mercredi 17 mars 2010
Mohamed Camara, 1er secrétaire chargé des équipes nationales de football : « La Guinée peut se qualifier pour la CAN 2012, mais… »
Mohamed Camara

Mohamed Camara est le premier secrétaire chargé des équipes nationales au niveau de la Fédération guinéenne de football. Dans cette interview qu’il a bien voulu accorder à notre rédaction, il a parlé entre autres desdites équipes nationales, du championnat national, du nouveau ministre des Sports, des difficultés rencontrées par le département qu’il dirige à la Féguifoot, des chances de qualifications du Syli national pour la CAN 2012.

Le Démocrate : Mohamed Camara, vous le premier secrétaire chargé des équipes nationales au niveau de la Fédération guinéenne de football. Qu’est-ce que vous pouvez dire aujourd’hui à propos de ces équipes ?

Mohamed Camara : Je commencerai par vous remercier pour m’avoir donné l’opportunité de parler du football guinéen en particulier. Tout ce que je peux dire au niveau de ces équipes nationales, c’est qu’actuellement la Fédération a fait un travail très approfondi pour catégoriser les structures au niveau du football guinéen. La Fédération s’est retrouvée pour mettre en place des différents encadrements en fonction des différentes catégories : le Syli national A, le Syli national local, les Juniors, les Cadets et l’équipe nationale olympique.

La Guinée n’a pas encore d’entraîneur pour son équipe nationale A. Que vous inspire cette situation ?

Il y a lieu de faire un travail en profondeur. Au jour d’aujourd’hui, il y a une trentaine de candidatures d’entraîneurs expatriés. La Fédération n’attend maintenant que l’Etat pour se prononcer sur le salaire de l’entraîneur à recruter. Si cela est fait, l’on procédera automatiquement à la sélection de l’intéressé pour le bien du football guinéen.

A l’issue du tirage au sort des éliminatoires de la CAN 2012, la Guinée s’est retrouvée dans le groupe 2, en compagnie du Nigeria, de l’Ethiopie et de Madagascar. Selon vous, est-ce que la Guinée peut se qualifier dans ce groupe ?

La Guinée peut se qualifier dans ce groupe à condition que l’on fasse un travail en profondeur et à temps. Pour la petite histoire, je vous dirai que la Guinée a déjà raté l’une des dates retenues par la FIFA (le mercredi 3 mars, NDLR). La seule date que la Guinée peut maintenant exploiter avant son match du 5 septembre face à l’Ethiopie à Addis-Abeba, c’est le 12 août. Si l’on ne met pas les choses en place avant cette date, ce ne sera pas bon. Nous, généralement, nous débutons très mal nos compétitions. C’est toujours vers la fin qu’on essaie de se rattraper. C’est le moment opportun de mettre les choses en place pour aborder la compétition. La Fédération a déjà déposé un programme au niveau du département en charge des Sports. Nous espérons que ce programme sera respecté.

Quel regard portez-vous sur le championnat national de Ligue 1 et de Ligue 2 ?

Le regard que je porte sur le championnat national, c’est un regard de satisfaction. Comme l’a recommandé la FIFA, la Fédération s’acquitte franchement de son devoir de ce côté-là. Les compétitions nationales se déroulent de façon normale sur toute l’étendue du pays. Ce qui est vraiment un ouf de soulagement. C’est le lieu de remercier nos collègues chargés des compétitions nationales, à savoir Ibrahima Balsco Barry et Alhassane Youla. Sans oublier le président et le secrétaire général de la Fédération guinéenne de football, Aboubacar « Bruno » Bangoura et Fodé Capi Camara, qui ne ménagent ni leurs efforts ni leurs moyens pour aider le football guinéen.

Quelles sont les difficultés rencontrées souvent par le département chargé des équipes nationales ?

Les difficultés sont d’ordre financier. La FIFA donne à chaque association nationale de football 250.000 dollars. Mais elle interdit formellement qu’une partie de ce montant soit utilisée en faveur des équipes nationales. La FIFA se dit que l’équipe nationale, c’est un problème de souveraineté nationale. Aujourd’hui, le pays traverse une période de transition. L’Etat a d’énormes difficultés sur le plan financier. C’est l’occasion aussi de saluer le dynamisme du nouveau ministre en charge des Sports. Au lieu que les Fédérations sportives se déplacent vers lui, c’est lui qui a plutôt pris l’initiative d’aller vers ces dernières pour s’enquérir des problèmes auxquels elles sont confrontées. Au jour d’aujourd’hui, le programme établi par le département en charge des équipes nationales est déjà déposé au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports qui, je crois, est en train à son tour de se battre au niveau du ministère des Finances. Ce qu’il faut reconnaître actuellement, c’est que l’Etat est dans une situation financière très difficile. Avec les moyens du bord et à travers nos relations aussi, on cherche à sauver un peu la situation.

Quel message avez-vous à lancer à l’autorité de tutelle pour rehausser globalement le niveau du football guinéen ?

On a déjà rencontré le ministre à qui on a exposé les difficultés que connaît le football guinéen. Ce ne sont pas des difficultés d’ordre technique mais plutôt des difficultés purement d’ordre matériel et financier. Il a quand même pris bonne note. Ce qui est sûr, c’est que, de son côté, il a promis de faire des efforts pour sortir le football guinéen de l’ornière. Le seul appel que je puisse lancer, c’est de faire preuve de patience. Que l’on essaie de prendre l’exemple sur la Côte d’Ivoire, le Sénégal pourquoi pas sur le Mali. Que l’on cesse de nous orienter vers les résultats immédiats. Il s’agirait par exemple, au niveau des catégories inférieures, de faire un travail de planification d’un an ou de deux ans pour sortir le football guinéen de la situation dans laquelle il se trouve présentement. Surtout qu’il y a aujourd’hui plein de jeunes nés en Europe qui ont commencé à se manifester. Ce sont les difficultés financières qui font qu’on n’a pas encore mis en place un encadrement technique dirigé par un expatrié. Parce que tant qu’on ne trouve pas le salaire de cet expatrié, on ne peut pas le nommer. Si les mesures d’accompagnement sont trouvées, la nomination d’un entraîneur expatrié ne poserait pas de problèmes majeurs.

Votre mot de la fin

 Le mot de la fin, c’est de dire d’accompagner ce nouveau ministre qui, pour un départ, a montré qu’il a de la volonté. On sent qu’il a la maîtrise de la jeunesse. Il a toujours été à la base du financement de beaucoup d’associations en Guinée. Ce qui est vraiment un élément de réconfort. Sa contribution peut être un levain susceptible de favoriser l’épanouissement de la jeunesse guinéenne à travers le football.


Propos recueillis par Mamy Dioubaté
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
kalil, jeudi 18 mars 2010
on a pas de temps a perdre concernant le syli national il faut presenter ceux qui jouent le championat guineenn les proffessionnels merci vous n´etes capables de rien
Sékou Oumar Camara, mercredi 17 mars 2010
"La Guinée peut se qualifier...". Quel est le pays compétiteur qui ne peut pas?
Bangaly Traoré, mercredi 17 mars 2010
L`unique solution pour un changement en profondeur et à temps au sein de l`équipe nationale,il faut mr Titi camara comme entraîneur.NB:Mr Titi a l`experience,le courage et la détermination,alors la solution c`est Titi camara.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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