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InfoGuinee.net, soucieux de vous informer sans désinformer, suit de près le mystère non encore élucidé de la noyade de Moriba Junior.
Pour mieux comprendre, nous avons essayé de retracer les dernières minutes de vie de « Fiston ». Pour cela, nous nous sommes approchés de monsieur Loua, le tuteur. Voici la substance de son témoignage.
D'entrée de jeu, il faut saluer la dignité de l’homme que nous avons écouté. Malgré la douleur, il est resté serein, ni revanchard, ni accusateur dans les propos. C’est un père de famille et un fonctionnaire canadien confiant dans les institutions canadiennes, notamment la justice et les lois, que nous avons entendu égrener les dernières minutes de vie de Junior.
Avant d’entamer le récit monsieur Loua a tenu, à nous dire que la quasi-totalité des membres du gouvernement guinéen l’ont appelé pour présenter les condoléances. Le Président intérimaire fut le premier puis le Premier Ministre et tous les autres. Les cadres, directeurs de cabinet, chefs de cabinet, secrétaires généraux…, bref la totalité de la classe dirigeante de notre pays, ont manifesté leur peine et partagé la douleur du Président Dadis, de son épouse et de sa grande famille. La Guinée est émue et consternée. Les préparatifs des obsèques vont bon train. Junior sera inhumé dans la concession familiale à Lambanyi à Conakry. Décision du Président Dadis !
Le gouvernement guinéen a proposé des billets d’avion pour le retour à l’éternité de Moriba Junior et de ses accompagnateurs. Mais le président Blaise Compaoré s'était déjà engagé à prendre les frais en charge.
Moriba Junior, vois-tu, le peuple de Guinée t’aimait ! Va en paix et pardonne déjà à tous ceux qui t’ont offensé !
Par contre, le Président Compaoré ayant décidé, son ambassadeur au Canada est en relation étroite avec ton tuteur. L’avion qui transportera ta dépouille mortelle transitera par Ouagadougou pour que ton père, le Président Dadis, ta maman, la Première Dame, et ta famille te saluent, Junior. Ils ne te diront pas adieu avant ton voyage vers l’éternité. Ce sera un simple au revoir, car tu vivras désormais intensément dans leur cœur.
Ton père, Junior, te dira pour une dernière fois, Fiston je t’aime et t’aimerai toujours, même devenu esprit !
Maman Jeanne viendra verser des larmes d’amour et de tendresse sur ton cercueil. Ce liquide salé t’inondera pour que le ciel t’ouvre ses portes pour le repos précoce éternel.
Tes sœurs s’approcheront de toi pour figer à jamais ton visage aux yeux fermés afin ne jamais t’oublier. C’est plus tard que l’appareil imitant l’oiseau s’élèvera dans le ciel Burkinabé. Maman Jeanne sera encore là, à côté de toi, désormais corps inerte avant de devenir poussière.
Papa Dadis, le Président Dadis, serrera les dents en bon soldat, en père frappé par la douleur et la souffrance d’une perte aussi inattendue que cruelle. Il saura les contenir toutes. Sûrement, frère Dadis, tu lèveras les yeux vers le ciel pour éviter de laisser dégouliner les larmes qui essayeront de s'échapper des orbites déjà mouillées. Elles se déverseront plutôt sur le cœur meurtri. Est-ce pour implorer Dieu ?
Sache que notre Créateur sera là, à côté de toi pour te permettre de supporter l’épreuve. D’un mot et d’un trait, tu devras dire : au revoir Fiston et non adieu.
Dadis, mon Président, en écrivant ces lignes, mon cher frère, moi aussi, je pleure Junior. Mes larmes sont en train de creuser de petits sillons ruisselant sur mon visage. Je compatis à ta douleur, mon frère, toi l’incompris qui, malgré tout, contre vent et marée, continues de croire en la vertu du pardon ; toi qui, en dépit de tout ce que tu as subi et en souffres, continues à croire que la liberté et la démocratie sont des valeurs qui ne se marchandent pas. C’est pourquoi tu consens des sacrifices actuellement. Tu viens encore d’en manifester la preuve.
Alors que tu pouvais accompagner Fiston à sa dernière demeure, tu as dit : « La Guinée est sous tension encore. Elle traverse une zone de turbulence de son histoire. Je ne veux pas en rajouter en m’y rendant actuellement. J’aime trop mes compatriotes pour donner une nouvelle occasion aux ennemis de la paix de troubler l’ordre public dans le but de tirer de la jouissance malsaine… ». Je n’ai fait que te parodier.
Que Dieu te garde longtemps en vie !
C’est faire et/ou écrire l’histoire qui est difficile, mais la lire est à portée de tous. Les Guinéens ont commencé à lire la tienne. Ceux qui ont refusé de surseoir la manifestation du 28 septembre, par exemple, sont en train de payer autrement leur satanique œuvre.
Puisse Allah t’aimer autant que tu aimes la Guinée et tes compatriotes ! Vis longtemps et persévère pour que, demain, la vérité transperce et terrasse les collines et montagnes de mensonge élevées contre toi par les ennemis de la Guinée.
La vérité ! Elle se saura ! Elle viendra défaire les fantasmes et cruelles propagandes dressées contre toi. Toi, le juste, toi le patriote, trahi par ceux auxquels tu avais fait confiance. Judas n’est pas que dans la Bible ! Que la paix du cœur soit toujours avec toi, cher frère et mon Président !
Donc, le tuteur de Junior a continué le récit.
C’est le 11 juin 2010 que Moriba Junior a emménagé dans l’appartement où dame mort est venue l’embrasser. Il y existe une piscine privée en forme d’une S qui comporte deux niveaux de profondeur : environ 1m50 et 3m. Il y a un balcon, à l’étage, qui la surplombe.
L’appartement n’a qu’une seule entrée principale et la porte ne peut pas se fermer sans la clef ; c’est-à-dire qu’elle ne referme pas en essayant de la faire claquer. Il faut nécessairement la verrouiller avec la clef. Il y a le garage qui donne à la chambre de Fiston, une cave, une cuisine dont la porte s’ouvre sur la piscine et à l’arrière, il y a le mur.
Maintenant en venons aux dernières heures d’existence de Moriba Junior.
Il avait l’habitude, de retour de l’université, de se rendre chez son tuteur pour prendre ses repas. Le lundi 16 août 2010, il avait passé une partie de son examen et en était revenu satisfait. Il n’eut pas le temps de rentrer chez son tuteur parce qu’il accompagna le fils de celui-ci à son travail. Puis, il était reparti chez lui. Entre les deux appartements la distance est de 5 minutes en voiture. Il était 18H (heure locale) quand Junior a repris volant. A 18H10 environ, les livreurs de meubles étaient devant la porte de l’appartement de Junior. Ils n’ont obtenu aucune réponse venant de l’intérieur quand ils ont frappé à la porte. Ils ont alors appelé monsieur Loua, le tuteur. Celui-ci demanda à l’une de ses filles d’aller ouvrir la porte aux livreurs. Elle se fera accompagner par sa sœur et deux amies. Les quatre passagères arrivèrent chez Junior. Elles ouvrirent la porte et s’engouffrèrent dans l’appartement en appelant Junior qui n’allait plus jamais parlé à un être humain. Les filles le cherchèrent dans l’appartement, la cave, la cuisine et l’étage. C’est du balcon de là qu’elles aperçurent le corps de Junior au fond, dans l’eau de la piscine. Elles appelèrent la police.
La suite : les premiers soins, l’hôpital et puis l’irréparable. L’appartement est sous scellés ainsi que d’autres objets pour servir l’enquête qui se poursuivra jusqu'à l'éclatement de la vérité malgré les résultats préliminaires. Mais à ce stade de l'avancement de cette enquête une question demeure: mort par noyade ou homicide ?
Paris, le 24 août 2010
Jacques KOUROUMA
www.guineeactu.com
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