lundi 10 novembre 2008
Mystères et merveilles de la Chine moderne, deuxième partie : « Alice au pays des merveilles »

Il avait fallu, n’est-ce pas, qu’Alice tombât dans un puits pour se retrouver au pays des merveilles ? Tout avait aussi mal débuté avec cette visite. Une histoire ludique et comique:

D’abord, les quatre pattes et les deux queues de bœuf que j’avais achetées pour une sorte d’offrande avaient été « sabotées » par les chiens. Ils les avaient découverts et croqué un pied, par endroit. Signe prémonitoire ? Ça va se savoir !

A l’aéroport de Beijing, je perdais 150 Euros, Si ce n’est que cela, seulement…

Les rues larges, bordées de fleurs nous font premières impressions avec des ponts aériens, des échangeurs qui s’enchevêtrent, qui s’enlacent inlassablement et qui s’imbriquent sur tout le parcours, avec leurs piles épaisses et robustes, à toutes épreuves…

Sous les échangeurs et ponts, de grands espaces sont inoccupés. Ailleurs, on aurait vu des SDF et des sans abris squatter les lieux, ou des monticules d’ordures coloniser ces endroits.

Le premier jour du séminaire : comme on avait que des hauts dignitaires de chaque pays, les autorités chinoises avaient demandé qu’on leur désigne un porte-parole ou un président. Fritz Eboundou, le chargé de mission au cabinet du Pm du Cameroun, Ouattara Ibrahim Totto, son équivalent auprès de Pm de Côte d’Ivoire et Anderson Appia, le conseillé technique au cabinet présidentiel de Côte d’Ivoire, avaient suggéré d’une même voix que le « doyen » du groupe étant le Guinéen, cette présidence lui revenait de droit mais « Côtô Dia » m’avait soufflé de pousser la Togolaise Adrou Aléji Albada, qui était juste à ma gauche. Je l’exhortais, l’implorais à ne pas refuser cet honneur, en vain ! Il avait déjà fait signe à Diarra Diackité, le chargé de mission de la présidence du Mali pour appuyer son initiative de « faire la promotion de la femme ». La Togolaise me soufflait : « pas moi, en tout cas, Sidibé ! » Voyant que la cause était perdue, faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, je lui dis : -Tu n’as plus le choix, tu es désignée ainsi d’office, on est tous derrière toi !

La promotion de la femme, la promotion de la femme, et quoi encore ?! Au moment où il fallait s’emparer de la présidence d’un mouvement unique, comme celui-ci !

Dès la composition du comité, on s’était adressé à tout le monde et à mon intention pour la rédaction du discours d’ouverture du séminaire, qui devait avoir lieu l’après midi au rez-de-chaussée de Beijing International Hotel. Somptueux et grand, Il y avait les ambassadeurs de tous les pays, sauf… !

Le lendemain, mon compatriote Dia, un peu amblyope, en voulant couper ses cors, la nuit, s’est taillé le pied à l’aide d’une lame que je lui avais offerte pour se raser, la veille.

Superstitieux, j’ai pensé au pied de bœuf que les chiens avaient croqué, par endroit. Quant aux 150 Euros, ils avaient été remplacés copieusement par 4000 Juans.

Pour visiter la Chine, il faut aller sur la Grande Muraille, au stade olympique, chez le Bouddha à Chengdu et surtout au musée de Sichuan et finir par Shanghai. Et pour ne pas faire le beau menteur qui vient de loin, c’est tout simplement beau et abasourdissant !

Pour ce cinquième séminaire, les autorités de la Chine ont mis le paquet pour nous éblouir et nous épater. Et là, il faut le dire, il est impossible de ne pas l’être. De restaurants huppés en restaurant huppés, on nous avait fait aller dans un super lieu, dont je ne retiens pas le nom, où J’étais avec des amis du Djibouti, un peu fanatiques, qui devaient apprendre à manipuler les baguettes. J’ai ri aux larmes, mais ce qui était instructif lors cette soirée, c’est qu’à Djibouti, il n’y a pas de canard, il y a des poulets et des pigeons mais ils ne connaissent pas de canard. Inculte, je ne le savais pas. Les Djiboutiens prenaient la viande du canard pour celle du mouton.

Lors du dîner qui clôturait notre séjour à Beijing au restaurant Dazhaimen, grand luxueux nous avions été placés aux premières loges pour un spectacle. Les talents de magiciens, d’acrobates hors pair nous ont fait oublier la fatigue de la longue randonnée du jour.

A Chengdu, les Djiboutiens me disaient, après la descente et l’ascension de la montagne du Bouddha : « le salopard de Bouddha, il nous a fait souffrir ! Et puis, venir ici un vendredi est une malédiction » Un ami comorien leur répondait : Non, ça ne fait rien, ils veulent nous montrer un lieu touristique et non nous transformer en bouddhistes, moi, j’ai acheté une montre du Bouddha pour ma femme, sinon, elle ne croira jamais que j’ai escaladé cette montagne, même si Dieu témoignait. Pour elle, je ne suis capable de rien, sauf manger et dormir ! » Djafar, c’est le nom du Comorien, nous dira qu’il briguera le perchoir de l’Assemblée nationale, et qu’à son investiture, nous serions invités, Dia et moi.

Les Djiboutiens me disaient un jour : « Mais qu’est-ce que les Chinois veulent nous montrer, pour nous convaincre ? Si on va raconter tout ce qu’on a vu, les gens vont dire qu’on exagère, il est impossible de tout raconter ! Et c’est vrai. J’ai vu des vielles touristes allemandes s’émerveiller et d’autres Blancs, qui parlaient anglais, pousser des cris d’émerveillement sur le fleuve Huangpu, lors de la croisade nocturne sur un bateau. Vu du fleuve, la nuit, Shanghai offre une vision féerique et magique. Des touristes occidentaux ont été plus ébahis que nous autres, complètement blasés de spectacles plus spectaculaires les uns que les autres. L’expo Shanghai-Chine de 2010 mettra tout le monde d’accord !

Les mystères de la Chine moderne : Avec une telle cadence de développement, la Chine se met dans la catégorie des pays en développement, comme l’Afrique. Incompréhensible ! On parle des capitales des monarchies du Golf, mais Doha n’est qu’un village par rapport à Pékin ou Shanghai, soit dit en passant.

Ensuite, avec un PIB de 3250,8 milliards de dollars au premier semestre de 2008 et une croissance de 12%, qui vient de se réduire à 9%, à cause de cette crise financière internationale, les Chinois crient à la catastrophe, alors que certains pays dits développés ne leur arrivent même pas à ce niveau de faillite en pleine croissance. Mystère ou pas ? Mais le sombre mystère est la conservation de cette très vieille civilisation, sinon la plus vieille que l’humanité ait jamais encore connue. Pourquoi les Chinois ne revendiquent pas la paternité de la civilisation universelle ? Craindraient-ils de se heurter à la fierté des Africains, qu’elle considère comme des alliés économiques à long termes ? Les archéologues, les paléoanthropologues modernes auront à se dédire, vu le niveau de connaissance scientifique actuel.

Nous avions vu les masques en bronze, en or, des objets qui remonteraient à la même époque que celle des pharaons d’Egypte. Le Sénégalais Mamadou Lo Ndieguene, qui ne manquait pas une occasion de mettre les pieds dans le plat, avait attaqué : « Ce sont des objets volés, venant d’Afrique ! ». « C’est à la science de le démontrer ! » avait dit la guide du musée sans se démonter et sans donner d’importance à l’attaque...

Autre chose, si on nous a montré les hommes préhistoriques sans habit ou habillés de peaux d’animaux, les Chinois montrent les hommes d’il y a 3000 ans en habits et en tissu. Des sculptures pratiquées sur du bronze ou sur de l’or sont d’une miniature et d’une précision sans égales, démontrant ainsi le savoir-faire des Chinois depuis la nuit des temps.

C’est prouvé que les contacts entre la Chine et les Egyptiens avaient eu lieu sur la « Route de la soie » mais pourquoi la civilisation égyptienne a disparu et comment elle a disparu sans crier gare, comme celle des Mayas ? Pourquoi la civilisation de la Chine a survécu ? Un autre mystère !

Les scientifiques et chercheurs qui avaient fait des trouvailles et découvertes pour remonter dans le temps avaient-ils tenu compte des sols et des climats et les comparer à d’autres sous d’autres cieux, ou se sont-ils contentés de faire des lobbies pour homologuer leur trouvailles ? Que vient-on d ‘entendre au sujet de Toutankhamon, était-il de race noire ou blanche ? N’avait-on pas encore entendu dire que Pluton était la neuvième planète du système solaire, et qui vient d’être relégué. Cela veut dire que les astrologues qui s’étaient basés sur cette masse pour faire leurs prédictions ont des choses à raconter. Combien de théories et découvertes sont tombées dans l’obsolescence par vérification scientifiques ?

Un sol argilo-sablonneux en pays humide conserve plus longtemps les objets et corps que les sols ferreux ou latéritiques. La découverte de Lucie et de Toumay en Ethiopie et au Tchad au sol et climat particuliers peuvent faire émettre des réserves...

Mais dans toute cette histoire, à quoi sert-il de revendiquer la paternité de l’humanité quand l’homme africain ne semble pas vouloir entrer dans l’histoire ? On se bat tribalement encore pour le pouvoir et à la machette. Les intellectuels africains épousent d’autres cultures et d’autres comportements, tandis que les jeunes sans emploi fuient le continent à cause de l’égoïsme des dirigeants, qui n’arrivent pas à se sortir des comportements préhistoriques. L’évolution de toutes les sociétés n’obéit-elle pas à un schéma identique et obligatoire ?

Peut-on être premiers et devenir derniers avec tous ces retards et sous-développements ?

Les intellectuels africains ne doivent pas se cramponner sur cette grosse galéjade de l’histoire pour s’exposer davantage au ridicule. Sinon où ont-ils acquis le statut d’intellectuels, qui les a formés pour devenir intellectuels ?

Quant aux Chinois, craindraient-ils de confronter leur civilisation avec celle de l’Afrique ? Campè !

Que dira la science, demain ?

La question reste en l’air !

A la revoyure !  

Moise Sidibé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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