jeudi 4 juin 2009
Moise Sidibé, un journaliste en prison
Moïse Sidibé

Notre collaborateur Moise Sidibé croupit toujours en prison du côté du camp Alpha Yaya Diallo, où il a été conduit après son interpellation à son domicile dans la nuit du mercredi 27 mai dernier par des hommes disant agir au nom du capitaine Moussa Tiegboro Camara, Secrétaire d’Etat chargé des services spéciaux, de la lutte antidrogue et du grand banditisme. Effectivement notre collaborateur est détenu par Tiegboro. Sans motif apparent peut-on dire. Puisque Moise Sidibé est tout sauf un délinquant. Ce père de famille qui est un citoyen modèle, n’a jamais trempé dans une activité illicite. Pour être jeté en prison comme un vulgaire bandit. Cela relève de l’arbitraire. Et la junte en agissant ainsi risque fort de passer â côté de la plaque. S’il faut à défaut de résultats probants dans la guerre contre la grande criminalité, s’en prendre à de paisibles citoyens qui sont dépouillés de leurs biens et gardés dans des cachots, il y a lieu de se demander où on va.

Et l’autre question qu’on pourrait bien se poser est de savoir si le capitaine Moussa Dadis Camara est bien au fait de ce qui se passe dans son entourage. Il serait surprenant qu’il le soit, quant on sait que cet homme abhorre l’injustice. De nombreux téléspectateurs se sont ainsi délectés des volées de bois vert qu’il administrait à certains de ses collaborateurs lors des « Dadis Show », en s’apercevant que des dossiers soumis au contrôle des auditeurs avaient des relents de règlement de compte.

Au moment où les organisations de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch ont le regard tourné vers notre pays auquel on demande de s’amender suite aux abus commis par des hommes en armes sur des civils, le CNDD doit revoir sa méthode de travail. Pour ce qui concerne la lutte contre le grand banditisme.

L’OGDH n’est pas en reste dans cette campagne. Dans une déclaration que nous diffusons ci-contre, Dr Thierno Maadjou Sow souligne que ‘’ le CNDD et son président le capitaine Moussa Dadis Camara, rendraient un service historique au peuple de Guinée en entreprenant la tâche titanesque de réformer en profondeur les Forces de défense et de sécurité, en vue d’en extirper les éléments dont les actions indignes tendent à jeter l’anathème sur les corps habillés dont la mission régalienne est de sécuriser les citoyens et leurs biens.»

Nous saluons au passage les efforts du CNC et l’AGEPI ainsi que de nombreux confrères qui se sont montrés solidaires suite à cette arrestation de Moise Sidibé.

Sans oublier l’Ambassade des Etats-Unis en Guinée qui suit quotidiennement l’évolution de cette affaire qui ne fait pas honneur à la junte. Le ministre de l’Information Justin Morel Junior aussi a promis d’en parler personnellement au chef de l’Etat. Espérons qu’il en soit ainsi.

En attendant notre collaborateur continue de subir des violences de la part de ses geôliers, comme l’a témoigné son fils Sékou Sidibé qui était dans la même cellule que lui. Chose qui risque d’affecter sa santé déjà fragilisée par les pénibles conditions dans lesquelles il se trouve. Et cela fait 9 jours aujourd’hui.

 

La Rédaction
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Saifoulaye DIALLO, vendredi 5 juin 2009
Voilà une situation qui illustre bien notre culture du droit et de l`exercice du pouvoir public. Jusqu`à présent, on ne se rend pas compte en Guinée que seul le juge peut ordonner la mise aux arrêts d`un citoyen et ce, sur la base de la conformité des faits qui lui sont exposés aux dispositions de la loi. On dirait qu`il n`y a pas de codes de procédure en Guinée. On croirait qu`il n`y a pas de professionnel de droit en Guinée. Et, malheureusement, les rédactions conforte cette culture de non droit en ramenant tout au chef de l`État et à sa clémence. Dans l`exposé de l`Indépendant ci-haut, il n`est fait référence d`aucune disposition de la loi qui permet de mettre en évidence la violation par la haute autorité de l`État des règles de la nations. Il le faudrait pourtant! Il faudrait que tout le sache: qui doit faire quoi? Et comment? Mais, en parcourant les rédactions, on a l`impression que tout le monde s`accommode à la situation de l`homme/État (c`est à dire ce que le président ne dit pas, ne doit pas exister) qui prévaut chez nous comme système de gouvernance. On a des lois et des institutions pour la forme. On passe outre à toutes les occasions et, on est étonnés quand on se retrouve dans de beaux draps pour moins que rien. Depuis le kidnaping de ce pauvre bonhome, combien de prises de position des partis politiques, des syndicats, des organisation socio-professionnelles (ordre des avocats,associations de journalistes et éditeurs de presse,...) a-t-on enregistré? C`est que personne ne considère cette situation suffisamment catosphique pour se fendre d`une déclaration de prise de position. Et, rares sont les rédactions qui en font leur une, ne serait-ce que par principe.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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