbain, par un groupe de militaires. D’après ces sources, les agents concernés auraient tenté en vain de faire plier l’infortuné pour des raisons que nos témoins ignorent encore. Ce qui est et reste clair c’est que ce mercredi matin, aux environs de six heures quinze minutes, le motard est décédé des suites d’une bastonnade dont il aurait fait l’objet par ses agresseurs.
Par la voix du Commandant de la Zone militaire, toutes les autorités du haut commandement de la région et de la préfecture de N’Zérékoré, à savoir le Gouverneur, le préfet, le maire ainsi que les responsables des forces de sécurité et de défense qui se sont tous mobilisés à l’occasion pour d’abord condamner l’acte et aussi demander à la famille de la victime et l’Union des transporteurs de taxi moto de N’Zérékoré d’observer la retenue.
Selon donc le Colonel Mandjou Baldé, exprimant l’avis des autorités, le taxi motard aurait été retrouvé à l’agonie dans la rue par un groupe de militaires en patrouille nocturne aux environs de trois (3) heures du matin et que c’est ce groupe qui aurait convoyé l’infortuné à l’Hôpital régional où il aurait rendu l’âme vers six heures. Ceci, en dépit de tous les moyens mis par les militaires à la disposition du médecin de garde.
Selon le Commandant de la Zone militaire de N’Zérékoré, la famille de la victime qui a été identifiée aurait accepté le pardon de la société suite à la mort de Mamadou Oury.
Très remontée contre cet acte ignoble, l’Union des transporteurs des taxis motos de la ville se serait rendue au Gouvernorat pour demander justice. En contre-partie, le gouverneur, le Colonel El hadj Bouréma Condé aurait ordonné aux militaires de faire usage de la force pour disperser de loin les manifestants. Ce qui n’est pas confirmé par le Colonel Mandjou Baldé.
Toutefois, nombreuses sont les versions qui accuseraient les militaires d’être derrière ce meurtre. Il faut dire que le climat politique et social est délétère à N’Zérékoré et préoccupe fortement les autorités du pays. Récemment, il convient de le rappeler, le président de la transition le Général Sékouba Konaté a envoyé plus de 2000 mille militaires dans cette région, en vue du maintien de l’ordre et la préservation de la sécurité dans la localité, ainsi que les zones frontalières de la région. Certains occuperaient actuellement l’ex villa des hôtes sise dans le quartier Nyè.
Par ailleurs, une frange importante de la population de la ville pense que ces militaires seraient plutôt en train de ternir l’image de l’homme de Guinée, le Général Sékouba Konaté qui, contre vents et marées, entend réussir la première élection libre, transparente, crédible et acceptable de tous les Guinéens.
D’après certains témoignages recueillis sur place par notre rédaction, ces militaires semblent avoir pris la ville de N’Zérékoré en otage. Pour eux, la ville ressemble aujourd’hui à une cité qui vit sous «Etat de siège».
Aux dernières nouvelles, nous avons appris au moment où nous allions sous presse que la famille de la victime allait faire une déclaration dans la soirée du mercredi pour expliquer les circonstances de cet «incident malheureux». D’ores et déjà, cette famille aurait été convaincue par les autorités régionale, préfectorale et communale que ce meurtre ne saurait être l’œuvre d’un homme en uniforme.
Pour l’heure, le Comazone Mandjou Baldé a dit avoir diligenté les enquêtes par la gendarmerie locale pour dénicher les présumés coupables. D’après ce Colonel, que les auteurs soient militaires ou civils, ils seront retrouvés et jugés conformément à la loi guinéenne.
Attendons de voir à quoi aboutiront les enquêtes ainsi ouvertes.
Emmanuel Toumany L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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