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20 septembre 2007 - 20 septembre 2008, cela fait un an que le journaliste nigérien Moussa Kaka se trouve derrière les barreaux pour ses liens présumés avec les rebelles du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice). Ce cas, parmi tant d’autres, prouve à suffisance que la liberté de la presse est loin d’être une réalité tangible en Afrique. De leur indépendance à nos jours, force est de constater que les pays africains, dans leur écrasante majorité, continuent d’être gérés de la façon la plus scandaleuse qui soit. Au triple plan social, économique et politique. Au fil des années, le continent africain considéré pourtant comme le berceau de l’humanité est devenu l’épicentre des pratiques dictatoriales, de la corruption, des rébellions et des guerres civiles interminables aux conséquences incalculables pour les pauvres populations. En 1990, au lendemain du fameux discours de La Baule, le vent de la ‘’démocratie imposée’’ s’est subitement mis à souffler, de façon plus ou moins violente, sur le continent, à la grande joie de toutes celles et de tous ceux qui caressaient légitimement le secret espoir de voir leurs pays se défaire de la mal gouvernance politique et économique. Des partis politiques ont été créés dans la foulée pour prendre part à la gestion politique du pays. Des radios et des journaux privés ont vu le jour pour informer objectivement les populations. Mais si dans certains pays, la liberté de la presse a été effectivement consacrée, dans d’autres par contre, les journalistes professionnels ont été souvent assimilés à des personnes indésirables qu’il faut absolument réduire au silence ou éliminer physiquement. Les assassins du Burkinabé Norbert Zongo et du Gambien Deyda Hydara courent toujours. Et l’on se demande si un jour toute la lumière sera faite sur ces deux assassinats qui sont loin d’honorer les autorités du Burkina Faso et de la Gambie. Dans d’autres pays du continent, les journalistes continuent également de faire l’objet de menaces, d’emprisonnements arbitraires et d’assassinats, en dépit des campagnes de dénonciations que ne cessent de mener certaines organisations internationales. Le 20 septembre 2007, à la surprise générale, le journaliste Moussa Kaka, le correspondant de RFI à Niamey (Niger), a été arrêté par les autorités de son pays. On lui reproche d’avoir eu des contacts avec les rebelles du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice). Des contacts qu’il a eus, faut-il le rappeler, dans l’exercice de son métier de journaliste. De cette date jusqu’à nos jours, des appels se sont multipliés à travers le monde pour exiger la libération inconditionnelle de ce journaliste connu dans son pays pour son professionnalisme. Mais comme on aime souvent à le dire, la politique politicienne a ses raisons que la Raison ignore. Moussa Kaka, pour une question d’impartialité dans le traitement de la rébellion touarègue au nord du Niger, a voulu recueillir la version de tous les protagonistes de la crise. Mais c’était compter sans la ferme détermination des autorités de Niamey à réduire au silence les journalistes nigériens et étrangers qui ont choisi d’informer objectivement la population. Moussa Kaka fait partie de ceux-là. Espérons, qu’avec les pressions multiples et les différentes campagnes de sensibilisation, le régime de Mamadou Tandja finira par lâcher du lest en libérant le pauvre journaliste. Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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