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Le correspondant de RFI à Niamey (Niger) vient de bénéficier d’une remise en liberté provisoire, après une requalification des faits, à lui reprochés par la Chambre de mise en accusation. Moussa Kaka qui a retrouvé les siens mardi, devra comparaître de nouveau devant le tribunal correctionnel. Et il encourt une peine de 1 à 10 ans de prison. N’empêche, il y a lieu de se réjouir de cette libération de Moussa Kaka qui a passé plus d’un an derrière les barreaux. Subissant ainsi le courroux du régime de Mamadou Tandja, qui pris à la gorge par la rébellion Touareg, trouvait en Moussa le bouc émissaire idéal. Accusé de complicité avec les ennemis de la République, notre confrère était passible d’une peine de prison à vie. Les autorités nigériennes sont restées sourdes à tous les appels lancés en faveur de l’élargissement de ce journaliste qui n’avait fait que son travail. Celui d’informer l’opinion nationale et internationale sur cette guerre qui déchire ce pays considéré comme le plus pauvre du monde. Mais Moussa avait le soutien de tous les défenseurs de la liberté de la presse. De Paris à Libreville en passant par Dakar et Abidjan, les journaux, les radios et les télévisions dans leur diffusion quotidienne n’ont jamais oublié Moussa Kaka. C’est plutôt le pouvoir de Niamey qui avait à perdre dans cette affaire, dont l’image a été écornée par cette détention arbitraire. Et le président Mamadou Tandja a bien ravi la vedette à des prédateurs de la presse comme ses homologues de la Corée du Nord et de Cuba. Parmi les réactions enregistrées au lendemain de cette libération de notre confrère qui est le patron de Radio Saraounia et correspondant de Radio France Internationale (RFI) à Niamey, il y a celle de Reporters sans frontières qui, à travers un communiqué, a salué cette remise en liberté provisoire ordonnée par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel, le 7 octobre dernier, du journaliste Moussa Kaka, après 384 jours de détention. « Cette bonne nouvelle est une première étape qui, nous l’espérons, débouchera rapidement sur une issue honorable et juste. Nous partageons le soulagement de sa famille, qui a fait preuve de courage et de droiture tout au long de ce calvaire. Après 384 jours de détention, notre ami Moussa Kaka a le droit de voir se terminer cette trop longue épreuve », a souligné l’organisation. Nous n’allons pas conclure cet article sans inviter le régime de Niamey à s’inspirer de cette citation de André Guilois qui dit : ‘’Dans la plupart des pays les citoyens possèdent la liberté de parole, mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.’’ Alors, qu’on laisse Moussa Kaka exercer tout bonnement son métier. Mamadou Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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