Malgré tous ses dérapages politiques, le CNDD continue de s’enliser vers l’irréparable. Vouloir exclure les ex-premiers ministres prouve à suffisance que le CNDD veut rompre définitivement avec son peuple. La politique d’exclusion qui taraude l’esprit de Mr. Cherif est totalement dépourvu de logique et de valeur juridique. Ce stratagème privilégié par le CNDD se réfère à des concepts qui ne relèvent pas des textes juridiques et sont loin d’être une stratégie susceptible de produire des solutions idoines à la crise que traverse notre pays.
Monsieur Cherif veut prononcer des sentences contre les ex-premiers ministres avant même que ceux-ci ne soient reconnus coupables de quelque chose. Qu’en est-il du Capitaine Dadis Camara qui distribue des tonnes de riz et des millions de nos francs aux populations pour se faire accepter ? On nous dira qu’il s’agit là des fonds de souveraineté ; mais qui va croire à ce genre de mensonge à moins qu’on n’ignore ce que sait que fond de souveraineté, sa définition, son usage et ses limites.
Pour auditer les ex-premiers Ministres, les membres du CNDD et du Gouvernement doivent d’abord se soumettre à des audits car les guinéens ne comprennent pas du tout leur richissime et leur étrange train de vie. Les multiples décaissements irréguliers au niveau de la Banque centrale, les mandatements par complaisance au niveau des finances et le pillage des fonds miniers méritent d’être élucidés. Moins d’une année au pouvoir, plus d’une dizaine de membres du CNDD et du Gouvernement sont aujourd’hui propriétaires des Immeubles et villas de haut standing à l’extérieur de la guinée. Ce rythme de bradage économique va infailliblement entrainer la guinée dans un enlisement définitif.
La Table Ronde de Ouagadougou est à la vérité une négociation et non une confrontation et ne peut être comprise qu’ainsi. Les exigences des forces vives ne peuvent avoir meilleur sort que si elles sont assorties d’alternatives. Par exemple, s’agissant du cas particulier de Dadis :
1- S’il accepte de partir, voici les avantages
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Une retraite digne d’un ex-Président de la République ;
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Une possibilité pour Dadis de se présenter un jour comme candidat à la Magistrature suprême ;
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La sécurité de Dadis et de sa famille assurée en permanence ;
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La protection de Dadis contre toute éventuelle tradition devant le TPI ;
2- S’il refuse de partir, voici les conséquences
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Le peuple se lèvera comme un seul homme pour le faire partir ;
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Perte de son avantage post-présidentiel ;
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Sa traduction devant le TPI ;
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Impossibilité pour lui de briguer la magistrature suprême.
Cependant, tout laisse à croire que le départ définitif de Dadis ne sera pas chose facile car malgré tout il bénéficie toujours des atouts inébranlables tels que l’Armée et quelques faucons du paysage politique guinéen. Il y a moins d’un an, contre toute attente, Dadis Camara s’autoproclamait Président de la République de Guinée. Des hommes très motivés tel que Elhadj Biro le présentaient alors comme l’homme providentiel devant résoudre tous les problèmes. Il va même jusqu’à dire de vive voix à Dadis « de rester au pouvoir tant qu’il le juge nécessaire, de ne pas écouter les partis politiques et la communauté internationale… »
Ce conseil de la part d’un des plus respectés de notre pays produit aujourd’hui des effets négatifs au retour de la Guinée à la vie constitutionnelle normale.
Un autre sujet encore plus exaspérant est celui de la guerre que Dadis vient d’engager contre la Diaspora. Des Editoriaux stériles lus à la Radio et à la Télévision présagent que le CNDD veut utiliser les mêmes stratégies criminelles que le Régime du PDG, avec ses vagues d’arrestations arbitraires, pour se maintenir au pouvoir.
J’interpelle la conscience de tous les guinéens, notamment des jeunes et des femmes sur la nécessité d’unir les forces afin de s’opposer à l’émergence d’une nouvelle dictature en Guinée.
Nouhou Badiar Diallo
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