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Boubacar Barry trône à la tête d’un super ministère créé de toute pièce pour lui, par le président de la République dont il serait très proche. Du haut de son piédestal, le ministre de la Construction et de l’habitat est accusé de brimer de pauvres fonctionnaires qu’il délogerait sans état d’âme, au profit d’hommes syro-libanais.
Il fut nommé avant même que ne soit désigné le Premier ministre Kabinet Komara, pour conduire les affaires du gouvernement que la junte envisageait de mettre en place, au lendemain de son avènement au pouvoir le 23 décembre 2008.
Par ce geste, le capitaine Moussa Dadis Camara voulait sans doute exprimer son amitié pour M. Boubacar Barry qui fait partie du cercle des intimes du président.
A travers ses pouvoirs très étendus, Bouba pour les intimes ne pouvait rêver mieux. Quant à savoir si le département de Boubacar Barry fonctionne bien, il est difficile de dresser un tel bilan pour un homme qui communique peu. On le dirait réservé voire introverti.
Mais derrière cette discrétion que M. Boubacar Barry semble cultiver se cacherait selon ses détracteurs une volonté de ‘’ régler de petits comptes » à certains compatriotes, qui auraient eu le malheur de le contredire avant l’avènement de la 3e République.
C’est du moins ce qui se dit dans la cité. Ainsi un cadre du département de la Culture s’est vu déloger récemment par les services du Patrimoine Bâti public, d’un appartement se trouvant au Bloc des professeurs.
Ce pauvre commis de l’Etat avait passé 14 années dans cette maison à en croire nos enquêtes. Des indiscrétions ont révélé que l’ordre de cette expulsion serait venu du cabinet du ministre de l’Habitat.
Toujours dans cette valse d’expulsions ordonnée, dit-on par ce même cabinet, une autre famille qui se trouvait dans l’immeuble abritant la clinique des Russes, dans la commune de Kaloum a été vidée, au profit d’un homme d’affaires libanais.
Les détracteurs de Boubacar Barry l’accusent de brimer des citoyens guinéens pour satisfaire des amis libanais, avec qui il entretiendrait des relations d’affaires. Il aurait ainsi fait bénéficier à certains membres de cette communauté, huit parcelles prélevées, semble-t-il dans le lot des domaines de Kaporo-rails, où des milliers d’habitants avaient été déguerpis en 1998 par le gouvernement Conté.
Sous le prétexte fallacieux que ces populations avaient élu résidence dans une zone réservée de l’Etat.
Pourquoi avoir laissé ces gens s’y installer à coup de milliards de francs guinéens investis, pour venir ensuite raser leurs demeures ? Se demandent aujourd’hui des observateurs.
Il fallait empêcher le peuplement de ces lieux, en amont.
Pire, ces terrains sont aujourd’hui à l’abandon, devenus le nid des bandits de grand chemin. De quoi aiguiser l’appétit de ceux qui gèrent notre cadastre.
M. D. Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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