dimanche 30 mai 2010
Monénembo: la haine contre la tricherie
Tierno Monénembo

Le conférencier était Tierno Monénembo. Le sujet de la conférence du 21 Mai à la librairie Claire Afrique de Dakar était “LE NON DE SEKOU TOURÉ. ET APRES ?”.

D’entrée de jeu, Tierno réfuta le caractère imposteur du thème en expliquant dans quelles circonstances l’indépendance et le vote eurent lieu. Il réitéra ce que tout le monde sait maintenant. À savoir que Sékou Touré n’était pas pour l’indépendance contrairement aux partis minoritaires de l’assemblée territoriale, tels que PRA et les socialistes. C’est à la suite d’un malentendu qu’il prit le parti de voter pour le NON. La commission africaine à l’assemblée nationale française en charge de rédiger la partie de la constitution de la cinquième république relative à la communauté n’avait pas voulu de la participation de Sékou Touré. Il en fut dépité et à son retour à Dakar, en Juillet 1958, il demanda à son parti de rejoindre le camp du NON déjà soutenu par Diawadou, Barry 3 et autres militants anticoloniaux.

Dans la foulée Tierno condamna en termes durs la tricherie, le penchant des intellectuels africains à célébrer des faux héros et à se faire complices de tyrans. Il fustigea le silence des cadres africains sur la tragédie guinéenne et leur attitude complice bien que dès les années 60, ils fussent au courant des agissements de nervi de Sékou Touré. La plupart des intellectuels qui étaient accourus à la rescousse de la Guinée quittèrent le pays mais ils se gardèrent de dénoncer les agissements de Sékou, ses complots récurrents et son aberrante sortie contre la nation peulh. Tierno dénonça la tare de l’intellectuel africain qui refuse de se pencher sur les tragédies africaines, préférant pointer du doigt le blanc. Face à la tragédie que fut le régime de Sékou Touré, Tierno indiqua, voix tremblante, qu’il ne se voulait et ne pouvait être objectif. Autant il avait admiré Sékou Touré dans son jeune âge, autant il le hait d’une haine qu’il revendique ouvertement. Le régime de Sékou Touré et son échec auront marqué le destin de millions de Guinéens, parmi lesquels Tierno lui-même. Son impact négatif sur le devenir de l’Afrique de l’Ouest en particulier reste à étudier.

Suivant l’ouverture passionnée de Tierno, Dr. Abdoulaye Diallo, historien et directeur de l’Harmattan Sénégal prit la parole pour indiquer qu’il a publié des recherches basées sur des documents sur l’indépendance et le NON de 1958. Parmi les documents, il y a le discours du 25 Août, les mémos de Sékou Touré avant et après l’indépendance. Les recherches montrent que le NON fut une œuvre collective et non l’imposture que Sékou Touré en fit. Le professeur Amadi Dieng enchaina pour disputer la thèse du silence et de la complicité des intellectuels africains. Il mentionna les motions de la FEANF qu’il dirigea durant cette période qui dénonçaient la dérive de Sékou Touré. Tierno y répondra en indiquant que ces motions datant des années 60 restent isolées eût égard à la longue chaine des crimes qui parsemèrent le règne du PDG.

Les interventions qui suivirent réfutèrent l’utilisation du mot haine dans le débat. Certains estimaient que Sékou Touré n’a été qu’une victime des machinations de la France. Ils avancèrent des hypothèses laborieuses sur les récents massacres du 28 septembre. Selon eux, les massacres auraient été prémédités, non pas par Dadis Camara, mais par une nébuleuse impérialiste qui veut à tout prix ternir l’image de la glorieuse date du 28 Septembre 1958 en lui attachant, à l’avenir, les honteux agissements de 2009. L’un des intervenants de ce groupe s’interrogea comment on peut parler de Sékou Touré sans parler de la « cinquième colonne ».

Le périmètre du schisme était défini. À partir de ce moment, les discussions ne pouvaient que dégénérer. Des guinéens et des sénégalais présents dans la salle s’élevèrent avec vigueur contre les insinuations, les liens illogiques, les suppositions tendancieuses qui avaient pour but de circonscrire le débat dans un format révisionniste. Tierno réagit en traitant certains intervenants de fascistes.

Les écarts de jugement sur l’histoire du vote du 28 septembre 1958, le rôle de Sékou, les passions et les différences de point de vue entre les guinéens d’une part et certains intellectuels africains d’autre part est à explorer ; les partis-pris et les frustrations ne devraient pas être une raison pour refouler ce débat sous l’ombre des tabous.

Pour les Guinéens, le système de Sékou Touré est encore vivace et bien en place. Les groupuscules de nostalgique de son régime continuent de narguer la mémoire des victimes et des survivants. Fait insidieux, plus nocif parce que insuffisamment exploré, la perpétuation du système Sékou Touré explique les régimes corrompus et criminels de Lansana Conté et de Dadis Camara. Lansana Conté fut l’un des sbires attitrés du PDG comme chef des services secrets de l’armée. Dadis Camara n’est que le sous-produit de la rocambolesque révolution culturelle du PDG de Sékou Touré avec son enseignement au rabais et la crétinisation de l’armée. Occulter le fait que la gangrène du PDG et ses sous-produits opèrent toujours en Guinée est la source d’incompréhension des crises de la Guinée actuelle. Durant les 50 dernières années on peut citer maintes tragédies en Afrique:

Rwanda, Sierra Léone, Liberia, Afrique du Sud, Ouganda etc. Avec des formes variées de catharsis sociale les démons du passé y ont été domptés. Ce n’est pas le cas de la Guinée où ce travail reste à faire.

La fixation de certains intellectuels africains sur les complots comme raison de l’échec du régime du PDG traduit soit une méconnaissance de l’histoire de la Guinée, soit de la mauvaise foi ou tout simplement une fuite face à la responsabilité d’assumer l’histoire malheureuse des indépendances. Cette fixation ne peut être étayée par les faits historiques.

En effet, après le vote du peuple de Guinée sur le NON, Sékou Touré bénéficia d’un soutien international et national sans précédent. Les administrations américaines d’Eisenhower et de Kennedy accueillirent à bras ouvert le chef de nouvelle nation et lui apportèrent une aide économique substantielle. Les pays du pacte de Varsovie accoururent au secours de la Guinée. Le groupe des non-alignées apporta son soutien.

Sur le plan intérieur, en plus de la ferveur des étudiants et intellectuels africains déjà mentionnée, les opposants nationaux se rallièrent au PDG. La dynamique d’adhésion nationale et de soutien international eurent pour résultat une croissance économique de 7% en moyenne pendant les années 58 à 61. Ceci est loin de la caricature d’explication du durcissement du régime qui fait que le départ de la France aurait privé la Guinée d’une administration qui marche et les populations de produits de première nécessité.

En outre le mythe de l’acharnement d’une coalition impérialiste contre la Guinée dont Sékou Touré abusa pour masquer ses méfaits ne résiste pas devant l’examen des faits.

Le premier soulèvement populaire contre les tendances dictatoriales du PDG fut l’œuvre du syndicat des enseignants qui fut à l’avant-garde de la lutte anticoloniale. Parmi les victimes de ce « complot » on peut citer des syndicalistes comme Keita Koumandian, Ibrahima Caba Bah, Hassimiou Balde, Mountaga Balde etc. Le syndicat de l’enseignement n’avait fait qu’émettre un cahier de doléances pour la revalorisation de quelques primes de logement et autres. Sékou Touré saisit l’occasion pour crier au complot - comme il fera pour le reste de sa carrière politique. L’arrestation des syndicalistes fut suivie par une grève des étudiants. La répression fut démesurée avec des dizaines de morts, de viols de jeunes collégiennes et lycéennes dans le camp Alpha Yaya. Les écoles furent fermées, les étudiants guinéens de l’étranger qui protestèrent furent privés de leur bourse et sommés de retourner en Guinée. La totalité des dirigeants des syndicats fut condamnée aux travaux forcés avec des peines de 6 à dix ans et furent détenus dans de secrètes prisons pendant plus de 7 ans. Le mythe qui voit la main invisible de la France derrière tout ce qui ne va pas en Guinée devrait être revisité en l’occurrence. En effet, pour ce premier grand « complot », Sékou Touré accusa l’Union Soviétique dont l’ambassadeur fut expulsé. En pleine guerre froide cette action avait pour but de renforcer les relations avec l’administration Kennedy.

Sékou Touré inaugurait aussi une pratique qui consistera à souffler le chaud et le froid selon les circonstances et les besoins internes pour plaire tour à tour aux superpuissances de l’époque (USA, URSS) tout en ménageant la France. Les grands contrats miniers signés durant son régime confirme le fait. Pendant que Pechiney avait les mines de Fria, Sékou octroya les mises de Boké aux US et celles de Débélé à l’Union Soviétique.

L’autre mythe de la fameuse « cinquième colonne » de traitres de l’intérieur qui est la colonne vertébrale du règne par complots de

Sékou Toure ne résiste pas aussi à une sérieuse analyse. Dans le souci louable de construire une nation, les dirigeants des partis se sabordèrent après l’indépendance au profit d’un gouvernement d’union nationale. Tous seront payés de leur loyauté par la mort ou l’exil.

Ils étaient tout sauf des politiciens opportunistes ; c’étaient, pour la plupart, des militants anticoloniaux, nationalistes et progressistes : Ibrahima Diallo (avocat), David Soumah (syndicaliste), Barry Trois (chef de file des socialistes guinéens). Les cas Barry Diawadou, et de Diallo Telli sont l’épitomé de cette tragédie de liquidation programmée d’adversaires et d’amis qui fut la marque du régime du PDG.

Barry Diawadou était secrétaire général du BAG qui rallia le gouvernement d’union nationale après l’indépendance. Dans la seule tentative documentée de déstabilisation du régime de Sékou Touré par la France, Diawadou fut approché pour servir de couverture avec la promesse d’être président du futur gouvernement. Diawadou était le fils aîné du dernier Almamy du Fouta-Djalon. Il aurait déclaré qu’en tant que tel il ne pouvait renier la parole donnée ou trahir. Il refusa la proposition et en fit part à Sékou Toure. Le coup avorta pour cette raison. Onze ans plus tard, en 1969, Sékou Touré le fera fusiller dans un complot inventé de toute pièce, qui emportera aussi l’un des plus fidèles agents du PDG, le militant communiste et directeur artistique des Ballets Africain, Keita Fodéba. L’autre victime célèbre et innocente fut Diallo Telli. Il était secrétaire général de l’AOF quand la Guinée accéda à l’indépendance. Il lui eut été facile de contrer l’ascension de Sékou Touré comme ce dernier le laissa croire. Il s’engagea à servir la Guinée indépendante, occupant un poste de moindre importance comme représentant de la Guinée à l’ONU avant d’être le premier secrétaire général de l’OUA. Il s’y distingua par son combat contre l’apartheid, le régime raciste de la Rhodésie et le colonialisme portugais. Quatre ans après son retour en Guinée il mourra par inanition au camp Boiro. Sékou Touré ne pouvait justifier son arrestation absurde face aux pressions discrètes de presque la totalité des chefs d’états Africains. Il lança alors sa campagne honteuse contre l’ethnie peulh entière en 1976. Il créait ainsi les précédents de l’ethno-politique qui permit la survie de régimes subséquents.

Le mythe de la gestion socialiste, de l’honnêteté et de la revalorisation des cultures africaines est le dernier refuge des admirateurs de l’ordre fasciste du PDG. L’un des intervenants durant la conférence indiqua que Sékou Touré, contrairement à ses pairs africains ne fut pas accusé de corruption matérielle. Cette dernière parade ne résiste pas à l’analyse. La gabegie et les détournements notoires des biens publics furent une méthode de gouvernement du PDG aussi rôdée que celle des complots. Pour asseoir son système, Sékou Touré perturba profondément le fonctionnement de l’état. Dès 1964 il lança le slogan de « la prééminence du parti sur l’état ». Il ouvrit ainsi la porte à l’ascension des médiocres dans l’appareil de l’administration. Cette logique pernicieuse fut portée à son comble pour compromettre des structures essentielles de toute nation : l’armée et le système éducatif.

Après les mouvements d’étudiants des années 1968 à travers le monde, Sékou Touré déclencha sa révolution culturelle pour prévenir la contagion en Guinée. Il imposa l’enseignement de masse avec les passages automatiques en classe supérieurs qu’un élève ait une moyenne ou pas. Avec ce plan irresponsable, il fut impossible d’inciter des adolescents à étudier. La démagogie du parti incita les enfants en affirmant la supériorité de l’engagement dans le parti sur la discipline familiale et l’autorité parentale ; les comités du parti à l’intérieur des collèges et lycées agissaient comme une épée de Damoclès sur la tête des professeurs, des responsables qui perdirent toute autorité. Les écoles primaires, les collèges, lycées et universités furent tous rebaptisés CER (centres d’éducation révolutionnaire). L’enseignement de la philosophie se réduisit aux commentaires élogieux des insipide des tomes de Sékou. Le coefficient des examens d’idéologie était supérieur à celui des mathématiques. La participation obligatoire des écoles aux innombrables festivités du parti perturbait les cycles et les années scolaires. Des titres de docteurs d’état furent discernés de façon fantaisiste à des aides-ingénieurs du fait de leur « adhésion aux idéaux du parti ».

L’imposition sans préparation des langues nationales multiples comme support d’enseignement paracheva l’œuvre de l’instauration de l’ignorance et l’hypothèque lourde de l’avenir de toute une génération.

Sékou Touré entreprit une menée similaire dans l’armée. Après le coup d’état militaire au Mali, il se prépara contre un tel scenario en Guinée. Les officiers parachutistes et du corps de génie militaire de Labé furent accusés de préparer un coup d’état. Plusieurs enquêtes du parti ne fournirent aucun élément pour étayer la thèse du complot.

Sékou Touré ordonna quand même l’arrestation des officiers, déguisée en une convocation à Conakry. Ceux-ci sentirent le piège quand ils se retrouvèrent seuls dans un avion avec un inspecteur de police du nom de Mamadou Boiro. Ils tentèrent la fuite en tuant l’inspecteur et essayant de détourner l’avion vers le Mali. Ils seront arrêtés à la frontière et exécutés nuitamment. Sékou en profita pour crier à un autre complot. Il éleva l’inspecteur de police défunt au rang de héro national, baptisa le camp de la garde républicaine du nom de Boiro et lança une campagne pour se débarrasser des officiers de carrière dans l’armée. Il procéda à l’introduction des comités de base du parti au sein des casernes. Les élus militaires, sans considération de grades, avait autant ou sinon plus de droits que les officiers. Il réussit par ce biais à neutraliser ces derniers. Mais aussi, il inaugura ainsi la tradition d’indiscipline qu’on connait aujourd’hui et qui fait de l’armée guinéenne un dépotoir de criminels dont les récentes performances de viol en plein jour offensèrent la conscience humaine.

La silencieuse tragédie qui se joue encore sur le théâtre guinéen, avec ses épisodiques et troublantes manifestations, ne saurait être expliquée par la promptitude à accuser la France, l’impérialisme et une conspiration internationale. Il faut en finir avec cette tricherie des intellectuels africains qui était manifeste lors de la conférence. Le choix de l’auto-détermination que firent les africains il y a 50 ans requiert la prise de responsabilités. Le choix portait en lui les risques systémiques d’ingérence étrangère. Utiliser cette donne comme justification de l’incurie et de la tyrannie locale ne peut être que le fait d’une intériorisation de la victimisation.

La pertinence du débat et la quête de la vérité historique sur le régime de Sékou Touré ne sauraient être servies par un focus sur des mots. En demandant la révocation du mot haine lors de la conférence, certains intervenants réussirent à noyer la substance du sujet tout en portant atteinte à l’esprit de la libre expression. Que quelqu’un clame sa haine ne devrait offusquer personne. Du reste, Sékou Touré ne s’embarrassa jamais de formes pour insulter et humilier avec des mots comme bâtards, traitres, fantoches et des cris d’incitation à la mort et à la haine collective. Il est dès lors absurde de demander des civilités verbales dans un débat le concernant. Apparemment la véhémence n’est autorisée que quand il s’agit de dénoncer l’occident. Même dans ce combat légitime, maints intellectuels nourris d’aide et de subventions occidentales, ne peuvent ouvertement assumer leurs pulsions contre le blanc. Ils sont contents alors de déléguer au vulgaire politicien que fut Sékou Touré ce rôle de bouffon qu’ils n’osent envisager même dans la solitude de leur lit. Pour prix de la sale besogne, ils sont prêts à aseptiser, à rationnaliser ou à taire les crimes par lui commis.

Contre une telle tricherie Tierno a trouvé la parade du langage clair et précis qui appelle les choses par leur nom, qui exprime les sentiments sans ambages et refuse de camoufler les souffrances derrière la langue de bois qui permet de disculper les tyrans villageois et le fascisme africain, style Sékou Touré.


Ourouro Bah


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Le facteur, jeudi 3 juin 2010
KEÏTA, as-tu déjà vu un facteur déposer un courrier à un malade mental interné dans un asile de fou? Moi, je ne discute pas avec les faibles d`esprit, ni avec les malhonnêtes!
FIDEL, jeudi 3 juin 2010
Mr KEITA, ne perd pas ton temps avec lui. Chez eux la haine se transmet de pere en fils rien à faire, aussi bien que le mensonge. Quant à moi, parler pour me trainer dans la boue, je ne reponds pas. Ils se consultent pour me trainer dans la boue, je ne reponds pas. Merci, I Keita!!!!!!!!
H.O KEITA, jeudi 3 juin 2010
Toi Facteur et les gens qui pensent comme toi même si vous n’avez pas peur de Dieu. Ayez au moins peur de vos consciences. Vous n’êtes pas criminel mais un monstre ! Comment se peut-il qu’au moment même ou la Guinée cherchait sa LIBERTE les gens qui n’ont pas hésiter d’éventer une femme en plein grosse et le cerveau du complot Siradiou Diallo, leur l’architecte complice Telli Diallo qui ont créer le deuil National le 22 nov 70 dans différent famille peut tu les dédouanés ? Les gens qui se sont pas gêner d’égorger nos frères et sœurs se jour. Ne nier pas ces faits contre la nation pour les problèmes dont toi seul connait. C’est loin de là ! IL s’agit bien sur de la NATION. Nous ne comprenons pas pourquoi les gens qui ont réellement fait l’histoire de se pays (SEKOU TOURE , Maforya Bangoura, N’Balya, Saifoulaye Diallo …)pour vous refuser et nier ces faits au profit des traitres. La Guinée ne retiendra que de la traitrise des gens que vous defender et rien d’autre. Chez Dieu lui-même il accepte tout sauf le traitre. Leurs places vous connaissez. Pour le cas d’Alpha condé bien qu’il a combattu SEKOU TOURE, CONTE il n’a jamais nié leurs mérite et les faits glorieux de la Guinée. On ne vous laissera pas imposer vos mensonges dans ce pays. Sinon c’est sera de la pure conspiration pour nous autres. SEKOU a condamné Alpha mais vous n’avez pas hésiter de traiter la même personne de PDGISTE. Qui est ce qui est dans ces conditions ingrat et malhonnête ? Encore les gens qui pensent comme toi ne hésitent pas de traiter tous ceux qui sont de même ethnique qu’ AST de PDGISTE. Ainsi les Nom comme Kouyaté,Ousmane Kaba ,Mansoure Kaba,Mamady Diawara ,Fall, Sidya……sont tous traités de PDGISTE. Pourquoi ? Qu’est ce que ceux là vous ont fait ? Alpha il passe haut les mains et vous le savez très bien. C’est d’ailleurs même que FIDEL ne te répond pas
kakoun, jeudi 3 juin 2010
merci facteur grace a toi bientot FIDEL va ceder d´ailleurs abdoul lui il a fui le champ de bataille.
Oumar Bah, mercredi 2 juin 2010
SEKOU est reconnu criminel partout dans le monde y compris en GUINEE.Vous savez meme en Allemangne certains considerent Hitler comme un grand donc ce n`est pas etonnant d`avoir les meme idiots en GUINEE.Il y a des intellectuels complexes notamment sur le net.Ceux qui soutienent SEKOU n`ont qu`a nous dire en quoi il a fait avancer la GUINEE.Il a ete prouve qu`il n`etait pas pour l`independance,sous son regne on a connu la tyrannie c`est clair donc quoi de bon le fasciste a apporte a son pays?
Le facteur, mercredi 2 juin 2010
FIDEL, tu viens de montrer ton vrai visage aux guinéens. Tu es vraiment le fils du diable Sékou Touré. Puisque tu as la mémoire sélective, tu as vite fait d`oublier que la Révolution de ton géniteur avait condamné Alpha Condé pour l`agression de 1970. Aujourd`hui, ingrat comme ton père l`a été vis à vis de ses bienfaiteurs français, africains et guinéens, tu renies ton père et tu vas voter pour celui qui a commis le plus grand crime d`après la justice de ton père? Vous êtes vraiment des gens à part. Comble de l`immoralité, tu passes ton temps à agresser les peulhs et tous les autres patriotes qui cherchent le bien de ce pays...Cours vite acheter une corde, car le 28 juin 2010 à l`aube, c`est moi-même qui vais te pendre haut et court avec.
FIDEL, mercredi 2 juin 2010
Alpha Condé passe haut les mains, et les mecontents peuvent aller à madina pour se chercher des cordes et se pendre. J`oubliais, LES DETRACTEURS DE LA REVOLUTION PEUVENT AUSSI ALLER SE FAIRE PENDRE HAUT ET COURT. Fidel como Castro
OXY, mercredi 2 juin 2010
A.O.T Diallo Je suis parfaitement d`accord avec toi et je vous ai compris. Mais ce malade de *facteur* un veritable amalgamiste se prend pour qui en insultant? Je ne sais meme pas qu`il est *facteur* de quel phenomene? C`est lui qui fait des betises au lieu d`etre clair.Je l`attends au tournant car il m`a attaqué pas pour discuter mais insulter.Je suis a ses trousses pour endecoudre. Faux facteur ké t`es.
diountou-petoye, mardi 1 juin 2010
malheuresement TIDIANE KEITA avait écouer lá docteur TOMBA a reussi
A.O.T. Diallo, mardi 1 juin 2010
Mon compatriote "facteur", je ne regrette qu`une seule chose dans tes contributions: quand on a une pensee analytique aussi interessante sur plusieurs sujets d`actualite et une bonne plume, ton pseudo ne nous permettra pas de t`arreter le jour ou nos pas se croiseront, afin de t`inviter a une discussion plus approfondie et surement utile pour notre pays. Quand a mon cher Oxy, juste un petit conseil fraternel: utilise plutot les caracteres minuscules en contribuant: ecrire en lettres majuscules sur le Net equivaut a crier sur le visage des gens en leur parlant dans la rue...
Le facteur, mardi 1 juin 2010
OXY, le problème avec des gens comme toi, c`est la bêtise, la mauvaise foi et la malhonnêteté. Quelles sont les routes bitumées sous Cellou et qui sont actuellement impraticables ? Aucune. Toutes les routes défoncées ont été réalisées avant Cellou (Route de Kamsar), (Route de Mamou - Kouroussa, 1994 1995), (Route Kissidougou - Kankan), etc. Quant à la Route de Fria, elle a été réalisée par Santullo (l`ami de Conté). La Route de la Cimenterie a été réalisée par le Génie Militaire (la chose de Conté). Les réalisations de Cellou quant à elles sont visibles (Pont sur la Fatala, Ponts sur le Niger, Route Kouroussa - Kankan - Kouremalé). Vous pouvez l`aimer ou le détester parce qu`il parce qu`il a la peau claire. Mais, reconnaissez qu`il est beau et qu`il est mieux que celui qui dit vivre des commissions qu`on lui verse sur un des hangars de l`aéroport de yaoundé. Si ça, c`est pas de la corruption ou du détournement ou un pot de vin, dites-nous ce que c`est. Un conseil: fermez-là maintenant et allons voter dans la paix.
OXY, mardi 1 juin 2010
QUI PEUT DISSOCIER LE VOLEUR ET LE CRIMINEL? A CE QUE JE SACHE LE VOLEUR EST PIRE PUISQU`IL LE FAIT PAR EXPRESS ET LE CRIMINEL LE FAIT SANS SE RENDRE COMPTE SAUF APRES. UN VOLEUR DANS TA CHAMBRE.DIS-TOI QU`IL Y A BESOIN DE QUELQUE CHOSE ET SI TU L`EMPECHES,PREPARES-TOI A L`AFFRONTER AVEC TOUS LES MOYENS CAR IL RISQUE DE TE TUER ET TOUT EMPORTER. CES CRIMINELS EN UN MOT ONT TOUT FAIT A LA FOIS.NOS ROUTES SONT MAUVAISES,CONSEQUENCES ACCIDENTS GRAVES ET PERTES EN VIE HUMAINE.DES JOUNALISTES DANS DES COFFRES DE VEHICULES...PAS D`HOPITAUX DE RENOMME,CONSEQUENCE TROP D`EVACUATION SANITAIRES VERS D`AUTRES PAYS MEME AFRICAINS...PAS D`EAU POUR LE PEUPLE DANS UN PAYS QUI SE DIT CHATEAU D`EAU ET SCANDALE GEOLOGIQUE...ON NE PEUT PAS TOUT DIRE SINON RISQUE DE NE PLUS QUITTER.TROP C`EST TROP.
Abdoul Diallo - France, mardi 1 juin 2010
Man, mes héros ne portent pas un nom de famille spécifique et ne viennent pas d’une région particulière de la guinée. Mes héros sont les victimes par exécution, torture, prison, humiliation, pillage de leur revenu agricole par les impôts de marketing « Normes ». Mes héros sont ceux ont pris la route de l’exil à cause de l’absence d’un espoir interne dans un environnement familial ou social apaisé etc. Par ailleurs, j’attribue un carton rouge au tyran Sékou Toure (ce fils ainé d’Abdul Ouzza) pour ses crimes commis contre notre peuple, ses inventions folkloriques de la 5ieme colonne et sa haine viscérale contre la transparence et le débat etc. Carton rouge à Lansana Conté pour sa constance dans le laxisme, le pillage de nos ressources, sa vente du chemin de fer Conakry Kankan hérité de colons et sa sanglante répression de janvier et de février 2007 contre nos martyrs. Carton rouge au CNDD pour son crime collectif du 28 septembre 2009 et son bradage actuel de nos ressources. Carton rouge aux intellectuels opportunistes à cause de la capitulation dont ils font preuve à travers un slogan démagogue genre « Le chef a toujours raison » même au prix de la vie d’un innocent. Carton rouge à la hiérarchie de l’armée guinéenne qui n’avance en grade que par favoritisme ethnique, la fuite de responsabilités, l’abandon du courage, de l’honneur et sa passivité constante face à une utilisation de mercenaires contre son peuple si elle ne participe pas activement aux massacres pendant que la troupe supposée républicaine est laissée à l’abandon. Carton rouge à tout citoyen qui pense que la vérité porte un nom de famille et qu’elle à un domicile régional fixe. Mais, mais, mais, carton blanc aux leadeurs politiques présent au stade pendant la sanglante journée du 28 septembre 2009 et la valeur de la démocratie qu’ils défendent. Carton blanc aux citoyens qui continuent d’avoir le courage de feu BA Mamadou et le syndicaliste Dr. Ibrahima FOFANA. Carton blanc à Thierno Monembo pour l’apport de son faisceau lumineux sur notre HISTOIRE.
Le facteur, mardi 1 juin 2010
PS: Cellou a été ministre des TP pendant près d`une décennie. Il a été ministre de la pêche. Il a été un PM sur papier, combattu par Fodé Bangoura et consorts. Moins de 24 heures après avoir formé son gouvernement (équilibré sur tous les plans), il est démis de ses fonctions. C`était en AVRIL ou MAI 2006. En quoi est-il responsable de l`échec de Conté et des violences de juin 2006, janvier février 2007, juin 2008, etc. ? FIDEL, si tu n`as pas peu de Dieu et des hommes, aies au moins honte.
Le facteur, mardi 1 juin 2010
FIDEL, c`est pas la peine d`aller te pendre haut et court. Les deux personnes que tu a citées, plus d`autres dont tu as omis les noms, sont complices et coauteurs des crimes de Sékou Touré, Lansana Conté et Dadis Camara, devant le Tribunal de l`Histoire. Un criminel est un criminel, quelque soit son origine. Seuls les imbéciles sont incapables de comprendre cela.
FIDEL, mardi 1 juin 2010
Ce qui est certain, vous serez tres bientot deçu de ces élections. Et le peuple est là pour veiller sur sa democratie. Vous parlez souvent de droit de l`homme mais en realité vous ne defendez que le droit de peulh. Nous connaissons l`histoire de ce pays. Saifourlaye Diallo était ami à Sekou Toure, il etait present à toutes les decisions du parti. Il était meme present au Pont avant la pendaison mais vous ne dites pas un seul la dessus. Bouba barry était avec Dadis, oui ou non? Cellou était le petit de Conté, vous n`en faites jamais cas. En 1984 on parlait de violation des droits de l`homme, une année apres on entendait personne crier au crime ou genocide. Parceque ce qu`on a fait subir au Malinkes pouvait avoir le nom de genocide chez vous. Pour vous autre une fois de plus, c`est le droit de peulh qui compte pas de l`homme. Fidel como Castro
GilBlack, mardi 1 juin 2010
LAMSO Lis-moi bien car il ne s`agit pas pour le cas guineen d`une lutte armee comme en Algerie et tant d`autres.D`ou la raison de ma precision *Preuve en Afrique(...)*.bien que la Guinee fait parir.Ou tu me prouves plutot la partie de mon post qui atteste une lutte armee ou violente dans le cas guineen.C`est donc un GRAND "NON" tres soutenu,bien que contesté aussi,qui a mis fin a tout un systeme pour le cas guineen concernant les independances africaines.
man, mardi 1 juin 2010
vraiment FACTEUR nous te rémercions d´avoir bien sérvi a la nation nous invitons FIDEL et ABDOUL a faire des prieres pour leur HEROS.
Le facteur, mardi 1 juin 2010
Conclusion: Sékou Touré est un criminel. Parmi les candidats actuels, Alpha Condé est celui qui revendique l`héritage de Sékou Touré. Seuls les sourds ne l`ont pas entendu encenser Sékou Touré et le disculper de ses crimes, à la Belle-Vue et à la RTG. Curieuse justice que celle de ce professeur de droit, qui serait en fait un économiste (lire le dernier JA). Autant, il est sévère avec Lansana Conté, moins nocif que Sékou Touré, autant il est magnanime avec ce dernier.
Le facteur, mardi 1 juin 2010
No comment. "Vingtième « complot » dit de la Présidence, 1982 En avril 1982, une sentinelle est assassinée à la Présidence. Un chauffeur, nommé Aly Camara, de la C.B.G. est accusé, arrêté torturé et gardé au secret à la cellule 49 du Camp Boiro pour mourir en septembre 1983. Beaucoup d`arrestations auront lieu à cette occasion, bien préparée par Sékou, le « fervent musulman » qui, selon des témoignages dignes de foi, aurait personnellement mis le couteau à la gorge de la pauvre sentinelle, lui fermant ainsi définitivement la bouche, car celle-ci, au cours d`une ronde régulière le long de la clôture du Palais de la Présidence, aurait à sa perte, surpris Sékou et un de ses agents complices, en train d`immoler une fille comme sacrifice humain". (Almamy Fodé Sylla, L`itinéraire sanglant, Paris. ERTI. 1985. 192 pages).
Le facteur, lundi 31 mai 2010
Des guinéens de toutes les ethnies ont été victimes du tyran Sékou Touré. Lisez! "Septième « complot » dit complot Tidiane Keita, 1969 Dans la matinée du 26 mai 1969, au cours de la visite officielle du Président Kenneth Kaunda de Zambie, Sékou Touré est agressé dans sa voiture par un certain Tidiane Keita, qui est aussitôt tué par un officier de l`escorte présidentielle. Les responsables opportunistes, saisissent cette occasion pour se tailler une place de choix dans le cœur du tyran, en rasant la concession du père de Tidiane. Le pauvre vieux Lancéï, père de Tidiane se retrouve en prison, avec deux chauffeurs de taxi, Diallo Alpha Oumar et Bah Boubacar, arrêtés pour avoir commenté l`incident de l`agression de Sékou par Tidiane Keita. Ce coup Tidiane sera marié aux précédents complots imaginaires et rattaché aux suivants, surtout celui de 1970-71, et occasionnera de nombreuses arrestations et exécutions". (Almamy Fodé Sylla L`itinéraire sanglantParis. ERTI. 1985. 192 pages).
Le facteur, lundi 31 mai 2010
Le 28 septembre 2009, le monde entier a été le témoin obligé des violences faites aux femmes guinéennes par Dadis et par ses milices. Ce qui n`a pas été dit à l`époque, c`est que Dadis et ses nervis sont les héritiers en ligne directe de Sékou Touré. Lisez plutôt! "Troisième « complot », l`affaire des femmes, octobre 1964 Au cours de la rentrée scolaire d`octobre 1964, un grand nombre d`enfants avaient été refusés dans les écoles de Conakry. Les mères manifestèrent leur mécontentement en organisant une marche de protestation sur la Présidence. Le cortège fut intercepté par Mafory Bangoura, alors Présidente des femmes du P.D.G., dispersant les femmes après les avoir calmées. Mais ce n`est pas fini ! Pour M. Sékou Touré, c`est le 3e complot contre le gouvernement. Et, pour mater l`esprit ainsi né et affirmé, il ordonne une rafle de femmes devant les entreprises d`État et dans les rues de Conakry. Les malheureuses femmes en très grand nombre furent envoyées au Camp Alpha Yaya où elles subirent les pires traitements. Elles furent déshabillées et, toutes nues, obligées de marcher du camp au Palais de la Présidence (15 km). Certaines en moururent de honte, alors que d`autres s`exilèrent. Cette affaire eut une terrible impression au sein du public et, c`est après ce travail psychologique de terreur qu`il inventa sa fameuse loi-cadre du 8 novembre 1964". (Almamy Fodé Sylla L`itinéraire sanglant, Paris. ERTI. 1985. 192 pages).
Le facteur, lundi 31 mai 2010
A. Sékou Touré luttait-il pour l`indépendance de la Guinée ? Tous les anciens cadres de la Guinée, les syndicalistes africains, les animateurs et leaders des mouvements et partis politiques savent, de façon indéniable que Sékou Touré a été un catégorique opposant à l`idée d`Indépendance de la Guinée. En voici les preuves : Jean Lacouture écrit, en parlant de Sékou Touré et de son régime : « Une sorte de démocratie populaire naît progressivement au sein de la République. Mais jamais l`équipe dirigeante ne paraît remettre en question son attachement à la nation française. En toutes occasions le leader affirme son appartenance à la République française ». Et, en mai 1958, Van Den Reysen résuma dans le journal « l`Étudiant d`Afrique Noire » l`opinion des observations politiques : « Le Sékou Touré de la communauté Franco-Africaine, le Sékou Touré ministre de la loi-cadre, grassement payé avec l`argent des travailleurs, le Sékou Touré qui pousse les guinéens au meurtre… parle de liquidation du système colonial, de lutte pour l`émancipation, de décolonisation, mais il évite de prononcer le mot-clef de notre temps : indépendance ». Sékou Touré dit clairement : « Notre idée n`est nullement celle d`une séparation avec la France, mais la signification de la confiance, de l`amour que nous portons à la France ». Mais c`est surtout le 17 février 1958, à la conférence dite de Regroupement des Partis Africains à Paris, que la thèse anti-indépendantiste sékou-touréenne est admise : Citons André Blanchet qui écrit : « Il est important qu`à l`égard des problèmes fondamentaux de la communauté franco-africaine, les soixante hommes réunis au Palais-Bourbon n`avaient eu à surmonter, semble-t-il que des divergences mineures pour s`entendre sur une définition de base… ». Il faut plutôt rendre hommage à la mémoire de Modibo Keïta qui, accueillant le Ministre de la France d`Outre-Mer, Gérard Jaquet en mars 1958, donnera un cachet officiel au mot indépendance, en déclarant : « Si la France laisse échapper l`occasion de réaliser la communauté Franco-africaine, l`Afrique s`engagerait inévitablement sur la seule voie libre et compatible avec sa dignité, la voie de l`indépendance ». Sékou Touré saisira cette balle au bond, et dira quelques jours plus tard à Conakry : « Si la France ne savait pas choisir à temps, l`Afrique se résignerait à ce seau dans l`inconnu ». L`indépendance est donc pour Sékou Touré à la veille du référendum, un « saut dans l`inconnu », vers lequel cependant le poussent irrémédiablement, les étudiants, les jeunes, les travailleurs, et les prises de position sans équivoque de ses concurrents. Et, sentant le retard qu`il commençait à accuser sur cette idée d`indépenlance, Sékou Touré, homme pratique, réaliste, prend les devants en se faisant passer pour le plus grand chantre, l`intransigeant apôtre de l`indépendance africaine en général et guinéenne en particulier. C`est ainsi qu`il lira avec toute l`aisance requise devant le Général De Gaulle, le discours rédigé par d`autres… Le discours a été si précis et si clair sur le point de vue guinéen face au referendum du 28 septembre 1958, que le Général dut répondre par un défi. « On a parlé d`Indépendance. Je dis ici plus haut encore qu`ailleurs que l`indépendance est à la disposition de la Guinée. Elle peut la prendre. Elle peut la prendre le 28 septembre en votant non à la proposition qui lui est faite. Et dans ce cas, je garantis que la métropole n`y fera pas obstacle, elle en tirera bien sûr des conséquences, mais d`obstacle elle n`en fera pas et votre territoire pourra, dans les conditions qu`il voudra, suivre la route qu`il voudra ». Oh ! parole prophétique ! les Guinéens ont effectivement suivi cette route, mais quelle route ! En tout cas elle ne fut pas enchantée ! Si Hamani Diori du Niger avait accepté la trahison à cause de l`argent contre Bakary Djibo, ce ne fut pas le cas en Guinée, où MM. Barry Diawadou, Keita Koumandian, Barry III, ont tous composé avec Sékou Touré pour voter non au referendum gaulliste. Pour éviter les désordres à l`arrivée du Général De Gaulle à Conakry, M. Keita Koumandian consigna à domicile tous ses militants, pendant que Sékou ordonnait de faire des émeutes dont celle du 2 mai 1958, avec ses 200 morts et ses nombreux blessés, a été la meilleure illustration de cette violence sékoutouréenne. (Almamy Fodé Sylla, L`itinéraire sanglant, Paris. ERTI. 1985. 192 pages)
Le facteur, lundi 31 mai 2010
Pour être complet, vis à vis des révisionnistes. Après son discours impoli devant le Général De Gaulle, Sékou Touré s`est empressé de le rejoindre à Dakar, pour s`excuser. Le Général ayant refusé, c`est la mort dans l`âme et très panique, que le "héros" est retourné en Guinée. Le vin était tiré et il fallait le boire. Sékou l`a fait boire au peuple jusqu`à la lie!
Le facteur, lundi 31 mai 2010
A ceux qui nient la contribution décisive de Barry III, de Barry Diawandou, d`Amara Soumah et de beaucoup d`autres guinéens et d`africains à la victoire du NON au référendum de 1958, Le facteur vous invite à méditer sur le proverbe africain suivant: "Aussi longtemps que les lions n`auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur".
lamso, lundi 31 mai 2010
je voudrais demander à GILBLACK si la guinée a obtenu son independance par les armes ?
lamso, lundi 31 mai 2010
je voudrais demander à GILBLACK si la guinée a obtenu son independance par les armes ?
ghassim, lundi 31 mai 2010
merci infiniment FACTEUR tu as montré ici une maturité politique et a prouvé que tu as des bonnes intentions pour l´avenir de notre peuple ,j´espere que tu seras entendu par le tout puissant pourque ds l´avenir que nous soyons que des guineens tout court.
kalil, lundi 31 mai 2010
d´abord je voudrais saluer l´intervention du FACTEUR ton resumé est tellement important que je m´engage a le garder dans dans ma tete ,mais ce qui m´a plu de plus c´est ta derniere phrase où tu as invité à nos compatriotes de pardonner cette phrase aurait suffit pour reconcilier nos ethnies en conflits si elle avait eté prononcée par un de nos leaders. vraiment tu as deployé un effort indéniable que dieu nous reconcilie dans un bref delai.
Abdoul Diallo - France, lundi 31 mai 2010
Habib, je suis parfaitement d’accord avec toi que la lâcheté, la fuite de responsabilité, l’absence de transparence et le refus d’admettre la vérité etc. détériorent un Etat ou un système de gouvernance. D’ailleurs, reconnaître que la présidence de Sékou Toure à la tête de la guinée est une tragédie ne peu mettre le pays à feux et à sang mais le refuser peut-être. A titre d’exemple, quand il y une panne du réseau électrique dans un secteur, tous les abonnés du secteur sont affectés de la même façon. C’est ce que je comprends dans tes contributions si la qualité du débat de Thierno Monenebo qui suscite à la fois le respect et l’admiration ne suffit pas à d’autres. Le drame qui plane au dessus de la guinée est très loin de prendre congé de notre pays si les guinéens ne dénoncent pas tous les crimes commis sur ce peuple avec courage et honnêteté.
GilBlack, lundi 31 mai 2010
Une fois de plus! Amed Sekou Touré a bel et bien ete UN HERO national qu`on le reconnait ou pas. C`est lui qui a reussi a balayer d`un seul revers de la main tout un systeme d`oppression et d`exploitation de l`Homme/l`Homme.Liberer une nation de 60ans de colonisations n`etait nullement chose facile a l`epoque.Preuve en Afrique beaucoup de martyrs sont partis les armes a la main pour liberer entierement le vieux continent des jougs coloniaux.Et comme toute nations developpee,tout passe par des tragedies et non les moindres. NB:Il ne faut pas faire le mouton au moment ou les autres cherchent la liberté dans la dignité.C`est un PARADOX!Esclave de tout son temps.
OXY, lundi 31 mai 2010
Thierno parle bien des intellos africains dont il fait partie.Alors ou se trouve le blem? Surtout lui et sa family etaient contre le mouvement d`emacipation du PEUPLE NOIR. Vous etiez pour ceux qui nous ont reduits a l`esclavage,exploite illicitement nos riches sans retombes,bref nous reduits au nean.Il fallait vous chasser pour que cette marche vers le self-command voir clairement ses tracces.Ce qu`il falait demontrer.En plus tu es ethno,pas intello boukui. Apres avoir passe 40ans contre toi-meme,40ans de imbecilites,tu doit souffrir 40ans avant de prendre conscience.
Silanbali, lundi 31 mai 2010
Mais Monenembo doit évoluer avec le temps en s´interressant a d´autres sujets brulants de la Guinée en lieu et place de nous étaler au jour le jou sa haine pour Sékou toure qui est déja mort.Nous n´apprecieront pas ce qu´avais fait regime de sékou touré a tous les guineens, mais nous voulons aller de l´avant car il n´était pas le plus grand criminel de l´Afrique.Les guineens vous attendent donc pour votre prochaine sortie qu´ils veulent voir depourvue dehaine mais plein de projets pour le developpement de la guinée.
oumou conde depuis Paris, lundi 31 mai 2010
Oh bon Dieu le tout puissant! il faut sauver ce pays! j`ai peur pour l`avenir de ce pays! les intellectuels qui sont sensés sensibiliser ce peuple sont les premiers à remuer le couteau dans la plaie non encore cicatrisée! à reveiller les vieux demons! là il n`y a plus d`espoir! Que Dieu sauve ce pays!
Habib Diallo, lundi 31 mai 2010
Tonton, ce serait honnête si tu signais ton nom comme moi, mais quand Mohamed Touré fait sa campagne sur ce site sous le nom de FIDEL, rien ne m’étonne avec des gens comme vous. Theirno Monembo publie ses articles dans lesquels il dénonce ouvertement Sekou Touré et il organise des conférences au su et au vu de tous, il n’a pas besoin d’un sous nom pour s’exprimer. Rappelle toi qu’il est détenteur du Prix Renodaut, desole pour les jaloux. Nous attendons encore le livre de Mohamed Touré alias FIDEL. Moi, Je suis né et grandit à Fria ou j’ai fait l’école primaire Tigué ensuite le collège Amilcar Cabral. Mes promotionnaires sont Yamoussa Sidibé de la Télévision, Paul Haba (fils d’Haba Jules) officier dans l’armée, Seny Intos, Sekou Soumah Orlando (restés a Fria), Makhady Camara (basketteuse alors) et beaucoup d’autres. Marthe Camara de la télévision est une de nos cadettes. Tu peux demander après toutes ces personnes sur le site Friainfo. J’ai vécu à Fria pendant qu’il n’y avait aucune coupure de courant et d’eau. Toutes les routes étaient butumées, un hôpital model, des activités sportives et recréatrices organisées tous les temps pour entretenir une population pleine de bonheur. Je me rappelle des rivalités sportives de Billy et Fanfan (courses de vélo) par exemple. Celà a duré jusqu’à l’arrivée de la Révolution; elle y a mis pied dans les années 70 et s’est immiscée dans la gestion de tous les jours. Tout petit, Je me rappelle de la pendaison de Diallo Oury au terrain rouge, des arrestations de Émile Kantara, Bozi, Modi Yaya, Tiguidanke Diakhaby et beaucoup d’autres. Actes qui ont poussé les cadres et techniciens qualifies de l’usine à s’exiler à l’étranger. A leurs places Sekou Touré a promu ses militants du PDG et des « an gbansanle » qui n’avaient pas les qualifications pour les postes aux quels on les a promu, nous récoltons les conséquences aujourd’hui. (A suivre)
Tonton, lundi 31 mai 2010
Monenembo alias Habib Diallo. Tu ferais mieux d`être objectif et de mettre l`interet de la Guinée au dessus de tout.
Habib Diallo, lundi 31 mai 2010
Mohamed Touré alias FIDEL tu montre chaque jour qui passe que tu es l’heritié de ton père : tu parles de « pendre, de tuer » tes compatriotes comme si eux n’ont pas le droit d’expression. La Guinée est une République, il est tout a fait normal que nous ayons différentes opinions surtout en politique. Comme ton père, tu n’arrives pas a comprendre ce qu’est une République, tu te fiches du droit des autres. Tu passes ton temps à parler de complots, de pendaison, de tuer pendant des débats de politique malgré tes 20 ans passés aux USA, quel gâchis. Mentir est un autre caractère que tu as hérité de ton père, c’est de celà que le grand écrivain Theirno Monembo a parlé dans son brillant exposé, je prie Dieu que les Intellectuels comme lui continuent de nous éclairer. Par ailleurs, tes copie-collé (comme ici-bas) me rappellent les TOMES blancs que ton papa avaient gribouillés dans les annees 1970, TOMES que personne n’a jamais lus et que personne ne lira. Le gouvernement de ton père avait déposé des tonnes et des tonnes dans mon collège à Fria pour nous forcer (les élèves) de les lire. Il voulait nous montrer qu’il pouvait être un Camara Laye, un Senghor. Mais, personne ne pouvait lire des milliers de pages ou on a fait que superposer des mots et des phrases. Ses livres n’avaient aucun sens et même si nous voulions les lire beaucoup parmi nous pouvions pas – nous sommes la génération Coco, lala, bobo. Ces TOMES ont finis leur vie dans les mains des vendeuses d’arachides grillées et les vendeurs de pains. A moins qu’ils soient expose dans la bibliothèque de Sekoutoureya.
Le facteur, lundi 31 mai 2010
Mots croisés avec Tierno Monénembo, écrivain guinéen : ‘Les intellectuels africains sont responsables de la catastrophe africaine’ Tierno Monénembo était l’invité Des Vendredis de la librairie Clairafrique le 21 mai dernier. Le débat portait sur le thème : ‘Le Nom de Sékou Touré : Et après’. Une occasion saisie par l’écrivain guinéen pour déverser sa bile sur le premier président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré. Wal Fadjri : Qu’évoque le nom de Sékou Touré pour vous ? Tierno Monénembo : J’ai déversé ma haine sur Sékou Touré, car j’ai 40 ans de colère, 40 ans d’exil, 40 ans de misères et de solitude vis-à-vis d’un homme qui a bousillé mon pays. Sékou Touré que tout le monde a applaudi, que la Guinée a accompagné, a déclaré la guerre à mon peuple. J’ai droit à cette haine qui n’appartient pas seulement à Sékou Touré. Nous avons le droit de le haïr et personne ne peut nous l’empêcher. Les faits sont là, le camp Boiro est une chose réelle, incontestable. Tous ces faits font que je ne peux pas avoir une relation rationnelle avec la réalité de Sékou Touré. C’est un homme que j’ai aimé et haï à la fois. Sékou Touré, ma relation avec lui est une question de haine et d’amour. Wal Fadjri : Qu’avez-vous vécu pour ressentir une telle haine pour le premier président de la Guinée, Sékou Touré ? Tierno Monénembo : Sékou Touré, je l’ai aimé jusqu’à l’âge de 17 ans. A partir de 17 ans, je l’ai haï et je le haïrais toute la vie. J’ai quitté mon pays en 1969 pour fuir les horreurs en Guinée, les gens étaient pendus assassinés, emprisonnés… J’avais à cette époque 22 ans. J’ai marché 3 à 4 jours, 150 kilomètres pour rejoindre le Sénégal, pour fuir justement une indépendance à laquelle nous avons tous rêvé. Le premier douanier que j’ai rencontré à la frontière sénégalaise avait tellement pitié de moi avec mes pieds enflés qu’il m’a offert du thiébou dieun (du riz au poisson) et un seven up. Je suis resté des jours sans manger. Je n’oublierai jamais cela. J’avais une tante au Sénégal qui m’a heureusement accueilli. Je me suis exilé en Côte d’Ivoire, en France, en Algérie, au Maroc comme des millions de Guinéens. C’était une tragédie. Cet homme a bousillé notre pays. Comment voulez-vous qu’on l’aime ? C’est impossible. Wal Fadjri : Le régime de Sékou Touré est-il responsable des problèmes que vit la Guinée actuellement ? Tierno Monénembo : Sékou Touré est le père de Lassana Konté, qui est le père de Dadis Camara. Vous avez vu le massacre du 28 septembre 2009, vous avez vu ce que ces gens ont fait de notre pays, comment voulez-vous qu’on les admire ? La Guinée est maudite à cause de Sékou Touré, mais elle va se réveiller bientôt. Wal Fadjri : Les élections présidentielles vous font-elles espérer à un meilleur avenir ? Tierno Monénembo : C’est le seul espoir que j’ai. Wal Fadjri : Partagez-vous l’avis de certaines personnes qui rendent responsable la France de la situation de la Guinée ? Tierno Monénembo : La France est beaucoup responsable du sort de la Guinée par l’esclavage et la colonisation. Mais nous sommes plus responsables encore que la France. Nous sommes indépendants depuis 1958, c’est à nous de gérer la Guinée, pas la France. Si la France a des affaires importantes en Guinée, c’est parce que nous avons failli à notre responsabilité. Ce qui s’est passé dans mon pays est une tragédie, pas seulement de la Guinée, mais de toute l’Afrique. Il y a deux peuples en Afrique qui ont symbolisé la libération sur le continent, il s’agit de la Guinée et de l’Algérie. Les deux présidents de ces pays qui portaient l’espoir ont pillé le continent. Wal Fadjri : Quelle appréciation faites-vous sur la situation de l`Afrique après cinquante années d’indépendance ? Tierno Monénembo : C’est la merde, la merde totale ! Wal Fadjri : Qu’est-ce qui explique cet état de fait ? Tierno Monénembo : Tout. Quel est le problème du continent africain ? les indépendances ne posent pas problème. C’est la gestion des indépendances qui pose problème. Nous sommes des bêtes sauvages, des cons, qui sommes-nous ? Avec toutes ces richesses et l’Afrique ne peut pas se développer ? Wal Fadjri : A qui la faute ? Tierno Monénembo : Les intellectuels africains sont responsables de la catastrophe africaine. Ils sont tous des lâches et des démagogues. Ils ont tous soutenu les dictateurs dans tout le continent. C’est comme cela depuis Mobutu, Eyadema, Sékou Touré. On n’applaudit jamais le peuple, on applaudit que les dictateurs. Mêmes les chanteurs africains ne chantent que les dictateurs, ils ne parlent jamais des victimes. C’est triste ! Wal Fadjri : Qu’est-ce qui vous a emmené à l’écriture ? Tierno Monénembo : L’exil encore une fois. C’est la douleur, la souffrance qui m’ont poussée à écrire. Lorsque vous souffrez, vous vous posez des questions : Qui êtes-vous ? Quel est-ce monde dans lequel vous-vivez ? C’est cela qui fait la littérature. Wal Fadjri : Avez-vous vécu dans un environnement qui vous prédestinez écrivain ? Tierno Monénembo : Mon père aimait beaucoup lire, il a même écrit des papiers dans un journal suisse. Il m’avait offert une petite bibliothèque quand j’étais petit. C’est lui qui m’a inculqué cet amour du livre. Wal Fadjri : Des auteurs vous ont-ils influencé ? Tierno Monénembo : Beaucoup d’auteurs africains et d’ailleurs m’ont influencé. Les écrivains sénégalais Cheikh Amadou Kane, Sembène Ousmane, Bernard Dadié. Birago Diop nous a tous influencés, c’est notre père. Le Malien Amadou Hampathé Bâ m’a aussi guidé. Il y a les auteurs français Gustave Flaubert, etc. Wal Fadjri : Pour qui écrivez-vous ? Tierno Monénembo : Pour moi d’abord. Wal Fadjri : Pour vous seul ? Tierno Monénembo : Pour vous aussi… Wal Fadjri : Vous êtes Prix Renaudot 2008 avec votre roman Le Roi de Kahel, qu’est-ce que cette distinction vous a apporté de plus dans votre carrière d’écrivain ? Tierno Monénembo : Rien. Une autre misère. Wal Fadjri : Qu’avez-vous gagné avec cette récompense ? Tierno Monénembo : On parle de moi davantage, mais cela ne change pas grand chose, je reste le même. On ne vit pas de sa plume, on en meurt. Wal Fadjri : Pourquoi vous faites-vous publier aux Editions du Seuil au lieu de la Maison d’édition Présence Africaine ? Tierno Monénembo : J’ai un contrat au Seuil depuis 30 ans, j’y reste. Quand j’ai publié mon premier roman Les Crapauds-brousse (1979), la Maison d’édition Présence africaine m’a dit que si je l’avais proposé le manuscrit, elle ne l’aurait pas édité parce que cela dénonçait les dictatures africaines. Wal Fadjri : Quels sont vos Projets littéraires ? Tierno Monénembo : J’écris sur la vie d’un Peul guinéen, héros de la résistance en France en 1943 et fusillé par les Allemands. Vous lirez la suite à la sortie du roman. Wal Fadjri : Pour quand est prévue la sortie ? Tierno Monénembo : Prochainement. REPERES Né le 21 juillet 1947 en Guinée, Tierno Monénembo de son vrai nom Thierno Saïdou Diallo s’est exilé en 1969 au Sénégal. Il part ensuite en Côte d’Ivoire avant de gagner la France en 1973 pour poursuivre ses études. Après avoir présenté sa thèse de doctorat de Biochimie à Lyon en France, il est docteur ès sciences. Il a enseigné au Maroc et en Algérie. Il est l’auteur de plusieurs romans parmi lesquels Les Ecailles du Ciel (1986), Cinéma (1997), Peuls (2004), une pièce de théâtre : La Tribu des gonzesses (2006) interprétée par des comédiennes sénégalaises. Tierno Monénembo a reçu le Prix Renaudot en 2008 pour son roman Le Roi de Kahel publié la même année. Depuis 2007, il est Visiting Professor à Middlebury College, au Vermont (Usa). Propos recueillis par Fatou K. SENE
Guinéen, lundi 31 mai 2010
Bien tenté Monembo, vous voulez déformer l`hisotoire de la Guinée? vous n`y arrivez pas. Vous etes sans le principal écrivain Guinéen actuellement mais vous n`etes pas le seul intelectuel Guinéen. On efface pas d`un revers de mains l`hisoire d`une nation. C`est Barry 3, Barry Diawadou... qui sont les pères de l`indépendance de la Guinée et non Sékou Touré. Quelle invention ! Restez à votre place et laisser les historiens faire leur boulot. Amateur!
Magna Conde, lundi 31 mai 2010
Merci Facteur
FIDEL, lundi 31 mai 2010
La Dépêche Diplomatique Afrique (LDDA) : Comment et quand avez-vous réellement senti que la Guinée n’était plus française ? Président Somparé : Au début, le jeune collégien que j’étais, ne pouvait aussitôt réaliser ce qui venait de se passer chez lui. Pour nous, la vie continuait comme si de rien n’était. Mais ce moment ne devait durer que peu de temps. Et c’est dès la rentrée des classes que nous nous sommes réellement aperçus que quelque chose d’extraordinaire venait de se passer en Guinée. Nous ne nous sommes rendus compte de notre liberté et de notre indépendance qu’à ce moment précis, c`est-à-dire quand nous avons vu partir, par vagues successives, les enseignants français qui quittait la Guinée. Les écoles étaient vidées de leurs maîtres. L’administration (les inspecteurs, les chefs de service français, les agents des collectivités, tous, sans exception), faisaient leurs bagages et quittaient en masse la Guinée. Alors, nous avons compris que nous avions un pays. Que nous avons une République, une liberté et une vraie indépendance. Ce sont des moments inoubliables ! LDDA : Et comment était, alors, dispensé les enseignements ? Président Somparé : Quand la France a retiré ses enseignants, il ne nous est resté que des indigènes dont deux Guinéens, dont un certain Seydou Diallo, un enseignant malien, un Nigérien qui s’appelle Mounini et un enseignant qui s’appellait Louis Faber. C’est tout. Dans tous les établissements, c’était presque le même effectif à quelques exceptions près C’est dire que les débuts de l’indépendance ont été impressionnants et graves, mais instructifs et motivants pour les patriotes que nous étions et qui étaient décidés à relever le défi. LDDA : Apparemment, ces moyens étaient largement insuffisants pour combler le déficit en enseignants ? Président Somparé : Quand les étudiants, alors en France et dans certains autres pays, ont eu des difficultés de prises en charge, en raison des blocages consécutifs aux résultats du referendum, ils sont rentrés, pour certains, momentanément, c’est ainsi que sont arrivés les David Diop, auteur de « Coup de pilon » Babacar Sarr, Issa Diop, Amsata Sarr, etc. pour prendre en charge des salles de classes. Ils nous ont beaucoup aidés à faire le saut vers le progrès. Sont venus aussi à la rescousse des Russes, des Polonais, des Tchécoslovaques, des Vietnamiens avec tout ce que cela comporte de difficultés d’adaptation à leurs méthodes d’enseignement et leurs pédagogies, nous inspirant d’un Français d’origine dahoméenne du nom de Béhanzin (Béninois de mère soudanaise). Nous avons engagé une réforme de notre système éducatif qui a, pendant longtemps, porté ses fruits et nous a sortis, à l’époque, de l’ornière. A l’époque coloniale, c’est à Dakar que les candidats au baccalauréat passaient leur examen. On organisait des convois pour cela. C’est en 1957 que le premier Baccalauréat est organisé en Guinée au collège moderne devenu lycée moderne. Mais les copies d’examen étaient envoyées à Dakar où se déroulaient les corrections et la proclamation des résultats. La France ne s’est pas arrêtée là. Dans cette opération punitive contre la Guinée indépendante, elle a vidé les caisses de la Banque centrale. Par mer et par air, elle a transféré à Dakar, tous les fonds publics. Ceci avant de procéder à la délocalisation des archives nationales à Aix-en-Provence et à Nantes (France). Les dossiers d’état-civil sont transférés à Dakar. Ainsi, pour obtenir une copie ou un extrait de la moindre pièce d’état civil, il fallait se rendre à Dakar. Pour mieux asphyxier le pays sur le plan économique, un embargo était décrété contre les produits en provenance de la Guinée à destination de la France et de toutes les colonies guinéennes ne pouvaient effectuer aucun payement. Sékou en a tiré les conséquences en créant une monnaie, évitant, ainsi, à la Guinée un isolement préjudiciable à son fonctionnement. Ce que l’on ne pouvait imaginer à l’époque. Jusqu’à ce jour, nous fonctionnons, bon an mal an, avec notre propre monnaie, qui est devenue le Franc Guinéen. Cette mesure courageuse de Sékou a été salutaire, du reste, puisqu’elle nous a épargnés de l’isolement malgré les difficultés liées à sa convertibilité et à sa valeur par rapport aux autres monnaies............... LDDA : Comment cette indépendance a-t-elle préparée ? Président Somparé : En réalité, il y avait, dans toute l’Afrique, un bouillonnement d’activités et une atmosphère tournés vers la conquête de la liberté. Au premier rang de ce combat, il y avait les syndicalistes, les politiques, les milieux intellectuels. Essentiellement constitués d’enseignants qui ont ensuite partagé cette quête de la liberté avec les milieux ouvriers et les collégiens. Sékou Touré avait déjà gagné une partie de ce combat en devenant Député Français et maire de Conakry. Il bénéficiait d’une reconnaissance. Auparavant, il avait maille à partir avec l’administration coloniale qui savait qu’il était dangereux pour l’autorité coloniale. Sékou était licencié de son emploi par l’administration coloniale. Laquelle était consciente du danger qu’il représentait pour ses intérêts. En conséquence, la France a sommé toutes les colonies de s’abstenir de lui donner du travail même temporaire. Par note officielle, Sékou était « interdit d’embauche dans les pays où l’on parlait la langue française ». Il était, en conséquence, durablement condamné à un chômage dont personne ne pouvait prévoir le terme tant que devait durer la colonisation. Cette situation de paria lui a donné des forces morales supplémentaires pour continuer son combat. Mais il passait le plus clair de son temps à « avaler » des livres de toutes sortes parce qu’il savait que son combat était aussi intellectuel. C’est ce qui explique sa vaste culture et son éloquence incomparable. Sékou avait un niveau des diplômes que d’administration coloniale décernait aux étudiants et fonctionnaires de l’époque. L’administration coloniale avait commis « l’erreur » de faire de lui un martyr. Il a assumé ce rôle. Il avait même des difficultés pour se nourrir, et vivotait. C’est une femme, vendeuse de bois de chauffe, du nom de Mafory Bangoura, qui, avec ses maigres recettes journalières, aidait Sékou à s’alimenter en lui donnant à manger quand il avait faim. (L’émotion oblige M. Somparé à interrompre son propos pendant quelques secondes). Cette dame, est devenue, après l’indépendance, la Présidente des Femmes du Parti démocratique de Guinée fondé par Sékou Touré. LDDA : Comment dans de telles conditions d’indigence et de manque. Sékou Touré est-il parvenu à faire campagne et se faire élire député ? Président Somparé : La principale arme de Sékou Touré, c’est sa foi et son courage. Il était aussi passionné par son combat. C’est comme s’il savait son destin. Il utilisait les moyens du bord pour faire le tour du pays. Pour l’empêcher d’être élu, l’administration avait interdit à toutes les chefferies traditionnelles et à tous ses représentants locaux de l’héberger. Personne n’osait lui offrir un gîte ou même lui donner quelque moyen de subsistance que ce soit. C’est ainsi que, très souvent au soir des tournées dans les provinces, Sékou passait la nuit dans des écoles, couché sur les tables blancs ou à même le sol. Quand, en 1956, Sékou, qui avait fini de conquérir presque tous les Guinéens, a voulu se présenter au poste de Député au parlement français, il n’avait pas les moyens de verser sa caution obligatoire. Ce sont les dockers de Conakry qui se sont investis et, par des cotisations et des quêtes, ont rassemblé l’argent nécessaire au dépôt de sa candidature et ont versé la caution pour lui.. LDDA : Finalement, la Guinée a trouvé les secrets de sa survie en tant que pays indépendant et libre. Y avait-il un secret à cette capacité de résistance ? Président Somparé : Non ! Pas de secret. Nous étions mentalement et psychologiquement préparés à faire face à un combat que nous savions imminent. Le Général de Gaulle avait, dans sa stratégie, prévu un délai maximum de deux (2) ans pour que la Guinée regrette son vote au referendum. Deux ans pour nous mettre complètement à genoux. Deux ans pour que le peuple se soulève contre Sékou Touré et s’en débarrasse. Nous avons fait capoter cette stratégie en étant plus rapides que nos vis-à-vis. Sékou est un homme expéditif. Il avait de l’autorité et savait prendre rapidement des décisions. En plus, il s’était donné les moyens de faire exécuter ses décisions pour faire aboutir sa stratégie. Sa collaboration avec les pays de l’Est n’avait rien d’innocent. Sa liberté d’action le lui permettait quand les autres pays hésitaient ou n’osaient pas se rapprocher d’un pays socialiste. Pour payer les agents de l’Etat et les fonctionnaires, Sékou a institué un impôt au paysannat cela a bien marché. En un mot, pour s’en sortir, nous avons paré au plus pressé. Quand cette stratégie a échoué après le délai de deux prévus pour mettre la Guinée sens dessus dessous, l’on a inauguré l’ère des complots et des conspirations. Rien n’a été épargné à cette fin pour assassiner Sékou. Pour organiser et réussir un coup d’Etat. Pour créer des émeutes et des soulèvements populaires. Vous connaissez la suite… Il faut simplement ajouter que Sékou Touré était un homme qui avait la baraka. Celle-ci l’a poursuivi jusqu’à sa mort dans des conditions douces. LDDA : Quel souvenir avez-vous des événements du 25 août 1958 avec ce discours controversé aux accents tragi comiques du Député Sékou face au Général de Gaulle ? Président Somparé : La partie la plus importante de l’histoire de la Guinée s’est jouée à cet instant précis. Il est difficile de raconter tout ce qui s’était passé dans les coulisses. Il y a eu trois phases : la préparation de l’arrivée du Général avec le projet de discours de Sékou que l’administration coloniale tenait à ne pas entendre. Il y a eu la cérémonie proprement dite avec l’énervement de de Gaulle et la suite avec le référendum et la proclamation de l’indépendance. De Gaulle a été choqué par le premier passage du discours du Président Sékou Touré surtout là où il parle de dignité et de liberté « il n’y a pas de dignité sans liberté », de même que d’une association avec la France basée sur la logique du Cheval et du cavalier… De Gaulle a été si courroucé qu’à la fin de son discours, il n’a pu, en quittant les lieux, s’empêcher d’oublier sa casquette sur place. LDDA : Nous pensions que cette histoire de « képi oublié » tenait d’une simple légende ou d’une amusante ironie. Président Somparé : Non ! ce n’est nullement une légende. Sékou Touré a fait oublier au Général Charles de Gaulle, son képi sur la place Boulbinet (actuellement siège du conseil national de la communication) où se tenait le meeting. De Gaule n’était plus que l’ombre de lui-même et s’est rendu à l’aéroport dans sa coiffe. La preuve qu’il effarouché, c’est que contrairement à la promesse qu’il lui avait faite avant son arrivée, le Général de Gaulle a refusé de voyager dans son avion avec le président Sékou Touré qui devait se rendre à Dakar pour participer, le lendemain, à la réunion du Groupe de Travail Africain qui devait de pencher sur la question du Référendum en vue. LDDA : Auparavant, qu’est-ce qui s’est passé de particulier dans le pays ? Président Somparé : Avant ce discours, l’administration savait déjà que Sékou était opposé à la Loi Cadre de Gaston Deferre. Qu’il était entré dans le pays pour y mener compagne contre la Communauté avec la France. Qu’il avait tenu meeting dans la localité de Matam (en Guinée) pour dire que si la France ne respectait pas sa promesse de libérer les pays africains tenues à Brazzaville en 1944, la Guinée, elle, prendrait ses responsabilités et se libérerait de sa tutelle en prenant son Indépendance. Sékou était perçu comme un subversif. Un élément incontrôlable. Un rebelle. Il avait clairement affirmé, partout, l’aspiration incompressible des peuples africains à la liberté. Pour cela, il a failli être mis en état d’arrestation. Mais sa popularité l’a sauvé. Il y a, d’ailleurs, un incessant ballet diplomatique de responsables africains. Avec Gabriel d’Arbousier en tête, venus dissuader Sékou d’exécuter son projet de faire voter NON. LDDA : Mais Sékou semblait ramer à contre-courant des autres leaders africains comme Senghor, Houphouët et les autres. PRESIDENT SOMPARE : Non. Tous ces leaders, à l’origine, étaient sur la même logique de retrouver la liberté et l’indépendance. La France a réussi à leur faire changer d’avis. D’autres n’ont pas eu la vigilance de Sékou et ont été lâchés par leurs populations contrôlées par les chefferies traditionnelles. Ce qui les a obligés à se rétracter. Sékou avait le peuple de Guinée derrière lui et il a le courage d’oser tenir tête. Au Niger, par exemple, Bakary Djigo a crée un parti indépendantiste, mais a été trahi, après, par son électorat à cause de l’influence des chefs de Canton qui se ont alignés sur la position de l’ordre colonial. Houphouët-Boigny était indépendantiste au début. Et la seule fois qu’il était d’accord avec Sékou Touré, c’est sur le projet de création de la Grande Fédération des Etats de l’Afrique occidentale. Mais au dernier moment, il y a renoncé en arguant qu’il refuse que la Côte d’Ivoire soit la vache-à-lait de l’Afrique de l’Ouest. Le projet est devenu mort-né. LDDA : Qu’en est-il de cette question de chefferie traditionnelle qui ont eu maille à partir avec le Président Sékou ? Président Somparé: Sékou voyait en eux des suppôts de l’ordre colonial qui s’accommodaient bien de celui-ci et qui l’empêchaient d’exécuter son projet de décolonisation. Elles avaient une influence extraordinaire sur les populations et disposaient de moyens incommensurables qui leur permettaient d’influencer les populations placées sous leur « protection » Elles bénéficiaient du soutien et de la complicité de l’administration coloniale et lui obéissaient fidèlement. Pour vous donner une illustration de leur capacité de nuisance, et de leurs influences politiques, à l’époque, un chef traditionnel du nom de Thierno Ibrahima BAH (du village de Tingka, à Dalaba) qui a eu maille à partir avec un gouverneur territoire de Guinée, a réussi à le faire affecter au Niger en offrant au Gouverneur Général un kilo d’or pur. Les chefferies traditionnelles disposaient d’un pouvoir politique, mystique et des moyens colossaux. Elles étaient aussi les alliés de l’administration coloniale et agissaient dans les interêts de celle-ci. C’est pourquoi, dès son accession au pouvoir, Sékou les a purement et simplement supprimées. LDDA : Quels étaient les autres socles sur lesquels reposaient la résistance de la Guinée et les stratégies de Sékou Touré. Président Somparé : Sékou Touré avait, d’abord, des qualités naturelles. Je vous ai dit qu’il avait la Baraka. En plus, il s’avait convaincre son auditoire. Quand, dans une réunion, il prenait la parole, tout le monde était obligé de lui prêter oreille, tellement sa voie était percutante et belle. Son timbre de voix était à tous points de vue exceptionnels. L`homme était un incomparable tribun, ne laissait personne indifférent et personne ne tient la comparaison avec lui en éloquence et en capacité de conviction. C’est pourquoi, il avait réussi à séduire les jeunes et les femmes de Guinée, presque sans exception. Son parti, le P.D.G-R.D.A, mobilisait tellement la jeunesse, que l’on avait fini de le caricaturer en disant que c’était le parti des femmes et des loubards. Sékou disait que les femmes de Guinée étaient les esclaves de deux systèmes : celui colonial et celui marital. Qu’il était indispensable de les libérer de ces jougs pour arriver au développement. L’histoire, sur ce plan également, lui a donné raison puisque tout le monde, aujourd’hui, reprend ses théories en parlant de sa promotion et de sa libération. Et rien d’étonnant qu’après l’indépendance, les jeunes et les femmes soient devenus les principaux piliers sur lesquels reposait sa force et son pouvoir. Moi qui vous parle, c’est à trente quatre ans (34) qu’il m’a nommé Ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire; poste auquel je suis resté de 1978 à sa mort en 1984. Sur la base de leurs compétences respectives, Sékou avait promu les jeunes et les femmes à tous les postes de responsabilités : Direction d’entreprises et de sociétés, chefs de services, ambassadeurs, etc. LDDA : A propos des complots qui étaient monnaie courante, et qui étaient devenus presque un des éléments du dispositif de consolidation du pouvoir de Sékou, quelle est la part de vérité et celle de propagande ? PRESIDENT SOMPARE : Sékou était trop sincère et honnête pour inventer des complots. Bien sûr, c’était l’argument de nos adversaires. Mais tous les complots éventrés étaient des réalités. Et nos adversaires, eux, en sont convaincus. Ce n’était pas de simples hantises, mais de véritables tentatives. Pour vous donner une illustration. C’est un grand responsable de l’administration sénégalaise, qui nous a mis la puce à l’oreille et aidés à faire échec à une tentative d’incursion de mercenaires qui avaient stockés des armes à la frontière entre le Sénégal et la Guinée, dans la perspective de renverser, par la force, le régime de Sékou Touré. Nos ennemis qui avaient, à l’époque, argué d’une machination et d’un stratagème destiné à nous séparer d’adversaires politiques, doivent aujourd`hui se raviser. Ce sénégalais a toujours été et est encore un patriote progressiste, un panafricaniste et un farouche partisan de l’indépendance. De la première tentative de 1962 à la tentative d’incursion du 22 novembre 1970, plusieurs autres complots ont été déjoués et la liste à été longue. Nous en avons compté 26 au total. LDDA : Sur la question de l’unité africaine et de la création des Etats-Unis d’Afrique, l’histoire est en train de donner raison à Kwamé Nkrumah et à Sékou Touré. Des hommes politiques comme Maîtres Abdoulaye Wade du Sénégal. Tabo Mbecki et Obansanjo, d’Afrique du Sud et du Nigeria, ou encore Abdl Aziz Bouteflika emboîtent le pas à leurs devanciers sur ce dossier. Quelle est votre appréciation sur cette question ? Président Somparé : C’est un sujet qui me passionne. Il faut d’abord faire constater, pour s’en réjouir, que les peuples sont largement en avance sur les dirigeants. Si vous allez au marché de Diawbé au Sénégal, vous vous rendrez compte que les peuples se moquent des frontières héritées de la colonisation. Savez-vous que la ville guinéenne de Boké, faisait partie du Sénégal dans l’ancien découpage colonial ? Aujourd’hui encore, vous y trouverez en très grand nombre des familles Niane, Diaw, Sall, Sy, Diakhaté. Le deuxième découpage a fait d’eux, des citoyens guinéens et leurs familles d’origine sont, pour la plupart à Saint-Louis du Sénégal et dans les autres localités sénégalaises. D’ailleurs, la question de la convertibilité et de la faiblesse de notre monnaie a obligé beaucoup de Sénégalais à repartir vers d’autres cieux. C’est dire à quel point nos frontières sont insensées. Ceci explique que les populations, elles, ne les respectent pas et que nous devons, en tant que dirigeants, nous battre pour faire triompher la cause de l’unité africaine........... D’ailleurs, en 1983 en France, lors d’un dîner, j’ai profité de la présence du Président Chirac, pour lui demander de nous aider à réaliser un regroupement des pays de l’ex-A.O.F en une même entité politique, ne serait-ce que pour atténuer l’écrasante domination des pays anglophones. Il nous faut procéder par approches successives pour y arriver. Cela a été presque réussi avec la création des trois blocs qu’étaient l’AEF, l’AOF et Madagascar. LDDA : Parlez-nous brièvement de la disparition du Président Ahmed Sékou Touré ? Président Somparé : Sékou est mort d’une mort naturelle. Sur un lit d’hôpital. La maladie l’a terrassé pendant qu’il était au Maroc. Le Roi du Maroc, sa majesté Hassan II a sollicité le Roi d’Arabie Saoudite pour disposer d’un avion rapide pouvant l’évacuer à l’hôpital de CLEVELAND aux Etats-Unis. Mais, Sékou n’y était pas favorable puisqu’il se savait condamné. Dans ses derniers souffles, le président Sékou Touré a demandé à ses proches et accompagnants de ne pas trop s’en faire en leur disant qu’il savait qu’il était arrivé au bout de son parcours, et que Dieu avait déjà pris sa souveraine décision après avoir exaucé sa prière de vivre au moins le temps que le Prophète a vécu et de régner le même nombre d’années que lui (23 ans). Cela a été le cas. Enfin, avant de rendre l’âme, le président Sékou a fait ses dernières recommandations, y compris à propos de la gestion de la continuité, et sa succession. Sékou nous a laissé un pays presque vierge de toute spoliation de ses ressources, encore presque intact, qu’il a sauvé de la dilapidation........................ Propos recueillis par Cheikh Tidiane Diop
FIDEL, lundi 31 mai 2010
Je suis analphabete mais mes ecrits ne viennent nullement de toi, imbecile. Et mieux t`es incapable de m`embarquer dans ton bateau.Tu sais AOT seuls les mals eleves se reconnaissent entre eux dans ce monde. Nous sommes tous mals eleves sur cette terre mais il y en a qui le sont plus que d`autres. Et pour etre impoli c`est comme toi j`aimerai devenir. Sale ethno, tu te trompes mais moi suis meme pas militant. Je defends la verité historique qu`il en deplaise aux minables de pantins. Allez vous faire pendre haut et court si vous n`en etes pas contents, je vote Alpha Condé pour te faire plaisir et il passe haut les mains une fois de plus. C`est une éléction entre balè et danè, pas plus ni moins.
Le facteur, lundi 31 mai 2010
Les debats sur l`oeuvre de Sekou Toure ont toujours seme la polemique.D`un cote,les admirateurs inconditionnels,de l`autre les detracteurs irreductibles.Cependant,rien n`autorise comme le font aujourd`hui bon nombre de Guineens a nier globalement les verites historiques.Personnellement,ma position est transversale car,toute oeuvre humaine comporte des gradeurs et des faiblesses.Mais,pour mieux camper cette etape de l`histoire de la Guinee,une retrospective s`impose.En effet, comme le souligne Monenenbo,au depart l`espoir etait permis.La question est de savoir pourquoi une telle perversion est intervenue?L`attitude passive de la classe politique en generale, a travres l`acceptation du systeme de parti unique est l`origine du mal Guineen .Cette privation de toute possibilite d`opposition ouverte,d`equilibre et de controle du pouvoir favorisa l`etablissement d`une oligarchie et en fin la tyranie.Or les pratiques du suffrage universel et de la democratie moderne etaient prevues par la constitution du 27 Octobre 1946.C`est d`ailleurs dans ce cadre relativement democratique que le PDG organisa la lutte anti-coloniale jusqu`a son avenement au pouvoir.A la veille du referendum,il y avait outre le PDG,deux formations politiques:le BAG de Barry Diawadou et le MSA de Ibrahima Barry3.La population rejetta la communaute du destin a plus de 94% conformement aux consignes concordantes de tous les dirigeants de parti.Entres dans le gouvernement,ces leaders furent coupes de leur base,que le parti unique engloutira.Sekou quant a lui appretait magistralement ses armes et construisait piece par piece sa redoutable machine a asservir.Il affirmait deja que son parti se confond a la Guinee toute entiere.Son aspiration totalitariste s`affirmait eloquement.Loin d`insulter la memoire de ces deux leaders,reconnaissons que ce fut une erreur immense que de se detacher de sa base et de continuer le jeu politique sans le peuple.S`agissant des complots,a ce que je sache,contrairement a ce qu`avance Monenenbo,le pretendu complot des enseignants etait plutot le second.Le 20 Avril 1960 un pseudo-complot sous l`appelation du complot des agents de l`imperialisme eclate.Ibrahima Diallo,Inspecteur du travail ,ancien President de la Federation des Etudiants Guineens en France,Fode Lamine Kaba(Imam de la mosquee de Coronthie),Toure Fode communement appele Gros Fode(pharmacien)et un francais pharmacien de son etat nomme Mr Rossignol sont arretes.Le2Novembre1961 intervient le fameux complot connut sous l`appelation du complot des enseignants et intellectuels tares.Le9Novembre1965c`est le complot des commercants avec l`arrestation entre autres de Petit Toure et Jean Farague Tounkara.Le 4fevrier 1969Sekou annonce l`echec du complot des policiens verreux et des officiers felons qui emportera Kaman,Fodeba,Karim Fofana,Baidi Gueye,Barry Diawadou,Dr Bocar Marega,commandant Cheick Keita,Pierre Koivogui...Le24 juin de la meme annee,il echappe a lattentat orchestre par Tidiane Keita.La 5eme colonne,terme utilise pour la premiere fois en Guinee par DR Kozel,medecin dentiste et cooperant tcheque en poste a Kankan,ami d`Emile Cisse ,qui le fera adopter par Sekou a partir de la seconde moitie de 1971( lors de la seconde vague des arrestations).Pour mieux comprendre,priere de bien vouloir se rapporter au film de Costa Gravas(l`aveu)tirer du recit de Lise et Arthur Londos qui disseque le regime policier de la tchecoslovaquie de l`epoque.Le complot"Peulh"en 1976 servira de pretexte a l`elimination de Diallo Telli,du capitaine Lamine Kouyate,Du DR Alpha Oumar Barry,de Drame Alioune...ainsi que de l`incarceration pendant plusieurs annees de Sekou Philo Camara,Hadja Bobo Diallo pour ne citer que ceux-la.Tout en denoncant les clivages ethniques et proclamant l`unite de la nation Guineenne,Sekou priviligia son ethnie Malinke.Des recherches portant sur l`origine ethnique de 6000 cadres qui ont exerce une activite politique sur la periode 1958-1984 montre une tres predominance des Malinkes,une bonne representation des SOSO et une sous representation des Peulhs et des Forestiers.En realite le pouvoir etait concentre entre les mains d`une poignee de fideles dont la plupart appartiennent a la famille presidentielle.Ces dispositions etaient les memes dans l`armee ainsi que dans l`administration generale,dans le parti et cela a tous les echelons jusqu`au sein du BPN et du CC.Le plus intriguant dans tout cela est la negation de ces faits historiques par les auteurs du livre intitule "piscine"redige par deux anciens agents de la DGSE de la France.Personnellement la principale appreciation que j`adresse au regime du PDG,est sa politique exterieure,a travers laquelle la Guinee possedait une image de marque digne et le Guineen jouissait d`une respectabilite a l`etranger que beaucoup d`autres Etats enviaient.En definitive comme l`a dit Frantz Fanon,chaque classe politique secrete le regime qu`elle merite.Pour terminer ,j`invite nos compatriotes a pardonner a fin que nous puissons repartir sur de bases nouvelles pour relever les multiples defis lies au developpement de notre chere Guinee.Bien a tous!A.L.B-Birmingham,AL-USA>
Amyson, lundi 31 mai 2010
Le conférencier a fait preuve de mauvaise foi quant on s`en tient aux propos rapportés dans ce texte. Même si on demande à un Nour El Malicky de parler de Saddam Hussein, il reconnaîtra au moins un seul mérite du dictateur. Un intellectuel doit être impartial et se débarrasser de la haine dans son discours. Thierno Monenembo, attribue le NON à Barry3, Diawadou et traite le reste de consorts. Il passe sous silence le rôle de certains membres de sa communauté peulh dans la dictature du PDG. Pour un non Guinéen, la lecture de ce texte laisse croire que les seules victimes de la dictature de Sékou Touré, appartiennent à la "nation" peulh (vision de Thierno). Le conférencier Thierno Monenembo ferait mieux de se présenter le thème de sa conférence comme suit: Récit de la haine d`un opposant présumé "intellectuel" contre un dictateur présumé "père de l`indépendance". Merci à Guineeactu de publier les avis critiques.
A.O.T. Diallo, lundi 31 mai 2010
Camarade fidel como castro de la galaxie pdg, tu es maintenant tellement previsible dans tes commentaires que tu me fais presque pitie; je pense effectivement que tu ne dois pas etre en realite Mr Mohamed Toure - meme lui ne peut pas etre aussi mal eleve et intellectuellement limite que ca; encore que: vivre 20 ans au Texas et deposer du fric a la banque sans prendre de recu, ca il fallait vraiment y penser!
Diallo, lundi 31 mai 2010
: La présidence de Sékou Toure à la tête de la guinée est une tragédie que seuls les imbéciles et les fascistes peuvent nier. La démonstration par de faits concrets de la haine de ce minable dictateur contre ses citoyens, intellectuels et officiers etc. suscite le respect et l’admiration du conférencier Thierno Monenembo. Ce débat ne remet nullement en cause la consolidation supposée de l’unité nationale. J’ose aussi croire que les Peulhs de 2010 ne se laisseront plus faire comme ceux de 1958 et de 1976.
FIDEL, lundi 31 mai 2010
La verité est là, Sekou est un HEROS pour tout ce qui ont été l`objet d`une politique dans ce monde: Houphouet, Mandela, Senghor, Mamadou Dia, Castro, Tché, Tito, Nasser, Modibo, Moussa, ATT, Jean Marie Doré, Lansana Conté, Aboubacar Somparé etc........ Les detracteurs de Sekou Touré peuvent aller se faire pendre haut et court. Et je vous mets au defit, Alpha Condé passe haut les mains.Fidel como Castro
Guinéen, lundi 31 mai 2010
Ouf ! on dirait que c`est le seul sujet dont Monembo sait parlé. Je vous dois respect et considération , mais SVP Essayez de grandir un peu. L`Allemagne a massacré des millions de Français mais aujourd`hui c`est les meilleures alliées en Europe.
Georges, lundi 31 mai 2010
FALL, je pense que c`est vous semblez etre aveuglé par un esprit de vengeance et non le RPG. Sekou TOURE est Sékou TOURE et Aplha Condé est Alpha Condé. N`oubliez que ce dernier est condamné par contumace, comme beaucoup d`autres intellectuels, par le régime de Sékou TOURE. Allez n`essayer pas d`amener les guinéens en bateau les RPGistes et les PDGistes de Sékou TOURE. Et tout cela pour défendre la candidateur des " voleurs" de la république. D`ailleurs dites- moi comment le RPG volera les élections alors que, en ce que je sache, ce n`est pas lui qui organise les élections ?
mohamed soumah, lundi 31 mai 2010
monsieur FALL vous avez raison le fait que le changement est venu du 28 septembre 2009 ne laisse pas le vieux tranquille ,car il sait que les opposants qui y sont allés sont devenus plus celebres alors que ALPHA avait dit DADIS ne fait que poursuivre son travail en enchainant il faut soutenir dadis ou bien il ne faut pas le soutenir lors de son discours en region forestiere? donc cet homme sachant que ses parents etaient a la maison n´a pas de passion pour les autres,il neglige aussi les crimes PDGistes donc il est simplement rancunieux ,il faut etre un PIVI pour pouvoir disculper le cerveau des massacres du janvier 2007,des policiers 2008 et 28septembre 2009,il srait un bon prefet pour kankan.
M.FALL, lundi 31 mai 2010
Mr “Georges”, je n’invente rien quand je dis que le RPG considère le tyran Sékou Touré comme un héro. Je vous prie de lire l’article (qui se trouve sur ce même site) qui illustre mon propos : http://www.guineeactu.com/info.asp?mph=deta&ID=4671. Alpha Condé veut ramener le régime du sanguinaire Sékou Touré et nous ne l’accepterons pas car il faut que la Guinée avance. En plus vous conviendrez avec moi que Alpha Condé minimise les atrocités du 28/09/ 2009 quand il tente d’innocenter PIVI et qu’il affirme que le RPG a connu plusieurs 28/09. Ce leader voit tout sur l’angle ethnique donc si par malheur on vole les élections pour lui il cherchera à se venger du « Wofatara » de l’autre dictateur et essaiera de finir l’œuvre de son héros à savoir l’extermination des Peulhs.
cov, lundi 31 mai 2010
olonel Facinet Touré, ancien ministre Réalisée le 14 décembre à 17h29 par Camara Moro Amara . Commenter Envoyer Imprimer Secrétaire Général de la Grande Chancellerie : « le camp Boiro est un lieu où l’être humain était avili, chosifié » Au lendemain de la célébration par les victimes du Camp Boiro du 37ème anniversaire de `la nuit des fusillades`, nous avions été reçus par le Colonel Facinet Touré dans son bureau de la Chancellerie Nationale- non loin de la primature et du palais de la Nation- où il est le Secrétaire général. Dans cet entretien à bâton rompu qui aura duré deux heures 20 minutes, l`officier et l`ancien ministre qu`il fut nous a fait un `cours d`histoire` sur la Guinée indépendante. Plutôt nous a livré sa part de vérité sur la Guinée, ses Institutions et les deux régimes qui se sont succédé à sa tête. Du Camp Boiro à son départ du gouvernement en 1993 en passant par le coup d`État militaire du 3 avril, les péripéties du `complot Diarra Traoré` du 4 juillet 1985, ses rapports avec le Président Conté, la création de l`Armée Guinéenne, les décorations du cinquantenaire, le phénomène Claude Pivi, alias Coplan, voilà autant de sujets qui ont fait le menu de cette interview avec le colonel Facinet qui célébrera dans quelques mois ses 76 ans. ` Je suis prêt à répondre à toutes les questions que vous voulez me poser`, nous lançait-il, tout au début de cet entretien, d`une voix ferme avec une lucidité qui l`a toujours caractérisée.` Guinéenews© : Les victimes du Camp Boiro viennent de commémorer le 37ème anniversaire de ‘’la nuit des fusillades’’. 37 ans après, quels témoignages le Colonel Facinet Touré peut-il nous livrer quelques faits autour de l’histoire de ce tristement célèbre camp dont vous aviez été un des pensionnaires ? Colonel Facinet Touré : C’est effectif que j’ai séjourné au camp Boiro par deux fois. En 1961 et 1977, pour diverses raisons. D’ailleurs, que moi-même je ne comprends pas jusqu’ici. Célébrer l’anniversaire des exécutions du 18 octobre comme les enfants des victimes l’ont fait pour la semaine dernière, je crois que c’est un devoir de mémoire qui nous interpelle tous. Le camp Boiro a fait des victimes dans toutes les familles guinéennes. Il n’y a pas une seule famille qui n’a pas perdu un de ses membres au camp Boiro. Il est vrai que tout le monde ne se manifeste pas, tout le monde n’en parle pas. Mais à côté de ceux qui se manifestent, qui écrivent, il y a bien d’autres très nombreux qui pensent tout bas comme eux, qui se manifestent dans la rue, qui réclament ou revendiquent. Le camp Boiro est un pan de notre histoire dont nous devrions avoir honte. Parce que c’était le lieu de la bestialité à l’état pur, de la cruauté. Un lieu où l’être humain était avili, chosifié. Parce, que je vous dirais que le quotidien d’un détenu au camp Boiro, au bloc, il faut préciser, parce qu’il y avait le lieu dit « Tête des morts » en plus du ‘’Bloc’’. Je connais beaucoup plus le bloc où j’ai séjourné. Eh bien ! Le quotidien d’un détenu là- bas se résumait ainsi : d’abord quand on vous arrête, on vous y conduit, il faut avant tout rappeler qu’on vient vous prendre au sein de votre famille. Devant votre femme, vos enfants, sans ménagement, on vous embarque, on ne vous explique pas pourquoi, on vous amène au camp Boiro. Une fois arrivé, à l’entrée du Bloc, le chef de la mission descend et vous l’entendez dire au chef de poste « le colis est là ». À partir de cet instant-ci, le détenu cesse d’être un être humain pour être un colis. Donc une chose. Le chef de poste donne des ordres à sa Garde qui se lève, armes au poing, elle constitue une haie dans laquelle passent le détenu et son escorte pour aller jusqu’au chef de poste. C’est là que des questions lui sont posées pour qu’il décline son identité, sa filiation etc. ... Donc tous les renseignements au peigne fin. Au finish, s’il y a une tenue courte bleue de disponible, on la lui donne pour qu’il l’enfile. Sinon, on le laisse en slip et on lui donne un pot de chambre. Il est ainsi escorté jusqu’à sa cellule, qui est déjà préalablement préparée. On lui dit de regarder le chiffre qui est écrit sur la porte de la cellule. Il faut qu’il retienne ce chiffre. Parce qu’une fois qu’il est là dedans, il ne s’appellera plus que par ce chiffre. Donc on l’enferme, il n’y a pas de natte et il se couche sur un parterre crevassé. Et on écrit sur la porte de la cellule avec la craie blanche la lettre « D ».qui signifie diète et qui dure généralement cinq jours. On ne lui apporte ni à manger ni à boire. On ne touche même pas à votre porte. Après on vous conduit devant le Comité révolutionnaire. Là, vous voyez tout : les sandwichs, de l’eau fraîche, des jus, la cigarette. Toutes choses de nature à tenter quelqu’un qui est resté cinq jours sans manger, sans boire. Et on vous tend un écrit : « lisez ! ». Ça fait cinq jours vous n’avez pas bu, ni mangé. Si vous voulez manger et boire, lisez ! Alors quand vous jetez un coup d’œil sur l’écrit qu’on vous tend, mais vous tombez des nues. Vous vous interrogez, en disant c’est quoi ? Mais je suis fou ! Je ne comprends pas. Il y a du n’importe quoi sauf la vérité. Alors si vous résistez, vous refusez de lire ce qui est écrit, on vous transporte à la « Cabine technique » ; c’était le nom donné à ce lieu. Mais moi, j’ai toujours préféré l’appeler la ‘’Cabine de torture.’’ Il y avait différents modes de tortures : un téléphone de campagne russe, un fut d’eau usée, pneu de camion, tapis de granite. La torture par le téléphone de campagne se faisait comme suit : détenu attaché ou menotté assis sur une chaise, on lui branche des fils électriques sur les extrémités sensibles ( orteils, doigts, oreilles et les partie génitales) qui reçoivent ainsi des ondes électriques au fur et à mesure qu’un tortionnaire tourne la manivelle pour produire le courant. C’est douloureux et c’est interminable. Il y en a qui sont arrivés avec un cœur malade ; sous l’effet de la douleur, ils ont rendu l’âme. C’est pourquoi on ne les a jamais entendus pour la plupart. Si vous résistez c’est jusqu’à un certain temps. Cette résistance peut avoir des limites. Vous dites alors écoutez « arrêtez » donnez votre papier, je le lis. C’est ainsi qu’on entendait tout ce qu’on entendait : « je me nomme tel, je reconnais, je reconnais… » Des aveux extorqués. Donc à partir de ce jour- là, le détenu est ramené dans sa cellule. Il vit un régime dit « normal ». A savoir, qu’on lui donne à boire et à manger. La journée commence par la vidange (quatre heures, cinq heures du matin voire trois heures du matin), on commence à ouvrir les cellules une à une. La cellule qu’on ouvre, son occupant est escorté avec son pot de chambre pour aller le vider et le laver. Puis il est réexpédié dans sa cellule. On passe à une autre cellule et ainsi de suite… Vers 10 heures, 11 heures, on vous amène le petit déjeuner. Ce petit déjeuner est composé de quinquélibat vraiment « fatigué ». Parce que, quand on regardait dans la marmite, on voyait le fond. C’est une eau limpide accompagnée de trois morceaux de sucre et une rondelle de pain. Une miche de pain de 350g était repartie entre 12 personnes. Chaque personne n’avait droit qu’à une rondelle. Là aussi, il y a tout un scénario. Parce que, celui qui vous amène cette eau tiède là qu’on appelle quinquélibat, vient ouvrir la cellule et vous sert dans de vieilles boîtes de lait concentré, rouillées par endroit. Après avoir servi ce quinquélibat, il ferme et s’en va. Celui qui doit amener les trois morceaux de sucre, prend toujours son temps pour laisser refroidir cette eau. Il attend qu’elle refroidisse complètement. Il vient par la suite ouvrir la porte et vous jette les morceaux de sucre. Puis il ferme et s’en va. Et enfin, celui qui doit amener la rondelle de pain, prend à son tour son plaisir avant d’arriver. Voilà le petit déjeuner. Vous restez enfermé comme ça. Vers les 11 heures, on vient ouvrir pour vous servir de l’eau. C’est toujours dans les mêmes boîtes et on ferme. Vers 14 heures, 15 heures, quelques fois même à 16 heures, c’est le repas. Mais ce repas était préparé à partir d’une marmite qui prenait 11 seaux d’eau. C`est-à-dire 11 seaux de 11 litres. Ensuite on y écrase quelques poissons. On met du sel et du piment. On laisse bouillir. Quand on vient vous servir votre riz avec cette espèce de sauce, vous regardez votre riz qui n’est même pas regardable. A plus forte raison être digeste. Puisqu’il n’y avait pas mieux, l’instinct de survie vous conduit à manger ce qu’on vous sert. Donc on mange ce qu’on peut manger. Vers 17 heures 30, il y a la relève de la Garde. On vient vous compter comme du bétail pour que le chef de poste entrant prenne des consignes. Vous restez ainsi enfermés jusqu’au lendemain encore. Il faut préciser qu’il n’y avait que ce seul repas par jour. Voilà donc le quotidien d’un détenu. En ces lieux, seule la foi était le refuge. C’est pourquoi vous constaterez en menant des enquêtes que beaucoup de personnes sont allées là-bas athées, elles en sont sorties très pieuses ; en devenant par la suite des musulmans ou des chrétiens. C’est pourquoi, même ces rondelles de pain qu’on nous servait, quoiqu’on fût des affamés, on se privait de la mie pour faire des grains de chapelet. C’est là-bas qu’il m’a été donné de constater qu’un être humain en bonne santé pouvait rester 18 jours sans manger. Le 19ème jour, elle devenait cadavre. Nous avons vu ce spectacle pour l’occasion. Dans la mesure où on décidait quelquefois du sort de quelqu’un par inanition. Donc par la diète. Et c’est cette diète là justement, qu’on appelle la diète noire. La diète, c’est la privation. Mais on l’appelait diète noire parce que, c’était jusqu’à ce que mort s’en suive pour l’occupant de la cellule. Et on écrit la lettre «D» avec du charbon. Personne ne touchait à la porte de la cellule tant que le détenu bougeait ou y respirait. C’est ainsi que nous avons été amenés à constater dans une cellule de quelqu’un qui était mis à la diète après sa mort qu’il a attrapé des rats d’égouts et les a mangés crûs. Un autre dans sa cellule où se trouvait un pied de soulier en cuir. Après sa mort on constaté qu’il avait rongé le cuir du soulier. Ils sont nombreux ceux qui ont uriné, qui ont bu, qui ont fait caca et qui l’ont mangé. Tout ceci s’est passé en Guinée, notre pays. A une période où ce que nous vivions nous disait que l’homme était le capital le plus précieux de tous les capitaux. Certains prenaient plaisir à tuer l’homme comme un petit poussin. Un prisonnier a été mis à la diète noire jusqu’à ce que mort s’en suive, parce que tout simplement, étant de corvée pour piler le riz, en laissant tomber le pilon par inadvertance, ce pilon a écrasé le poussin du geôlier. Ce dernier l’a mis à la diète jusqu’à ce que mort s’en est suive. Il est difficile de décrire exactement tout ce qui s’est passé dans ces geôles. C’est très difficile. Mais c’est l’histoire, il faut qu’on en parle. C’est vrai, on dit que si on ne crève pas l’abcès, on ne peut pas sortir la pue. Donc, on ne peut pas panser la plaie. Mais quelques fois, il est difficile de crever cet abcès là. Parce qu’il y a des vérités qui sont insoutenables. Ils ont fait preuve d’une inhumanité inqualifiable au camp Boiro. On ne me l’a pas conté, je l’ai vécu. Moi je me rappelle, j’étais à mon quatrième jour de diète, quand Abdoulaye (Portos), l’ancien ministre de Sékou Touré y était, et était passé derrière le mur de ma cellule, ou il était de corvée, il a cogné contre le mur. Ça, il prenait des risques. Mais c’était tout simplement pour me dire, Facinet tient bon hein ! C’est la longue marche. Un autre est venu, c’était Bejani qui a été l’intendant de l’armée. Il me dit : « Facinet refuse de mourir. Il faut tenir bon ». Ça, c’était à Boiro. On m’a sorti pour mon premier bain après un mois 26 jours. Sans savon, sans éponge. Il fallait tout simplement que le garde tienne le raccord, m’asperge d’eau. Autour de la borne fontaine, il y avait Monseigneur Tchidimbo Raymond Marie, Gomez, Yoro Diarra, Elie Hayeck, Alhassane Diop, Elhadj Fofana, tous ces grands détenus étaient présents. Puisque le garde a été un peu distrait lorsqu’il a fini de mouiller tout mon corps, il causait avec un de ses copains. Donc j’ai profité de son moment d’inattention et dit, « De toute façon, ce dont je suis sûr c’est que je ne vais pas durer ici ». Tous ceux que j’avais cités ci-haut m’ont regardé. Toutes ces paires d’yeux étaient braquées sur moi. Pour me dire par la voix de Monseigneur Tchidimbo, « Mon frère, nous ne souhaitons même pas que tu fasses encore une heure ici. Mais peut-on savoir pourquoi tu es affirmatif en disant que tu ne vas plus durer ici ? » Bêtement j’ai lâché, « c’est parce que je n’ai rien fait ». Il a répliqué : « Nous, nous savons que tu n’as rien fait. C’est pourquoi depuis que tu es là est-ce qu’un d’entre nous t’a demandé pourquoi on t’a amené ici ? » Je dis « non ! » Il dit : « Mais nous croyons qu’un cadre de ton niveau savait que nous aussi nous n’avons rien fait. On te souhaite bonne chance… » Et ils se sont dispersés. Jamais dans ma vie d’homme je ne me suis senti bête, qu’à la minute là. Du dehors, avec les arrestations, je me disais quand même, ce n’était pas possible, lui, il n’a pas pu trahir, il n’a pas pu faire... Par après, je me dis de toutes façons si on l’a arrêté c’est qu’il y a quelque chose. J’avais ce doute. Mais c’est là-bas que j’ai réalisé que j’ai été tout simplement bête. Alors, je me suis dit donc je vais devenir comme eux. De la borne fontaine quand on me retournait dans ma cellule, je vous assure que j’étais complètement démoralisé d’avoir découvert une telle réalité. Même Lamarana, le petit de 13 ans, qu’on dit avoir été pris dans un arbre en face du 2 août avec un pistolet à la main « devait attenter à la vie du président, ce qui a même servi pour ficeler le complot soit dit peulh. Ce petit, je l’ai trouvé à Boiro, à 23 heures, minuit ou 2 heures du matin, c’étaient des cris d’hystérie. Il dit, « vous m’avez dit de faire ça, j’ai fait. Vous m’avez demandé de dire ça, j’ai dit. Vous allez me faire ou me donner ça ! Résultat … J’ai fait tout ce que vous m’avez demandé de faire…Vous me prenez, vous m’enfermez et vous ne me libérez pas. Libérez-moi ! Naturellement il est resté, on ne l’a pas laissé sortir. Voilà à peu prés ce qu’on peut dire du camp Boiro. D’autres vous diront d’autres choses. Parce qu’on n’a jamais vécu la même chose, chacun a vécu quelque chose. Voilà ce que moi j’ai trouvé au camp Boiro et ce que je peux dire de ce camp. Beaucoup ont été tués par la diète noire, d’autres étaient extraits de leur cellule pour être fusillés, c’était ainsi et pour tous les jours. C’est au camp Boiro où j’ai eu des problèmes d’yeux. Parce que vous êtes enfermé de jour comme de nuit 24h/24h, les bruits dans la cour par curiosité, vous voulez voir, il y a de petits trous sur la porte de la cellule. Vous cherchez à voir mais ça fatigue les yeux. C’est pourquoi beaucoup sont sortis de là-bas aveugles. Il y en a qui sont restés aveugles, d’autres paralysés… Moi je n’ai pas la prétention de juger quelqu’un qui a été amené à assumer une parcelle de responsabilité dans la conduite de son pays. Je me suis toujours dit avec philosophie que ce jugement là n’appartient qu’à Dieu. Moi je refuge de juger. Je dis, d’autres l’on dit avant moi, qu’il n’y a pas de pouvoir innocent. Quiconque a assumé une parcelle de responsabilité dans son pays, a quelque chose de quoi s’excuser. Quand on exerce le pouvoir, on représente un régime, un système où on est responsable individuellement, parce que l’acte on l’a conçu soi même, on l’a réalisé, on est donc directement coupable ou c’est venu du système dont on est responsable collégialement. Personne n’est exempt. Si le peuple n’est donc pas tolérant, compréhensif, il y a beaucoup à condamner. Si nous voulons que la vérité jaillisse comme tout le monde le souhaite et le revendique, il est important que les uns et les autres soient préparés, disposés à entendre cette vérité de façon sereine et à accorder son pardon au bourreau qui s’est repenti. « J’attends qu’on m’apporte les preuves qu’il y a eu complot en Guinée. » Guinéenews© : Qui était donc Facinet Touré sous la 1ere République ? Colonel Facinet Touré : Sous la première République, j’étais un petit serviteur de ce pays toujours dans les rangs de l’Armée. Il parait que pour certaines qualités qu’on me reconnaissait, je me suis retrouvé après avoir exercé comme administrateur militaire et même financier dans l’Armée, à beaucoup de postes. À un moment donné, il a été décidé de me nommer Attaché militaire au cabinet de la Défense. Donc toutes les relations de l’Armée guinéenne avec l’extérieur, étaient naturellement gérées par le ministre, mais par mon intermédiaire. Guinéenews© : Dans quel contexte, Colonel vous avez été arrêté ? Colonel Facinet Touré : Ha !!! Bon j’avoue que le premier contexte en 1961, je n’aime pas trop en parler dans la mesure où il y va de ma dignité. Il est vrai que bon… Il y a un monsieur pour qui j’avais beaucoup de respect, étant donné l’écart d’âge qui nous sépare. Un être que je respecte toujours. Chaque fois qu’il est venu à moi pour quelque problème que ce soit, il le sait en son âme et conscience, que je lui ai toujours donné satisfaction. A mon grand étonnement, je ne le sais pas, sur quelle radio on l’a annoncé, moi je ne l’ai pas entendu, on me l’a rapporté, pour dire que moi j’aurais dit qu’on m’a envoyé au camp Boiro. Alors il l’a dit, « pour lui c’est normal qu’on l’envoie au camp Boiro. Parce qu’il a brûlé son fils comme une brochette ». Ah !!! C’est une contre-vérité terrible de la part de cet homme. Peut-être que même si moi j’avais brûlé mon fils, cela ne regarde que moi ; c’est mon fils. Mais lui, à un moment il a représenté la Guinée à l’extérieur. Il a été Ambassadeur. Il s’est livré à des actes qui ont porté atteinte à l’honneur de notre pays. Guinéenews© : Cet homme, qui était-il ? Colonel Facinet Touré : Pour le moment il se reconnaîtra. Puisque c’est lui qui a accordé l’interview à une radio de la place. Il est là et continue à vivre. Cela dit en 1961, on nous a pris ici pour nous envoyer dans le cadre de l’ONU au Congo Léopoldville de Lumumba. Le contingent guinéen a commencé à s’embarquer d’ici, du 20 au 25 juillet. Nous y avons séjourné six mois et nous sommes revenus le 8 février 1961. Il s’est trouvé que certains tenants du régime, donc des ministres, qui devaient s’ériger en policiers de nos familles, de nos biens, parce qu’ils nous ont envoyé en mission à l’extérieur du pays, étaient plutôt ceux- là qui ont tenté de porter atteinte à l’honneur de ma famille. Alors quand je suis revenu, j’ai appris tout cela. Pas de gaieté de cœur, j’ai cherché celui qui était l’envoyé de ces ministres là. Pendant trois mois je le cherchais. A l’époque j’étais sergent–chef, bagarreur. Je l’ai coincé en ville ici, je suis descendu de mon véhicule et suis allé me mettre devant lui, en disant : « sergent chef Facinet Touré, ça vous dit quelque chose ? » Il dit « non ». Je dis : « Bon, je suis le mari de la femme dont vous vous êtes moqué. Parce que j’étais absent ». « Quelle femme ? », dit-il. Je lui ai donné un coup de tête. Il a saigné et a crié comme un veau. Les gens sont accourus pour me l’enlever. Il avait du sang sur la chemise. Il est allé voir naturellement ses patrons qui ont téléphoné à mes chefs. Sans expliquer exactement de quoi il s’agissait. Voilà comment on est venu me ramasser, on est allé m’enfermer au camp Boiro à l’époque les cellules étaient en construction. Le second cas, en 1977, on préparait le festival de Lagos « festival 77 », comme ils l’ont appelé. Comme on a tenu à jouer la pièce Thiaroye qui était essentiellement militaire, il a été demandé à l’Armée de fournir des officiers politiquement et intellectuellement bien formés. Pour aider à monter la pièce. Moi j’ai été choisi par mon ministre et envoyé. Des mois durant, on a travaillé ici sur cette pièce, puis nous sommes allés à Lagos. Mais en allant à Lagos, j’ai un de mes camarades de promotion de l’École des officiers, Oumar Diakité, qui a son petit frère à Lagos comme professeur d’Anglais. Donc il m’a donné une lettre pour son frère. Je suis parti avec cette lettre. Mais nous, les cadres de la pièce Thiaroye, n’avions fait que 7 jours à lagos. On a fini de jouer et on est rentré. Dans ce laps de temps, je n’ai pas pu voir le destinataire de la lettre. Je parlais de cela en présence d’un Commissaire de police (paix à son âme), Bangaly Fodé Dioubaté. Il me dit « Frère, Djigui, je le connais. Il a même été mon camarade de promotion ». Je lui ai expliqué que c’est son grand frère, mon ami, qui m’a remis une lettre pour lui. Je n’ai malheureusement pas pu le voir. Puisqu’on n’a même pas été faire un tour en ville. Il me dit : « puisque nous, nous sommes ici pour le moment, laissez moi la lettre ». Ce que je fis. C’est ce commissaire qui, après mon départ de Lagos, a vu Djigui et lui a transmis la lettre tout en lui précisant que c’est moi qui l’ai chargé de déposer la lettre à son niveau. Djigui, lui aurait confirmé que je suis effectivement l’ami de son grand frère. Et d’ajouter : « je n’ai pas suffisamment d’argent disponible à envoyer à mon frère. Je vais néanmoins te remettre 100 Naïras pour lui ». Soit à peu près 3.500 Sylis à l’époque. Bangaly Fodé lui répondit : « écoute Djigui, j’ai ma voiture qui a des pannes de pièces. On va au marché, tu vas payer ces pièces pour moi. Arrivé en Guinée, moi je remettrai la contre-valeur à ton frère’’. Ainsi dit, ainsi fait. Bangaly Fodé arrive à mon insu en Guinée. Il paraît qu’il m’a appelé deux fois sans pouvoir me joindre. Il s’est dit, bon, je ne vais pas garder cet argent là. Il ne faudrait pas que je l’utilise autrement. Je m’en vais chercher le destinataire. Parce qu’on lui avait dit de passer par moi. Il cherche et trouve le destinataire. Il lui dit : « on m’avait dit de passer par le frère Facinet. Mais comme il est occupé je n’arrive pas à le voir. Je n’utiliserai pas cet argent. C’est pourquoi je vous ai cherché. C’est votre frère qui m’a remis l’argent ». Voilà ! Voilà comment ça s’est passé. Ceci également s’est effectué à mon insu. C’est après tout cela qu’on est venu me ramasser. J’étais avec ma femme et mes enfants au Camp Samory. Et on va m’enfermer. Quand on nous a envoyé à l’interrogatoire, je dis « nous » parce que après moi, j’ai vu ce commissaire aussi arriver menotté. Guinéenews© : C’était en quelle année ? Colonel Facinet Touré : En 1977. Donc il y a avait deux lettres. Une était destinée au commissaire, l’autre au destinataire de l’argent, le Capitaine Oumar Diakité. On nous dit de lire ces deux lettres On les lit. Et je m’aperçois que dans les deux lettres mon nom est mentionné. Il était écritg : « Comme convenu tu verras le frère Facinet pour qu’il te conduise à mon frère où tu lui donnes l’argent pour remettre à mon frère ». A son frère il disait : « Bon, j’ai remis tant à tel, il va remettre au frère Facinet pour toi ou alors lui-même, le frère Facinet, va remettre l’argent à l’ayant-droit… » J’ai répondu et dit : « l’auteur ; je le connais, c’est le petit frère d’un ami. C’est mon frère. Le contenu je l’ai lu mais je n’y comprends que dalle ». C’est là que le commissaire a pris la parole pour dire qu’il comprend maintenant. Et, il a expliqué tout ce que je vous ai dit tantôt, comment ça s’est passé. Alors, quand il a fini, j’ai répliqué en disant, que si on m’avait dit que dans mon pays, on peut prendre un simple individu dans la rue, un homme ‘’Lambda’’ et qu’on vienne l’enfermer à Boiro. Qu’on le traite comme on m’a traité, je dis j’aurais juré que non. À plus forte raison un cadre de mon niveau qu’on connaît. « Oui, bon ! Il y a eu des erreurs mais… me dit-on. De toute façon, tu peux téléphoner à ta famille, on va te libérer ». Je dis, « quand vous me libérerez, ma famille va me voir. Je ne téléphone à personne ». On nous a retourné dans nos cellules. C’est là que nous sommes restés. Cela faisait trois mois (26-28) jours. A l’époque, Amnesty International faisait une grande campagne pour venir en Guinée, visiter les prisons politiques. Ah ! Les tenants du régime ne voulaient pas que cela ait lieu. Donc, je ne sais pas comment ils ont réussi à faire intervenir les américains. Et ceux-ci ont posé une condition. À l’époque, les avions soviétiques transitaient ici pour l’Angola. On avait même créé le dépôt de carburant, à Sans-fil, où il y a les entrepôts de PAM. Ces dépôts servaient à alimenter les gros porteurs soviétiques pour l’Angola. Puisque les américains voulaient mettre un terme à cela, (donnant – donnant) la Guinée interrompt le transit de ces avions soviétiques. Les américains à leur tour interviennent pour calmer l’ardeur d’Amnesty International. Amnesty qui devait quand même venir. Ils ont donc eu le temps de vider toutes ces prisons politiques des gens comme nous. On viendra nous dire ceci : « vous aller sortir aujourd’hui et on nous prend pour nous embarquer dans un camion, la journée, pour venir nous déposer dans la cour de la sûreté. Là, le régisseur qui nous reçoit, je vous précise est un camarade à moi que j’avais fait nommer quand le ministère de l’Intérieur nous a demandé des officiers pour gérer des prisons. Puis il commence à expliquer. Et là on prend une liste qui nous accompagnait. C’est avec cette liste qu’on me dit que j’ai été arrêté à la frontière. Je suis condamné à un (1) an de prison avec comme motif « sortie clandestine ». Alors que j’avais épuisé combien de passeports. Parce que j’étais toujours auprès des délégations du Comité de libération de l’OUA. Je faisais partie de toutes les délégations guinéennes, au sein de ce comité. Je dis non, en criant dans la Cour. Je dis (qu’on me condamne même à mort, je m’en fout et que Dieu jugera). Mais pas sur des bases aussi mensongères. « On vient me prendre, je suis avec ma famille, on m’amène au camp et on me dit qu’on m’a pris à la frontière, sortie clandestine, moi ? J’ai crié ! ». Le Régisseur même a pris peur. Il dit ah : « je vous ai dit ça vraiment parce que je suis très proche de vous, on est lié, sinon je ne devais même pas le dire ». Je me suis calmé. Mais tous ceux qui venaient me voir, je leur racontais la vie carcérale du camp Boiro. Il me dissuadait en me disant « mon ami tais toi… ». Et je répondais, « on m’emprisonne, on veut me museler ? Je dirais tout ce que j’ai vu. Parce que ce n’est pas humain ». Un jour, on vient me dire de faire une demande de grâce au président de la République. Je dis, ils m’ont condamné à un an de prison et il me reste combien maintenant ? Et j’ai dit : « même s’ils communiaient cette peine en condamnation à mort, à exécuter sur le champ, j’ai juré que je ne demanderais pas pardon. Qu’on me tue, je ne demanderai pardon à personne. Pour la bonne et simple raison que je n’ai rien fait de répréhensible ». Cela fit tellement de bruits que le directeur de l’administration pénitentiaire à l’époque, qui était le capitaine Finando, un autre camarade, a reçu l’ordre de nous éloigner de Conakry. On était trop remuants. Ce dernier viendra nuitamment me dire : « je t’ai dit de te calmer, tu n’as pas voulu, maintenant j’ai reçu l’ordre de vous éloigner de Conakry. Mais toi, je ne peux le faire comme ça, sans venir te demander où tu souhaiterais aller ? Quelle prison ? Je réponds la plus proche de Conakry, puisque ma famille est à Conakry. C’est ainsi qu’on a été envoyé à Dubréka. Là, évidemment, le premier jour, on a dormi dans cette prison. Mais dès le lendemain, on ne dormait plus dans la prison. On a pris des maisons. Les autorités auxquelles j’avais été recommandé par certaines personnes, ont envoyé me chercher. Je leur ai fait savoir que je suis prisonnier, celui qui veut me voir vient à la prison. Moi je ne vais chez personne. C’est ainsi que j’y ai fait tout mon séjour. Ensuite on nous apprend que nous sommes graciés par le président de la République à l‘occasion d’une fête. Mais j’avais juré ne jamais plus servir la nation guinéenne, parce qu’étant déçu. Je l’ai dit, je préfère vivre aux crochets de ma femme plutôt que de travailler. Guinéenews© : A vrai dire, tous les détenus du Camp Boiro étaient-ils tous des victimes ? Colonel Facinet Touré : Oui. En attendant que je sois convaincu du contraire. Je le crierai haut et fort. Pour moi, jusqu’à preuve du contraire, ils ont été des victimes. Qu’on dise ou crie (complot, complot), ça dépend de ce qu’on rajoute à ce concept. Que veut-on dire par complot ? Que l’ancien colonisateur n’ait pas digéré qu’on l’ait bouté hors de notre pays et qu’il entreprenne quelque chose pour reconquérir la Guinée, je ne l’exclus pas. Mais dire qu’il y a eu en Guinée des patriotes à sa solde ? Non ! Je n’y crois pas. Il suffisait tout simplement que vous soyez brillant. Et voilà on cherche une occasion pour vous éteindre. Comme l’a dit Portos dans son livre « La vérité du ministre » en Guinée à l’époque, toutes les herbes devaient avoir la même taille. Celles qui dépassent les autres, on les coupe. Je le dis très sincèrement, j’attends qu’on m’apporte les preuves qu’il y a eu complot en Guinée. Jusqu’à la preuve du contraire, je refuse de croire qu’il y a eu complots. Au sens où ils l’entendent. Guinéenews© : Voulez-vous insinuer que le régime défunt s’est servi des évènements de 1970 pour liquider pas mal de cadres guinéens ? Colonel Facinet Touré : Mais on le sait. Toutes ces révolutions, on l’a dit, se nourrissent de leurs enfants. La révolution guinéenne ne fait pas exception à cela. Comme ailleurs les autres révolutions se sont nourries de leurs propres enfants, la révolution aussi avait fait la même chose. Toutes les occasions étaient bonnes pour faire disparaître certains. Guinéenews© : Qui tenez-vous pour responsable(s) de tous ces actes de tortures et violations des droits dont étaient victimes ces détenus ? Colonel Facinet Touré : Comme je l’ai dit tantôt, il y a des responsabilités collectives ou collégiales et des responsabilités individuelles. Tous ceux qui ont assumé une parcelle de responsabilité, y compris moi même. J’ai été ministre dans ce pays là. Tous ceux qui, à l’époque, étaient ministres, avaient la voix au chapitre, pour moi ils sont responsables. Tout a fait. A suivre de très près...... Propos recueillis par Camara Moro Amara pour Guinéenews© en collaboration avec le journal « L’indépendant »
lamso, lundi 31 mai 2010
de toutes les façons MONENEMBO ,CAMARA LAYE ,WILLIAMS SASSINE sont ceux qui auront laissé quelque chose aux enfants de leur pays contrairement au messie qui a semé la terreur dans la cité ,sekou etant parti ses oeuvres qui restent sont LE CAMP BOIRO ,la 5eme colonne ,et sa haine contre l´ethnie peuhle les hommes partent les oeuvres restent SEKOU TOURÉ a laisse des mauvaises cicatrices sur les visages des enfants guineens. ce homme n´est nullement heros il reste un individu qui a defendu ses interets et celles de sa famille et amis .
le Bon, dimanche 30 mai 2010
la je suis confu, Je pensais ke Mr Bangoura Y etait raisonable, mais avec ces lignes je suis ka mm decu ou bien c`est pas le meme Bangoura Youssouf
Abdoul.H, dimanche 30 mai 2010
La question qui était le sujet de cette conférence mérite bien d`être posée: LE NON DE SEKOU TOURÉ. ET APRES? Il y a lieu de se poser la question sur la différence que nous avons marqué en matière de construction de notre pays par rapport à ceux qui avaient opté pour le OUI. Pour le Guineen Lambda, il s`en fout de fierte nationale, et mal placée d`ailleurs. Ce qui est important pour lui, c`est comment il va vivre mieux, sans fuire vers les pays voisins. En 1975, on vous surprend avec un morceau de pain, ca suffit pour vous soumettre à interrogatoire. Un paysan qui en avait assez du systeme PDG avait demandé à Sekou à quand la fin de l`"indépendance`. C`est riducule d`entendre ici qu`un sondange en Guinée (prenant soins de discrimer les peuls) prouverai que le tyran est admiré. Le 27 août 1977 illustrait-il que les femmes en avaient assez du beurre que leur apportait le sinistre PDG? Humilié par ce mouvements tout à fait spontanés de femmes qui n`en pouvaient plus de d`être affamées, Sekou avait encore crié au complot. Une autre question mérite d`être posée aux admirateurs du "Héro". En matière de droit de l`homme, le PDG était-il un modèle? Telly a été "dénoncé", d`accord, mais combien de personnes étaient à son procès et comment le procureur a établi sa culpabilité? En tout cas, moi je ne je n`aurais souhaité à aucun admirateur du tyran d`être soumis à ses procédures judiciaires.
LE GUINEEN DE NIAGARA, dimanche 30 mai 2010
Mr,youssouf Bangoura,tu n`as pas honte de ce que tu dis.Depuis que Sekou Toure est mort,quel est,l`ecole,la rue,statu,edifice prive ou publique qui porte son nom en Guinee.Montre nous un seul apart sekhoutoureya que meme Conte avait honte de baptiser car son nom est Sekou Toure pas ce nom que la presidence porte.Pour nous il ne represente absolument pas ce hero dont tu parle;d`ailleurs,il n`est pas le seul artisant de notre independance;ils avaient d`autres que vous savez comme mois qui avaient tous demandes a leurs militants de voter NON au referendum du 28 septembre 1958.Cherches a savoir quel a ete le role des Barry Diawadou, Barry3 et les autres leadeurs politiques d`alors,et tu comprendra que Sekou n`est le seul artisant de l`independance de la Guinee.Pour moi,il n`est pas hero car il n`ya jamais commemoration du deces de ton hero.Rien ne prouve qu`il represente quelque chose d`important pour le pays apart cetains discours des nostalgiques que vous representes.Menci a toi mon,frere,Bangoure et je te souhaite bonne lecture.
Koula, dimanche 30 mai 2010
Felicitation Youssouf Bangoura
Youssouf Bangoura, dimanche 30 mai 2010
Des mensonges, rien que des mensonges, vous racontez des mensonges, des bobards, en vous lisant, on ne peut retenir que des mensonges, de la haine, on se rend compte que vous n`arrêterez jamais de falisifier la verité historique . Aucun guinéen ou africain, n`accordera une importance à ces lignes, truffées des mensonges, des contreverités . Que vous le vouliez ou pas Sekou Touré est un heros, un patriote, qui aimait son pays et son peuple. Il avait des bonnes intentions pour son pays, mais helas, les vendus et les imperialistes que vous soutenez ne voulaient pas sa reussite . Nous aussi, nous connaissons l`histoire de la Guinée, nous avons lu des ouvrages, nous avons fait des recherches, nous avons ecouté des temoignages des personnes qui n`etaient pas guinéens ou amis de la guinée . ceux qui parlent des faux complots, veulent nous cacher la verité sur des traitres qui ont vendu leur âme au diable . Mr Diallo, s`il vous plait, partez en guinée, posez la question aux guinéens à part les peulhs bien sûr , qui est Sekou Touré, vous verrez que l`ecrasante majorité des guinéens adorent Sekou touré 26 ans après sa mort plus que n`importe guinéen, ou africain . Sekou Touré n`avait pas arrêté Telly Diallo parce que ce dernier etait peulh, il l` avait fait parce que Telly avait été denoncé . A sa place, vous auriez fait quoi ? Vous auriez laissé les saboteurs vous anéantir sans reagir ? Il faut être Sekou Touré pour resister pendant vingt six ans aux puissances devastatrices des imperialistes et des vendus . J`aimerais beaucoup qu`on fasse un debat national concernant sekou Touré pour savoir exactement ce qui s`est bien passé en guinée, vous verrez que les partisans des faux complots auraient honte . Pour finir, dites à Mr Monenembo que les guinéens n`ont pas besoin de savoir si Sekou Touré etait pour le oui ou pour le non, cela n`a aucune importance, ce que nous, autres guinéens, retenons, c`est que Sekou etait le porte drapeau notre independance, l`eclaireur, le guide, point barre.
Georges, dimanche 30 mai 2010
M. FALL, votre comentaire est très ignoble. S`il y a un parti auquel il faut rattacher le bilan c`est bien le PDG et non le RPG. Oubien c`est parceque les millitants du RPG sont à majorité des malinkés. Si c`est le cas,alors c`est vous etes contre les malinkés. Pourquoi vous montez les malinkés contre les peuhls. c`est très dégueulasse! C`est vous qui etes ethnocentriste,alors ça suffit. En plus, Sékou TOURE était je vous l`accorde un dictateur, mais cela ne met en cause côté héros, il est quand le même de l`indépendance de la Guinée.
keita, dimanche 30 mai 2010
Toi Thierno toute la nation te connait et inutile que revient sur les detailles.Ayer un peu de sagesse de dire ce qui c`est passer et arrête de mentir avec ta haineux fondée sur la fausseté.
kalil, dimanche 30 mai 2010
comme avait dit OUROURO BAH dans u autre article je cite a la place de son cerveau SEKOU TOURÉ avait une machine en panne coupée de la realité,ce machin rouillé baigne ds un cynisme epaix et impermeable au minimum de sympathie qui permet de s´identifier aux douleurs d´autrui. comment SEKOU TOURÉ n´a pu epargné personne meme ceux qui etaient censés de mener le meme combat que lui qui etait de liberer le peuple guineen. comment a t´il pu eliminer intelectuellement l´avenir de tout un pays? le moindre mouvement ds un pays limitrophe suffisait que leselites guineennes soient aneanties,pourquoi les femmes qui s´etaient ulustrées contre la milice populaire ont subi la pire reession de notre pays.
Perte de crédit pour Monenimbo, dimanche 30 mai 2010
L`obsession du régime de Sékou Touré transpire de tous les écrits de Monenembo. C`est à se démander si cet grand écrivain n`a d`autres sujet que Sékou Touré. C`est facheux de le dire mais son achernement contre Sékou Touré décrédibilise ses prises de position. De plus Thierno Monemembo laisse entendre que les peulhs sont les seules victimes du régime de Sékou Touré ce qui n`est rien d`autre qu`une vision selective de l`histoire. Comme les peulhs toutes les ethniques ont été la cible de folie meurtrière de Sékou Touré, cela mérite d`être connu
M.FALL, dimanche 30 mai 2010
Sekou Touré est un dictateur sanguinaire qui a assassiné des milliers de guinéens pour maintenir sa stupide révolution. Et c’est ce que l’histoire retiendra tant pis pour les RPGistes qui vouent une haine viscérale contre les Peulhs comme leur mentor qui a passé son règne à inventer des « complots Peulhs » pour justifier ses atrocités. Comprenons nous bien Sékou Touré a fait des victimes dans toutes les ethnies mais il est évident qu’il en a fait plus du coté des Peulhs. C’est le tyran Sékou lui-même qui lors de ses discours citaient nommément l’ethnie Peulh comme étant une composante de la nation à combattre et à éliminer. Aujourd’hui des partis comme le RPG considèrent ce tyran comme un héro (http://www.guineeactu.com/info.asp?mph=deta&ID=4671) et minimisent les atrocités commises le 28/09/2009 sous prétextes que la majorité des victimes sont Peulhs. Sékou Touré est le père fondateur de l’ethnocentrisme qui mine la Guinée.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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