A la fin de l’année 2008, le monde a connu l‘avènement au pouvoir, de deux jeunes, intelligents et très proches de Dieu : Barack Obama pour le pays le plus puissant du monde, et le Capitaine Moussa Dadis Camara pour la Guinée. Deux présidents, deux personnalités qui ont une similitude de destin quant à leur vision, leur mission et leur ambition.
Ceci est d’autant plus vrai, que le discours programme du chef de l’Etat guinéen, prononcé à l’occasion du nouvel an, et celui du Président américain, lors de son investiture, répondaient tous aux attentes du peuple martyr de Guinée d’une part, et de celles des compatriotes de l’Oncle Sam, d’autre part.
Ce discours digne d’un Président guinéen, croyant, patriote, intègre et soucieux du devenir de ses congénères, mérite d’être enseigné dans les facultés de sciences politiques, comme ce fut le cas de l’allocution de Barack Obama, le 20 janvier dernier à Washington.
Autant dire que ce message à la nation, tranchant, cohérent et truffé d’espoirs, du nouveau Président de la Guinée, a redonné l’envie de vivre aux Guinéens qui étaient meurtris par le désespoir depuis plusieurs décennies.
Comme l’a affirmé l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Elhadj Aboubacar Biro Diallo : quand le plus méchant des Pharaons d’Egypte, Ramsès II, a commencé à semer le désordre sur la terre, à se livrer au gaspillage et à tuer les nouveau-nés de sexe masculin, Dieu envoya Moïse pour sauver les enfants d’Israël. Pour la Guinée et le peuple de Guinée, dont la souffrance n’a jamais connu de rémittence, pendant près de 50 ans, le Tout Puissant Allah a envoyé Moussa Dadis Camara.
Cet universitaire, militaire de carrière et croyant, est un cadeau venu du ciel, un messie pour soulager un peuple qui a longtemps croupi dans la pauvreté, la misère et la précarité politique, économique et sociale. Sa mission aujourd’hui, est de mettre la Guinée sur la voie du bonheur, de la prospérité et de la démocratie.
Le Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), qui connait les Guinéens et leurs problèmes, veut faire la preuve de sa volonté de rompre avec les habitudes d’une époque désormais révolue, et de son attachement aux vertus de liberté et de démocratie auxquelles aspirent les compatriotes des feu présidents Ahmed Sékou Touré et Lansana Conté.
C’est pourquoi, en introduction de ce discours qui restera dans les annales de l’histoire, l’homme providentiel, rappelle d’abord les circonstances dans lesquelles le CNDD est arrivé au pouvoir. A savoir, sans effusion de sang, ni salves de canon, ni crépitements de fusils, bref par une procédure unique dans l’histoire de l’Afrique et du monde. Un véritable revers pour tous ceux qui pensaient que la Guinée allait sombrer dans le chaos après la disparition du deuxième Président de la Guinée indépendante.
Ainsi, au lendemain de sa disparition, les forces armées guinéennes ont décidé de prendre le pouvoir pour éviter que notre pays ne bascule dans la guerre ethnique. Le chaos aurait en effet pu s’installer, si le pouvoir tombait dans les mains d’un soi-disant dauphin constitutionnel. Ce premier point de ce grand discours, montre à suffisance que l’actuel Président guinéen est un envoyé de dieu, donc un sauveur.
Ensuite, pour saluer la mémoire de son prédécesseur, ce jeune Capitaine, qui s’exprime sans ambages, et surtout, du fond de son cœur, retiendra de l’action de celui-ci, l’ouverture de notre pays à la démocratie et à l’économie de marché, la modernisation de nos infrastructures et la sauvegarde de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.
Pour le Commandant en chef des Forces Armées, le qualificatif qu’on colle à la Guinée, à savoir le scandale géologique, n’est qu’un trompe-l’œil. La Guinée est plutôt un scandale tout court. Il s’explique en égrenant tous les grands fléaux que connait aujourd’hui notre pays, qui était pourtant à l’avant-garde des mouvements de l’indépendance, mais qui est toujours à la traine dans le concert des nations.
Ces fléaux qui ont pour noms, la corruption, le détournement des deniers publics, le clientélisme, le trafic de drogue, le trafic d’enfants, la prostitution politique, l’impunité, le grand banditisme et la gabegie financière qui était désormais érigée en système de gouvernance, seront les principales cibles du CNDD, jusqu'à leur épuration.
Du moins, c’est ce qu’a promis l’homme au charisme exceptionnel, le Capitaine Moussa Dadis Camara, dans des termes tout aussi clairs que rassurants : « Fidèles à notre obligation de protéger la nation, nous avons pris nos responsabilités pour redresser le pays et le mener à des élections transparentes…L’audit global de l’Etat que nous allons commanditer, va montrer l’ampleur des dégâts et identifier la nature des maux, pour nous permettre de leur appliquer une thérapie de choc. Loin d’être une chasse aux sorcières, l’audit va, en toute objectivité, définir les fautes de gestion qui ont mis notre pays à genou, et en identifier les auteurs», a-t-il martelé.
Selon le premier constat, l’économie guinéenne va mal, et très mal d’ailleurs. Elle est confrontée à d’énormes difficultés : le taux de croissance de l’économie est inferieur au taux de croissance de la population, le niveau du déficit budgétaire est inquiétant, le taux d’inflation est à 18%, et le fardeau de la dette extérieure représente 100% du Produit Intérieur Brut (PIB). Ce sont ces entorses qui entrainent à coup sûr, l’aggravation de la pauvreté.
Des solutions, on les retrouvera dans ce discours de nouvel an, qui fut complet et exhaustif à tous les égards. Il a cerné tous les secteurs stratégiques de notre économie et dénoncer toutes les convulsions qui ébranlaient nos populations. Des conventions minières au port autonome de Conakry, en passant par le terminal à conteneur, les ressources les plus stratégiques, la planche à billet, l’inflation et les services sociaux de base, l’eau et l’électricité, tout a été répertorié.
Dès lors, c’est le branle-bas de combats qui commence pour le CNDD, car aux grands maux, il faut des grands remèdes. Et l’homme en treillis n’y va pas avec le dos de la cuillère. Déjà, dans son discours, on retrouve tous les palliatifs pour endiguer de façon drastique, ces calamités qui ont longtemps éprouvé les populations guinéennes.
Mais ce qui est surtout rassurant, c’est l’acharnement de Dadis contre la corruption, le détournement et le trafic de stupéfiants. Cette détermination est remarquable dans toutes ses sorties médiatiques, comme il le précise d’ailleurs, en ces termes et avec vigueur : « on ne peut plus et ne pourra plus tromper le peuple, c’est une nouvelle ère, une nouvelle révolution pour le progrès et pour le combat contre la corruption, le détournement des deniers publics et le grand fléau dénommé le narcotrafic ».
De nouvelles politiques monétaire et budgétaire, complémentaires, seront adoptées pour lutter d’une part, contre l’inflation toujours galopante à cause de l’inondation du marché par des fausses coupures de billets de banque, et d’autre part, réduire le déséquilibre budgétaire en générant de nouvelles ressources, tout en modérant le train de vie de l’Etat et en contrôlant celui de nos dirigeants, qui ont malheureusement la mauvaise habitude de puiser dans les caisses de l’Etat.
Dans cette démarche, le rôle de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) est primordial. Elle a la lourde tâche de sauvegarder la valeur interne et externe de la monnaie, en régulant le flux monétaire sur le marché, afin de ramener le taux d’inflation à un chiffre.
Pour ce faire, le Président rassure les partenaires bis et multilatéraux, de l’indépendance totale de l’institut d’émission, et exhorte les experts de la banque à plus d’effort et à plus de rigueur dans la mise en œuvre d’une politique monétaire qui cadre avec le programme de stabilisation du CNDD et du Gouvernement. C’est seulement à ce prix que la banque pourra apporter une contribution de qualité à l’effort de développement socioéconomique du pays et à la lutte contre la pauvreté.
« Désormais, rien ne sera plus comme avant : les banques, les assurances et les institutions de micro finances seront rétablies dans leur droit devant les tribunaux. Il ne sera plus possible de condamner un créancier à la place d’un débiteur. De même, les auteurs et les complices de malversations seront punis conformément à la loi en vigueur », a-t-il ajouté.
Pour ce qui est des détournements de fonds, toutes les administrations financières vont être assainies, dotées de procédures de décaissement entièrement informatisées, et soumises à des contrôles réguliers. C’est pour la concrétisation de cet objectif qu’un Comité d’Audit et de Surveillance des Secteurs Stratégiques a été mis en place, présidé par un militaire, en l’occurrence le Ministre de la Défense, le Général de Brigade Sékouba Konaté, pour traquer les prédateurs de notre économie. Voilà qui rassure les partenaires financiers internationaux, notamment le FMI et la Banque Mondiale.
S’agissant de l’armée, le CNDD, par la voix de son deuxième Vice Président, le Général de Brigade, Sékouba Konaté, a d’abord rappelé le devoir républicain de ses compagnons d’arme, celui de la sauvegarde de l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Etat, et la protection des civils et de leurs intérêts, avant de promettre un toilettage et une restructuration sans précédent dans les camps militaires.
Afin de redorer le blason d’une troupe qui compte dans ses rangs quelques éléments incontrôlés, le Ministre de la Défense n’a pas fait dans la dentelle. Toutes les unités militaires de la capitale seront visitées et des mesures fermes seront prises : l’audit de l’armée, le respect de la hiérarchie, la radiation des auteurs d’exactions contre les civils, etc.
A la jeunesse, le message de Dadis est clair. Beaucoup de reformes seront entreprises dans des domaines qui pourront créer de l’emploi pour des jeunes diplômés qui jonchent le pavé. L’éducation, la santé, l’emploi et la lutte contre la pauvreté seront les chantiers privilégiés par la junte afin d’assurer aux générations futures, un avenir radieux.
Sur le plan de la justice, le président promet, dans son discours, de revoir le statut des magistrats, renforcer les pouvoirs de contrôle du Conseil Supérieur de la Magistrature, afin de veiller à l’application des lois et à l’exécution des peines. Car, aujourd’hui en Guinée, la corruption fait sienne dans la manipulation des juges. Pour quelques centaines de milliers de francs, le juge peut transformer l’issue d’un procès.
Sans équivoque, le chef de l’Etat précise : « …Celui qui tue, viole ou vole sera châtié sévèrement, conformément à la loi ». Le seul moyen qui pourra mettre fin au grand banditisme. Car, il n’y aura jamais de sécurité, sans une vraie justice.
En demandant à la société civile, les partis politiques, les centrales syndicales et les organisations internationales qui appuient le processus électoral, de soumettre des proposions au CNDD, dans un délai plus court possible, en vue d’organiser les élections présidentielles et législatives libres, transparentes et crédibles, le Président Dadis souhaite ainsi renforcer la culture démocratique, par la participation des citoyens et l’arbitrage de la Communauté internationale.
Pour cela, le CNDD créera un environnement politique et juridique propice à la reforme de notre démocratie bancale, en libéralisant les ondes nationales, en renforçant la liberté de presse et en passant un coup de pinceau sur la Loi fondamentale, qui a connu certaines altérations optionnelles.
Voilà en substance, la quintessence de cet excellent discours, jamais prononcé par un homme politique en Guinée, à cause de la particularité du programme de développement socioéconomique qu’il a proposé aux Guinéens, et surtout à cause de la sincérité des mots.
Cet homme qui ne jure que par les livres bibliques, qui n’écoute que son cœur et qui ne puise sa force que dans sa foi en son créateur, nous propose aujourd’hui un programme complet, qui permettra sans nul doute à la Guinée, de sortir du gouffre. Mais à la seule condition que nous y adhérions et participions pleinement à son application.
Force est de reconnaitre que les défis à relever sont impératifs, et la tâche à accomplir n’est pas facile, surtout en cette période de conjoncture internationale défavorable, caractérisée par les crises économique, financière et alimentaire mondiales.
Qu’à cela ne tienne, la réussite ou l’échec du CNDD dépendra de notre seule volonté à accompagner le processus de reformes entrepris par Moussa Dadis Camara et le CNDD, qui nourrissent le rêve d’une Guinée prospère, démocratique et respectée.
Aujourd’hui et plus que jamais, gouvernants et gouvernés sont condamnés à travailler en synergie, pour faciliter la tâche à celui qui a la charge de conduire les destinées de ce beau pays, qui est resté longtemps, enfoncé dans les abîmes.
Le fait que le Capitaine Dadis s’appuie souvent sur les lois divines pour agir, comme en témoigne la dernière invitation des leaders de toutes les confessions religieuses au Camp Alpha Yaya Diallo pour une messe de prière pour la Guinée, le maintiendra sans doute, sur le promontoire qu’il a pris depuis son accession à la magistrature suprême de l’Etat.
Aussi, le fait de présenter au peuple, la carotte et le bâton, de prôner le pardon et la réconciliation entre les bourreaux et leurs victimes, de condamner avec fermeté l’ethnocentrisme, le tribalisme et le clientélisme, et de promettre de châtier les assassins, les voleurs, les bandits de grand chemin, les narcotrafiquants, les trafiquants d’enfants, les corrompus et les corrupteurs, n’a fait que dévoiler encore une fois, sa sincérité, son honnêteté et son amour pour sa patrie.
Tant de gages qui permettent aux compatriotes du Général Mamadouba Toto Camara, Premier Vice Président du CNDD, d’espérer à un lendemain meilleur.
Si Dieu a donné une nouvelle chance à la Guinée, par l’accession d’un intellectuel patriote au pouvoir, il nous appartient désormais de nous unir, de lutter contre l’ethnocentrisme et le tribalisme, d’utiliser nos différences pour nous développer, au lieu de nous diviser, d’aimer notre patrie et de soutenir le nouveau Président, le Capitaine Moussa Dadis Camara, le CNDD et le Gouvernement de Transition, pour qu’enfin, se réalise notre rêve : celui de vivre dans une Guinée unie, prospère et démocratique.
Bangaly Condé « Malbanga »
pour www.guineeactu.com