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Doura Shaft Diallo nous a quittés le lundi, 29 juin 2009, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
Nous pleurons aujourd’hui la disparition d’un prince charmant. Toutes les morts causent, certes, des douleurs incommensurables dans les familles, mais celle-ci est, par-dessus tout, pour nous tous, une perte cruelle et irremplaçable. A l’annonce de celle-ci, dans de nombreux pays, en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et dans le reste du monde, s’élève vers le ciel un grand cri de douleur.
Moi, ainsi que nous tous ici présents - j’en suis sûr-, retiendront de lui l’image d’un homme profondément humain, qui avait un sens de l’amitié exceptionnel, qui avait du courage devant la vie, qui répandait autour de lui la joie de vivre. Il émanait de lui un charme auquel il était difficile de résister.
Pour chacun de ses anciens condisciples du Lycée de Labé – pépinière de tant de grandes valeurs et de sommités intellectuelles -, il avait toujours un mot encourageant, aimable, réconfortant. Il était un passeur, un trait d’union social reliant entre eux les membres d’une même génération et les générations entre elles. Il était au-dessus du temps qui passe et des clivages sociaux, ethniques, régionaux ou internationaux.
Beaucoup l’ont connu, mais très peu savent qu’il était un économiste de haut niveau et un ingénieur-statisticien du fameux CESD, le Centre Européen de formation des Economistes-Statisticiens pour le Développement de l’INSEE de la porte de Vanves, une des grandes écoles du monde académique français.
Il n’a exercé dans cette prestigieuse profession que relativement peu de temps, dans la Coopération, en Côte d’Ivoire, puis au Gabon. De fait, sa vocation naturelle était de relier les hommes entre eux. Il était une sorte de marin au long court, naviguant d’un endroit à l’autre de cette planète, mais dont le port d’attache était Conakry, la capitale guinéenne.
Lorsque j’arrive à Conakry en août 1984, peu après le changement de régime, il m’a accueilli à plusieurs reprises et à chaque rencontre, c’était l’occasion d’évoquer nos exploits scolaires, au Lycée de Labé, à l’époque où l’école était élitiste, où ne réussissaient que les plus doués et les meilleurs.
Il évoquait Conakry, l’ancienne perle de la côte atlantique de l’Afrique de l’Ouest, comme une vénérable dame qui avait gardé tout de même de beaux restes.
Au moment où il rejoint la terre de ses ancêtres, je ne puis m’empêcher de rendre hommage à toutes ces grandes dames qui l’ont accompagné, à un moment ou l’autre, de sa vie, à ses deux enfants, Christelle et Tidjane, pour lesquels nous aurons la même sympathie qu’il a toujours eue pour nous.
Chers amis,
Nos larmes accompagnent Doura Shaft dans son départ pour l’éternité. Il va nous manquer. Beaucoup. Je demande à tous les membres de notre communauté d’avoir une pensée pour lui lors de nos prières quotidiennes. Nous prions le Très-Haut, notre Seigneur, de l’absoudre et de lui accorder le salut éternel. Amen.
Alpha Sidoux Barry Directeur de publication de www.guineeactu.com
Photo: 31 Décembre 1993 : Doura Shaft entouré de sa femme Mariama Dian, de Néné Aïssatou, de Sadou et de ses cousines
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