mercredi 30 septembre 2009
Mesures d’urgence : Persister et « raisonner » les religieux
Mahmoud Ben Saïd

Dieu a voulu que nous payions un autre sacrifice pour notre libération. Sa décision est insondable, nous ne pouvons que l’accepter et Le remercier – comme cela se doit en toute circonstance – et agir en fonction des nouveaux paramètres. À présent, nos réactions sont toutes affectées par l’émotion. Il faut donc un minimum de tolérance dans la lecture. On essaye d’être objectif, d’écrire sans passion, avec clarté, mais nous sommes en période de guerre. Nous devons agir vite (pardon aux fautes), échanger nos idées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Il faut aussi comprendre que nos idées, nous qui sommes devant des ordinateurs, ne sont pas les mêmes que celles de nos frères et sœurs qui sont à un mètre d’un soldat armé et drogué. Mais nous devons faire ce que nous pouvons.

 

Au regard des faits passés, depuis l’indépendance de la Guinée, nous avons raté les meilleures occasions de nous libérer à cause de la même faute tactique : Nous poussons l’ennemi jusqu’au bout et quand il ne suffit que d’un coup pour l’achever, nous le laissons, et le voilà ressuscité, rebellé, hargneux. En 1962, entre novembre et décembre, nous avions vaincu Sékou Touré en lui ôtant la responsabilité suprême. Bien qu’il n’y ait toujours eu qu’un parti, il ne devait plus cumuler les deux postes au sommet. Mais d’un coup nous y avons renoncé et lui avons rendu toute sa force pour sévir. Entre décembre 2006 et février 2007, nous avions vaincu Lansana Conté. Nous lui avions « ôté sa culotte » – ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui-même qui l’a dit, paraît-il – mais nous avons préféré le garder avec nous… Même avec ce Dadis, le 23 juin passé, avec le premier boycott et la première manifestation contre lui et devant lui, au Palais, il avait été battu. Le 27 juin déjà, tel que je l’ai vu, on pouvait l’achever. Mais nous l’avons laissé faire… Me voici au point :

 

Cette fois, cette fois-ci, il faut persister jusqu'à la fin ! Avec les côtes cassées, les têtes suturées, les bras et les jambes plâtrés, nos leaders doivent se dire, pour autant qu’il leur reste un souffle, qu’il faut continuer jusqu’au bout. Si nous ne voulons pas du même recommencement, il faut, cette fois, simplement en finir avec la dictature ! Ceux d’entre nous qui mourrons, seront de martyrs, et de toutes façons ceux qui nous survivront nous rejoindrons un jour. Il ne doit y avoir aucun compromis cette fois. Pas de compromis avec qui que ce soit, surtout pas avec les religieux ! Ah, ces religieux, en venons-en !

 

À commencer par eux, les religieux et sages, le peuple de Guinée doit avoir la même tactique envers tous les collaborateurs de Dadis : Il faut les ramener à la raison. Bien qu’ils ne soient pas armés, nous avons les preuves que ce sont eux qui manient les armes qui nous tuent, car ceux qui manient ces armes les écoutent. On a dit que ce sont, pratiquement, les religieux qui ont pu faire libérer les leaders politiques. Ce n’est qu’une preuve supplémentaire de leur poids dans le processus. Pendant que nos morts sont encore chauds, Dadis dit (interview RFI) qu’il va consulter les mêmes sages et religieux pour décider de sa candidature. Si tous ces religieux et sages lui disent de se retirer, il le fera. Il nous suffit donc de raisonner ces religieux et sages pour en finir avec l’ennemi…

 

Ce que je veux dire par raisonner ? Moi, non plus, je ne le sais pas, à vrai dire ! Ce sera au cas par cas. Après un premier conseil, quiconque comprend et s’exécute pourrait être quitte. Pour les autres, on devra continuer, progressivement, en passant par tous les moyens, jusqu’à ce qu’ils viennent effectivement à la raison. Les mesures pourraient même être étendues aux éléments de leurs familles qui les soutiennent ou qui soutiennent Dadis. Si, personnellement, je pouvais avoir un de mes homologues imams de Conakry devant moi pour le raisonner, j’ai déjà établi des critères. Pour commencer, il faut qu’il soit prêt à réciter, comme moi, devant sa congrégation du vendredi : « Tabbat yadaa abii Dadis, wa tabba ! » Ce n’est plus Ya-Sin ! Ensuite, il faut qu’il soit prêt à dire à Dadis de se retirer. Que ceux d’entre vous qui connaissent son numéro de téléphone me communiquent : je l’appellerai pour lui dire de se retirer. Étant entendu que son retrait est sans préjudice des poursuites judiciaires qui les attendent, lui et sa clique.

 

 

Mahmoud Ben Saïd

 

 

www.guineeactu.com

 

 

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Mamadou Dian Bah, mercredi 30 septembre 2009
Imam Ben Saïd, "raisonner" avec nos religieux (quelque exception...) est très difficile, considérant leur niveau de formation et leur manque de discernement et de formation. Ils devraient représenter l`autorité morale de notre nation, mais hélas, ils n`ont pas la formation, le courage la vision. S`ils en n`ont, alors ils manquent éloquemment une probité morale et intellectuelle. Imam Ben Saïd, je vous ai connu a travers l`internet, mais j`ai beaucoup d`espoir et d`estime a votre égard, et cela a travers vos écris et prise de position. Alors, j`attire votre attention, en ces moments durs et pleins d’espoir que nous traversons, a la nécessité de former nos Imams. Nous avons besoin des institutions qui forment des citoyens qui pourront défendre et pérenniser les valeurs islamiques dans notre société. N`oublions pas que c`est notre société qui produit le Mal que nous vivons. Pour en finir, nous avons besoin des intellectuels engagés dans nos Masâdjid qui défendront les valeurs islamiques dans nos communautés. Pour un remède a l’immédiat pour faire face aux « religieux », j`estime que les Imams et intellectuels musulmans intègres devrons s`organiser et rejoindre indépendamment la societe civile. Nous devons les identifier, encourager et soutenir. Je ne peux pas terminer sans exprimer ma déception a l’égard de Dr. Koutoub Sano (drsano@hotmail.com; www.drsano.com) a qui j`avais d`estime. Comment peut-il cautionner une 3eme dictature en Guinée? C`est dommage! Aussi, El hadj Ibrahim Bah et Saliou Camara de la Mosquée Fayçal de Conakry, tout le monde le sait, ils n’ont ni la formation, ni le discernement pour faire face a une dictature. La seule force morale dans la Mosquée de Fayçal c`est El Abdoulaye Balde, qui malheureusement ne parle pas Français. Quant a El Badrou, Imam de la Mosquée de Labé, il ne défend qu`un héritage et ses intérêts personnels, et non pas les valeurs islamiques, et ne mérite pas d`être Imam de Labé. Quant à son frère Safioulaye, Préfet de Labé, c`est un assoiffé de pouvoir. Pour "raisonner" avec eux, il semble que la population de Labé, de plus en plus, refuse de prier dans la Grande Mosquée et effectue leur obligations dans d`autres Mosquées de la ville. Il semble qu’ils vont élire démocratiquement, bientôt, un Imam de Labé qui défendra l`intérêt Public et les valeurs Islamiques. Pour finir, Imam Ben Saïd, a travers vous, j`appel tous ceux qui veulent du Bien en Guinée, de participer a créer des institutions solides en Guinée, qui a leur tour formerons des Imams compétents, qualifiés et intègres qui seront au service de la nation et de leur communauté. Et cela en défendant et renforçant, positivement, les valeurs islamiques dans notre société. Ceci, étant bien un "challenge", est notre responsabilité. Notre vision c`est de voir une Guinée Démocratique, en forme et en esprit, ou il fait bon de vivre, étudier, entreprendre et travailler, et cela pour notre bonheur, dans ce Monde et Le jour de la Réalité. Que la Paix et la Miséricorde d’Allah soit sur Vous ! Votre Compatriote Mamadou Dian Bah /mamadoudian@yahoo.com/ New York/USA
Youssouf Bangoura, mercredi 30 septembre 2009
Ah les religieux, toujours les religieux, au lieu de dire la verité à leur chef Dadis, au lieu de prendre position pour defendre la population innocente, se cramponnent à soutenir Dadis, du fait d`aller voir dadis pour la liberation des leaders politiques ne fait pas d`eux des justes, non ils ne sont pas justes, de 1958 à nos jours, ils se sont toujours montrés aux cotés des oppresseurs, jamais ils n`ont defendu la pauvre population. Aujourd`hui nous devons lancer un appel au boycottage de tous les collabos de Dadis, des imams, des ministres, des prefets , sous-prefets, des elus locaux et tous les partisans de Dadis partout oû ils se trouvent, nous devons prouver à ces fils indignes de la Guinée que le changement est irreversible.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011