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Depuis que nous nous sommes rencontrés à Dakar (Sénégal) en mai 1986 – il y a donc un peu plus de 24 années –, je peux dire que nous avons entretenu une relation franche et fraternelle. Et c’est croyant en la solidité de cette relation, que je me permets de vous écrire la présente, afin notamment de vous rassurer, qu’en ce qui me concerne, je continuerai de l’entretenir.
Mon cher Alpha,
En ce 13 novembre 2010, les nouvelles qui me parviennent de Guinée, notre pays et celui de 12 voire même 15 millions d’autres, de femmes et d’hommes, dont la majorité a moins de 40 années de vie, sont inquiétantes. Et ce, essentiellement en raison des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 7 novembre dernier, que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’apprêtait à proclamer.
Permettez-moi de ne pas revenir sur le contenu desdites informations alarmantes, qui prédisent pour la Guinée, une importante conflagration aux conséquences sociales et économiques diverses, aussi bien pour le pays que pour ses voisins. Peut-on éviter cette dramatique situation ? Oui si vous et vos alliés le voulez ! Oui si votre adversaire, El-Hadj Cellou Dalein Diallo et les siens s’y emploient ! Oui, si la communauté internationale, notamment les Etats-unis, la France, l’Allemagne et l’Union européenne le comprennent.
Mon cher Alpha,
C’était notre tour… Nous qui avons combattu les dictatures du PDG de Sékou Touré et du CMRN-PUP de Lansana Conté. Nous nous sommes connus dans ce cadre. Nous étions des dizaines de milliers, Soussous comme Peulhs, Malinkés comme Guerzés et autre Kissiens ou Tomas, etc., à être engagés, certains avec vous et d’autres avec les regrettés Bah Mamadou (UNR et UFDG), professeur Alpha Sow (UFD), qui a dirigé votre campagne électorale en 1998, ou encore Siradiou Diallo (UPR), dans cette voie. Nous nous battions pour l’avènement d’une Guinée unie, prospère, pacifique, accueillante, démocratique. Malheureusement, à l’allure où se succèdent les événements, j’ai bien peur que cette Guinée là ne soit pas celle qui va se réveiller au lendemain de la proclamation des résultats… provisoires.
Pour sauver la Guinée, que les régimes dictatoriaux, en 52 années de règne, n’ont pas disloquée, je vais vous inviter à suggérer à vos adversaires l’annulation des votes dans toutes les préfectures contestées, soit par votre alliance, soit par la leur. Et d’y organiser en janvier 2011 des élections définitives. Si chacun d’entre vous est sûr de ses résultats obtenus le 7 novembre dernier, il ne devrait pas s’opposer à la réorganisation du vote. Et dans votre cas, acceptez que les inscrits de Siguiri, de Kouroussa, qui n’y sont plus, selon l’UFDG, puissent être identifiés dans leurs nouveaux lieux de résidence afin qu’ils puissent y faire valoir leur droit de citoyen.
Mon cher Alpha,
Sauvons la Guinée. Comme vous pourriez être le prochain président de la République, sachez que pour réussir à le faire, votre prochain Premier ministre, dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale, devrait être Sidya Touré, le président de l’UFR ou, à défaut, Bah Oury, fondateur de l’UFDG, qui était à vos côtés lors de la présidentielle de 1998. Et un tel gouvernement devrait également compter dans ses rangs M. Ibrahima Abé Sylla, président de la NGR.
Je ne suis pas sûr que vos alliés actuels qui, comme vous le savez très bien, aux côtés du Général Lansana Conté, vous ont combattu farouchement et qui ont été à la base des remous sociopolitiques de juin 2006 et de janvier-février 2007, puissent constituer une équipe pour bâtir une Guinée de justice, de paix et de développement.
Sur le même élan, demain, je m’adresserai à El-Hadj Cellou Dalein Diallo. Mardi, je ferai la même démarche auprès des autorités internationales des pays (Etats-Unis, France, Allemagne et Union Européenne) qui ont obligé les Guinéens à aller dans ces élections alors que les conditions minimales n’étaient pas réunies.
Ibrahima Sory Baldé Canafnews.ca
www.guineeactu.com
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