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Pour des déclarations jugées tendancieuses, le Secrétaire permanent du CNDD, le colonel Moussa Kéita ne devrait plus conduire la délégation de la junte à Ouaga, avions-nous appris. Kéléti Faro, le Secrétaire général de la présidence aurait été désigné pour le remplacer, pour la réunion du Groupe de contact qui s’est déroulée dimanche dernier dans la capitale burkinabé. Mais contre toute attente, c’est Moussa Kéita qui a parlé au nom du CNND lors de cette réunion. Que s’est-il passé ?
A la veille de la réunion du Groupe de contact international qui devait avoir lieu à Ouaga, au Burkina Faso, des rumeurs circulaient déjà à Conakry faisant état d’un remue-ménage au sein de la délégation du CNDD qui devait faire le déplacement dans la capitale burkinabé.
Ainsi, selon ces rumeurs, le colonel Moussa Kéita qui avait l’habitude de conduire cette délégation devrait perdre son titre de chef de mission. Pour céder la place à Kéléti Faro, le Secrétaire général de la présidence de la République. Et Idrissa Chérif, chargé de la Communication à la présidence était déclaré persona non grata dans cette mission.
En effet, on reprocherait aux deux hommes d’être trop ‘’ bavards» ces derniers temps et de tenir des propos souvent tendancieux pouvant conduire à l’enlisement total de la situation en Guinée.
Leurs dernières sorties contre des leaders politiques et certaines puissances étrangères en sont une illustration.
La réaction de ces deux membres du CNDD contribuerait plutôt à envenimer la situation que de conduire vers la paix, pensent certains observateurs.
Pour preuve, ils avaient même annoncé la suspension de la participation du CNDD aux pourparlers de Ouaga, tant que le chef de la junte, évacué sur Rabat depuis deux semaines ne serait pas de retour.
Le ministre chargé de la Communication à la présidence aussi est réputé pour ses propos qui sont de nature à créer le désordre. Idrissa Chérif continue d’affirme d’ailleurs que la France en est pour quelque chose dans l’attentat perpétré contre le capitaine Dadis.
Une accusation que le Quai d’Orsay a qualifiée de « rumeurs tendancieuses ». Elle sera aussi démentie par son homologue, le chef de la diplomatie guinéenne, Alexandre Cécé Loua qui estime que cette accusation est sans fondement.
« La Guinée ne soupçonne aucune puissance étrangère d’être derrière la tentative d’assassinat contre le président Dadis », a déclaré Cécé Loua. Mais Idrissa Chérif qui ne démord pas, promet de fournir des preuves qui impliqueraient surtout le ministre des affaires étrangères français dans ‘’l’attentat» contre Dadis.
Ce sont ces déclarations qui auraient coûté au Secrétaire permanent du CNDD et au ministre chargé de la Communication à la présidence d’être exclus de la délégation du CNDD qui devait partir pour Ouaga.
Mais comme vous devez le savoir, la délégation du CNDD qui a effectué le déplacement sur Ouaga, n’aura presque pas changé de physionomie. Car elle a été bel et bien conduite par le colonel Moussa Keita.
De sources officieuses soutiennent que la décision de laisser intact la délégation du CNDD serait venue du président par intérim. Le général de brigade Sékouba Konaté aurait qualifié l’exclusion de Moussa Keita d’acte « inadmissible » et demandé avec fermeté qu’on le laisse achever sa mission. Ainsi dit ainsi fait.
A rappeler que depuis l’incident malheureux du 3 décembre dernier, à Conakry, qui a failli coûter la vie au chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui se trouve depuis lors dans un hôpital militaire au Maroc, le pays se trouve sur une corde raide. La quiétude sociale est devenue plus fragile qu’avant. Les Guinéens avec la peur au ventre ont l’oreille tendue vers le royaume chérifien. Pour éviter que le pays ne sombre dans une guerre civile, toutes les forces politico sociales s’activent pour jouer à l’apaisement.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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