mercredi 2 février 2011
Modernisation et décentralisation de l’État, un défi pour le développement de la Guinée
Amadou S Diallo

La réforme de l’État en Guinée trouve son fondement juridique dans la Constitution qui, dans ses préambules, réclame l’établissement d’un État stable et fort devant assurer la participation de toute la population aux grandes décisions engageant la vie nationale par la mise en place d’une décentralisation effective. Durant les années passées, des rapports ont été commandés et des textes légaux ont été adoptés par les pouvoirs publics en vue d’amorcer le processus de la réforme de l’État. Faute d’une volonté politique clairement exprimée, les initiatives des dernières années n’ont pas été couronnées de succès. Mise à part quelques déclarations ponctuelles et la création de nombreuses commissions, les autorités n’ont rien fait concrètement pour doter le pays d’une administration publique moderne, efficace et décentralisée permettant aux pouvoirs publics de s’acquitter de leurs missions de services publics.

Les crises multiples qu’a connues le pays au cours de ces 25 dernières années démontrent l’inefficacité des relais institutionnels pour les gérer ou les éviter. La nécessité de mettre en place une administration publique efficace et efficiente n’est plus à justifier. Le besoin de mettre en œuvre des politiques publiques justes, articulées aux besoins des populations, la nécessité d’avoir des mécanismes clairs de gouvernance administrative et les impératifs de prélèvement des impôts et des cotisations sociales ont mis la réforme de l’État au cœur du débat public. Le dysfonctionnement de l’appareil administratif exige des réformes en profondeur dans la conduite des politiques administratives, demande la modification de l’architecture ministérielle et réclame la restructuration des mécanismes de passation des marchés publics et la révision générale des politiques publiques. La réforme de l’État vise à assurer l’adaptation de l’administration publique centrale au contexte économique et social particulier, accroître le travail interministériel, favoriser le maillage territorial des institutions publiques, donner les moyens et déléguer les pouvoirs de décisions aux services déconcentrés et extérieurs de l’État. Cette réforme de l’État qui à mon avis, constitue un passage obligatoire pour la modernisation de l’administration publique, devra entre autres suggestions, se pencher sur :

a) l’amélioration de l’organisation et le fonctionnement de l’administration ainsi que la qualité de la gestion des affaires publiques ;

b) l’augmentation de l’efficacité de l’action administrative, accroître les performances de l’administration et chercher à économiser les deniers publics ;

c) l’amélioration de la qualité et l’efficacité des services publics ainsi que les relations qu’entretient l’administration avec les administrés ;

d) le renforcement des contrôles non-juridictionnels des actes posés par l’administration en apportant un appui aux structures de contrôle interne, en soutenant le contrôle hiérarchique, en multipliant les corps d’inspection dans les différents ministères tout en consolidant le contrôle financier et budgétaire ;

e) la gestion du contrôle juridictionnel du Parlement sur l’ensemble des actions gouvernementales. Le pouvoir législatif exerce son contrôle juridictionnel par les séances de questionnement du Gouvernement, par les commissions d’enquête parlementaire et par la motion de censure du gouvernement. Le contrôle juridictionnel est exercé également par la Cour des Comptes et du Contentieux administratif et par le Protecteur du Citoyen ;

f) la rationalisation des procédures administratives et les règles de droit ayant un impact sur la qualité des services fournis par l’administration aux usagers ;

g) la simplification des relations qu’entretiennent les usagers avec l’administration par la dématérialisation des procédures administratives afin d’adapter l’État à son temps, rendre les services publics plus accessibles et réduire l’utilisation du papier dans la vie des usagers ;

h) l’implication de l’État à concentrer ses structures et ses moyens sur les attentes et les besoins des citoyens ;

i) la révision des politiques publiques afin de clarifier l’organisation de l’État à tous les niveaux ;

j) recentrer les administrations sur le cœur de leurs missions et leur mandat juridictionnel, fusionner celles qui doublonnent et remédier à l’émiettement des structures en cherchant les synergies chaque fois que l’occasion se présente ;

k) rendre effective la politique de la décentralisation et de la déconcentration ;

l) renforcer les administrations territoriales et locales ainsi que les services extérieurs de l’État ;

m) accroître la performance du personnel en instituant un passeport de formation pour tous les agents de la fonction publique tout en leur permettant de suivre des sessions de formation continue ;

n) assurer aux fonctionnaires de meilleures conditions de travail et de salaire ;

o) le recrutement des cadres de Haut Niveau de conception en vue d’assurer le pilotage stratégique des structures vitales de l’administration.

Actuellement, il est important d’éviter de mettre en place une structure ministérielle incohérente et budgétivore. Car, elle a donne peu de résultats dans le passé. La maintenir dans les mêmes conditions, c’est faire preuve de l’incapacité à saisir les enjeux nationaux et privilégier l’inefficacité et le gaspillage comme mode de gouvernance. Sachant que l’Homme public ne produit pas mais il consomme le superflu du particulier qui devient le nécessaire du publique ; il y a nécessité pour que l’État puisse se doter d’une architecture ministérielle simple et cohérente afin de relever les grands défis du développement économique, social et culturel du pays.

Les décrets de nominations de ministres et hauts cadres ayant précédé le décret de création de la structure gouvernementale, pourrons nous dire que l’architecture actuelle du Gouvernement de M. Said sera-t elle cohérente et non budgétivore? Répondra-t-elle aux enjeux du développement?,…. En tout cas ces premiers signes donnent des inquiétudes, mais comme on aime le dire ici chez l’oncle SAM:

WAIT and SEE!

Que Dieu sauve la Guinée: AMEN!


Amadou S. Diallo,
Washington DC


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Ibou, jeudi 3 février 2011
l`auteur de l`article s`appelle Amadou Saikou DIALLO de Washington et la photo c`est Amadou sarah Diallo de New York
KIM, jeudi 3 février 2011
@ M. Dian Samba un peu de modestie SVP. votre proverbe peul aussi est bourré de fautes alors occupez-vous de vos lacunes et suis sûr que M. Jalloh s`occupera des siennes.
mamadou saliou bah, jeudi 3 février 2011
Mr Dian Samba ! Je vous rappelle que beaucoup de nos ecrivains "empruntent une plume ". Ca s`appelle "un negre `! Tres courant ! Il n`y a rien de mal a cela . Occupons nous plutot des IDEES qu`il peut y avoir dans ce texte . Amities !
Ibou, mercredi 2 février 2011
La Photo, est celle de Amadou Sara Diallo President de la communaute Guineenne a New York.
Dian Samba, mercredi 2 février 2011
Le monsieur sur la photo qui a signe cet article est un analphabete qui ne sait meme pas ecrire son nom en francais. Je me demande qui a redige ce texte pour lui. Il est Sierra Leonais sur papier et signe son nom Amadou Sara Jalloh. Un proverbe peul dit que quand tu vois une tortue voler, ne la demande pas ou elle va, mais demande la qui l`a propulsee.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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